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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Aventures d'un.e naturaliste
Quand la relève enseignante redécouvre la science

Anne Frédérique se remémore l’expérience marquante qu’elle a vécue à accompagner des étudiant.e.s de l’UQAM pour leur faire découvrir les possibilités qu’offre l’enseignement des sciences en plein air.

Pendant plusieurs années, j’ai accompagné de futur.e.s enseignants et enseignantes dans le cadre de leurs cours de didactique des sciences, pendant des fins de semaine, à la base scientifique de l’UQAM, à Saint-Michel-des-Saints. Une expérience qui m’a particulièrement plu, parce qu’elle réunissait deux choses que j’aime profondément : la nature et la transmission.

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Le rôle de GUEPE était de leur faire découvrir les innombrables possibilités qu’offre l’enseignement des sciences en plein air. Et pour y arriver, il fallait parfois commencer par quelque chose de très simple : leur faire vivre l’émerveillement.

Alors, nous partions à la recherche de petites bêtes. On soulevait une branche, on scrutait le sol, on explorait les bordures du lac. On plongeait des filets dans l’eau pour capturer des macroinvertébrés, avant de se pencher pour observer ce qui s’y était accroché. On découvrait alors des créatures dont plusieurs ignoraient complètement l’existence, comme des larves aquatiques. Une fois, on a même pêché un triton vert. « Un lézard! Un lézard! » Je me suis empressée d'expliquer la différence entre un lézard et cet amphibien fascinant. D'abord aquatique au stade larvaire, le triton développe ensuite des poumons au stade juvénile et vit un certain temps sur terre, dans la forêt. À l'âge adulte, il retourne en milieu aquatique pour le reste de sa vie. « Wooowww!!! »

Des futures enseignantes en science en pleine action!

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Puis venait le moment de sortir les jumelles.

Je me souviens particulièrement de ces moments où, après des explications parfois un peu techniques, le groupe réussissait enfin à trouver un huard sur le lac. Il fallait ajuster les jumelles, chercher, perdre l’oiseau, recommencer... puis, soudain : « Je le vois! » Et tout changeait. Puis venait le temps de donner quelques notions sur l’écologie du huard et sa capacité à plonger pour chasser. Quelques minutes plus tôt, on essayait simplement de maîtriser un instrument; tout à coup, on se découvrait un intérêt pour l’ornithologie.

C’est justement ce que nous voulions transmettre : l’enseignement des sciences peut commencer par une question, une observation ou une découverte inattendue. Il n’est pas nécessaire d’avoir une classe, un tableau et quatre murs pour apprendre. Une mare devient un laboratoire. Un filet devient un outil. Un huard devient une occasion d’apprendre. Et un triton peut déclencher toute une série de questions.

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Le dimanche, au moment de partir, les étudiants et les étudiantes revenaient me voir avec leurs commentaires et leurs questions. Plusieurs mentionnaient les huards qui sont d’excellents plongeurs grâce à leurs pattes placées à l'arrière de leur corps. D'autres extasiaient devant leurs photos de triton vert, un amphibien, et non pas un lézard. La notion était acquise parce que l’apprentissage avait suscité une émotion. Mission accomplie.

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Le triton vert, pas un lézard!

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Année après année, nous avons repris l’expérience, avec une équipe GUEPE qui grandissait et de plus en plus de naturalistes pour partager leur expertise. Et chaque fois, je retrouvais ce même plaisir de voir l’émerveillement naître.

Ces fins de semaine avaient aussi pour moi une dimension particulière. Revenir à la base scientifique de l’UQAM, cette fois comme formatrice, était un petit retour aux sources. J’y ai moi-même été étudiante en écologie. Me retrouver au même endroit à accompagner des étudiants et des étudiantes dans leurs découvertes avait quelque chose de profondément satisfaisant. J’avais l’impression que la boucle était bouclée : apprendre, s’émerveiller, puis transmettre à son tour le goût de découvrir.

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Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : GUEPE

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Question du public
Écouter la nature, l’art d’innover

Comment la nature inspire-t-elle des inventions toutes plus ingénieuses les unes que les autres?

Texte paru dans Le Journal des Voisins, hiver 2026.

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Par une journée grisâtre d’hiver, je me promenais au parc-nature du Bois-de-Saraguay : rien de mieux pour me remonter le moral!

Ce boisé centenaire, le plus ancien de Montréal, est majestueux en toute saison. Son sentier bordé d’arbres formant un véritable couloir s’avance en ligne droite à perte de vue avant de se retourner en boucle. J’avance tranquillement dans le sentier en regardant autour de moi. J’entends le vent souffler dans les branches sans feuilles et un pic bois qui martèle un tronc au loin. Soudain, j’arrête net. Une chouette rayée. Bien visible et immobile. En plein centre de mon champ de vision : un secret que les feuilles auraient autrement caché! Pourtant, elle n’aurait pas eu besoin de feuilles. Elle se camoufle à merveille parmi les arbres dénudés, si bien que je suis stupéfaite de l’avoir remarquée. En un instant, elle s’était déjà envolée, rapidement et silencieusement...  

La chouette rayée silencieuse...

Ce n’est pas étonnant que des chercheurs et chercheuses s’intéressent au vol inaudible des strigidés (chouettes et hiboux) depuis si longtemps! Ils en tirent leur inspiration pour réduire le bruit produit par nos propres technologies, telles que des éoliennes, les drones et les avions. De pair avec le bec du martin-pêcheur, le vol des strigidés aurait inspiré des changements à un modèle de train à grande vitesse du Japon, lui permettant de devenir plus efficace et discret à la sortie de tunnels. Mais cette histoire est loin d'être unique. Nous nous tournons fréquemment vers la nature pour propulser l’innovation, si bien qu’il existe un mot pour ce phénomène : le biomimétisme.  

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Alors que je continue ma promenade, les yeux grands ouverts pour essayer de retrouver la chouette, le sentier légèrement glissant me rappelle une autre invention développée grâce au biomimétisme dont je pourrais me servir : des attaches de chaussures antidérapantes inspirées d’écailles de serpent développées par des chercheurs à Harvard et au MIT. En effet, les écailles sur la surface ventrale des serpents, disposées comme des bardeaux de toit, leur permettraient d’avancer efficacement en créant plus de friction dans le sens opposé à leur déplacement. Certaines études suggèrent même que les serpents auraient un certain contrôle sur leurs écailles, leur permettant d’augmenter leur traction. L’attache de chaussure antidérapante ressemblerait ainsi à une couche fine métallique plus légère que des crampons et découpée à l’allure d’écailles. Elle déploierait des pointes prêtes à se creuser dans le sol lorsque la chaussure se plie avec le mouvement du pied. Ce serait un outil précieux pour prévenir les chutes et apprécier davantage l’hiver!  

La fameuse semelle

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Arrivée face au marécage glacé, je pense à la grenouille des bois, qui s’en servira dans quelques mois pour se reproduire. Actuellement congelée sous les feuilles et la neige, elle se réveillera au printemps, comme si de rien n'était. Elle est chanceuse d’avoir des protéines spécialisées et d’autres molécules la protégeant des effets dommageables du froid, sans lesquelles elle ne survivrait pas à la congélation. Les chercheurs étudiant les protéines cryoprotectrices comme celles-là évaluent leur utilité pour une variété d’enjeux, tels que la préservation d’organes humains destinés à la transplantation. En effet, des organes pouvant être transplantés se voient souvent gaspillés en raison de leur durée de survie limitée à l’extérieur du corps humain, qui varie entre quelques heures et quelques jours.  

En m’avançant dans la boucle du sentier pour emprunter le chemin de retour, je me souviens d’autres exemples de biomimétisme – la bardane ayant inspiré le Velcro, les oiseaux ayant inspiré les avions, les moustiques ayant inspiré des aiguilles indolores – et j’imagine toutes les innovations cachées en pleine vue parmi les arbres du boisé. La nature, c’est une ingénieure qui a mis des billions d’années à perfectionner ses inventions. On lui doit de préserver tout ce qu’elle a à nous offrir. Puis, avec toute la sagesse qu’elle a accumulée, elle a encore bien des leçons à nous apprendre, si on veut bien l’écouter... Et moi, je veux bien écouter la chouette, si seulement je pouvais l’entendre!

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Par Émilie, communicatrice scientifique

Sources images et illustration : Émilie Forget-Klein

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Qc-Nature
Nos institutions vertes 

Les institutions ne sont pas toujours faites de briques et de béton. Vois comment les parcs façonnent le quartier d'Ahuntsic-Cartierville et comment ils peuvent faire pareil à côté de chez toi.

Texte paru dans Le Journal des Voisins, Printemps 2026.

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On associe souvent les institutions aux bâtiments officiels et aux structures administratives. Pourtant, certaines des institutions les plus influentes n’ont ni murs ni comptoirs d’accueil. Elles ont des arbres, des sentiers et des saisons. 

Une institution c’est avant tout un pilier collectif : un lieu ou une organisation qui façonne nos valeurs, nos habitudes et notre manière de vivre ensemble. Dans Ahuntsic-Cartierville, nos parcs jouent pleinement ce rôle. 

Parc de la Merci

Le parc-nature de l'Île-de-la-Visitation en est un bon exemple. Bien sûr, il protège des milieux naturels riverains et met en valeur la rivière des Prairies. Bien sûr, on y marche, on y court, on y skie. Mais au-delà des loisirs, il agit comme un espace pour la communauté. Il crée des habitudes : sortir prendre l’air, observer les saisons, fréquenter un endroit partagé. Il façonne des valeurs par le respect des lieux, la protection des berges et l’attention au vivant. C’est précisément là que le parc devient une véritable institution : un espace de rassemblement où se tisse la vie de quartier, où l’on croise ses voisins et ses voisines, où l’on participe à des activités et où l’on partage un bien commun. 

En structurant le territoire, les parcs marquent physiquement et symboliquement le quartier : ils influencent l’aménagement urbain, la qualité de vie et l’identité locale, participant ainsi pleinement à l’identité collective d’Ahuntsic-Cartierville. 

Parc-nature de l'Île-de-la-Visitation

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Ils deviennent aussi des lieux d’apprentissage collectifs. De plus en plus d’écoles intègrent l’éducation en plein air à leur pratique. Une sortie au parc n’est plus seulement une activité spéciale : elle devient un prolongement des apprentissages. On peut y mesurer la température et les précipitations, identifier les arbres, observer les pollinisateurs, discuter des changements climatiques à partir de phénomènes concrets. Le territoire devient un manuel scolaire. 

Cette approche transforme la relation des jeunes à leur environnement. En touchant l’écorce d’un érable ou en observant les traces d’un écureuil dans la neige, les élèves développent un attachement réel à leur quartier. Ils ne voient plus le parc comme un simple décor, mais comme un milieu vivant dont ils font partie.  Et cet attachement est au cœur de l’écocitoyenneté. 

Les organismes environnementaux du quartier viennent renforcer ce rôle structurant. GUEPE et le Club d’ornithologie d’Ahuntsic accompagnent les gens dans la découverte des milieux naturels. Ville en vert soutient des projets de verdissement et d’agriculture urbaine. Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville agit sur les enjeux environnementaux locaux. Leur travail s’ancre souvent dans les parcs et les espaces verts. Ils ne remplacent pas ces lieux : ils les activent, les animent, les rendent signifiants. 

Ainsi, les parcs ne se limitent pas à être des espaces physiques. Ils sont des lieux de transmission, de mobilisation et d’apprentissage continu. Ils relient générations et cultures autour d’une expérience commune du territoire. Un parc existe sur plusieurs générations. Les enfants qui y jouent deviennent des parents qui y reviennent avec leurs propres enfants. Cette continuité crée une mémoire collective qui unit. 

Les institutions ne sont pas toujours faites de briques et de béton. Parfois, elles sont faites d’arbres matures, de traces d’écureuil dans la neige et de bancs publics usés par les conversations. 

Au fond, une institution n’est pas seulement une bibliothèque ou un hôpital. C’est une fondation commune qui façonne notre manière de comprendre le monde et d’y prendre part. Et, chez nous, cette fondation s’enracine profondément dans nos parcs et nos espaces verts.

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Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Anne F. Préaux

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Quoi faire?
Saraguay : mémoire vivante d’une forêt urbaine

Le Bois-de-Saraguay est une forêt ancienne préservée grâce à la mobilisation citoyenne, où l’histoire humaine et la biodiversité se rencontrent au cœur de Montréal.

Texte paru dans Le Journal des Voisins, Été 2026.

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Le parc-nature du Bois-de-Saraguay se découvre au fil d’une promenade paisible, où chaque pas invite à ralentir… et à regarder autrement ce fragment de forêt ancienne au cœur de la ville.

La vue sur le sentier principal du parc-nature

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Ce bois est souvent décrit comme un petit miracle. Et pour cause : il a frôlé la disparition. Traversé par l’histoire, convoité par le développement urbain, il doit sa survie à une mobilisation citoyenne dans les années 1970. Alors que des projets immobiliers menaçaient d’effacer cette mosaïque de milieux naturels, la Ville de Montréal en fait l’acquisition en 1977. Cachée au fond du bois, une borne-fontaine rouge éclatante rappelle encore ce moment charnière : elle avait été installée lors de la planification d’un futur quartier résidentiel, avant qu’un groupe citoyen ne réussisse, juste à temps, pour sauver le parc. Depuis, son statut n’a cessé d’évoluer, jusqu’à devenir un parc-nature reconnu.

Mais bien avant d’être un espace protégé, son utilisation remonte aux Premières Nations qui fréquentaient déjà ces lieux, utilisant les berges de la rivière des Prairies comme campement et zone de pêche. Témoins d’une autre époque, les murets de pierre qui serpentent le sous-bois racontent le passé agricole du parc, remontant aux concessions terriennes au XVIIe siècle. Plus tard, au début du XXe siècle, de grandes familles montréalaises y ont aménagé des résidences de villégiature, transformant les champs en court de polo. À l’intérieur de la forêt, on retrouve même un vieil abreuvoir de ferme, discret témoin de l’époque où l’on élevait des chevaux sur cette terre. Peu à peu, les activités humaines ont cessé, et la forêt s’est redéployée, enveloppant ces traces du passé sans pour autant les faire disparaître.

Une libellule dans la friche dans la section sud

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Aujourd’hui, le Bois-de-Saraguay abrite l’une des plus vieilles forêts de Montréal, avec un couvert forestier mature rare en milieu urbain. On y trouve différents milieux naturels qui se chevauchent : friches, marais, zones semi-humides. Cette mosaïque soutient une biodiversité remarquable. Les renards y chassent, les libellules parcourent le marais, le sous-bois est tapissé de fleurs printanières, les canards branchus nichent dans les grands érables et les rainettes annoncent le retour du printemps. Certaines espèces y ont même des statuts particuliers, comme l’érable noir, présent principalement sur l’île de Montréal, ou la fougère-à-l’autruche, dont la cueillette excessive fragilise les populations.

Un tapis de fougères-à-l’autruche

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Le parc porte aussi les marques des défis contemporains. Enclavé entre les rues, une voie ferrée et des quartiers densément habités, il fait partie de l’écoterritoire de la Coulée verte du ruisseau Bertrand, un corridor vert où la protection des milieux naturels est jugée prioritaire, malgré les pressions du développement. Ici, chaque aménagement est pensé pour limiter les effets : les sentiers sont réduits pour éviter le morcellement, les ponceaux sont adaptés à l’écoulement naturel de l’eau, des passages pour la petite faune ont été aménagés pour faciliter leur déplacement.  

Certaines zones du parc révèlent aussi des cicatrices plus récentes. L’invasion d’espèces exotiques comme le nerprun ou la perte de frênes causée par l’agrile ont nécessité des interventions humaines. Ces perturbations, bien que marquantes, ouvrent la porte à un processus naturel fascinant : la succession écologique. Peu à peu, la forêt se transforme, se régénère, retrouvant un équilibre au fil du temps.  

Se promener au Bois-de-Saraguay, c’est donc traverser des couches d’histoire, humaine et naturelle, qui coexistent encore aujourd’hui. C’est aussi mesurer la fragilité de ces espaces verts urbains, précieux pour la biodiversité, mais aussi essentiels à notre bien-être. Dans une ville en constante expansion, ces territoires deviennent des héritages vivants, à protéger et à transmettre.

Car si ce parc existe encore aujourd’hui, c’est grâce à celles et ceux qui ont refusé de le voir disparaître. Et c’est maintenant à nous d’en prendre soin, pour que ce patrimoine continue de respirer, au cœur d’Ahuntsic, au cœur de Montréal.

Un trille rouge, classique fleur printanière qu'on peut observer à Saraguay

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Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Anne F. Préaux

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Choix du naturaliste
Développer l’inclusivité en nature : un projet porteur d’apprentissages pour GUEPE

Former les équipes, adapter les activités et apprendre avec les partenaires : c'est le pari qu'a relevé GUEPE pour rendre ses activités de découverte de la nature plus inclusives.

Comment rendre les activités de découverte de la nature plus accessibles à toutes et à tous? C’est la question qui a guidé le projet « Développer les compétences pour assurer l’inclusivité dans les activités GUEPE », réalisé dans le cadre du programme Ensemble pour l'île, propulsé par Sport et Loisir de l’île de Montréal (SLIM), grâce à la contribution financière du ministère de l'Éducation, et à la collaboration de plusieurs partenaires. Cette initiative a permis à l’équipe de vivre une expérience profondément transformante et s’est vu décerner le titre de projet coup de cœur de l’équipe en 2025.

Depuis plusieurs années, GUEPE accueille une grande diversité de publics dans ses activités éducatives en nature. Toutefois, comme de nombreux organismes du milieu du loisir et du plein air, nous constations une augmentation des demandes provenant de personnes ayant des besoins particuliers. Bien que certaines adaptations étaient déjà réalisées sur le terrain, elles reposaient souvent sur l’expérience individuelle des membres de l’équipe. Nous souhaitions donc structurer notre démarche, développer nos compétences et mettre en place des outils durables favorisant une meilleure accessibilité.

Miser sur la concertation et l’expertise des partenaires

Dès le lancement du projet, nous avons réuni des partenaires aux expertises complémentaires et veillé à les intégrer au processus dès les étapes initiales.

Nous avons eu la chance de collaborer avec des partenaires engagés, dont l’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle, le Regroupement pour la Trisomie 21, AlterGo, L’Archipel de l’avenir et le Service des grands parcs de la Ville de Montréal. Leur expertise et leur accompagnement ont joué un rôle essentiel tout au long du projet.

 

Former les équipes pour mieux accueillir des publics diversifiés

Notre première étape a été d’écouter et d’apprendre. Des formations spécialisées ont été offertes à l’équipe afin de mieux comprendre les réalités vécues par différents publics et d’acquérir des outils concrets en matière d’accueil, de communication et d’animation inclusive. Ces échanges ont rapidement mis en lumière une leçon importante : les ajustements favorisant l’inclusion bénéficient souvent à toutes et tous, et pas uniquement aux personnes ayant des besoins spécifiques.  

Au-delà des connaissances théoriques, ces formations ont contribué à créer un langage commun et à renforcer la confiance de l’équipe lorsqu’elle est appelée à accueillir des groupes ayant des besoins variés.

 

Adapter les activités de découverte de la nature

À la suite de ces formations, nous avons adapté certaines activités afin de les rendre plus accessibles. L’objectif n’était pas de développer des activités distinctes destinées aux personnes ayant des besoins particuliers, mais plutôt d’améliorer des activités déjà offertes afin de réduire les barrières à la participation. Cette approche permet à un plus grand nombre de personnes de prendre part pleinement à l’expérience.

Ces adaptations ont été mises à l’essai dans le cadre d’activités pilotes réalisées avec les organismes partenaires. Ces expériences ont permis de recueillir de précieux commentaires des participant·e·s, des intervenant·e·s et des membres de notre équipe. Le consensus était que les expériences de plein air et de découverte de la nature peuvent être significatives et enrichissantes lorsqu’elles sont pensées avec souplesse et en collaboration avec les personnes concernées.

Les principaux apprentissages de notre démarche

Parmi les nombreux apprentissages réalisés, trois éléments ressortent particulièrement :

  • D’abord, l’importance d'une démarche de concertation. Les meilleures idées sont souvent nées des échanges avec les partenaires qui possèdent une connaissance approfondie des besoins de leurs membres. Leur contribution a permis d’orienter les adaptations vers des solutions réellement utiles et applicables.
  • Ensuite, la nécessité de bien communiquer en amont. Mieux comprendre les besoins des participant·e·s avant une activité facilite grandement la planification et permet d’offrir une expérience plus positive pour tout le monde. Cette réflexion nous a notamment mené·e·s à bonifier nos outils de communication et notre processus de réservation.
  • Enfin, l’inclusivité comme processus d’amélioration continue. Les besoins évoluent, les contextes changent et les pratiques doivent être régulièrement ajustées. Cela fait de la flexibilité une condition de succès essentielle à une telle démarche.

 

Faire de l’inclusivité une pratique durable

L’un des objectifs du projet consistait à assurer la pérennité des acquis. Aujourd’hui, plusieurs des outils sont intégrés aux pratiques courantes de GUEPE, entre autres dans la planification des activités, l’accueil des participant·e·s et même la formation des nouvelles personnes qui rejoignent l’équipe. Plus largement, elle contribue à faire de l’accessibilité et de l’inclusivité des réflexes organisationnels plutôt que des interventions ponctuelles.

Et maintenant? Poursuivre la réflexion collectivement

Nous ne prétendons pas être des spécialistes de l’inclusivité. Au contraire, ce projet nous a démontré que l’inclusion est un apprentissage continu qui se construit collectivement et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses avant de commencer. Aujourd’hui, plusieurs actions sont en préparation afin de partager les apprentissages réalisés et de poursuivre les échanges avec le milieu. Nous espérons que cette expérience pourra contribuer à inspirer d’autres organisations à entreprendre leur propre démarche pour rendre les activités de loisir, de plein air et d’éducation à la nature accessibles au plus grand nombre.

Un grand merci à Sport et Loisir de l’île de Montréal, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires qui ont contribués à faire de cette initiative une expérience aussi enrichissante que porteuse pour l’avenir. Ensemble, nous continuons d’apprendre, d’adapter nos pratiques et de travailler à rendre la nature plus accessible à toutes et à tous.

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Sources images : GUEPE

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