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Découvrir la nature avec nos yeux d’experts

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent ... L'équipe d'éducateurs-naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.


Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de nos lecteurs (comme toi) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
Les protéines, c'est du gâteau

Quand on parle de nutrition, les protéines sont un sujet bien chaud. Mais pourquoi leur donne-t-on tant d’attention? Eh bien, c’est grâce aux protéines qu’on peut respirer, bouger, être heureux, exister…

Quand on parle de protéines, tu penses peut-être à Dwayne the Rock qui mange de la morue 5 fois par jour pour garder sa forme de lutteur ou à cet employé de GUEPE qui a essayé de te faire goûter à des insectes au parc du Pélican. En effet, quand on parle de nutrition, les protéines sont un sujet bien chaud. Mais pourquoi leur donne-t-on tant d’attention? Eh bien, c’est grâce aux protéines qu’on peut respirer, bouger, être heureux, exister…  

C’est quoi, une protéine?

Pour mieux comprendre ces macromolécules, on revient à notre analogie de collier de billes. Les « billes » (ou monomères) des protéines sont les acides aminés. Il en existe 20 en nature, dont 11 que nous, les humains, sommes capables de fabriquer dans notre corps. On dit des 9 autres qu’ils sont essentiels, parce qu’on doit les obtenir de notre alimentation.  

Chaque type de protéine a une séquence spécifique d’acides aminés, tout comme chacun de tes colliers* a une séquence spécifique de billes. Si tu n’es pas un.e fan de colliers, on peut aussi faire la comparaison avec un gâteau à pluuuuuusieurs étages : un acide aminé est représenté par une pâte feuilletée, le deuxième par un coulis de framboises et le troisième par une ganache au chocolat par exemple. On peut les placer dans différents ordres pour créer des desserts uniques. On appelle « protéines » les chaînes d’environ 50 acides aminés** et plus.  

À quoi ça sert?

Chaque protéine aura une forme et une fonction unique : anniversaire, mariage, collation des grades… mais non, je rigole! On parle plutôt du maintien de la structure des cellules, de la transmission de signaux, de l’immunisation, du stockage et du transport, ou de l’accélération de réactions chimiques (on parle ici d’enzymes). Par exemple, la myoglobine permet de transporter et de stocker l’oxygène dans les muscles, alors que la luciférase est une enzyme qui permet aux lucioles de briller dans le noir. Les protéines sont aussi nécessaires à la fabrication d’hormones qui envoient au cerveau des messages déterminant notre humeur, notre faim, et notre développement. Même les tests COVID-19 dépendent des protéines : ils détectent la présence d’anticorps qui s’attachent au virus!

Des traînées lumineuses de lucioles protéinées! XD

Où peut-on les trouver?

Quoique les protéines aient leur rôle à jouer chez tous les êtres vivants***, on retrouve une teneur plus élevée en protéines dans les tissus musculaires des animaux que dans les cellules de plantes, par exemple. Ces dernières utilisent plutôt des glucides (comme la cellulose) pour construire leurs cellules. Les produits comme le lait et les œufs sont des sources de protéines animales qu’on nomme « protéines complètes » car elles contiennent les 9 acides aminés essentiels aux humains.****

Le règne des Fungi, dont certains produisent des champignons, offre des possibilités de protéines plus écologiques. Les Fungis sont une bonne source de protéines et sont des experts en décomposition. Les « mycoprotéines » peuvent donc être produites à partir de déchets organiques comme le papier ou les résidus d’agriculture! Leur contenu nutritif est comparable aux protéines issues de levures et d’autres microorganismes. Au fait, savais-tu que la spiruline, cette poudre verte que certains athlètes mettent dans leur smoothie, est une algue bleu-vert hyperriche en protéines?

Les plantes, qui sont à la base de tous les écosystèmes, nous donnent des protéines végétales. On dit que ces protéines sont incomplètes, car chaque espèce ne contient que certains acides aminés. Toutefois, en mangeant une variété de graines, de noix, de légumineuses, de céréales et de légumes, on obtient tous les acides aminés nécessaires. En général, les plantes contiennent moins de protéines par poids que la viande, donc les herbivores doivent consommer un plus grand volume de nourriture pour combler leurs besoins nutritionnels.

C’est un peu compliqué tout ça. Mais la nature est bien pensée, donc nul besoin de s’inquiéter tant qu’on a de la variété! Avec ce petit mémo, c’est du gâteau 😉  

NOTES

*  ... ou chacun des colliers de ton ami.e si tu en n’as pas.

** Certains définissent les protéines comme étant un peu plus longues, mais pour cet article, on va s’en tenir à 50.

*** Après tout, les protéines sont présentes dans TOUTES les cellules!

**** Tu as sûrement entendu dire que certains animaux d’élevage sont plus écologiques que d’autres, par exemple que la production de viande rouge consomme plus d’eau que celle de la volaille, et que la chair des insectes est la moins énergivore des trois. C’est entre autres parce qu’il faut nourrir les animaux d’élevage et qu’ils vont dépenser de l’énergie durant leur vie domestique. Puis, plus ils sont gros, moins ils sont efficaces pour convertir les ressources en nourriture pour les humains. Il y en a plus à dire sur l’impact environnemental de l’alimentation, mais on y reviendra!

Par Sofia, éducatrice-naturaliste

Sources images : Pixabay, Pixabay

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307
Choix du naturaliste
Les glucides, sucrés et solides

Quel est le lien entre le lièvre qui mange une fraise, le lynx qui chasse, l'herbe qui tangue dans le vent et les glucides?

Un lièvre d’Amérique caché dans des herbes hautes se régale de petites fraises sauvages. Soudainement, il aperçoit un lynx du Canada, prédateur féroce, qui avance vers lui. Effrayé, il part en courant et le lynx le poursuit. En quoi cette histoire a un lien avec les glucides? C’est simple!

Une source d’énergie à court et moyen terme

Commençons par ce qui est le plus évident. Les glucides rendent les fraises sauvages sucrées. Ce sont les glucides simples, comme le fructose, qu’on retrouve souvent dans les fruits et le miel, qui en sont responsables. Le sucre de table (ou sucrose), qu’on ne retrouve pas que sur ta table, mais aussi en nature, c’est aussi un glucide! C’est une molécule de fructose liée à une molécule de glucose, un autre glucide simple.  

Mais, à quoi ça sert le sucre? C’est une source d’énergie rapidement mobilisable. C’est donc le carburant principal du lièvre qui se sauve! C’est d’ailleurs la source d’énergie de prédilection de la plupart de tes cellules, qui s’en servent pour leur métabolisme de base (autrement dit, pour fonctionner). Elle est même critique pour les cellules nerveuses, dont celles du cerveau, qui ne s’alimentent pas habituellement d’autres sources.

L’énergie est stockée dans les liens chimiques unissant les atomes de chaque molécule de glucose. Tu te rappelles de la respiration cellulaire? C’est un des processus qui permettent de briser ces liens pour libérer l’énergie et la convertir pour qu'elle puisse être utilisée par les cellules. La respiration cellulaire, c’est la façon qui permet d’extraire le plus d’énergie d’une molécule de glucose. Une autre façon de rompre les liens des atomes, c’est par la fermentation. Oui-oui, on parle bien de la fermentation qui permet à la levure de produire ta bière ou de faire lever ton pain! La fermentation est plus rapide que la respiration cellulaire et n’a pas besoin d’oxygène, mais extrait moins d’énergie!

Un lynx sur le bord d'utiliser des glucides...

Chez les animaux, les glucides simples sont d’abord convertis en glucose par le foie avant d’être utilisés par les cellules. Puis, lorsqu’il y en a trop dans le sang, le foie et les muscles mettent l’excédent en réserve*. Lorsqu’ils sont en réserve, ils prennent la forme de glucides complexes qu’on appelle glycogène. Si tu te rappelles de l’analogie de collier de billes, le glucose, c’est comme les billes, alors que le glycogène, c’est le collier. Chez les plantes, ces réserves sont appelées l’amidon. Elles se retrouvent souvent dans des les racines et dans les graines des plantes. (C’est avec ces réserves qu’ils survivent en hiver!) La fécule de maïs qui traîne dans le fonds de ton garde-manger? C’est de l’amidon!

Lorsque les plantes se réveillent au printemps ou lorsque le lynx débute sa poursuite, les réserves d’amidon ou de glycogène sont brisées en glucides simples. Ils sont alors remis en circulation dans la sève ou le sang* pour être transportées vers les cellules qui en ont besoin.

Un élément structural

Tu ne t’en doutais peut-être pas, mais les glucides sont aussi l’élément qui permet aux herbes broutées par le lièvre de tenir debout dans cette histoire! C’est un glucide s'appelant cellulose qui donne de la rigidité aux parois des cellules des plantes. Ça permet aux cellules de résister à la pression de l’eau qui les pénètre. C’est comme lorsque tu gonfles un ballon de plage versus une bulle de savon : une chance que le plastique du ballon est rigide, parce que si non, il pourrait s’amincir et éclater comme la bulle! Ça lui permet aussi d’avoir une forme bien ronde quand on le remplit assez! De la cellulose et d'autres glucides structuraux sont également présents dans l’écorce des arbres ou dans le coton, par exemple.

Ces glucides, on les connaît aussi sous le nom de fibres. C’est ce que nous, représentants du règne animal, ne sommes pas capable de digérer. (Contrairement à nous, certaines bactéries en sont capables et les ruminants, comme les vaches et les chèvres, partagent une relation de mutualisme avec elles. Très avantageux pour des animaux qui consomment une grande quantité de matière végétale fibreuse! On y reviendra dans un autre article!) Les fibres jouent toutefois un rôle important pour notre digestion en facilitant notre transit intestinal.

Ailleurs que chez les plantes, on retrouve également un glucide structural s’appelant chitine comme dans l’exosquelette des insectes et des crustacés, et même dans la paroi cellulaire des mycètes (a.k.a. les champignons).  

D’autres fonctions

On n’entrera pas dans les détails, mais les glucides auraient également d’autres fonctions au niveau moléculaire et cellulaire lorsqu’ils sont combinés avec des protéines ou des lipides. C’est notamment le cas lorsqu’ils se retrouvent à la surface des cellules. Ils permettraient alors aux cellules de se reconnaître entre-elles.

Alors, la prochaine fois que le lièvre déguerpît, que le lynx chasse et que l'herbe tangue dans le vent, on aura une pensée pour les glucides qui travaillent fort à l'intérieur de leurs cellules.

NOTE

* C’est le foie qui est le gardien des réserves de glucose (ou glycogène) pour toutes les cellules du corps. Le glycogène des muscles est surtout utilisé par ces derniers et ne sert pas au reste du corps comme les réserves du foie.

Par Émilie, communicatrice scientifique

Sources images : Wsiegmund, National Park Service, Pxhere

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306
Vedette du mois
Un collier fonctionnel : la macromolécule

Sais-tu comment on passe de la molécule à la cellule? Ce sont de grosses molécules organiques bien spécifiques, soit des macromolécules, qui composent les cellules et assurent leur fonction, et on t'explique ça!

On t’a déjà parlé d’atomes, de molécules et de cellules, mais sais-tu comment on passe de l’atome… à la molécule… à la cellule? Les cellules ne sont pas que des assemblages aléatoires de molécules, et les molécules composant ces cellules ne sont pas que des tas arbitraires d’atomes. Ce sont de grosses molécules organiques bien spécifiques, soit des macromolécules, qui composent les cellules et assurent leur fonction, et on est là pour t’en dire plus là-dessus!

L’incomparable carbone

« Macro » et « molécule ». Avec ça, tu devines probablement que les macromolécules sont de très grosses molécules. Mais, ce ne sont pas tous les éléments atomiques qui ont les propriétés favorisant la formation de molécules aussi grosses.  

L’élément qui rend tout ça possible, c’est le carbone et ce n’est pas seulement parce qu’il est présent en assez grande quantité sur notre planète. On t’épargne le cours de chimie, mais, pour te donner une idée, c’est parce qu’un atome de carbone a le potentiel de former des liaisons chimiques avec quatre autres atomes à la fois, dont d’autres atomes de carbone. Puis, les liaisons qu’il forme avec d’autres atomes de carbone sont assez fortes et stables pour que la molécule résultante persiste assez longtemps pour accomplir une fonction.

Aucun autre atome n’a exactement les mêmes propriétés. C’est pourquoi le carbone est le candidat idéal pour composer les longues chaînes d’atomes complexes qui forment le squelette des macromolécules.  

Le collier de billes

Les macromolécules sont généralement* composées de plus petites unités qu’on appelle monomères. Les monomères sont les billes qui forment le collier qu’est la macromolécule. Chacune des quatre types de macromolécules (dont on va te parler par la suite) est composée de monomères bien spécifiques et qui sont liés entre eux d’une façon précise. Dans certains cas, la longueur de la chaîne et les billes qui la composent influencent les propriétés chimiques et physiques d’une macromolécule.

La membrane des cellules est composée de macromolécules.

Le quatuor

Les macromolécules sont classées en quatre grandes catégories :  

  • Les glucides : Ils rendent les fruits sucrés et donnent de la structure aux plantes et à certains animaux.
  • Les protéines : Elles sont non seulement utiles pour te donner des muscles, mais ce sont aussi les macromolécules avec le plus de fonctions!  
  • Les lipides : Elles servent, entre autres, d’isolant aux mammifères marins qui plongent en profondeur dans l’océan!
  • Et les acides nucléiques : Elles forment les recettes qui permettent aux organismes vivants de se reproduire et de persister!  

On t’explique les détails de chacune d’entre elles dans des prochains articles! Elles sont bien plus intéressantes que ne le révèle le tableau des valeurs nutritives sur ta boîte de céréales, on te le parie!

NOTES

* Il y a quelques exceptions, dont certains types de lipides.

Par Émilie, communicatrice scientifique

Sources images : GUEPE

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305
Ailleurs
Les hauts-plateaux de Charlevoix

Dans Charlevoix, nous avons des hauts-plateaux. Cet écosystème de montagne regorge de richesses incroyables. Il est fragile et exceptionnel, et on voudrait t’en jaser un peu plus.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS-PLATEAUX ET NOUS

Une des facettes étonnantes de Charlevoix, c'est sa topographie, ou le relief du territoire. La région est modelée en trois niveaux*. Ce n’est pas le hasard qui a fait ça, mais bien une GIGA météorite! Dans le fond, Charlevoix, c’est un gros cratère. L’impact de la météorite a créé des dénivellations importantes. En partant du fleuve, on a des basses terres : l'Isle-aux-Coudres, les vallées de la rivière Malbaie et de la rivière du Gouffre et quelques bandes de terre le long du Saint-Laurent.  

S’en suit les plateaux intermédiaires, l’arrière-pays, à une altitude entre 200 et 500 m. C’est là que trône la forêt boréale, ponctuée de centaines de jolis lacs à découvrir.  

Enfin, nous avons les hauts-plateaux. Ce troisième niveau, qui dépasse 500 m d’altitude, culmine à 1 043 m avec l’Acropole-des-Draveurs dans le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Ces montagnes regorgent de richesses incroyables. L’écosystème des hauts-plateaux est particulier et exceptionnel, et on voudrait t’en jaser un peu plus.

Ça ressemble à ça un haut-plateau; c'est celui de la Zec des Martres, dans Charlevoix

Ça ressemble à quoi l’écosystème alpin?  

Il s’agit de l’écosystème qui se situe au-dessus de la limite altitudinale des arbres. En clair, c’est là où les conditions naturelles sont trop extrêmes pour permettre aux grands arbres de prospérer. La hauteur à maturité des espèces arborescentes n’excède pas 4 m, et les tiges présentent des formes de croissance érodées (qui sont affectées par la neige et le vent).  

Cet écosystème est caractérisé par des affleurements rocheux et des landes** alpines. Ces dernières sont dominées par des éricacées (comme la kalmia à feuilles étroites, le ledon du Groenland, les bleuets et les airelles) avec quelques arbustes, d’autres herbacées, des mousses et des lichens, organismes emblématiques de la beauté et fragilité de ce milieu.

Un beau mix d'éricacées et de lichen!

Côté bibites, les insectes, arachnides et myriapodes (a.k.a. les mille-pattes en tout genre) profitent de la végétation pour se cacher et survivre. Certains petits mammifères, comme les souris, musaraignes et tamias, viennent aussi y trouver refuge. Durant l’été, l’ours noir profite des tonnes de bleuets pour compléter son alimentation.

Dans l’écosystème alpin, on peut voir et/ou entendre le bruant à gorge blanche, le grand corbeau et, le seigneur de la montagne, le faucon pèlerin. La très rare grive de Bicknell est aussi une espèce que l’on peut retrouver dans ce milieu. Elle a la taille d’un moineau et est très semblable aux autres grives. Ça prend un œil d’expert pour l’identifier!  

Un bruant à gorge blanche

Rare et délicat

On te parle de cet écosystème car il fait partie du patrimoine naturel de Charlevoix, mais aussi du Québec. On le retrouve uniquement dans trois régions : dans le nord autour des Monts Groulx, vers l’ouest dans le parc national de la Gaspésie et dans Charlevoix.

A- Les Monts Groulx, situés près du réservoir Manicouagan. B- Le parc national de la Gaspésie, où l'on trouve les Chic-Choc. C- Les montagnes de Charlevoix.

Outre sa rareté, cet écosystème est très fragile et extrêmement sensible au piétinement. On te parle du piétinement des bottes, évidemment, mais aussi des roues, des tentes... En effet, la litière*** au sol est si fine et parfois inexistante, que les plantes, les mousses et surtout les lichens sont très rapidement abimés. Ajoute à cet enjeu les conditions environnementales extrêmes (on parle ici de la neige à profusion, des vents intenses, de la sécheresse sous le soleil d’été). Puis, malgré l’effort déployé par ces espèces pour survivre, certains lichens ne poussent que de 0,1 à 10 millimètres par année. C'est donc la moindre des choses de leur donner toutes les chances. Alors, on t’invite à penser à ça quand tu iras découvrir les hauts-plateaux de Charlevoix ou d’ailleurs. Le mot d’ordre est de limiter son impact : rester sur les sentiers et camper plus bas dans la montagne, sur une surface plus durable.  

Si tu as le goût de découvrir cet écosystème et ces belles montagnes charlevoisiennes, voici quelques randos très sympathiques à faire :

Dans tous les cas, on t’invite à consulter :

Bonne rando et bonne découverte des hauts-plateaux de Charlevoix!

NOTES

* Tu peux explorer les différents niveaux par deux routes… la Route du fleuve et la Route des montagnes!

** Une lande, c’est une étendue de terre où ne croissent que certaines plantes sauvages.

*** La litière, c’est une couche de matière organique qui recouvre le sol. Chez nous, elle est généralement composée de feuilles mortes, d’aiguilles de conifères et de débris de végétaux. Ce beau mélange est un habitat pour la microfaune, mais aussi une protection pour bon nombre de végétaux lors de leur croissance.

Par David, responsable régional, Charlevoix

Sources images : GUEPE, GUEPE, Cephas, GUEPE

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304
Qc-Nature
Les insectes poussent la chansonnette

Le chant mélodieux des cigales, le refrain rythmé des criquets, et le blues des longicornes... cette fanfare est une sorte de code secret audible et perceptible seulement à ceux qui savent écouter.

Ah, l’été! Le chant mélodieux des cigales, le refrain rythmé des criquets, et le blues des longicornes... un concerto pour le moins agréable à nos douces oreilles. Et pourtant, comme le morse*, cette fanfare est une sorte de code secret audible et perceptible seulement à ceux qui savent écouter. Ouvre tes oreilles, et en avant la musique!  

 

1er mouvement :  présentation des artistes

Juste une couple de termites

Tout d’abord, ce ne sont pas tous les insectes qui émettent des sons, mais ils sont nombreux. Les chanteurs les plus connus sont les orthoptères (les sauterelles, les grillons et les criquets) et les cigales, qui font partie de la famille des hémiptères.  

Par contre, bien d’autres espèces produisent des sons, et ce, à diverses heures du jour et de la nuit, à différents moments de l’année et pour différentes raisons.  

 

Pour certaines espèces, quand le chant est associé à la sélection sexuelle, ce sont les mâles qui chantent dans le but d’attirer leur douce moitié. Certains chantent pour inciter les autres messieurs à former un boy band (à la Lennon, Starr, Mc McCartney et Harrisson). Le but est de chanter encore plus fort et d’attirer davantage de femelles (I wanna hold your haaaaand). D’autres mâles utilisent le chant pour déstabiliser les adversaires et les pousser à s’éloigner. Oust!  

Enfin, les insectes, tous genres confondus, peuvent chanter s'ils sont dérangés ou effrayés. D’autres font du bruit involontairement quand ils mangent ou se déplacent.  

 

2e mouvement : prélude au sifflet

Selon la fonction du bruit émis, les insectes utilisent différentes parties de leur corps pour produire leur mélodie. Chez les blattes de Madagascar, c’est une poussée d’air forcée à travers leurs stigmates** qui engendre un sifflement. Toutes les blattes utilisent le sifflement lorsqu’elles sont perturbées. Les mâles l’utilisent aussi pour défier d’autres mâles au combat.  

 

3e mouvement : bourdonnement au tempo presto

Avoue que tu imagines le son en ce moment.

C’est un bruit bien connu : celui du moustique donne des frissons quand il est directement dans notre oreille, celui du bourdon s’entend de loin quand il butine et celui de la mouche domestique s’éloigne rapidement au moindre mouvement. Le bourdonnement, un son émis par le déplacement de l’air par les ailes***, est émis par beaucoup d’insectes volants. (Ajoutons à la liste les abeilles, les libellules, les gros coléoptères et certains papillons.) Pour que le bourdonnement se rende jusqu’à nos oreilles, le battement des ailes doit être rapide (par exemple, selon certaines sources, les ailes du moustique battent environ 300 à 600 fois par seconde, celles de la mouche domestique vont à environ 200 battements/seconde). Et plus il est rapide, plus le son sera aigu.  

Dans le cas du bourdon (et de bien d’autres hyménoptères, comme les abeilles), en plus du bruit de ses ailes, son thorax vibre par contraction musculaire et produit aussi un son. Cette vibration aurait des fonctions pour la pollinisation (afin de secouer le pollen) et de communication entre les individus (dans le nid, par exemple).  

 

4e mouvement : un solo pour instrument à bois

Le longicorne, un coléoptère xylophage (ou qui mange du bois), est un fin musicien. C’est la larve de l’insecte qui est la plus bruyante. Elle vit sous l’écorce des arbres et se nourrit de leur chaire; c’est en rongeant le bois qu’elle émet un grincement. Ce n’est en réalité que le frottement de ses mandibules sur le bois, un peu comme si tu faisais du bruit en mangeant ta soupe. Les adultes émettent quant à eux des grincements lorsqu’ils sont en danger.

 

5e mouvement : refrain de bataille

Cliquetis silencieux et chuintements discrets. Dans une colonie de termites, ce sont les soldats qui émettent des sons pour défendre les ouvrières (monte le son, on l'entend ici). Ils secouent leur corps et tapotent le bois pour produire un grondement léger. À l’unisson, ce bruit peut être entendu même par les humains. Comme quoi l’union fait la force!  

 

Voici la fin de notre incroyable concert! Plein d’autres se résonnent lors de la saison estivale alors, ferme tes yeux et écoute les beatles qui jouent pour toi. J’te le garantis c’est un band du tonnerre!  

 

NOTES

* Le code morse.

** Les stigmates, chez les insectes, sont des ouvertures sur leur abdomen qui permettent la respiration.

*** Certains oiseaux aussi produisent un bourdonnement quand ils volent, comme les colibris lors de leur vol stationnaire.  

Par Lou, éducatrice-naturaliste et Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : United States Department of Agriculture, Pixabay

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