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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
Développer l’inclusivité en nature : un projet porteur d’apprentissages pour GUEPE

Former les équipes, adapter les activités et apprendre avec les partenaires : c'est le pari qu'a relevé GUEPE pour rendre ses activités de découverte de la nature plus inclusives.

Comment rendre les activités de découverte de la nature plus accessibles à toutes et à tous? C’est la question qui a guidé le projet « Développer les compétences pour assurer l’inclusivité dans les activités GUEPE », réalisé grâce au soutien financier de Sport et Loisir de l’île de Montréal (SLIM) et à la collaboration de plusieurs partenaires. Cette initiative a permis à l’équipe de vivre une expérience profondément transformante et s’est vu décerner le titre de projet coup de cœur de l’équipe en 2025.

Depuis plusieurs années, GUEPE accueille une grande diversité de publics dans ses activités éducatives en nature. Toutefois, comme de nombreux organismes du milieu du loisir et du plein air, nous constations une augmentation des demandes provenant de personnes ayant des besoins particuliers. Bien que certaines adaptations étaient déjà réalisées sur le terrain, elles reposaient souvent sur l’expérience individuelle des membres de l’équipe. Nous souhaitions donc structurer notre démarche, développer nos compétences et mettre en place des outils durables favorisant une meilleure accessibilité.

Miser sur la concertation et l’expertise des partenaires

Dès le lancement du projet, nous avons réuni des partenaires aux expertises complémentaires et veillé à les intégrer au processus dès les étapes initiales.

Nous avons eu la chance de collaborer avec des partenaires engagés, dont l’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle, le Regroupement pour la Trisomie 21, AlterGo, L’Archipel de l’avenir et le Service des grands parcs de la Ville de Montréal. Leur expertise et leur accompagnement ont joué un rôle essentiel tout au long du projet.

 

Former les équipes pour mieux accueillir des publics diversifiés

Notre première étape a été d’écouter et d’apprendre. Des formations spécialisées ont été offertes à l’équipe afin de mieux comprendre les réalités vécues par différents publics et d’acquérir des outils concrets en matière d’accueil, de communication et d’animation inclusive. Ces échanges ont rapidement mis en lumière une leçon importante : les ajustements favorisant l’inclusion bénéficient souvent à toutes et tous, et pas uniquement aux personnes ayant des besoins spécifiques.  

Au-delà des connaissances théoriques, ces formations ont contribué à créer un langage commun et à renforcer la confiance de l’équipe lorsqu’elle est appelée à accueillir des groupes ayant des besoins variés.

 

Adapter les activités de découverte de la nature

À la suite de ces formations, nous avons adapté certaines activités afin de les rendre plus accessibles. L’objectif n’était pas de développer des activités distinctes destinées aux personnes ayant des besoins particuliers, mais plutôt d’améliorer des activités déjà offertes afin de réduire les barrières à la participation. Cette approche permet à un plus grand nombre de personnes de prendre part pleinement à l’expérience.

Ces adaptations ont été mises à l’essai dans le cadre d’activités pilotes réalisées avec les organismes partenaires. Ces expériences ont permis de recueillir de précieux commentaires des participant·e·s, des intervenant·e·s et des membres de notre équipe. Le consensus était que les expériences de plein air et de découverte de la nature peuvent être significatives et enrichissantes lorsqu’elles sont pensées avec souplesse et en collaboration avec les personnes concernées.

Les principaux apprentissages de notre démarche

Parmi les nombreux apprentissages réalisés, trois éléments ressortent particulièrement :

  • D’abord, l’importance d'une démarche de concertation. Les meilleures idées sont souvent nées des échanges avec les partenaires qui possèdent une connaissance approfondie des besoins de leurs membres. Leur contribution a permis d’orienter les adaptations vers des solutions réellement utiles et applicables.
  • Ensuite, la nécessité de bien communiquer en amont. Mieux comprendre les besoins des participant·e·s avant une activité facilite grandement la planification et permet d’offrir une expérience plus positive pour tout le monde. Cette réflexion nous a notamment mené·e·s à bonifier nos outils de communication et notre processus de réservation.
  • Enfin, l’inclusivité comme processus d’amélioration continue. Les besoins évoluent, les contextes changent et les pratiques doivent être régulièrement ajustées. Cela fait de la flexibilité une condition de succès essentielle à une telle démarche.

 

Faire de l’inclusivité une pratique durable

L’un des objectifs du projet consistait à assurer la pérennité des acquis. Aujourd’hui, plusieurs des outils sont intégrés aux pratiques courantes de GUEPE, entre autres dans la planification des activités, l’accueil des participant·e·s et même la formation des nouvelles personnes qui rejoignent l’équipe. Plus largement, elle contribue à faire de l’accessibilité et de l’inclusivité des réflexes organisationnels plutôt que des interventions ponctuelles.

Et maintenant? Poursuivre la réflexion collectivement

Nous ne prétendons pas être des spécialistes de l’inclusivité. Au contraire, ce projet nous a démontré que l’inclusion est un apprentissage continu qui se construit collectivement et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses avant de commencer. Aujourd’hui, plusieurs actions sont en préparation afin de partager les apprentissages réalisés et de poursuivre les échanges avec le milieu. Nous espérons que cette expérience pourra contribuer à inspirer d’autres organisations à entreprendre leur propre démarche pour rendre les activités de loisir, de plein air et d’éducation à la nature accessibles au plus grand nombre.

Un grand merci à Sport et Loisir de l’île de Montréal, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires qui ont contribués à faire de cette initiative une expérience aussi enrichissante que porteuse pour l’avenir. Ensemble, nous continuons d’apprendre, d’adapter nos pratiques et de travailler à rendre la nature plus accessible à toutes et à tous.

Sources images : GUEPE

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Choix du naturaliste
Les aires marines protégées : le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

Plonge dans les profondeurs du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et découvre pourquoi ce refuge aquatique est essentiel à la biodiversité du Québec.

Quand on pense aux aires protégées, on imagine souvent des forêts, des montagnes ou de vastes territoires sauvages. Pourtant, une grande partie de la biodiversité se trouve sous l’eau. C’est pourquoi il existe aussi des aires marines protégées : des territoires aquatiques où les activités humaines sont encadrées afin de préserver les habitats et les espèces qui y vivent.

Au Québec, l’un des meilleurs exemples est le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, un lieu unique où se rencontrent les eaux du fjord du Saguenay et de l’estuaire du Saint-Laurent.

L'embouchure de la rivière Saguenay

Un carrefour de biodiversité

À la rencontre des eaux douces et salées, les courants brassent des nutriments qui favorisent une grande abondance de vie. Plancton, poissons, oiseaux et mammifères marins y trouvent des conditions idéales pour se nourrir, se reproduire ou se reposer.

C’est cette richesse écologique exceptionnelle qui a mené à la création de l’aire marine protégée en 1998. Aujourd’hui, plus de 1 200 km² d’habitats essentiels à la biodiversité marine québécoise sont protégés grâce au parc.

 

Plus que des baleines

Le parc marin est reconnu mondialement pour l’observation des baleines. Plusieurs espèces de mammifères marins fréquentent régulièrement ses eaux, dont le béluga, le petit rorqual, le rorqual commun, le rorqual à bosse et des phoques.

Le béluga est une des espèces emblématiques du parc. La population du Saint-Laurent y réside toute l’année et fréquente certains secteurs de cette aire protégée qui sont essentiels à la mise bas et à l’élevage des jeunes. La protection de cette espèce a d’ailleurs été l’une des motivations importantes derrière la création du parc.

La richesse du parc ne s’arrête pas qu’aux mammifères marins. Les îles et les zones côtières servent également d’habitats à de nombreux oiseaux. Les eiders à duvet et les garrots d’Islande, des canards marins, y trouvent des sites favorables pour se nourrir ou se reproduire. Plusieurs autres espèces d’oiseaux marins profitent elles aussi de l’abondance de poissons, de mollusques et d’invertébrés présents dans l’estuaire.

Sous la surface, une multitude d’organismes moins visibles comme les algues, les éponges, les étoiles de mer, des tonnes de crustacés et du plancton forment la base d’un vaste réseau alimentaire. Ensemble, ils soutiennent l’un des écosystèmes marins les plus riches du Québec.

 

Pourquoi les protéger?

Comme les milieux terrestres, les écosystèmes marins sont affectés par la pollution, les changements climatiques, la perte d’habitats et les perturbations causées par les activités humaines. Les aires marines protégées permettent de mieux préserver ces environnements fragiles en limitant certaines pressions et en favorisant la conservation à long terme des espèces qui en dépendent. Merci! :)

Zone protégée par le parc marin

Un trésor à découvrir

Lorsque l’on admire les paysages du Saguenay ou un rorqual à bosse plonger dans les eaux du Saint-Laurent, il est facile d’oublier toute la vie qui se cache sous la surface. Pourtant, des milliers d'espèces y vivent et contribuent à l’équilibre de cet écosystème exceptionnel.

Protéger le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, c’est protéger bien plus que des baleines : c’est préserver tout un monde vivant, des minuscules organismes comme le plancton jusqu’aux plus grands mammifères marins. C’est également veiller sur l’un des plus grands trésors naturels du Québec, un milieu qui a contribué à façonner les paysages spectaculaires du Saint-Laurent et l’histoire des communautés qui vivent sur ses rives depuis des générations.

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Pierre André, Luca Galuzzi, Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (carte)

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Vedette du mois
Facettes du pin gris

Savais-tu qu’un arbre dépend du feu pour se reproduire? Pars à la découverte du fascinant pin gris, un conifère emblématique de la forêt boréale.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Tu as fort probablement déjà croisé la route du pin gris lors d’une randonnée. C’est en effet l’un des conifères les plus répandus au Canada* et il est très présent dans nos forêts boréales.  

Peux-tu l’identifier?

Une fois que tu as déterminé qu’il s’agissait bien d’un pin, et non d’un sapin ou d’une épinette, il faut aussi t’assurer que c’est le bon type de pin! Pour le distinguer des autres, tu peux notamment regarder les aiguilles. Chez le pin gris, elles sont toujours en faisceau de 2 et elles sont courtes (2 à 4 cm). Tu ne peux pas te tromper ni avec le pin rouge, où elles font au moins 10 cm, ni avec le pin blanc, où elles sont regroupées en faisceau de 5. Il faut faire un peu plus attention en dehors des milieux naturels : on peut retrouver des pins importés dans des jardins et certains sont similaires à notre pin gris indigène. Il y a notamment le pin sylvestre, qui a des aiguilles en faisceau de deux un peu plus longues.

Au Québec, nous avons quatre espèces de pins indigènes. A- Pin gris. B- Pin blanc. C- Pin rouge. D- Pin rigide.

Un pionnier de la forêt

Le pin gris est l’une des premières espèces à apparaitre après un incendie en forêt, ce que l’on appelle une espèce pionnière (comme le bouleau).  

C’est notamment grâce au sérotinisme - un beau mot pour te démarquer au scrabble ou à la boulette! C’est une adaptation qui lui permet de conserver ses graines longtemps dans ses cônes et de les protéger des effets du feu grâce à de la résine qui les scèle. C’est la chaleur des feux de forêt qui aide cette résine à fondre, libérant les graines au moment opportun, après son passage. On peut donc dire que la reproduction des pins gris est liée aux feux de forêts.

Le pin gris joue un rôle essentiel en tant qu’espèce pionnière, car il permet, à la suite d'un feu, d’accélérer la réhabilitation du milieu, d’enrichir les sols et de commencer à reconstituer la forêt.

Les fameux cônes

Un habitat de choix

Le pin gris apporte également un habitat pour de nombreux animaux, dont le tétras du Canada. En effet, c’est une des sources de nourriture essentielles pour cet oiseau résident de la forêt boréale et des hauts plateaux de Charlevoix, qui se nourrit de ses aiguilles, de ses bourgeons et de ses pousses en hiver.

La paruline de Kirtland, une espèce en voie de disparition au Canada affectionne également le pin gris. Cette paruline est concentrée proche des Grands Lacs et des observations sont faites en Ontario et au Québec. Elle niche sur le pourtour des forêts denses de cette espèce de pin, cachant son nid dans la végétation au sol et chantant du haut des plus grands arbres.  

Une paruline de Kirtland mâle

Alors, pendant ta prochaine balade en forêt, regarde bien le conifères! Tu devrais maintenant pouvoir identifier le pin gris avec ses cônes sérotineux. Avec un peu de chance, tu arriveras peut-être aussi à voir un tétras ou une paruline de Kirtland!

NOTES

* On retrouve aussi le pin gris dans quelques états du nord des États-Unis.

Par Aurélien, directeur des opérations

Sources images : GUEPE, Doug McGrady, Joel Trick of U.S. Fish and Wildlife Service Headquarters,

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Ailleurs
Loutres, oursins et forêts sous-marines : une histoire de dents, d’algues et d’équilibre

Une loutre affamée, des oursins gourmands et des algues géantes : découvre comment un simple repas peut façonner tout un écosystème.

Imagine un paysage sous-marin grouillant de vie, baigné de lumière filtrée par d’immenses algues ondulantes. Ce n’est pas un décor de film fantastique : c’est une forêt de varech, un véritable écosystème peuplé d’animaux tels que des poissons, des crabes, des étoiles de mer, des phoques et des oiseaux marins qui y trouvent refuge. Mais cet équilibre fragile peut basculer… à cause d’un petit animal avec piquants, l’oursin.  

Et c’est là que la loutre entre en scène. Pas pour sauver le monde, mais parce qu’elle a faim.

Forêt de varech

Le varech, pilier des côtes du Pacifique

Le varech géant (Macrocystis spp.) est l’une des plus grandes algues marines au monde. Il pousse rapidement, capte le carbone de l’atmosphère et offre un habitat foisonnant pour de multiples espèces marines. On parle parfois de forêts bleues, tant leur importance écologique rivalise avec celles des forêts terrestres.  

Mais contrairement aux arbres bien ancrés dans le sol, le varech est vulnérable. Il ne suffit que d’un déséquilibre pour qu’il disparaisse et que tout cet écosystème s’effondre avec lui.  

Quand les oursins prennent le contrôle

Les oursins, de petites boules piquantes, sont friands de varech. À faible densité, ils broutent sans trop de conséquences. Mais sans prédateurs pour les réguler, leur population peut exploser. Résultat : ils rasent les fonds marins, ne laissant qu’un désert violet de coquilles piquantes. Ce phénomène porte un nom : urchin barrens, littéralement, des zones stériles d’oursins.  

Ces zones sont de véritables no man’s land sous-marins. Plus de cachettes pour les poissons. Plus de substrat pour les larves. Juste des oursins… et le silence.  

Les forêts de kelp de Gwaii Haanas, en Colombie-Britannique, ont déjà vu de meilleurs jours...

La loutre, ennemie des oursins

Heureusement, certaines espèces raffolent des oursins. Et en tête de liste : la loutre de mer (Enhydra lutris).  

Contrairement aux phoques ou aux lions de mer, la loutre ne plonge pas profondément et ne chasse pas les gros poissons. Elle préfère fouiller les fonds rocheux, à la recherche de proies coriaces : oursins, palourdes, crabes… Elle les brise contre une pierre posée sur son ventre, un des rares cas d’usage d’outil chez les mammifères marins.  

Ce goût prononcé pour les oursins n’est pas anodin. En mangeant les plus gros individus, les loutres de mer réduisent considérablement leur capacité de reproduction et empêchent leur expansion. Là où elles sont présentes, les forêts de varech prospèrent. Là où elles sont absentes, les oursins dominent, et les forêts disparaissent.  

Des loutres de mer, migonnes ET essentielles... quoi demander de plus!

Une cascade écologique qui profite à tout le monde

Ce lien entre les loutres de mer, les oursins et le varech est un exemple classique de cascade trophique : un prédateur influence indirectement des espèces situées plus bas dans la chaîne alimentaire. Ici, la loutre n’agit pas sur la feuille de varech directement, mais sa simple présence en détermine la survie.  

Et ce n’est pas juste bon pour les algues… Des études ont montré que le retour des loutres en Colombie-Britannique permet non seulement de restaurer les forêts de varech, mais aussi d’augmenter la biodiversité, de soutenir les stocks de poissons commerciaux, et même de séquestrer davantage de carbone.  

Ainsi, comprendre ce lien entre ces trois espèces, c’est prendre conscience que même les équilibres les plus complexes peuvent parfois reposer sur un seul animal… et sur ce qu’il choisit de mettre au menu.  

Par Arthur Gandin, éducateur-naturaliste

Sources images : David Ciani, Lynn Lee / MTE, Karney Lee, USFWS

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Question du public
Mini-guide des indices de présence des hauts plateaux

Sur les hauts plateaux, les animaux sont discrets, mais ils sont bien là. Apprends à lire les indices qu'ils laissent derrière.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Sur les hauts plateaux, la faune se fait discrète, mais la montagne raconte son passage à qui sait regarder. La neige garde l’empreinte de petits ou grands visiteurs. Les branches cassées et les herbes aplaties sont les témoins de moments de repos ou de broutage. Ici et là, une plume ou une touffe de poils est abandonnée au détour d’un rocher. Les nids, parfois cachés dans les touffes de végétation ou sous les arbustes, révèlent la cachette d’un oiseau ou d'un petit mammifère. Le vent du sommet pousse parfois des chants et des cris qui laissent deviner que les animaux, bien qu’invisibles, sont bel et bien présents. Chaque indice, aussi subtil soit-il, offre un coup d'œil sur la vie qui habite ses milieux alpins.  

Tu aimerais être capable de comprendre ce que la montagne te raconte? Voici ton mini-guide pour identifier les indices de présence de la faune des hauts plateaux.  

Lièvre d’Amérique

On reconnaît ses empreintes aux quatre pattes disposées en forme d’Y. De petits tas de crottes rondes, dispersés ici et là, trahissent ses passages et ses haltes pour se nourrir. Les jeunes pousses, les herbes et même le bas des troncs d’arbres portent parfois les signes de son broutage, grignotés ou couchés sous le poids de son passage.

Kristof Lauwers -Shutterstock

Caribou

Les pistes de caribous, reconnaissables à leur forme plus ronde que celles des autres ongulés, peuvent être observées sur la neige ou dans la boue, notamment dans les ravages – le site où ils se réfugient en période hivernale pour se protéger de manière plus efficace. Leurs sabots leur permettent de creuser la neige pour atteindre le lichen, leur nourriture préférée.

U.S. National Park Service

Campagnol des rochers

On peut repérer sa présence grâce à de petits sentiers tracés entre les roches et à des fragments de plantes légèrement grignotées, souvent dissimulés sous des racines ou des pierres. En hiver, on peut voir ses pistes bondissantes et les entrées de ses tunnels. Lorsque la neige commence à fondre, on peut voir les vestiges de ces derniers.

Susan Pike

Renard roux

Le renard laisse des empreintes avec des traces de griffes apparentes. Il marque souvent son territoire avec des excréments visibles, habituellement laissés en hauteur (sur une roche ou une souche). Sa piste est généralement en ligne droite.  

Tétras du Canada

Le tétras du Canada laisse des traces formées de quatre orteils orientés vers l’avant munis de griffes, et un coussinet plantaire distinct. Comme les autres oiseaux galliformes, le tétras prend des bains de sable laissant des marques dans le sol meuble. En hiver, on peut aussi observer des cavités laissées par son corps sous les branches basses.

Rocks National Lakeshore-NPS

Gélinotte huppée

Les traces de la gélinotte ressemblent à celles du tétras, mais sont légèrement plus larges. Elles commencent et finissent de façon soudaine, avec des empreintes d’atterrissage, facilement visibles en hiver. On lui reconnaît aussi deux types de fientes : une plus liquide, brun pâle, et une plus sèche, en forme de petits tubes courbés.

Linda J. Spielman

Écureuil roux

L’écureuil roux laisse des pistes de sauts, avec les pattes postérieures laissant des traces en avant des pattes antérieures. Autour des arbres et sur le sol, on peut trouver des restes de nourriture : graines rongées, cônes de conifères vidés ou petits morceaux de noix éparpillés. Il n'est pas rare de l’entendre : son cri en trille aigu avertit ou signale sa présence.

Anne F. Préaux

Porc-épic

Dans la neige, un large sillon profond trahit ses déplacements sur ses courtes pattes, souvent depuis le bas d’un arbre où il a grimpé pour se nourrir. Au sol et sur les troncs, on peut observer des écorces rongées et des retailles caractéristiques, signes de ses repas.

USDA Forest Service/Lynn_Bystrom

La prochaine fois que tu pars en randonnée sur les hauts plateaux, ouvre grand les yeux tout le long du sentier et laisse tes pas suivre ceux de la faune. Regarde la neige, les rochers et les touffes d’herbe. Écoute le vent… Chaque détail raconte une histoire, et en apprenant à les lire, tu découvriras un monde insoupçonné.

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Kristof Lauwers -Shutterstock, U.S. National Park Service, Susan Pike, Rocks National Lakeshore-NPS, Linda J. Spielman, Anne F. Préaux, USDA Forest Service/Lynn_Bystrom,

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