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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Vedette du mois
La bioluminescence

Magie! Tu es en pleine nuit d’été autour d’un feu de camp, puis les mouches à feu s’animent dans le ciel! Tu te croirais dans Avatar! Cette curieuse capacité de s’illuminer dans le noir c'est la bioluminescence.

Magie! Tu es en pleine nuit d’été autour d’un feu de camp, puis soudainement, les mouches à feu s’animent dans le ciel! Tu te croirais dans le merveilleux monde d’Avatar! Cette curieuse capacité de s’illuminer dans le noir qu’ont certains organismes vivants s’appelle la bioluminescence. L’exemple le plus près de nous est sans aucun doute celui de la luciole!  

C’est près de 80 % des espèces marines qui scintillent comme des étoiles dans les profondeurs de la mer! C’est complètement fou! Imagine : c’est plus de la moitié des animaux de l’océan qui émettent de la bioluminescence ou qui sont en association avec des bactéries capables de le faire.  

Mais pourquoi donc?

Évidemment tu comprendras qu’il s’agit d’une stratégie évolutive qui a permis à de nombreux animaux à tirer avantage de vivre dans un environnement obscur.  

D’une part, la bioluminescence aide tout simplement à éclairer dans le noir! Un peu comme les phares d’une mobylette dans une réserve de ciel étoilé (bref un véhicule qui éclaire très peu dans un endroit où il fait très noir), les organes bioluminescents des animaux marins sont généralement positionnés sur la tête, près des yeux et le long du corps de manière à élargir le champs de vision et faciliter la recherche de nourriture.  

Mais la bioluminescence ce n’est pas seulement pour s’éclairer dans le noir. C’est aussi un moyen de communication fort efficace lorsqu’on vit dans l’obscurité. Ainsi, les séquences lumineuses et les couleurs employées permettent aux espèces de se reconnaitre entre elles. Quant aux mâles et aux femelles de la même espèce, ils émettent des signaux bioluminescents distincts pour signaler leur position ce qui facilite l’accouplement.  

Un petit calamar d’Hawaï

Parmi les organismes aquatiques qui font usage de la bioluminescence, tu reconnaitras le terrifiant poisson lanterne (aussi appelée la baudroie abyssale)! Celui-ci s’associe à des bactéries lumineuses qui s’installent à l’extrémité d’un appendice en échange de sucre et d’oxygène qu’il leur achemine par son sang. Cette drôle d’ampoule qui brille dans les abysses de l’océan agit comme un leurre et attire les proies les plus curieuses. Un peu à la manière des paupières, une peau sombre se rabat sur la lumière et permet à celle-ci de s’allumer au bon moment. Ça ne donne pas envie de faire une saucette avec lui, n’est-ce pas?  

Dans d’autres cas, cet éclatant phénomène peut servir à se défendre, soit en éblouissant ou en troublant la vision de ses prédateurs. Cela peut se faire en relâchant un fluide bioluminescent par exemple. Certaines espèces peuvent, quant à elles, détacher une partie de leur corps composée de bactéries lumineuses et ainsi induire le prédateur en erreur et prendre la fuite.  

Enfin, certains organismes comme des mollusques, dont le calamar d’Hawaï, en tire avantage pour se camoufler en se confondant avec la lumière de la surface de l’eau. Il s’agit du phénomène de contre-illumination.

Comment ça marche?

On est d’accord que c’est vraiment weird comme phénomène! Tu dois d’abord savoir que chaque espèce capable de bioluminescence peut y parvenir par le biais d’une réaction chimique personnalisée. Cette réaction peut se produire à l’extérieur ou à l’intérieur de cellules. Lorsque ça se produit à l’intérieur de cellules, ce sont souvent des cellules spécialisées nommées photocytes qui entrent en jeu. Chaque photocyte contient des organites (minis organes) appelés peroxisomes où la réaction chimique se produit.

C’est généralement grâce à la protéine luciférine (allo!) et de l’enzyme luciférase (bonjour!) qu’il y a production de lumière. Lorsque le taux d’oxygène augmente dans les photocytes, la luciférine s’oxyde et émet de l’énergie sous forme de lumière. Cette réaction chimique est toutefois déclenchée avec l’aide de la luciférase, voilà!! C’est donc en contrôlant le taux d’oxygène dans les cellules que la lumière peut s’allumer ou s’éteindre! Brillant! Il faut toutefois mentionner que cette réaction produit une lumière bien vive, mais qui ne produit aucune chaleur, brrrr. Si tu es fan de mythologie, tu peux t’en rappeler en te disant que Lucifer s’est mêlé de la question comme le suggère le nom des deux molécules responsables de cette production de lumière*.  

Bref que ce soit en s’exclamant devant ta lampe à mouche (Ah non! Ça c’est pas pareil!) ou en regardant le spectacle surnaturel de l’eau qui s’illumine au mouvement des vagues (dans ce cas-ci la capacité que des micro-organismes puissent produire ces lueurs bleues sur certaines plages de la planète est complètement fascinante et nous transporte dans un autre monde)… Bienvenue à Pandora!    

JUSTE POUR VOTRE INFO PARCE QUE C’EST TROP COOL!

Cette entreprise utilise des micro-organismes bioluminescents pour faire de l’éclairage dans des villes pour éventuellement remplacer l’utilisation d’énergie!! On serait VRAIMENT dans Pandora! Et pour ceux qui veulent en apprendre plus tout en s’amusant, découvrez leur jeu sur la bioluminescence!

NOTES

*Ce n’est qu’un truc mnémotechnique. En réalité, les noms de ces molécules (tout comme le nom du personnage de Lucifer) sont dérivés du mot latin « lucifer » qui signifie « porteur de lumière ».

Par Joannie, chargée de projet – Estrie

Sources images : Margaret McFall-Ngai, Kevin Key

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Choix du naturaliste
Lumière sur les lucioles

Symbole de féérie, les lucioles évoquent de lumineux souvenirs à la tombée de la nuit. Toutefois, si on peut se souvenir du flash lumineux qu’elles produisent dans la pénombre, il est plus difficile de les voir le jour.

Symbole de féérie, les lucioles évoquent de lumineux souvenirs* à la tombée de la nuit. Toutefois, si on peut facilement se souvenir du flash lumineux qu’elles produisent dans la pénombre, il est plus difficile de se les représenter à la lumière du jour. Surnommée « mouche à feu », la luciole n’a rien d’une mouche (bien qu’elle soit un insecte). De plus, la lumière qu’elle produit se fait sans dégager de chaleur, contrairement au feu!

La bioluminescence se produit dans l’extrémité de l’abdomen (2 ou 3 derniers segments) de l’insecte.

Elles sont variées!

Cet insecte est plus précisément un coléoptère comme la coccinelle ou le hanneton. Le dessus de son abdomen est recouvert de deux élytres (des genres d’ailes durcies) qui, au repos, servent de protection! Il y aurait environ 2000 espèces de lucioles sur la planète, dont 150 se retrouveraient dans le nord de l’Amérique (au Canada et aux États-Unis). Au Québec, il y en aurait possiblement 8 ou 9 espèces**.

Les lucioles sont donc un groupe d’insectes qui, bien qu’elles partagent de nombreuses similarités, offrent une belle diversité. Si on associe les lucioles à leur capacité de produire de la lumière (ou d’être bioluminescentes), il faut savoir que ce ne sont pas les adultes de toutes les espèces qui possèdent cette capacité. Toutefois la bioluminescence n’est pas réservée qu’aux adultes. Il y a des lucioles capables de faire de la lumière à tous les stades de leur développement, soit les stades d’œuf, de larve, de pupe et d’adulte. Au Québec, les espèces de lucioles incapables de faire le la lumière à leur stade adulte sont tout de même capable d’en faire lorsqu’elles sont une larve.  

Les adultes, comme vu ici sur le photo, et les larves sont souvent de couleur noire ou brune, avec des traits de teintes orangées et jaunes sur leur corps (de chaque côté ou seulement sur le thorax ou encore le long des élytres).

À quoi ressemble leur vie?

À l’été, les femelles pondent généralement leurs œufs au sol, dans un environnement humide, souvent à proximité de l’eau. Après environ un mois, les œufs éclosent et les larves qui en sortent vivront également au sol. Elles sont des prédatrices se nourrissant d’invertébrés comme des escargots et des limaces, mais aussi de vers ou d’insectes. Quand l’hiver arrive, les larves se réfugient sous terre, ce qu’elles feront 1 ou 2 fois, étant donné qu’elles passent 1 à 2 ans sous forme de larve.

À la fin d’un printemps, les larves se creusent un abri dans le sol afin de compléter leur métamorphose. Les lucioles passeront environ 10 jours sous forme de pupe, avant d’émerger sous leur forme adulte, prêtes à se reproduire. Elles mourront la même année : les mâles après s’être reproduits avec une ou plusieurs femelles et les femelles après la ponte de leurs œufs, ce qui peut être très rapide ou peut prendre plus de temps, selon l’espèce***.  

Pourquoi cette lumière?

Les signaux lumineux des lucioles permettent principalement aux mâles et aux femelles d’une même espèce de communiquer. Les adultes mâles voleront en émettant le clignotement caractéristique de leur espèce. Les femelles accrochées à la végétation répondront par le même clignotement si elles sont intéressées par le mâle à proximité. Ce dernier, lorsqu’il perçoit le signal de réponse d’une femelle, s’approchera en suivant la lumière afin de s’accoupler avec elle****. Chaque espèce aura donc son propre signal, la couleur et la vitesse du clignotement pouvant varier.

Chez les œufs, les larves et les pupes, l’émission de lumière serait plus en réaction à un dérangement et non pas dans le but de communiquer avec des semblables. Beaucoup d’espèces de lucioles produisent des toxines pour se protéger de leurs prédateurs, qui sont les amphibiens et les oiseaux. La bioluminescence chez les lucioles pourrait donc avoir plutôt comme fonction initiale de prévenir les prédateurs de leur toxicité.

Une larve de luciole

Faits impressionnants en rafale

  • Lorsque des grenouilles réussissent à se nourrir de lucioles, il peut arriver que l’insecte continue à émettre de la lumière, même une fois avalé par celles-ci. Plusieurs personnes ont filmé ce phénomène où l’on voit des flashs lumineux provenir de l’intérieur du corps d’une grenouille! Amuse-toi à rechercher ça sur Youtube!
  • Les femelles lucioles appartenant au genre Photuris sont capables d’imiter les signaux lumineux de d’autres espèces de lucioles afin d’attirer les mâles de ces autres espèces dans le but de les manger.
  • Les lucioles sont responsables de phénomènes de bioluminescence synchronisée dans deux régions du monde (en Asie du sud-est et au Great Smoky Mountains National Park des États-Unis), c’est-à-dire que les individus d’espèces vivant dans ces régions sont capables de clignoter simultanément.

Ouvre donc l’oeil (surtout autour milieux boisés ou humides) pour admirer ces toutes petites bêtes aussi magnifiques que surprenantes et contemple la magie de la nature qui t’entoure!

NOTES

* Mes trois meilleurs souvenirs de lucioles sont au parc-nature du Bois-de-Liesse près de la maison Pitfield le soir du mariage de ma cousine, le long d’un sentier au pourtour du lac Morgan près de Rawdon lors d’une fin de semaine de pêche et sur le terrain du Camp le Manoir aux Éboulements lors d’une nuit de camping au camp de vacances GUEPE.

** Le nombre d’espèces trouvées de lucioles pourrait changer selon de nouvelles découvertes ou en raison de l’impact de l’humain sur son environnement.

*** Pour l’alimentation chez les lucioles adultes, c’est plus complexe et moins clair que pour les larves. Certaines ne mangeront pas du tout car elles se reproduisent immédiatement puis elles meurent. D’autres seront des prédatrices comme les larves et d’autres se nourriraient grâce aux plantes (de leur pollen ou de nectar).

**** Chez plusieurs espèces, les femelles sont incapables de voler, parce que leurs ailes sont trop courtes ou qu’elles n’ont tout simplement pas d’ailes. Dans ce cas, il arrive que les femelles aient davantage l’apparence d’une larve que d’un adulte. Le terme « ver luisant », aussi utilisé pour désigner cet insecte, pourrait être inspiré de ces spécimens.

Pour les curieux…

Espace pour la vie (en français)

Guide des insectes du Québec (en français)

ThoughtCo (en anglais)

Par Philippe, éducateur-naturaliste senior

Sources image : Wiki, Katja Schulz, Katja Schulz

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Ailleurs
Les espèces qui brillent

On a parlé de la bioluminescence et des lucioles, mais connais-tu vraiment tout sur les espèces qui brillent? Cet article te feras faire un tour du monde des espèces brillantes qui t’en mettra plein les yeux!

Ce mois-ci, tout ce qui brille est décidément à l’honneur! On a parlé de la bioluminescence et des lucioles, mais connais-tu vraiment tout sur les espèces qui brillent? Cet article te feras faire un tour du monde des espèces brillantes qui t’en mettra plein les yeux!

Pourquoi ça brille?

On a déjà expliqué ce qu’est la bioluminescence, ce procédé chimique qui permet à de nombreux animaux de briller. C’est ce qui est notamment utilisé par les lucioles ou le krill pour briller dans le noir. Pour rappel, l’émission de lumière peut avoir différentes utilités dans le monde animal : ce peut être pour attirer la gent féminine, attirer ses proies, dissuader les prédateurs… et, pour beaucoup, on ne sait juste pas encore à quoi ça sert! Puisque que chacun utilise de ce charme pour différentes causes, le mieux c’est qu’on fasse un tour de cas par cas!

Les lumineux aquatiques

Si tu as lu l’article du début du mois sur la bioluminescence, tu es déjà familier(ère) avec le calamar d’Hawaï et la baudroie abyssale (qu’on connait aussi sous le nom de poisson lanterne), qui utilisent tous les deux la bioluminescence pour deux raisons différentes, mais il existe bien d’autres bestioles aquatiques qui brillent!

Aussi étonnant que ça puisse paraître, le krill de l’Antarctique, cette petite crevette qui nourrit les phoques, pingouins et autres oiseaux marins, peut produire une lumière jaune ou verte pendant 3 secondes. Cette lumière permettrait d’éviter les prédateurs des profondeurs en se confondant avec les reflets du soleil et de la glace en surface.

Le krill qui brille

Un exemple étonnant de l’utilisation de la lumière en milieu aquatique est celui des ophiures (qui ressemblent beaucoup à des étoiles de mer). Ces animaux peuvent illuminer un de leurs bras et le détacher pour leurrer leur prédateur. Pendant que le prédateur ingère le bras, l’ophiure peut s’éloigner subtilement. Et en bonus, le bras va briller dans l’estomac du prédateur. Ceci qui le rendra visible à de plus gros prédateurs! Tel est pris qui croyait prendre!

Enfin, pour finir sur le milieu aquatique, revenons sur les vagues lumineuses qu’on peut observer sur certaines plages tropicales, telles que la Mosquito Bay à Porto Rico. Ces micro-organismes lumineux, ce sont des dinoflagellés, des algues microscopiques du plancton. Si elles brillent avec une lumière bleue, c’est parce qu’elles activent un signal d’alarme à l’approche d’un prédateur. Bien moins paisible que ce que l’on pourrait imaginer!

On pourrait parler longtemps des espèces aquatiques qui brillent, mais puisqu’il faut parler aussi des terrestres, si tu veux en lire plus n’hésite pas à « googler » le cas des méduses, du calamar luciole, des cténophores, de la hache d’argent diaphane (c’est un poisson, pas une arme hein!) ou encore des poissons-dragons.

Les lumineux forestiers

Retour sur la terre ferme, je parie qu’à part les lucioles tu n’as pas vraiment d’idée de ce qui brille dans la forêt. Pourtant, même si la lumière y est moins utilisée que dans les profondeurs marines, on retrouve bien des êtres vivants qui brillent!

Il n’y a pas que les animaux qui peuvent utiliser la bioluminescence, comme le démontrent plusieurs champignons. Et pas besoin d’aller dans des endroits très exotiques. Même si beaucoup de champignons lumineux se trouvent en Océanie, plusieurs peuvent être observés en Amérique du Nord ou en Europe!

Chez les champignons, la bioluminescence résulte du même procédé que chez les animaux. Pour ces mycètes* présents sur le bois mort, on appelle ça Foxfire (littéralement « feu de renard ») ou encore Feu de fée. La raison pour laquelle ils utilisent la lumière n’est pas très claire. On suppose que cela pourrait servir à attirer les petites mouches qui dispersent les spores, ou comme signal d’avertissement contre les mammifères se nourrissant de champignons.

Ce phénomène étant connu depuis longtemps, il a donné naissance à plusieurs mythes, comme de croire que les champignons brillaient à l’endroit où les fées fêtaient, ce qui a donné son nom à ce type de bioluminescence. Fait amusant : il semblerait que les soldats de la Première Guerre mondiale fixaient ces champignons sur leur casque pour ne pas se rentrer dedans dans les tranchées (où on ne pouvait pas utiliser de flammes à cause des combustibles)!

Les lumineux inattendus

Alors, oui, la plupart des animaux qui brillent le font grâce à la bioluminescence. Sauf que ce n’est pas le seul procédé qui peut être utilisé par les animaux pour briller.  

Récemment, des études scientifiques ont démontré que plusieurs animaux brillent, mais pas de la manière attendue. En effet, ces animaux ne brilleront pas la nuit, du moins pas à nos yeux, mais lorsqu’on les expose à de la lumière ultra-violette!

C’est ce qui a été découvert pour de nombreux marsupiaux, comme les wombats, les ornithorynques, les os de caméléons, les scorpions ou encore très récemment pour les polatouches! Un fait étonnant pour nous, puisque nos yeux humains ne voient pas dans ce spectre. Cependant pour la plupart de ces animaux qui voient les rayons UV, le fait de refléter cette lumière pourrait avoir une utilité, notamment dans les choix du partenaire, comme c’est le cas pour les autres couleurs!

Ce procédé a aussi été découvert chez une petite grenouille d’Amérique du Sud, Hypsiboas punctatus, ce qui en fait le premier amphibien lumineux connu. Mais chez cette espèce également, la fonction de la fluorescence n’est pas encore claire.

En attendant de nouvelles découvertes scientifiques sur le sujet, n’hésite pas à prendre une lampe UV lors de tes prochaines balades nocturnes en forêt; tu pourrais faire des rencontres lumineuses!

NOTES

* C’est le petit nom scientifique des champignons.

Par Julie, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Uwe Kils, Barisandi, Bernard Dupont,

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Question du public
La rainette faux-grillon : une petite grenouille à protéger

Grenouille verte, ouaouaron, crapaud d’Amérique… Ce sont tous des amphibiens que tu as probablement déjà vus près d’un maraie. Mais connais-tu la rainette faux-grillon?

« C'est quoi le deal avec la vraiment petite grenouille à Longueuil? »

Grenouille verte, ouaouaron, grenouille léopard, crapaud d’Amérique… Ce sont tous des amphibiens que tu as probablement déjà vus en te promenant près d’un marais ou d’un autre milieu humide. Mais connais-tu la rainette faux-grillon? Je te parie que non! Mais, je te gage que tu vas l’aimer!  

Qui est-elle?

Celle que l’on retrouve au Québec s’appelle la rainette faux-grillon boréale, mais on l’a seulement appris tout récemment! Avant 1989, on croyait qu’il s’agissait d’une grenouille extrêmement similaire et qui se trouve ailleurs au Canada et aux États-Unis : la grenouille faux-grillon de l’Ouest. D’ailleurs, elle porte encore légalement ce nom! Ce sont des tests génétiques qui ont révélé leurs différences.

De plus, tu seras peut-être surpris(e) d’apprendre qu’elle ne mesure, en moyenne, que 2,5 cm, ce qui n’est pas plus gros qu’une pièce de 2 $! On n’en a pas beaucoup de si petites grenouilles au Québec* et, si tu es comme moi, sa taille lui donne des points bonis de cuteness!  

Étant donné sa taille, elle n’est pas facile à voir, mais elle est certainement facile à entendre! Lors de sa période de reproduction au début du printemps (entre fin février et début mai), les mâles produisent un chant particulier qui ressemblent à un ongle qui passe sur un peigne en métal.

Où habite-t-elle?

Comme les autres amphibiens, une étape critique de sa vie (soit celle de têtard) se passe sous l’eau. Même à l’état adulte, sa peau délicate et perméable à l’eau la contraint à rester à proximité des milieux humides (comme les marais et les étangs) pour éviter la déshydratation. Cependant, sa particularité est qu’elle préfère les milieux humides qui sont temporaires, comme les flaques qui apparaissent au début du printemps après la fonte des neiges. Ce type de milieu est bien pratique parce qu’il ne contient pas de poissons qui pourraient se nourrir de ses œufs et de ses têtards. Cependant, c’est aussi malcommode quand on réalise que les têtards doivent se métamorphoser avant que l’étang s’assèche… Et qu’on se rappelle du réchauffement climatique…  

Le problème

Au Québec, elle est rare et désignée comme vulnérable à la disparition (et elle est considérée menacée dans le reste du Canada). On la retrouve seulement en Montérégie et en Outaouais, mais son aire de répartition est déjà à peu près 90 % moins grande qu’en 1950.  

Pourquoi? C’est toujours la même histoire : on détruit ses habitats et on pollue ceux qu’il reste. Et comme si cela n’était pas assez, le réchauffement climatique (merci humanité) n’aide pas non plus, puisqu’il risque d’assécher son aire de reproduction. Si elle a besoin de se déplacer pour trouver un nouvel habitat? Eh bien, ça aussi c’est difficile parce qu’on continue à les fragmenter en construisant des routes et d’autres infrastructures. C’est triste, je le sais.

Ce qui est encore plus triste, c’est que déclin de la rainette faux-grillon n’est probablement qu’un seul symptôme d’un plus grand problème. La disparition (ou la présence) d’amphibiens est souvent indicatrice de l’état de santé d’un écosystème, parce que leur peau perméable aux gaz et à l’eau les rend particulièrement vulnérables à la pollution. Ils sont donc souvent parmi les premiers à disparaître lorsqu’un écosystème est atteint. Ce n’est donc sans doute que la pointe de l’iceberg.

Que peut-on faire?

Si tu es comme moi, tu te sens peut-être un peu découragé(e). Mais il faut aussi se rappeler qu’on peut agir pour aider. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et différents partenaires ont récemment lancé un programme de sensibilisation qui vise à faire connaître la rainette faux-grillon et à motiver l’action. N’importe qui peut s’y joindre et devenir un Ambassadeur de la rainette faux-grillon! Pour aider la cause, on peut également aimer (ou liker-) la page Facebook du programme et parler de la rainette à notre entourage!

Protéger une petite grenouille peut avoir un grand impact!

Rappelons-nous que protéger la rainette et son habitat nous aide également à protéger indirectement d’autres espèces uniques qui peuplent son écosystème. (Et il y en a des espèces qui fréquentent les milieux humides! Ce sont de véritables carrefours de biodiversité!)  

Si cela n’est pas assez pour te convaincre, rappelle-toi que protéger son habitat nous offre des avantages à nous aussi! Il ne faut pas oublier que les milieux humides nous offrent des services, comme filtrer l’eau et nous protéger des inondations!  

NOTES

* La seule autre grenouille de taille similaire que l’on retrouve au Québec est la rainette crucifère, qui mesure entre 2 et 4 cm.

Par Émilie, communicatrice scientifique

Source image : Andrew DuBois

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Question du public
Le cycle des roches

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », suggérait Lavoisier. Et c’est aussi bon pour les roches! Bien qu’un caillou ait l’air relativement invariable, les roches*, elles voyagent, elles se métamorphosent.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », suggérait Lavoisier.

Et c’est aussi bon pour les roches! Bien qu’un caillou ait l’air relativement invariable, les roches*, elles, changent, elles voyagent, elles se métamorphosent. Comme l’eau, les roches font partie d’un grand cycle : une boucle infinie, pas tout à fait ronde, qui est influencée par les conditions des milieux, les perturbations et les différentes forces qu’on observe sur Terre. Il existe trois types de roches qui s’imbriquent à différents stades du cycle géologique : les roches sédimentaires, ignées et métamorphiques. Le cycle comprend aussi leur changement graduel d’un type à l’autre.

Comme tu le sais, les roches se déplacent. Les mouvements à l’intérieur même des couches de la Terre font bouger les éléments rocheux qui la composent. (C’est d’ailleurs ça qui crée les montagnes.) Ces immenses mouvements des roches, imperceptibles pour nous, sont les déclencheurs du cycle géologique.  

Du magma bien chaud aux cristaux

Bien qu’on pourrait commencer notre explication à n’importe quelle étape du cycle, on va se pencher en premier sur ce qui se passe au plus profond de la Terre. Parce que le centre de notre planète est très très chaud, quand un élément rocheux s’enforce dans les couches terrestres, par fusion, il fond et se transforme en magma ou en roche magmatique.  

Ce magma souterrain, remonte lentement (ou violemment, c’est selon) jusqu’à ce qu’il vienne faire un coucou à la surface. Généralement, ça se passe dans les volcans. Au contact de l’air, le magma se refroidit et on obtient une roche ignée. C’est la cristallisation. Le magma pourrait aussi refroidir sous terre pour y former des roches ignées. Ce type de roche est le plus fréquent sur la Terre.

Le tour des sédiments

Ces roches maintenant bien dures vont subir les aléas des éléments : le sol s’effrite lentement par l’érosion. Les agents d’érosion sont le plus souvent l’eau et le vent, mais l’érosion mécanique, par frottement par exemple, est aussi possible. Des petits morceaux de roches (très petits, comme des grains de sable et plus petits encore) se détachent alors des roches ignées et sont alors transportés. Ces micro éléments rocheux, qu’on appelle des sédiments, s’entassent, mélangés avec des éléments organiques**. Sur une longue période de temps se produit la diagenèse. Les couches de sédiments compactés durcissent sous l’effet de leur propre poids et se cimentent. Tu l’auras deviné, une fois consolidés, on les appelle des roches sédimentaires.  

Le Rocher percé, c’est un gros tas de calcaire, a.k.a. des roches sédimentaires.

De plus en plus dures

Avec le temps, en se déplaçant dans l’écorce terrestre (à cause du mouvement des plaques tectoniques qu’on t’explique ici dû à la convection), les roches ignées et sédimentaires sont pressées, chauffées, frottées, compressées et réchauffées. Elles s’enfoncent en profondeur, puis la chaleur et la pression transforment la structure de la roche : on les appelle alors des roches métamorphiques. (Le schiste est un exemple de roche métamorphique.) On les retrouve rarement en surface et ces dernières ont tendance à s’enfoncer davantage pour redevenir du magma.  

Sauter des étapes?

Ce qui est fascinant dans ce cycle (comme dans bien d’autres cycles), c’est qu’il fonctionne comme une mosaïque! N’importe quel type de roche peut se transformer en n’importe quel autre. Une roche ignée peut devenir métamorphique, une métamorphique peut se sédimenter. Les roches répondent aux conditions qui les entourent et se modifient en conséquence. Évidemment, ce cycle se produit sur des dizaines de milliers d’années. Ce n’est donc pas évident de l’observer.  

Mais si tu ouvres les yeux bien grands, tu peux trouver des témoins du cycle géologique : les couches de sédiments dans les Badlands, les formations rocheuses érodées des côtes des Îles Mingan, Balancing Rock en Nouvelle-Écosse, formée de roches ignées, un volcan en éruption…  

Un autre exemple : The Teepees, dans le Petrified Forest National Park, en Arizona. D’autres tas en étages de roches sédimentaires, super bien compressées.

NOTES

* Les roches, c’est un mélange de minéraux qui composent les couches de la Terre.  

** C’est dans ces couches de sédiments que les fossiles se forment.  

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : GUEPE, Pixabay, Anne F. Préaux

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