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Découvrir la nature avec nos yeux d’experts

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature ce n’est pas un mystère, c’est une science! Notre équipe d’éducateurs-naturalistes t’explique la nature que tu n’as jamais comprise et qui est restée sans réponse depuis longtemps. Un naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.


Chaque mois, sur notre blogue, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de nos lecteurs (comme toi) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Des œufs hauts en couleur

À Pâques, c'est la traditionnelle chasse aux œufs vivement bariolées! Notre belle Dame Nature, elle aussi, elle aime ça les couleurs! Et sans coup d’pinceaux, elle a créé une palette d’œufs aux coloris variés et surprenants!

À l’approche de Pâques, impossible de passer à côté de la traditionnelle chasse aux œufs peinturés... De belles coquilles vivement bariolées qui comblent petits et grands!  Eh bien, notre belle Dame Nature, elle aussi, elle aime ça les couleurs! Et sans coup d’pinceaux, elle s’est chargée de créer une palette d’œufs aux coloris variés et surprenants!  

Comment? Pourquoi? Macro zoom sur le macro monde des œufs...  

Les œufs bien confortables du carouge à épaulettes

Comment? La biliverdine et la protoporphyrine

Wow, je sais que ça commence fort avec des mots bien compliqués (ha-ha), mais pas de panique! Pour faire (très) simple, la biliverdine et protoporphyrine sont des pigments, tous les deux présents dans le sang de nos amis aviaires modernes, et sont donc la cause de l’immense variété de la coloration de leurs œufs.  

La biliverdine donne des œufs de couleur bleus et verts, et la protoporphyrine — que c’est dur à écrire! Ha-ha! — quant à lui, est un pigment qui donne des couleurs brunes et rougeâtres, ainsi que des mouchetures*. Et leur origine dans la coquille des œufs remonterait au moins jusqu’à l’air du Crétacé supérieur en Chine du sud!  

D’après un article du Peerj (un journal scientifique de biologie et de médecine) qui s'intitule « Origine dinosaure de la couleur des œufs » (traduit de l’anglais, Dinosaur origin of egg color: oviraptors laid blue-green eggs), une équipe de scientifiques aurait, là-bas, découvert un nid de dinosaure avec des œufs fossilisés. Ces œufs fossilisés, ceux de madame la dino prénommée Heyuannia huangi**, avaient une teinte bleutée. Chose exceptionnelle, surtout parce que le processus de fossilisation donne une couleur noire ou brune aux œufs à cause des minéraux qui se trouvent dans la terre. Bref, après quelques recherches, il s’est avéré que dans ses œufs fossilisés se trouvaient aussi de la biliverdine et de la protoporphyrine ce qui solidifie d’avantage le lien entre les dinosaures et les oiseaux!

Ils sont mêmes allés encore plus loin, en émettant des hypothèses sur le comportement de Heyuannia, en particulier, le comportement des soins paternels liés à la couleur des œufs. Mais ça serait seulement une hypothèse et une autre histoire. 😉  

Pourquoi? Le nid et la localisation géographique

Le pluvier kildir fait son nid difrectement au sol, au travers des roches, dans une petite dépression

D’après les plus vieilles études du Docteur Joseph Emile Cornay et d’autres, plus récentes, de la revue américaine Nature, Ecology and Evolution, les œufs sont plus ou moins colorés en fonction des régions où ils se trouvent, et cela pour la survie de l’embryon. En peu de mots, les œufs qui se trouvent dans des régions comportant des températures assez chaudes ont des teintes claires pour éviter que l’embryon surchauffe face aux rayons solaires, alors que les œufs se trouvant dans les régions aux températures plus froides sont foncés pour attirer la chaleur, et donc favoriser la survie de l’embryon face au froid.  

Et cela serait aussi lié aux matériaux du nid et au temps où les parents s’absentent! Plus le nid est chaud et profond, plus les œufs sont clairs. Plus les parents s’absentent longtemps et le nid est à même la roche avec des matériaux un peu moins confo, plus ils sont foncés pour retenir au max la chaleur nécessaire au développement fœtal.

Enfin, le Peerj (encore!) pense que la coloration des œufs a évolué par rapport aux nids dans lesquels ils se trouvent. Les œufs couvés constamment (donc cachés constamment par les parents) sont plus décolorés que ceux laissés à l’air libre, ceci s’expliquant avec le fait que ceux qui sont couvés n’ont pas besoin d’être camouflés des prédateurs contrairement aux autres!  

Instant fun fact cool : les soins parentaux et le succès de reproduction chez le merle d’Amérique

Les œufs pas mal funky du merle d'Amérique

Alors là on tourne les projecteurs vers l’intérieur du pays, précisément sur des chercheurs canadiens et le fameux (roulement de tambours) merle d’Amérique! Le merle d’Amérique, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un oiseau au ventre rouge-orangé, au dos gris-noir et au bec jaune. On peut l’observer très fréquemment car c’est une espèce assez commune. Il a la particularité de produire des œufs bleu-vert, grâce à la biliverdine donc, un pigment présent dans le sang.  

D’après leur travail dans Behavioral Ecology and Sociobiology, ces messieurs-dames auraient montré que, chez le merle d’Amérique, les soins parentaux seraient différents en fonction de la vivacité de la couleur de l’œuf. Plus la femelle est saine, plus le taux de biliverdine sera élevé. Plus le taux de biliverdine est élevé, plus l’œuf est bleu et brillant! Plus l’œuf est brillant, plus les oisillons auront de chances d’être eux aussi génétiquement plus sains et d’assurer la lignée! C’est ce qui encouragerait le mâle à s’occuper davantage d’oisillons provenant d'œuf bleu vif.

Serait-ce en lien avec l’hypothèse des scientifiques sur le comportement paternel de notre dino tout droit venu de Chine? Je n’ai aucune réponse à cela mais la question vaut la peine d’être posée selon moi. 😉  

NOTES

* Mouchetures : Dans ce contexte, on peut comprendre qu’il s’agit de taches de couleur sombre, des petites salissures qui marquent une surface.

** Heyuannia huangi : « HeyuanniaHeyuannia huangi est un genre éteint de petits dinosaures de la famille des oviraptoridés, groupe de théropodes à plumes, qui vivait à la fin du Crétacé supérieur en Chine du sud. Il fut le premier oviraptoridé découvert dans ce pays. Depuis la plupart des oviraptoridés ont été découverts aussi bien en Chine qu'en Mongolie. L'espèce type fut découverte et décrite par Lü Junchang en 2002. », selon la définition de Wikipédia.

Par Lou, éducatrice-naturaliste spécialiste

Sources images : J. N. Stuart, Rick Cameron, Laslovarga

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Vedette du mois
Les œufs, c'est quoi?

J’imagine que tu sais un peu à quoi ressemble un œuf? Mais connais-tu les autres types d’œufs? Quoi? Il n’y a pas que les oiseaux qui pondent des œufs? Et non!

J’imagine que tu sais un peu à quoi ressemble un œuf? Mais connais-tu les autres types d’œufs? Quoi? Il n’y a pas que les oiseaux qui pondent des œufs? Ouin, non. Peut-être aussi que tu n’es pas sans savoir que plusieurs reptiles pondent aussi des œufs semblables à ceux des oiseaux. Autrement, la plupart des amphibiens, des poissons et des insectes pondent aussi des œufs, mais bien plus petits cette fois et en bien plus grand nombre, et aussi sans coquille dure. Bref, tous les types d’animaux, sauf les mammifères évidemment, pondent des œufs, quoi qu’il existe bien quelques exceptions, mais nous y reviendrons dans un autre article, promis!

Œufs d'oiseau à l'abri dans leur nid

Nous allons ici explorer le monde des ovipares, soit les animaux qui pondent des œufs. Ce type de reproduction permet aux nouveaux nés de se développer et d’éclore à l’extérieur de la mère. Les ovovivipares sont également des animaux qui produisent des œufs. Chez les ovovivipares, par contre, le développement de l’embryon dans l’œuf se passe cette fois à l’intérieur de la mère. Les bébés éclosent donc à l’intérieur de la mère et naissent complets, mais sans leur coquille.  

Les parties de l’œuf

Attention, voici l’anatomie de l’œuf classique.

Le jaune de l’œuf représente le centre de cet ovule géant. C’est la cellule vivante qui devra recevoir le spermatozoïde mâle lors de la fécondation. C'est une excellente source de vitamines, de minéraux, de protéines et d’acides gras essentiels au développement du poussin. Une autre nuance de jaune entoure son centre, c’est le disque germinatif qui contient les récepteurs (portes d’entrées si tu préfères) nécessaires à la fécondation. La membrane vitelline, quant à elle, maintient le jaune bien rond et l’empêche de percer, même dans ton assiette.  

Le blanc, aussi nommé albumen, est surtout composé d’eau, de protéines et de minéraux; il est également entouré d’une membrane qui le maintien en place dans la coquille. Afin de maintenir le jaune en place bien au centre du blanc, des chalazes traversent l’albumen en « haut » de l’œuf. De l’autre côté plus élargi, tu remarqueras lorsque tu casseras ton œuf, une chambre à air qui permet de tempérer la température de l’œuf. Enfin, la coquille, reste le principal obstacle au monde extérieur des bactéries et des prédateurs.

Incroyables, ces œufs

Savais-tu que des chercheurs ont déterminé que les embryons peuvent communiquer entre eux? Eh oui, lorsque le nid est attaqué par des prédateurs, les œufs de certaines espèces peuvent se mettre à vibrer. Non seulement ils se « parlent » entre eux, mais peuvent aussi avertir les parents des dangers qu’ils ont affrontés en leur absence. Fascinant n’est-ce pas? Les embryons adapteront ainsi leurs caractéristiques hormonales voire mêmes physiques afin de répondre à leur environnement tranquille ou bien alors devenu hostile. Par exemple, certains oiseaux auront les pattes plus courtes à la naissance. C’est le résultat d’un stress chez l’embryon. Incroyable, cette adaptation!  

Ailleurs que chez les oiseaux

Chez les reptiles, par contre, l’intérieur de l’œuf est enveloppé de vaisseaux sanguins leur permettant ainsi de respirer à travers la coquille. Si les œufs ne sont pas suffisamment humides, des problèmes risques de survenir. C’est parce que leurs œufs ont une coquille plus perméable, ce qui fait qu’ils peuvent absorber ou perdre davantage d’eau que ceux des oiseaux. Parfois, il arrive que les bébés, autant chez les reptiles que les oiseaux, aient besoin d’aide de leurs frères et sœurs ou encore de leurs parents pour sortir. Mais pour les reptiles, elle pourrait toutefois devenir une véritable prison pour les nouveaux nés si elle s’assèche trop.

Œufs de tortue serpentine

Les amphibiens et les poissons quant à eux, n’ont pas ce problème. Leur principale stratégie afin de résister à la mortalité des œufs est bien plus simple : la plupart pondent énormément d’œufs afin d’assurer la descendance. En effet, les œufs étant pondus directement dans l’eau, plusieurs ne survivront pas à la prédation. Leurs œufs sont constitués d’un vitellus rempli de protéines, de graisses, lécithines et autres phospholipides, du cholestérol, des hydrates de carbone, des sels minéraux dont les embryons vont tranquillement en consommer la substance afin de se développer. Aussi, chez la plupart des poissons et des amphibiens, les œufs ne sont fécondés qu’après être sortis de la femelle, mais ça, c’est une autre histoire.

Du côté des insectes (et des autres bestioles), ce n’est pas si différent. Ils n’ont pas de coquille dure et pondent aussi énormément d’œufs afin de répondre (pondre, hahaha) à la prédation. Parfois ils sont pondus dans l’eau, sinon c’est, bien entendu, à l’extérieur de l’eau. On les retrouve dans la terre, sous des roches ou de vieux troncs humides, dans le bois, dans le miel ou bien même directement dans les plantes. Oui oui, c’est ce que l’on appelle des insectes gallicoles (ou bien gallogènes). La plante va réagir en créant justement des galles sur la partie qui est attaquée par l’insecte en question. La mouche de la verge d’or va pondre directement dans la tige qui va alors enfler. Les feuilles d’arbre vont faire tout plein de petits picots boursouflés à cause des pucerons, des mouches, des guêpes, des acariens ou bien d’autres insectes.

Une tige de verge d'or avec des œufs à l'intérieur

Enfin, si tu veux savoir comment se forme un œuf chez les oiseaux, je t’invite à aller lire nos prochains articles sur la variété de coloration des œufs. Toujours à suivre sur notre blogue, tu pourras découvrir quels sont les autres types de gestation autres que les ovipares, soit les vivipares, les ovovivipares et même celle particulière des marsupiaux.

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Pixabay, GUEPE, Wiki, Ryan Hodnett

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Végétaux
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Sur le bord des sentiers du secteur Héritage, au parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, ils sont partout! Facile à identifier avec leur écorce pâle qui se détache en languettes, les bouleaux sont bien présents dans les parcs urbains. Ils sont une espèce pionnière qui colonise les milieux perturbés. Notre éducatrice-naturaliste t'explique tout ça!

Pour en apprendre plus sur la succession végétale, c’est ici.

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« Qu'est-ce que la trappe scientifique? »

Afin de comprendre, protéger et d'étudier les animaux et leur comportement, des scientifiques les trappent et les capturent. Ainsi, des données sont récoltées et permettent d'en savoir davantage sur leurs habitudes de vie ou l'état des populations. Deux spécialistes discutent avec nous de la pratique de la trappe dans un cadre scientifique.

 

Idéation et contenu :GUEPE

Réalisation : Paysages

Avec le soutien financier du Gouvernement du Québec

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Animaux
La salamandre

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SÉRIE Ta capsule des parcs-nature

On met le spotlight sur un petit animal mystérieux qu’on trouve dans les forêts et les milieux humides du Québec : la salamandre. Dans la province, nous trouvons huit espèces différentes. Elles font partie du groupe des amphibiens et elles ont une peau perméable. Notre éducatrice-naturaliste t’explique ça en te montrant une salamandre à points bleus.

Pour en apprendre plus sur la peau des amphibiens, c’est ici.

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