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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Mini-guide des indices de présence des hauts plateaux

Sur les hauts plateaux, les animaux sont discrets, mais ils sont bien là. Apprends à lire les indices qu'ils laissent derrière.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Sur les hauts plateaux, la faune se fait discrète, mais la montagne raconte son passage à qui sait regarder. La neige garde l’empreinte de petits ou grands visiteurs. Les branches cassées et les herbes aplaties sont les témoins de moments de repos ou de broutage. Ici et là, une plume ou une touffe de poils est abandonnée au détour d’un rocher. Les nids, parfois cachés dans les touffes de végétation ou sous les arbustes, révèlent la cachette d’un oiseau ou d'un petit mammifère. Le vent du sommet pousse parfois des chants et des cris qui laissent deviner que les animaux, bien qu’invisibles, sont bel et bien présents. Chaque indice, aussi subtil soit-il, offre un coup d'œil sur la vie qui habite ses milieux alpins.  

Tu aimerais être capable de comprendre ce que la montagne te raconte? Voici ton mini-guide pour identifier les indices de présence de la faune des hauts plateaux.  

Lièvre d’Amérique

On reconnaît ses empreintes aux quatre pattes disposées en forme d’Y. De petits tas de crottes rondes, dispersés ici et là, trahissent ses passages et ses haltes pour se nourrir. Les jeunes pousses, les herbes et même le bas des troncs d’arbres portent parfois les signes de son broutage, grignotés ou couchés sous le poids de son passage.

Kristof Lauwers -Shutterstock

Caribou

Les pistes de caribous, reconnaissables à leur forme plus ronde que celles des autres ongulés, peuvent être observées sur la neige ou dans la boue, notamment dans les ravages – le site où ils se réfugient en période hivernale pour se protéger de manière plus efficace. Leurs sabots leur permettent de creuser la neige pour atteindre le lichen, leur nourriture préférée.

U.S. National Park Service

Campagnol des rochers

On peut repérer sa présence grâce à de petits sentiers tracés entre les roches et à des fragments de plantes légèrement grignotées, souvent dissimulés sous des racines ou des pierres. En hiver, on peut voir ses pistes bondissantes et les entrées de ses tunnels. Lorsque la neige commence à fondre, on peut voir les vestiges de ces derniers.

Susan Pike

Renard roux

Le renard laisse des empreintes avec des traces de griffes apparentes. Il marque souvent son territoire avec des excréments visibles, habituellement laissés en hauteur (sur une roche ou une souche). Sa piste est généralement en ligne droite.  

Tétras du Canada

Le tétras du Canada laisse des traces formées de quatre orteils orientés vers l’avant munis de griffes, et un coussinet plantaire distinct. Comme les autres oiseaux galliformes, le tétras prend des bains de sable laissant des marques dans le sol meuble. En hiver, on peut aussi observer des cavités laissées par son corps sous les branches basses.

Rocks National Lakeshore-NPS

Gélinotte huppée

Les traces de la gélinotte ressemblent à celles du tétras, mais sont légèrement plus larges. Elles commencent et finissent de façon soudaine, avec des empreintes d’atterrissage, facilement visibles en hiver. On lui reconnaît aussi deux types de fientes : une plus liquide, brun pâle, et une plus sèche, en forme de petits tubes courbés.

Linda J. Spielman

Écureuil roux

L’écureuil roux laisse des pistes de sauts, avec les pattes postérieures laissant des traces en avant des pattes antérieures. Autour des arbres et sur le sol, on peut trouver des restes de nourriture : graines rongées, cônes de conifères vidés ou petits morceaux de noix éparpillés. Il n'est pas rare de l’entendre : son cri en trille aigu avertit ou signale sa présence.

Anne F. Préaux

Porc-épic

Dans la neige, un large sillon profond trahit ses déplacements sur ses courtes pattes, souvent depuis le bas d’un arbre où il a grimpé pour se nourrir. Au sol et sur les troncs, on peut observer des écorces rongées et des retailles caractéristiques, signes de ses repas.

USDA Forest Service/Lynn_Bystrom

La prochaine fois que tu pars en randonnée sur les hauts plateaux, ouvre grand les yeux tout le long du sentier et laisse tes pas suivre ceux de la faune. Regarde la neige, les rochers et les touffes d’herbe. Écoute le vent… Chaque détail raconte une histoire, et en apprenant à les lire, tu découvriras un monde insoupçonné.

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Kristof Lauwers -Shutterstock, U.S. National Park Service, Susan Pike, Rocks National Lakeshore-NPS, Linda J. Spielman, Anne F. Préaux, USDA Forest Service/Lynn_Bystrom,

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Aventures d'un.e naturaliste
Là où le vent nous remet à notre place : visite d'un haut plateau

On accompagne David sur les hauts plateaux, pour voir, mais aussi, pour se reconnecter.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Le réveil sonne avant l’aube, mais je suis déjà réveillé. Il y a des matins où l’on sent, avant même d’ouvrir les yeux, que quelque chose nous attend dehors. Une lumière particulière. Un souffle. Une promesse.

Dans la cuisine encore sombre et silencieuse, je prépare mon stock. Chaque geste a son importance : remplir ma gourde, préparer mes collations et glisser mes jumelles dans mon sac. Le simple fait d’avoir mes jumelles en main me rappelle pourquoi je pars : observer, m’émerveiller, aller me ressourcer en pleine nature, dans nos belles montagnes charlevoisiennes.

Dehors, l’air est froid et vif. Il pique juste assez pour réveiller le corps et clarifier l’esprit. Le ciel commence à pâlir et je sens monter en moi cette motivation que je n’arrive jamais à expliquer complètement. Ce n’est pas une obligation. Ce n’est pas une mission. C’est un besoin! Un besoin de me reconnecter. De marcher vers un lieu qui me dépasse. De retrouver ce silence particulier des hauts plateaux, de vivre cette sensation de vertige, et de « petitesse », quand je me retrouve au sommet.

Je ferme la porte derrière moi. Le jour n’est pas encore levé, mais l’aventure, elle, a déjà commencé.

La voiture démarre tranquillement, encore enveloppée de la lumière bleutée du petit matin. Sur la route qui serpente vers les montagnes, je sens déjà la transition s’opérer. Le monde humain s’efface peu à peu, les maisons deviennent rares, les champs laissent place aux forêts et, bientôt, aux sommets. J’aime ce moment. Je roule lentement pour profiter de ce paysage changeant. Les sommets se rapprochent et, avec eux, cette impression familière d’aller vers un lieu qui me remet à ma place.

Au pied de la montagne, je coupe le moteur. Le silence retombe d’un coup, presque solennel. Je reste un instant assis, les mains encore sur le volant, à écouter ce silence qui n’est jamais vraiment vide : un ruisseau quelque part, un vent léger dans les branches, un oiseau matinal qui s’annonce.

Puis, vient le rituel : puvrir le coffre, sortir le sac, ajuster les sangles. Vérifier l’eau, les couches de vêtements. Rien de spectaculaire, mais tout est important. La préparation n’est pas une formalité : c’est une façon de dire au milieu que je viens avec respect, que je suis prêt à m’adapter à lui, pas l’inverse. Quand je referme la portière, un frisson me traverse.

Pas de froid.

D’anticipation.

Le sentier m’attend.

Et moi, je suis enfin prêt. J’ai hâte!

À mesure que j’avance sur le sentier, les épinettes se recroquevillent, tordues par des années de vent et de neige. Elles ressemblent à des silhouettes qui auraient appris à survivre en se faisant discrètes. Je m’arrête souvent. Je touche l’écorce rugueuse, j’écoute le frottement des branches. Ici, tout raconte une histoire de résistance. Autour de moi, les mousses et les lichens forment un tapis minuscule et si fragile! Certains de ces organismes poussent de quelques millimètres par année. Je me penche, je les observe longuement. Ils me rappellent que ce milieu n’a rien d’acquis, rien d’évident. Qu’il suffit parfois d’un pas mal placé pour effacer des années de croissance. C’est dans ces moments-là que je me souviens pourquoi on a lancé le projet « Les hauts plateaux de Charlevoix et nous », pourquoi c’est important de faire attention où on pose les pieds.

Le sentier serpente entre les roches. Je le suis religieusement. Pas par obligation, mais par gratitude. Quand on voit à quel point la végétation est mince, à quel point le sol est vulnérable, on comprend pourquoi il faut rester « sur la track », pourquoi le camping doit se faire plus bas, pourquoi chaque détour improvisé laisse une cicatrice qui mettra des décennies à disparaître.

Je croise deux randonneurs. On échange un sourire, quelques mots. Ils me demandent si c’est normal que le sol soit « aussi sec » à ce moment de l’année. Je leur raconte ce que j’ai observé. Le vent qui arrache tout. La lenteur des lichens. Les arbres qui se battent pour quelques centimètres. Ils repartent en silence, un peu plus attentifs, un peu plus connectés. Et je me dis que c’est peut-être ça, le cœur du projet : faire naître une conscience, pas imposer un comportement.

Plus loin, un grand corbeau semble se chicaner avec un autre oiseau. Le cri du corvidé déchire le silence! Je me fige, je dégaine mes jumelles et j’observe la guerre de territoire qui se présente sous mes yeux en plein ciel. Deux maîtres des lieux! Le grand corbeau… et le faucon pèlerin! Le p’tit gars et le naturaliste en moi « capote ». Quel rapace incroyable! La scène dure quelques secondes et le calme des sommets revient. Je reste quelques instants le regard perdu dans le ciel. Ces instants-là, on ne les provoque pas. La nature se révèle à ceux qui prennent… le temps.  

J’arrive au sommet pour dîner! Il n’y a pas de meilleure place pour se reposer après l’effort de la montée. Le vent frais me sèche le dos et je respire à plein poumons cet air qui me semble si bon! Moment zen au sommet. Après ce ressourcement, je ramasse mes affaires, je m’assure que je n’oublie rien et que je n’ai rien laissé tomber par terre et je repars dans le sentier pour amorcer ma descente. La fin de journée arrive, la lumière devient dorée. Les roches s’illuminent, les ombres s’allongent et le vent se calme enfin. De retour à mon auto, je quitte mes bottes de randonnées pour me dégourdir les pieds et je dépose mon sac pour reposer mes épaules un peu engourdies par l’effort. Une fatigue si saine! Je repense à tout ce que j’ai vu, à tout ce que j’ai ressenti, à cette impression d’être minuscule, mais profondément vivant.

Les hauts plateaux ne sont pas seulement un lieu à visiter, des défis à relever. Ils nous apportent tellement plus. Ils nous apprennent la patience, l’humilité et la délicatesse. Ils nous rappellent que la nature n’est pas un décor, mais une relation.

Et c’est peut-être ça, au fond, le message le plus important de notre projet :
protéger ce milieu, c’est protéger la possibilité même de ressentir quelque chose.

Je finis de paqueter mon auto et j’embarque derrière le volant, laissant derrière moi cet horizon montagneux, le sourire aux lèvres et l’esprit en paix. Avec la certitude que je reviendrai. Pas simplement pour voir, mais surtout pour me reconnecter.

À bientôt!

Par David, directeur du développement des affaires

Sources images : Paysages

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Quoi faire?
Là où chaque pas compte

Ce qui se passe sous tes semelles, ça compte!

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Explorer les hauts plateaux, c’est avoir accès à un milieu rare, magnifique, mais incroyablement délicat. En choisissant où tu poses les pieds, tu contribues à protéger ces paysages pour longtemps. Tout commence par un geste tout simple : marcher.  

Le piétinement

Le piétinement, c’est simplement le passage répété des humains ou des animaux sur un même sol. C’est un phénomène naturel! Après tout, difficile de se déplacer sans poser de pied par terre. Le problème n’est donc pas le fait de marcher, mais combien de fois, et surtout, où on marche.

Les impacts du piétinement

Lorsqu'on contourne une flaque ou qu’on marche en groupe côte à côte, les sentiers s’élargissent, des traces secondaires apparaissent et l’empreinte humaine s’étale. Sans végétation pour tenir le sol en place, le vent et l’eau accélèrent l’érosion.  

À force de passages répétés, le sol se compacte, devient dur et laisse moins de place à l’eau et à l’air pour circuler, ce qui est loin d'être idéal pour les végétaux. En surface, les plantes alpines, les mousses et les lichens se font rapidement écraser. Prenons le cas de la cladonie étoilée par exemple, qui pousse de seulement quelques millimètres par année. Un seul pas mal placé peut donc détruire des décennies de croissance! Autrement dit, ton pied va plus vite que la nature.  

De la cladonie étoilée, pas prête à se faire écraser!

Limiter le piétinement, peu importe la saison

Ce n’est pas parce que le sol est recouvert de neige en hiver qu’il faut sortir des sentiers. Au contraire, les organismes vivants font déjà face à des conditions extrêmes pour survivre, surtout au sommet des montagnes où le vent est rigoureux et où les températures sont plus basses. En sortant des sentiers, on risque d’abord de compacter la neige qui agit comme une couverture pour les végétaux. Cette compaction peut abîmer les branches des plantes au sol. On risque également de perturber la faune en la forçant à fuir, à modifier ses déplacements ou à quitter ses zones de repos, ce qui l’oblige à dépenser une énergie précieuse sachant que les ressources sont déjà limitées à cette période de l’année.

Chaque pas compte

Le piétinement, ce n’est pas une raison d’arrêter d’aller jouer dehors. Au contraire! Mais en restant dans les sentiers et en marchant de façon plus consciente, tu aides à protéger les milieux naturels que tu aimes tant explorer un pas à la fois.  

Par Éloïse, chargée de projet - Charlevoix

Sources images : Farknot Architect-Shutterstock, Paysages, Véronique Tanguay

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Aventures d'un.e naturaliste
En famille

Quand la nature nous rappelle l'importance de la famille...

Texte paru dans Le Journal des Voisins, hiver 2025.

J’étais au bord de la rivière, accompagnée de ma nièce, qui passe la semaine chez moi, quand nos regards ont été attirés par un mouvement dans l’eau. Un castor glissait silencieusement près de la berge. Derrière lui, deux jeunes le suivaient de près.  

Les castors sont connus pour leur capacité à transformer le paysage, bâtissant barrages et huttes. Mais ce qui me fascine, c’est la cohésion familiale qui sous-tend leur vie. Dans une famille de castors, on ne trouve pas seulement le couple reproducteur et ses petits de l’année : les jeunes de l’année précédente restent souvent pour aider. Ils participent à l’entretien de la hutte, à surveiller les prédateurs et à l’éducation des plus jeunes.  

Cette coopération n’est pas propre aux castors. Dans le monde animal, de nombreux exemples montrent que l’élevage coopératif peut dépasser la simple parenté directe. Les lionnes, par exemple, partagent la garde et la protection des lionceaux : chaque femelle veille sur les petits des autres. Dans le monde des abeilles, les ouvrières stériles consacrent leur vie à nourrir et protéger la reine et sa descendance, assurant ainsi la survie de la colonie entière. Les suricates pratiquent un comportement similaire : les jeunes adultes aident à nourrir et à protéger les petits du groupe, en veillant au moindre mouvement suspect des prédateurs. Les meutes de loups aussi bénéficient de jeunes adultes non reproducteurs qui veillent sur les louveteaux et participent activement à leur éducation. Ces tantes et grands frères jouent un rôle crucial : ils assurent la protection, enseignent des compétences et permettent aux parents de concentrer leur énergie sur la reproduction et la survie de l’ensemble de la famille.  

Observer ces comportements rappelle que le partage et la coopération ne sont pas seulement des valeurs humaines. Pour les animaux, prendre soin des jeunes d’autrui peut sembler surprenant, mais cette coopération n’est pas un hasard. Elle s’explique souvent par la sélection de parentèle : en aidant à élever les frères, sœurs, nièces ou neveux, les individus contribuent à la transmission de gènes qu’ils partagent déjà. Autrement dit, même sans avoir leurs propres petits, ces « aides » augmentent indirectement leurs chances génétiques en protégeant et en nourrissant des individus apparentés. Dans chaque geste des castors ou des lionnes, dans chaque vigilance des loups ou des suricates, la nature nous montre ainsi que l’altruisme est en réalité une stratégie évolutive : prendre soin de ceux qui ne sont pas nos propres enfants renforce la survie de la famille et du groupe, et assure que la continuité de notre lignée génétique.  

En observant cette petite famille de castors ce soir-là, j’ai pensé à ma sœur et au temps que je partage avec ma nièce à découvrir la nature. Cette nature, elle, nous montre que la survie, la croissance et la prospérité passent souvent par la coopération et l’altruisme… et la famille. Et qu’au bord d’une rivière, dans le froissement des branches et le plouf d’une queue sur l’eau, l’entraide prend une forme étonnante.

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Carol Gray - Shutterstock, Patrick Lauzon - Shutterstock, Marjon Besteman - Pixabay, dessin d'Anne F. Préaux

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Aventures d'un.e naturaliste
Petite grenouille, grande présence

T'as envie de vivre une aventure? La rainette faux grillon t'invite!

En avril dernier, j’ai eu la chance de me joindre à l’équipe de Ciel et Terre pour participer à un inventaire de la rainette faux grillon – tu sais? Cette petite grenouille qui est désignée comme menacée à la disparition au Québec et dans le reste du Canada.

La rainette qui se cache! (Crédit : Lyne Bouthillier)

Chaque année, différents organismes experts* avec leurs bénévoles unissent leurs forces pour faire le suivi des populations connues de rainettes faux grillon.

Le seul problème : trouver une rainette faux grillon, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin! Elles sont non seulement petites, mais comme bien d’autres animaux, elles se camouflent à merveille, savent où se cacher et s’enfuient rapidement. Alors, comment fait-on pour évaluer l’état des populations? On se fie à son seul indice de présence qui résonne haut et fort : son chant. En plus, on sait qu’on peut compter dessus! Chaque printemps, les mâles chantent sans faute pendant une courte période, soit environ 4 à 5 semaines selon les conditions météorologiques**. C’est leur SEULE chance de se reproduire dans l’année – ils ne veulent pas la manquer!  

Alors, on se rend à différents sites où la rainette faux-grillon a été historiquement entendue et on note des données concernant le lieu, la température de l’air et de l’eau, la présence ou non du chant et un lui attribue une cote selon le nombre approximatif d’individus entendus, entre autres. Ça prend une oreille entraînée pour pouvoir distinguer deux individus chantant de trois ou plus!

L'habitat de choix de la rainette (Crédit : Lyne Bouthillier)

Se déplacer aux sites, qui ne sont pas tous accessibles, peut être physiquement demandant aussi : tantôt à vélo, tantôt en randonnée sur des terrains accidentés ou inondés, sous des branches, à travers un bosquet, par-dessus un tronc tombé avec des sauts occasionnels pour traverser des fossés remplis d’eau... Pendant 5 à 7 heures de temps tous les jours durant la période de chant, dans le cas de certaines équipes d’inventaires! Ça fait des semaines assez intenses!

Mais tout cela vaut le coup quand on a la satisfaction d’entendre des rainettes faux grillon, habituellement si discrètes, chanter si fort en chœur. Je te l’avoue, ce n’est peut-être pas le chant le plus mélodieux du règne animal – imagine le son produit par un ongle qui passe sur les dents d’un peigne – mais c’est quand même un phénomène tout à fait incroyable à entendre! De toutes petites grenouilles, pourtant presqu’impossibles à apercevoir, ayant une si grande présence! (Pour entendre le chant de la rainette, visite ce lien.)

Une beau petit chant! (Crédit : Raymond Belhumeur)

Ça te tente de vivre une telle aventure? De te salir les mains pour en apprendre plus sur une cause qui t’intéresse? Bonne nouvelle! Chaque année, des organismes se font aider par des bénévoles non-initié.e.s aux inventaires de la rainette le temps d’une journée. C'est l’occasion de poser toutes tes questions sur la rainette et d’en entendre chanter en vraie vie***! Moi, j’ai vraiment aimé mon expérience et je te le recommande fortement si tu as un intérêt pour les grenouilles ou le travail de biologiste!  

Pour en savoir plus sur la rainette faux-grillon, visite Rainette.ca.

NOTES

*Ciel et Terre, la Vigile verte, Nature-Action Québec, le Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Conservation de la nature Canada, le CREDDO, la Commission de la capitale nationale pour l’Outaouais.

**La longueur de leur période de chant peut être influencée par plusieurs facteurs en lien avec les conditions météorologiques ainsi que du climat de leur étang : la température de l’air, de l’eau, le vent, etc.

***On ne te garantit pas que tu vas en voir, par contre! Même si elles chantent fort, elles se taisent soudainement si elles sont alertées par la présence humaine et sont très perspicaces. 😉

Par Émilie Forget-Klein, communicatrice scientifique

Sources images : Lyne Bouthillier et Raymond Belhumeur

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