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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Qc-Nature
Reproduction animale : les stratégies

Dans le monde animal, quand on pense la reproduction, on pense à une femelle et à sa progéniture. On peut se représenter une grenouille entourée de centaines d’œufs ou une baleine avec son baleineau nageant à ses côtés.

Dans le monde animal, quand on pense la reproduction, on pense à une femelle et à sa progéniture. On peut se représenter autant une grenouille dans l’eau entourée de centaines d’œufs, qu’une baleine avec son baleineau nageant à ses côtés. Ces deux images illustrent très bien deux types opposés de stratégies reproductives que peuvent adopter les animaux.

Les centaines d’oeufs de grenouilles

La baleineau nageant

Pour s’assurer une descendance, certains animaux vont utiliser leur énergie pour produire la plus grande quantité de descendants possibles (un maximum d’œufs ou beaucoup de bébés). Au contraire, d’autres animaux vont plutôt privilégier les soins parentaux qu’ils prodigueront à un petit nombre de descendants.

Ce sont deux stratégies opposées, mais qui ont le même but : assurer la survie de l’espèce (c’est une question de succès, t’sais le succès reproducteur). Et ce n’est pas un choix conscient que l’animal fait, c’est plutôt le résultat de la sélection naturelle. Cela dépendra donc des conditions dans lesquelles vivent ces espèces.

En grand nombre : cheap, mais efficace

Les scientifiques vont parler de « sélection r »* quand l’animal opte pour le plus grand nombre de petits possible et le plus rapidement possible, au point où ils seront tellement nombreux qu’il ne pourra pas s’occuper d’eux. De ce grand nombre, plusieurs ne viendront pas à terme ou mourront à un jeune âge (à cause des prédateurs par exemple). Mais puisqu’ils sont si nombreux, il en restera toujours suffisamment pour se reproduire.

Les espèces associées à cette stratégie ont généralement une durée de vie plus courte. Ce sont des animaux de plus petite taille. Leur croissance et leur développement sont plus rapides. Ils atteignent leur maturité sexuelle plus rapidement. Parfois, ils peuvent aussi se reproduire plusieurs fois par année.

Ce sont des espèces que l’on retrouve davantage dans des environnements instables dont les ressources disponibles sont peu prévisibles et où des bouleversements peuvent arriver fréquemment. Ainsi, ces espèces s’assurent de produire une progéniture très suffisante pour contrer le taux de mortalité et qui se reproduira à son tour. C’est ce que font les huîtres, les mouches domestiques et les grenouilles par exemple.

En petit nombre : exigeant, mais efficace

Les scientifiques vont parler de « sélection K »** quand l’animal possède un nombre réduit de petits, mais auxquels il apporte des soins particuliers et une protection à chacun d’entre eux. Il augmente ainsi leur chance de survie jusqu’à ce que ces derniers puissent à leur tour se reproduire.

Les espèces associées à cette stratégie ont généralement une durée de vie plus longue. Ce sont des animaux de plus grande taille. Leur croissance et leur développement sont plus lents. Ils atteignent leur maturité sexuelle plus tardivement. Ils ne se reproduiront pas nécessairement à toutes les années.

Ce sont des espèces que l’on retrouve davantage dans un environnement stable où l’accessibilité aux ressources est constante et prévisible. On parle ici d’espèces qui accompagnent sa progéniture peu nombreuse dans son développement plus lent jusqu’à ce qu’elle puisse se reproduire. Les baleines, les éléphants et les gorilles utilisent cette stratégie.

Awwww, un gorille de montagne en plein soin parental

Évidemment, ce n’est pas parfait

Ces deux stratégies reproductives ne sont pas les deux seules options dans le règne animal. Elles sont plutôt les deux extrémités d’un éventail de possibilités. Entre les deux se trouvent des espèces qui mélangent des caractéristiques appartenant aux deux stratégies :

  • Le lapin est connu pour avoir beaucoup de bébés et même plusieurs portées dans une même année (sélection r). Toutefois, les jeunes ne sont pas autonomes à leur naissance, puisqu’ils sont nus et aveugles. Sans les soins de leur mère, ils ne pourraient pas survivre (sélection K).
  • Les tortues marines sont connues pour leur impressionnante longévité (sélection K). Mais elles sont également connues pour enterrer un grand nombre d’œufs dans le sable et repartir à la mer. La mère ne sera pas présente à l’éclosion des œufs et les jeunes devront être autonomes dès la naissance (sélection r).

Une tortue luth a.k.a. notre tortue marine

Et chez les plantes…

On pourrait également faire des rapprochements entre ces stratégies et la reproduction des végétaux. Par exemple, le pissenlit serait une espèce de sélection r qui produit et disperse rapidement un grand nombre de graines. Pour les caractéristiques associées à des espèces de sélection K, on peut penser à des arbres de très grande taille, avec une croissance lente et une très longue longévité (plus de 200 ans). La majorité des arbres produisent toutefois beaucoup de graines ou de fruits, ce qui serait davantage associé à la sélection r.  

Par contre, certains arbres et plantes peuvent attendre de nombreuses années avant d’être en mesure de produire leurs premières graines (comme c’est le cas du petit prêcheur) ou alterneront entre des années de forte production et des années plutôt maigres. De plus, sans parler de soins parentaux, des arbres poussant à proximité les uns des autres peuvent s’entraider par leurs racines et le réseau mycorhizien***. Ces caractéristiques seraient donc plus celles d’espèces de sélection K.

Sans être un modèle parfait, ces deux stratégies nous permettent d’observer et de comprendre les espèces sous un nouvel angle en ce qui concerne leur reproduction. Cela permet également de comprendre pourquoi des caractéristiques ou des comportements particuliers sont plus fréquents que d’autres (ou d’autres ou d’autres).

NOTES

* La variable « r » représente le taux de croissance d’une population. La sélection r fait donc référence à une sélection qui met au premier plan l’accroissement de la population par une forte production de descendants.

** La variable « K » représente la capacité de support du milieu. La sélection K fait donc référence à une sélection qui tend à atteindre un nombre d’individus plutôt stable et en équilibre avec ce que le milieu peut fournir comme ressource. On y reviendra plus en détail sur cette capacité de support du milieu.

*** Cet étonnant réseau souterrain est primordial pour la santé de nos milieux forestiers, et de bien d’autres types d’écosystèmes d’ailleurs. On te parle de cette relation symbiotique entre les champignons et les végétaux, juste ici!  

Par Philippe, éducateur-naturaliste senior

Sources images : Pixabay, Gabriel Barathieu, Kate Tann, Jo Carletti

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Choix du naturaliste
Le cycle du carbone, un atome si important

Pourquoi le carbone est-il si important dans la lutte aux changements climatiques? Et pourquoi se retrouve-t-il à la fois dans la composition des molécules essentielles aux êtres vivants et de certaines pierre précieuses?

« Carboneutre, empreinte carbonique nulle, bilan de carbone positif : voilà les nouvelles vertus mesurées à l’aune des préoccupations environnementales, en ce début de troisième millénaire »… Tu as sûrement déjà entendu ce genre de charabia écologique. En quoi cet atome, le carbone, est-il si important dans la lutte aux changements climatiques? Et pourquoi se retrouve-t-il à la fois dans la composition de toutes les molécules essentielles aux êtres vivants et de certaines pierres, comme le diamant? C’est ce qu’on comprend lorsqu’on étudie le cycle du carbone, qui décrit les échanges de cet élément qui ont lieu sur la planète.  

En premier, le carbone

Le carbone (C), c’est le quatorzième élément le plus abondant sur la planète et le quatrième dans l’univers. DONC, on en trouve déjà beaucoup autour de nous, mais on en trouve encore PLUS ailleurs dans l’espaceeeeee. Il tient son nom du charbon, dont il est le principal composant. Le carbone peut exister sous forme gazeuse, dissoute dans l’eau, ou sous forme minérale. Il est assez social : il peut faire plusieurs liaisons avec des atomes différents. Il affectionne particulièrement l’hydrogène avec qui il s’associe pour former plusieurs molécules*. ♥‿♥

Dans la nature, il existe deux types de molécules de carbone. Celui qui fait partie des êtres vivants, on l’appelle le carbone organique. On le retrouve dans des molécules complexes : protéines, lipides, glucides. Ces molécules, si tu as déjà regardé des tableaux de valeurs nutritives (comme ceux sur ta boîte de céréales), font partie de ce que l’on mange. Le carbone inorganique, pour sa part, n’est pas lié aux organismes vivants. Les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4) par exemple contiennent du carbone inorganique.  

Un cycle complexe

Le cycle du carbone, c’est plutôt compliqué. Pour commencer, il est présent dans quatre sphères : la biosphère, l’hydrosphère, la lithosphère et l’atmosphère. (Tu n’as rien compris de toutes ces sphères? Pas de panique! On y revient plus loin.) Le carbone circule entre ces réservoirs en fonction des mécanismes et des réactions qui se produiront tout au long du cycle. Parmi ceux-ci, certains sont très rapides, d’une dizaine d’années seulement, et d’autres sont très lents, allant jusqu’à des centaines de millions d’années.  

La biosphère, c’est l’ensemble des êtres vivants de la planète. Le carbone est présent dans les plantes, les forêts, les animaux, et même dans les sols! Grâce à la photosynthèse, qui se déroule autant en milieu terrestre qu’en milieu aquatique, le carbone passe d’une forme inorganique à une forme organique : l’énergie du soleil est utilisée pour transformer le CO2 en glucose (ou sucre) qui servira à la fabrication des tissus végétaux, tout en produisant de l’oxygène. Ensuite, lorsque des animaux mangent des plantes, le carbone se transfère tout au long de la chaîne alimentaire!  

Le processus contraire est réalisé lors de la respiration. Les êtres vivants rejettent alors une partie du carbone qu’ils ingèrent sous forme inorganique. Le reste est éliminé sous forme organique dans les déchets : urines, selles, organismes morts. C’est alors au tour des décomposeurs comme les micro-organismes d’entrer en jeu! Ils décomposent cette matière organique, ce qui produit du CO2, et en absence d’oxygène, ils la fermentent pour donner du CH4. On en trouve, entre autres, dans le sol où ils s’attaquent à des résidus végétaux et animaux à différents stades de décomposition. Ils peuvent même capter (ou stocker) le carbone dans la matière organique du sol, comme dans la tourbe produite par les tourbières! Aussi, des évènements, tels que des feux de forêt, peuvent libérer rapidement le carbone contenu dans les plantes.  

Un nautile, avec une coquille faite en carbone… ou presque

Le cycle se poursuit

Le carbone est présent sous forme dissoute dans l’hydrosphère, qui constitue l’ensemble de l’eau présente sur la terre. Le carbone est dissous dans l’océan grâce à une réaction entre le carbone, la molécule d’eau et le calcium pour devenir du carbonate de calcium (CaCO3). Lorsque des organismes marins vivants immobilisent le carbone sous forme minérale dans leurs coquilles et leurs squelettes, ils fixent le carbone. Oui oui, tu as bien lu. Certaines espèces marines, comme le corail ou les crustacés, utilisent le carbone pour constituer leur squelette. Petite parenthèse : l’accumulation des squelettes de plusieurs organismes marins au fond de l’océan au fil du temps donnera lieu au phénomène de la sédimentation.  

La lithosphère, c’est l’enveloppe de la terre, la couche externe solide, dont fait partie la croûte terrestre. On peut retrouver le carbone dans des sédiments ou des roches calcaires. Il peut aussi se cacher dans des roches carbonées fossiles (ou combustibles fossiles) provenant des êtres vivants, tels que le charbon ou le pétrole.** Le volcanisme permet de libérer le carbone et laisse échapper du CO2 ainsi que du CH4 dans l’atmosphère.  

L’enveloppe gazeuse qui entoure la terre, comme tu le sais déjà probablement, c’est l’atmosphère. Le carbone y est présent en faible quantité sous forme de CO2 et de CH4. Cependant, plus la proportion de ces molécules augmente dans l’atmosphère, plus on accélère les changements climatiques actuels.  

De la belle décomposition pleine de carbone

Et que fait l’humain?

Les activités humaines, par la combustion d’éléments fossiles, l’élevage ou la déforestation, perturbent le cycle du carbone en rejetant davantage de gaz dans l’atmosphère de manière non naturelle. L’équilibre biologique est bouleversé, l’effet de serre est renforcé et le changement climatique que l’on connait aujourd’hui est accéléré. En effet, avant l’ère industrielle, le cycle du carbone était équilibré. Aujourd’hui, le carbone est utilisé à une vitesse telle qu’il n’a pas le temps de se fixer. (Rappelons-nous : il peut être utilisé dans la photosynthèse et présent dans la matière organique des plantes et des animaux, dissous dans l’océan, entreposé dans les sédiments marins ou les sols terrestres ou encore enfoui dans les roches sédimentaires, comme c’est le cas pour le charbon ou le pétrole**.) C’est pourquoi il y a un surplus de carbone dans l’atmosphère et qu’on tente de réduire, tant bien que mal, nos émissions de carbone…  

NOTES

* Une molécule, c’est une association de plusieurs atomes.

** Tu as bien compris. Pétrole, charbon et schistes proviennent en réalité de matières organiques enfouies dans des sédiments il y a des millions d’années! On t'en parle ici.

 

Par Andréanne, éducatrice-naturaliste senior et coordonnatrice des activités Charlevoix

Sources images : Pexel, GUEPE, Lee R. Berger, Pixabay

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Vedette du mois
En vedette ce mois-ci : la rigueur

La rigueur est souvent synonyme de rigidité ou d’inflexibilité. Mais la rigueur, c’est aussi intrinsèque à la méthode scientifique. En ce cas, on fait plus référence à la précision et à la justesse.

Qu’on s’en serve pour qualifier un trait de caractère d’une personne sévère, illustrer la rudesse de l’hiver québécois ou critiquer une nouvelle politique économique, la rigueur est souvent synonyme de rigidité ou d’inflexibilité. Mais la rigueur, c’est aussi intrinsèque à la méthode scientifique. En ce cas, on fait plus référence à la précision et à la justesse. C’est une « qualité d’une personne ou du travail de recherche qu’elle accomplit, dont les propos, généralement d’ordre scientifique, présentent une grande exactitude et une logique inflexible », définit l’Office québécois de la langue française. La recherche scientifique est empreinte de rigueur.

Mais avant d’aller trop loin, la fameuse méthode scientifique, sais-tu ce que c’est? Même si certains l’apprennent depuis la première année du primaire, ça vaut quand même le coup de faire un petit rappel.  

Étudier l’espace, ça prend de la rigueur

Observer pour comprendre

La première étape, c’est l’observation. Tout ce qui peut être observé peut être étudié : les plantes, la météorologie, les mouvements sociaux… Et même notre planète! D’ailleurs, l’invention d’instruments d’observation tels que le microscope ou le télescope a permis d’ouvrir de nouvelles opportunités de recherche comme l’infiniment petit et l’infiniment grand. Mais attention à la reproductibilité! L’observation doit pouvoir être répétée par d’autres personnes, dans des lieux différents et selon des critères précis. Ici, pas de place pour les miracles!  

C’est à ce moment qu’on commence à s’interroger. En fonction de nos connaissances, de la littérature scientifique* et des observations qui nous semblent pertinentes, on se pose des questions sur les liens entre les différents phénomènes et on essaie d’expliquer les choses. On crée alors l’hypothèse : LA question qui décide et orientera la suite de la recherche. Cette étape-là, c’est un peu un art qui nécessite imagination et intuition. Mais attention! Il faut que l’hypothèse reste cohérente avec les acquis scientifiques.  

Étudier la nature, ça prend de la rigueur

Essayer et analyser

On est maintenant prêts pour l’expérimentation. Ici, les choses se corsent! On n’ira pas trop en détail. Dans certaines sciences, l’expérimentation passe par une observation encadrée comme en astronomie, paléontologie ou climatologie. Pour d’autres, telles que la physique, la chimie ou la biologie, c’est le temps de l’expérimentation. Pour cela, le scientifique doit établir une méthodologie et contrôler les conditions dans lesquelles l’expérimentation aura lieu. Celle-ci doit être reproductible. Les résultats seront analysés et interprétés en fonction des connaissances actuelles pour en arriver à une conclusion. Est-ce que mon hypothèse de départ est vérifiée ou non? En partie? Quels éléments seraient à modifier?

Finalement, les chercheurs publient leurs travaux dans des revues savantes où le tout sera validé par d’autres spécialistes afin de garantir la crédibilité. C’est ce qu’on appelle dans le jargon « la révision par les pairs ». Enfin, une panoplie d’autres chercheurs feront des études similaires. Arriver à un consensus scientifique et des constats solides est un processus lent, qui nécessite essais et erreurs pour avancer.  

En bref, la science prend du temps et la méthode scientifique impose la rigueur : chaque étape doit être réalisée dans la plus grande exactitude, chaque avancée est discutée par les autres scientifiques et chaque étude doit et sera répétée pour confirmer les conclusions.  

Des ajustements nécessaires

Même si la science reste très rigoureuse, il y a parfois des erreurs qui s’y glissent. Après tout, elle est pratiquée par les humains. Et qui est parfait? Aussi, au fur et à mesure qu’on fait des découvertes, il faut ajuster certains éléments en fonction des nouvelles connaissances.  

Par exemple, pour les animaux ou les végétaux, de nouvelles familles sont créées au fur et à mesure que l’on comprend leurs origines et leurs liens entre eux grâce à la génétique. En 2010, une nouvelle famille d’oiseaux est créée pour les balbuzards. Alors qu’ils étaient avant dans la même famille que les aigles, la structure particulière de leurs pattes et de leurs serres les distinguent des autres oiseaux. (Cette science qui étudie les organismes vivants et tente de les classer en familles, genres, espèces, c’est la taxonomie!)  

Étudier le sol, ça prend de la rigueur

Mais alors, faut-il continuer à avoir confiance en la science? Elle est constamment mise à jour en fonction de nouvelles découvertes. C’est ce qui distingue la science et « c’est justement parce que la science a ce pouvoir de se remettre en question qu’on doit continuer à lui faire confiance… », écrivait d’ailleurs Valérie Borde dans L’actualité. Pour notre part, il est possible d’en apprendre sur la science et sur la quête de la rigueur afin d’atteindre ces objectifs. Pourquoi ne pas appeler une bernache une outarde**? Et pourquoi ne pas laisser place à notre imagination, se poser des questions et comprendre que parfois, on ne sait pas encore la réponse? ¯_(ツ)_/¯

NOTES

* La littérature scientifique, c’est l’ensemble des encyclopédies, des méta-analyses, des articles scientifiques, des comptes-rendus et des thèses qui constituent les connaissances scientifiques.  

** Tu ne savais pas qu’il y a une différence entre une bernache et une outarde? Lis ceci!  

Par Andréanne, éducatrice-naturaliste senior et coordonnatrice des activités Charlevoix

Sources images :  NASA, Dewhurst Donna, USFWS, John A. Kelley, USDA Natural Resources Conservation Service

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Quoi faire?
Notre randonnée de mai : le Mont-du-Lac-des-Cygnes

Ça y est le printemps est là! À la vue des bourgeons, des premières fleurs et au chant des oiseaux, t’as qu’une seule envie : aller enfin te dégourdir les pattes en pleine nature!

Ça y est le printemps est là! À la vue des bourgeons, des premières fleurs et au chant des oiseaux, t’as qu’une seule envie : aller enfin te dégourdir les pattes en pleine nature! Ça tombe bien, on a la proposition parfaite de randonnée incroyable pour toi! Tu aimes t’immerger dans la végétation nordique, les gros cailloux et les beaux points de vue? Ta destination idéale de randonnée, c’est le Mont-du-Lac-des-Cygnes dans Charlevoix!

C’est la star du parc national des Grands-Jardins, avec son point de vue à couper le souffle (du souffle y en a, alors n’oublie pas ta petite laine) et son histoire géologique atypique. À 1 h 30 de route de Québec, tu te stationnes au centre de services au km 21 de la route 381. Après avoir rempli ta gourde, tu commences ton ascension. Deux choix s’offrent à toi, mais tous les chemins mènent en haut du Mont-du-Lac-des-Cygnes! Si tu es du type randonneur expérimenté, prends le sentier Le Pioui avec 10,4 km à travers la végétation arctique-subalpine et une petite tourbière à pergélisol*. Pour le marcheur tranquille, le sentier Mont-du-Lac-des-Cygnes (8,6 km) emprunté depuis 1930 te permettra de faire une pause pique-nique devant le lac Georges, créé par un ancien glacier, l’Inlandsis laurentidien**.

Quel que soit ton choix, le passionné*** de la nature en toi sera ravi par la multitude d’espèces végétales et animales croisées en chemin! La végétation traversée témoigne des épidémies d’insectes et des anciens feux qui ont ravagé la région, et qui ont été succédés par des forêts de peupliers faux-tremble, de bouleaux blancs, de sapins baumiers ou encore d’épinettes noires. Côté faune, le tétras du Canada (l’emblème du Parc des Grands-jardins) te fera peut-être une démonstration de sa parade nuptiale ou tu pourrais observer les traces de nombreux mammifères tels que l’ours noir. Il est même possible que tu aies la chance de croiser le troupeau de caribous qui réside dans le parc! Proche du sommet, dans le cœur de la toundra québécoise, garde les yeux ouverts pour un porc-épic en quête de nourriture! (Moi-même, j’en ai vu!)  

Un tétras mâle avec son beau sourcil rouge!

À 980 m d’altitude, on arrive enfin au sommet et au point de vue tant attendu. Une passerelle en bois est aménagée au milieu de la végétation montagnarde subalpine, pour ne pas piétiner cet écosystème fragile. On est presque arrivé, et on sent que l’air est plus frais près des nuages. Attention aux rafales parfois fortes! Tiens bien tes affaires, t’as pas envie d’aller chercher ton chapeau tout en bas! Avant d’aller jeter un coup d’œil au belvédère, n’hésite pas à te poser sur les gros cailloux qui jonchent le sol pour une petite collation. Ça fera une belle histoire à raconter à Noël! Ça y est, t’as bien repris des forces? C’est le moment de profiter de ta récompense : la vue depuis le sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes. C’est beau hein? On peut contempler la vallée de la rivière du Gouffre, le massif laurentien, et on voit même le Saint-Laurent!  

Et la géologie, tu me diras? Les nerds des roches ne seront pas en reste après leur passage au Mont-du-Lac-des-Cygnes! On en a déjà parlé : le Mont-du-Lac-des-Cygnes fait partie du Cratère de Charlevoix (ou plutôt l’astroblème). Il est situé sur sa bordure. C’est d’ailleurs du haut du Mont qu’on peut bien l’observer et imaginer la taille gigantesque que devait avoir la météorite pour laisser une trace pareille! En plus du cratère, le Mont-du-Lac-des-Cygnes, massif d’âge précambrien, regorge de traces laissées par la fonte du glacier, il y a 10 000 ans. Pour plus de détails, prends le temps de bien lire les panneaux d’interprétation le long des sentiers. C’est passionnant!

Ah oui, j’oubliais! Une dernière anecdote pour la route! Pourquoi ça s’appelle le Mont-du-Lac-des-Cygnes? Tu n’en croiseras pas beaucoup sur le sentier, des cygnes… On pourrait penser que c’est à cause de la silhouette du lac. Pas si fou, car au sud, on trouve un lac dont le nom correspond à sa forme! Mais son nom ne viendrait ni de son contour, ni de cygnes qui s’y baignent. Un mystère donc à éclaircir plus tard!

Bonne randonnée!

NOTES

* Le pergélisol est une couche du sol qui est à une température inférieure ou égale à 0 °C pendant au moins deux ans. Au Canada, près de 50 % de la surface présente une sous-couche de pergélisol.

** L’Inlandsis laurentidien est la calotte glacière qui recouvrait le Québec et le Canada jusqu’à la limite de la Colombie-Britannique durant l’âge Wisconsinien (il y a 80 000 à 10 000 ans). Il s’est retiré il y a environ 10 000 ans et a laissé derrière lui plusieurs étendues d’eau dont les Grands Lacs nord-américains et le fleuve Saint-Laurent.

*** Toutes les passionnées de nature, on pense à vous aussi! On voulait simplement alléger le texte à l’aide du masculin. #chumsdefilles

Par Julie, éducatrice-naturaliste spécialiste

Sources images : Claudine Lamothe, Tom Murray

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Question du public
Difficiles à identifier

La nature renferme bien des trésors qui sont difficiles à identifier! Deux espèces peuvent se ressembler, comme le pic mineur et le pic chevelu. Entre nous, le dimanche après-midi, c’est ben correct de les appeler des pic bois!

« Pouvez-vous m'aider à différencier les bernaches des outardes? »

La nature renferme bien des trésors qui sont difficiles à identifier! Deux espèces peuvent se ressembler morphologiquement, comme le pic mineur et le pic chevelu. On les distingue surtout par leur taille et la longueur de leur bec. Entre nous, le dimanche après-midi, c’est ben correct de les appeler des pic bois! Par contre, si tu écris une thèse sur les oiseaux forestiers, faudra faire l’effort de préciser. Une rigueur scientifique s’applique afin de nommer correctement l’espèce!

À droite, un pic mineur, le plus petit des pics du Québec, et à gauche un pic chevelu

Ce qui n’est pas correct du tout, ce sont les erreurs de langage qui se perpétuent avec le temps et dont le nom utilisé ne correspond pas, mais pas du tout, à l’animal en question. Il correspond plutôt à un autre animal! C’est comme si on appelait les Backstreet Boys « NSYNC ». Bien que les deux soit cool, ce n’est PAS pareil! On va découvrir 3 erreurs qu’on entend encore aujourd’hui qui sont apparues suite à l’arrivée des Européens en Amérique du Nord au 16e siècle. Les colons nommaient la faune et la flore par des ressemblances. (La science n’était pas encore assez avancée pour les classer autrement.)  

Ça dure depuis longtemps… et c’est le temps de changer!  

Confusion chez les oiseaux

Peux-tu nommer cet oiseau?

Certains vont dire que c’est une bernache, et d’autres, que c’est une outarde. C’est pourtant simple! En Amérique du Nord, il n’y a pas d’outardes! Les outardes sont des oiseaux présents en Europe, Asie, Afrique et Australie. (Ça, c’est une outarde!) À bien les regarder, elles sont très différentes. Je ne pense même pas qu’on ait besoin t’expliquer pourquoi. Au Canada, c’est donc le terme bernache du Canada qu’on devrait utiliser.

Embrouille de cervidés

Peux -tu nommer ce mammifère?

La réponse « chevreuil » sera très populaire! Mais ce n’est pas correct, car il s’agit d’une espèce différente de cervidé. La bonne réponse est cerf de Virginie. C’est surtout la taille qui va grandement les différencier! Le chevreuil est beaucoup plus petit (maximum 110 cm de long et hauteur d’épaule à 80 cm; alors que le cerf de Virginie peut atteindre 215 cm en longueur et une hauteur d’épaule de 120 cm). Le chevreuil est un cervidé absent d’Amérique du Nord, tu n’auras pas la chance de le croiser!  

Pas facile, les oiseaux…

Connais-tu cet oiseau?

Il s’agit d’un oiseau qui est plus difficile à observer en nature à cause de son camouflage! Son véritable nom est gélinotte huppée. Cependant, on entend souvent le mot « perdrix », qui est un nom vernaculaire… C’est-à-dire qu’il regroupe plusieurs espèces. C’est pratique dans le langage courant, mais un peu moins scientifiquement! Ça peut générer de la confusion parce qu’il y a une seule espèce qui s’appelle réellement perdrix au Canada et il s’agit de la perdrix grise. (On ne veut pas commencer à appeler tous ces oiseaux « perdrix » comme on appelle tous les papiers mouchoirs « Kleenex »…) Notre perdrix canadienne est, en fait, une espèce introduite. Comme tu t’en doutes, elle provient d’Europe! D’autres espèces sont également souvent fautivement appelées « perdrix » et il ne faut pas les confondre entre elles. Il y a notamment le tétras du Canada et le lagopède des saules.  

À toi maintenant d’utiliser les bons mots! Bernache, cerf de Virginie ou gélinotte huppée… Tu pourras infliger des gages à tes amis qui utilisent des mots qui ne font pas de sens, finalement!  

Par Aurélien, chargé des projets

Sources images :  Eric Bégin, Eric Bégin, Sheila Brown, Sheila Brown, Wiki

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