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Découvrir la nature avec nos yeux d’experts

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent ... L'équipe d'éducateurs-naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.


Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de nos lecteurs (comme toi) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Sapin ou épinette, telle est la question

T’es-tu déjà demandé.e si l’arbre qu’on appelle « sapin de Noël » est réellement un sapin et non un conifère semblable comme l’épinette? Sachant qu'une outarde n'est pas une bernache, ça vaut la peine de se poser la question.

C'est quoi la différence entre un sapin et une épinette?

À cette période de l’année plusieurs d’entre nous avons remarqué les arbres décorés qui ont récemment poppé dans les parcs ou les terrains municipaux. Tu as peut-être même décoré ton propre arbre chez toi dans le salon, qu’il soit vrai ou en plastique.  

Le fameux sapin de Noël est un véritable emblème du temps de fêtes, et le Québec est le producteur numéro un de sapins au Canada. En effet, en 2021, les producteurs québécois (situés pour la majorité en Estrie et en Chaudière-Appalaches) ont fourni aux alentours de 2,6 millions d’arbres, dont 1,4 million (environ 55 %) ont été exportés à l’international, principalement aux États-Unis.

T’es-tu déjà demandé.e si l’arbre qu’on appelle « sapin de Noël » est réellement un sapin? Sachant qu'une outarde n'est pas une bernache et qu'un chevreuil n'est pas un cerf, ça vaut quand même la peine de se poser la question : comment confirmer qu’un sapin est bien un sapin et non un conifère semblable comme l’épinette?

La réponse est dans les détails

Le sapin et l’épinette ont plusieurs similarités : ce sont tous deux des conifères pouvant atteindre 25 m de hauteur avec une forme plutôt conique et des aiguilles assez courtes (généralement autour de 2 centimètres). Les deux peuvent être rencontrés régulièrement un peu partout au Québec autant en ville qu’en forêt. Pourtant, en regardant de plus près, il y a quelques trucs tout simples pour différencier le sapin de sa cousine, l’épinette.

Premier test

Prends une aiguille de l’arbre et essaie de la faire rouler entre tes doigts. Si tu es capable de la rouler, il s’agit d’une épinette. En effet, les aiguilles d’épinette sont quadrangulaires, autrement dit elles sont carrées et donc, peuvent rouler. Le sapin, lui, a des aiguilles plates qui ne rouleront pas entre tes doigts.  

À gauche, une aiguille d'épinette rouge, dont on vois la coupe de forme carrée.
À droite, l'aiguille plate du sapin baumier.

Deuxième test

Regarde une branche de l’arbre que tu veux identifier en face, comme si tu allais te rentrer la branche dans l’œil (stp ne fais pas ça pour de vrai!). Est-ce que les aiguilles sont attachées tout autour de la branche, dans toutes les directions? Si oui, c’est une épinette. Est-ce que les aiguilles sont attachées à la branche sur un seul plan horizontal, à droite et à gauche? C’est un sapin!

L'épinette rouge à droite et le sapin baumier à gauche.

Voilà! Avec ces deux tests à toute épreuve, tu es prêt.e à aller identifier l’arbre dans ton salon. Ici, les sapins de Noël sont bel et bien des sapins--en fait il y a même quatre variétés de sapins cultivés au Québec*. Tu peux faire les tests lors de ta prochaine balade dehors pour tenter de trouver les épinettes.

Plus sur les cousins, cousines

Ce n’est pas tout ce que je peux dire sur ces arbres majestueux. Pour les curieux de nature, voici d’autres informations intéressantes.

Le sapin appartient au genre Abies et nous avons un représentant du groupe qui est indigène au Québec : le sapin baumier (Abies balsamea). Les épinettes, quant à elles, appartiennent au genre Picea, et l’on compte trois espèces sur notre territoire : l’épinette noire (Picea mariana), l’épinette blanche (Picea glauca) et l’épinette rouge (Picea rubens). Par contre, les trois espèces se ressemblent énormément et même les experts peuvent facilement se tromper en essayant de les identifier. Le sapin et les épinettes produisent tous des cônes en guise de fructification. Cependant le sapin porte ses cônes pointés vers le haut, comme posés sur la branche, tandis que l’épinette porte ses cônes pointés vers le bas, pendus sous la branche. Voilà une autre astuce pratique pour faire la différence, à condition d’observer l’arbre à la période de l’année où les cônes sont présents.

Les épinettes ont une importante valeur économique pour l’industrie du bois d’œuvre et de pâte et papier. On peut aussi faire une boisson avec : la fameuse bière d’épinette (avec ou sans alcool). Le bois d’épinette est souvent utilisé pour fabriquer des tables de résonnance de piano, des tuyaux d’orgue, des guitares et des violons à cause de sa bonne sonorité. Et avant l’invention de notre chewing-gum moderne, c’est de la résine d’épinette qu'on mâchait!

Le sapin baumier, quant à lui, ne produit pas un bon bois de construction (il a tendance à se fendre), mais il y a tout de même d’autres usages qu’on peut faire de ce joli conifère. En plus d’être LE sapin de Noël par excellence, il produit de la gomme de sapin (aussi appelée baume, d’où son nom de sapin baumier). La gomme de sapin a longtemps été utilisée par les Premières Nations pour traiter les blessures, brûlures, maux de gorge, et toux à cause de ses propriétés antibactériennes, antifongiques, antiseptiques et antivirales.  

Des cônes de sapin avec un peu de glue collante

Tu comprendras donc que ces arbres ont une grande valeur, non seulement pour la richesse biologique de notre territoire, mais aussi pour l’usage qu’on en fait. Cependant, ils ne sont pas à l’abri des menaces. En effet, le sapin baumier est particulièrement touché par les ravages de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (une chenille qui, malgré son nom, affectionne particulièrement les aiguilles de sapin). Pour l’épinette, en plus de la tordeuse, il y a les feux de forêt à répétition (phénomène de plus en plus fréquent avec les changements climatiques) qui causent des problèmes. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des feux entrave la recolonisation du territoire car les jeunes arbres ne parviennent pas à atteindre un niveau de maturité suffisant pour résister au prochain feu.

Alors la prochaine fois que tu te promènes dans ton quartier ou dans une forêt, je t’invite à prendre un instant pour apprécier les sapins et épinettes autour de toi (maintenant que tu sais faire la différence)!

NOTE

*La majorité des « sapins de Noël » cultivés au Québec sont des sapins baumiers, mais on peut aussi trouver des sapins Fraser (originaire des États-Unis), des sapins Canaan et des sapins Cook.

Par Sarah, éducatrice-naturaliste spécialiste

Sources images : Pixabay, GUEPE, Keith Kanoti, Maine Forest Service, Superior National Forest, Cephas

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Choix du naturaliste
Les poules de la forêt

Une poule sauvage, au milieu de la forêt boréale, grattant le sol pour déterrer de la nourriture : une véritable scène des milieux naturels du Québec. Voici une famille d’oiseaux au look de poulet : les Phasianidés.

Imagine une poule, sauvage, libre comme l’air, au beau milieu de la forêt boréale, en train de gratter le sol pour déterrer de la nourriture. C’est une véritable scène de nos milieux forestiers, et même ailleurs. Les milieux naturels du Québec abritent une famille d’oiseaux au look de poulet, mais 100 % adaptée à la vie sauvage : les Phasianidés*.  

La perdrix grise, une poulette venue d'ailleurs

Leurs pattes sont robustes, parfaites pour courir et sauter. Bien que ces oiseaux ronds et dodus sachent voler, ils sont plus à l’aise au sol (une niche écologique qu’ils partagent avec les grives!). C’est d’ailleurs là qu’ils s’alimentent de bouts de végétaux (complétant leur diète par quelques insectes, selon la saison). C’est aussi au sol, dans de petites dépressions, qu’ils nichent. Les paires se forment après que les mâles aient démontré aux femelles leurs intentions par des parades élaborées ou des démonstrations sonores (comme le fait la gélinotte). La queue en éventail et le plumage de la tête des mâles sont souvent ponctués de plumes irisées et colorées, puis de caroncules** pour en mettre plein la vue. Après la sélection du mâle, la femelle couve ses œufs seule, comme une grande. Les femelles de nos Phasianidés, sont d’ailleurs connues pour être des mères à la dévotion sans pareil.  

La poule numéro 1

La poule sauvage la plus répandue en Amérique du Nord est la gélinotte huppée. C’est une poulette brune de grosseur moyenne à la queue rayée qui se finit par une bande foncée. Comme son nom l’indique, on la distingue par sa huppe. La gélinotte est relativement bruyante, mais pas parce qu’elle glousse sans cesse, au contraire. Généralement silencieuse, en cas d'intrusion sur son territoire, elle tambourine en frappant rapidement ses ailes sur du bois. Cela produit un bruit sourd, rappelant celui d’un moteur. Très impressionnant! (Tellement que ça fonctionne aussi pour attirer les femelles dans d’autres circonstances.)

La gélinotte huppée a plus d’un tour dans son sac pour éviter la prédation. En plus de son plumage camouflage, la femelle qui couve, ou qui a des petits, joue la comédie. Si un prédateur la repère, elle pousse des sifflements et fait semblant d’avoir une aile cassée en s’éloignant du nid. Le prédateur suit alors ce qui semble être une proie facile… Mais au dernier moment, la femelle s’envole et le prédateur est laissé les mains (ou pattes…) vides. Ingénieux!  

 

Les autres poules de la forêt

Le tétras du Canada (mâle), à gauche et celui à queue fine (à droite)

Dans les forêts du Québec, aux latitudes boréales, l’on retrouve d’autres poules amatrices de bourgeons : les tétras. Le tétras du Canada, le plus commun des deux espèces se rencontre dans les milieux coniféreux. Tu pourrais d’ailleurs le croiser sur un sentier montagneux au centre de la province, comme sur le Mont-du-Lac-des-Cygnes. C’est une petite poule sombre avec le bout de la queue rousse. Le mâle a une caroncule rouge au-dessus de l'œil. L’autre tétras, le tétras à queue fine est le seul à avoir… la queue fine et non en éventail. Il se trouve principalement à l’ouest de la province, dans les tourbières et les zones de coupe en régénérescence de l’Abitibi. Fait intéressant sur ce tétras : les mâles se regroupent dans des « arènes » pour leur parade nuptiale. Une méga production pour les femelles, pas loin du Cirque du Soleil!  

Les poules agroforestières

On est chanceux de pouvoir aussi observer des poules sauvages ailleurs que dans les bois. En lisière des forêts et dans les friches, c’est la perdrix grise que tu pourras voir. Attention de ne pas la confondre avec la gélinotte, comme on le fait trop souvent. En vérité, ces deux espèces ne pourraient pas être plus différentes. La perdrix, une espèce introduite (maintenant naturalisée), est une très petite poule grise. En contrepartie pour la petitesse de la perdrix grise (qui fait environ 30 cm), dans les champs et à l’orée des bois, on retrouve les vraiment gros poulets. On a nommé le faisan de Colchide (46-91 cm) et le dindon sauvage (91 à 122 cm). Deux espèces relativement « nouvelles » au Québec, dont les populations se déplacent tranquillement avec les hivers de plus en plus doux. Le faisan est brunâtre, avec une longue queue effilée. Le mâle a un collier blanc et la tête verte avec une caroncule imposante autour de l’œil. Le dindon mâle a le plumage foncé, avec lui aussi une caroncule sur tête. Dans les deux cas, les femelles sont plutôt brunes. Ces gros poulets arpentent les champs cultivés en quête de graines et de petits fruits.  

Un faisan mêle et une dinde femelle

Les poules des neiges

Finalement, la toundra accueille elle aussi des petites poulettes. Le lagopède des saules et le lagopède alpin sont des oiseaux du Nord, adaptés aux rigueurs des régions montagneuses et friands de bourgeons de saules. En été, pour se fondre dans les végétations basses alpine et nordique, le haut du corps est roux tacheté. Pour la saison hivernale, ils sont entièrement blancs (avec une caroncule au sourcil chez les mâles) et le bout de la queue noir, on les distingue par la bande noire sous l’œil du lagopède alpin. En hiver, ce dernier descend plus au sud et partage le territoire du lagopède des saules.  

Le lagopède des saules dans son plumage estival (à gauche) et le lagopède alpin, dans son plumage hivernal (à droite). Mention spéciale aux pattes touffues trop cute pour rester bien au chaud!

Alors, peu importe où tu te trouves au Québec, dans les régions agricoles du sud, à l’orée des boisés de feuillus, dans les denses forêts boréales, sur les hauts plateaux alpins ou dans les plaines de la toundra, y’a certainement une poule sauvage, plus ou moins grosse, plus ou moins brune, qui se tapit dans la végétation pas tellement loin.  

NOTES

* Ce groupe comprend entre autres les dindons, les faisans et les perdrix, mais aussi les cailles, les poulets sauvages et les paons.  

** Les caroncules, chez les oiseaux correspondent aux ornements rouges (en général) que portent les mâles. Les coqs ont une de ces excroissances très visible sur la tête, autour de l’œil et sur la gorge. Pour d’autres espèces, on peut aussi les retrouver au sourcil. Ces bosses un peu étranges, poussées par des fluctuations de testostérone, gonflent lorsque les mâles paradent pour les femelles. Il est à noter que nous, les humains, avons aussi des caroncules, mais elles sont assez différentes. Nous avons, entre autres, une caroncule lacrymale : la petite boule charnue au coin intérieur de l’œil.  

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Nicole Beaulac, Jason Ahrns, USFWS Mountain-Prairie, U.S. Government, U.S. Government, Alaska Region U.S. Fish & Wildlife Service, Gregory "Slobirdr" Smith, Frans Vandewalle

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Qc-Nature
Solstices et équinoxes

Le solstice est un évènement astronomique qui se produit lorsque les rayons solaires sont perpendiculaires à un tropique. Il en existe deux : le solstice d’été et celui d’hiver.

Tu t’es déjà demandé pourquoi au Québec on se réunit avec une belle gang pour faire le party devant un grand feu de joie le 24 juin? Ce n’est pas seulement la fête nationale! Certain.e.s diront que c’est, comme le nom de cette fête l’indique, une journée où l’on célèbre la naissance de Saint-Jean-Baptiste. Ce n’est pas faux! Pourtant, avant que l’Église catholique et des personnes de pouvoir n’y mettent leur nez, il s’agissait d’une grande fête païenne célébrant le solstice d’été! Pour cette occasion, des feux solsticiaux étaient allumés en culte au soleil.

C’est quoi des feux solsticiaux* tu me diras? Commençons par définir ce qu’est un solstice!

 

C’est quoi un solstice?

Le solstice est un évènement astronomique qui se produit lorsque les rayons solaires sont perpendiculaires à un tropique. Il en existe deux : le solstice d’été et celui d’hiver.

Le solstice d’été se produit autour du 21 juin de chaque année, lorsque les rayons solaires sont perpendiculaires au tropique du Cancer. Concrètement, pour nous sur la terre ferme, cela signifie que l’hémisphère nord reçoit plus de rayonnement solaire que l’hémisphère sud. On vit donc dans l’hémisphère nord de belles longues journées ensoleillées, qui vont se raccourcir jusqu’au 21 décembre, date du solstice d’hiver. À ce moment, les rayons du soleil sont perpendiculaires au tropique du Capricorne et c’est l’hémisphère sud qui a le plus d’ensoleillement.

Les rayons perpendiculaires au tropique du Cancer au solstice d'été

On l’a déjà dit, le solstice d’été est le jour avec le plus de temps d’ensoleillement de l’année et le solstice d’hiver celui avec le moins. Les heures d’ensoleillement vont donc progressivement augmenter du 21 décembre au 21 juin, pour ensuite diminuer du 21 juin au 21 décembre. Seulement, nos saisons ne sont pas seulement l’été et l’hiver. Le printemps et l’automne sont déterminés durant les dates d’équinoxes.

 

C’est quoi un équinoxe?

Ce mot, tu l’as peut-être déjà vu dans notre article sur les marées. Pendant l’augmentation ou la diminution de la période d’ensoleillement entre les deux solstices, il y a deux jours dans l’année où les rayons du Soleil vont être perpendiculaires à l’équateur. À ce moment précis, la durée des jours est égale à la durée des nuits, et ce partout sur la planète! Pas de différence entre l’hémisphère sud et nord. C’est ce que l’on appelle les équinoxes.  

Pour nous dans l’hémisphère nord, l’équinoxe de printemps est en mars, et l’équinoxe d’automne, en septembre. Et cela s’inverse pour l’hémisphère sud bien sûr!

À l'équinoxe, les rayons sont perpendiculaires à l'équateur

Une occasion pour faire la fête!

De tout temps, les évènements astronomiques que sont les solstices et les équinoxes n’ont pas manqué d’être observés par la population. Ces journées particulières influencent notre rythme de vie depuis très longtemps, et ont donné lieu à de nombreuses festivités, car pour marquer un changement de saison, quoi de mieux que de faire la fête?

La date de l’équinoxe de printemps est autour du 21 mars. C’est à partir de cette date qu’on fixe la date de Pâques**! Le 21 mars marque le début de la nouvelle année de plusieurs calendriers tels que le persan, et dans plusieurs pays arabes, c’est le jour de la fête des Mères.

L’équinoxe automnal a pour sa part souvent été relié à des fêtes célébrant les moissons, comme c’est toujours le cas au Royaume-Uni. Dans plusieurs pays d’Asie, il est un jour de fête officielle, célébrant la fête de la mi-automne.

Si, au Québec, le solstice d’été marque la fête nationale, il donne lieu à d’autres fêtes variées à travers le globe, et dans plusieurs pays. En France, cette période marque la fête de la musique. En Égypte antique, il marquait le début de la nouvelle année et à Rome on y célébrait le dieu des orages nocturnes!

Même la fête chrétienne de Noël est liée à un solstice! Avant d’être fixée par l’Église chrétienne comme la célébration de la Nativité, l’époque du solstice d’hiver était une période regroupant de nombreuses fêtes païennes. On y fêtait la fertilité, la maternité, la procréation ou encore l’astronomie, ce qui donnait lieu à de nombreuses festivités de fin d’année.  

Déjà durant l’Empire romain, le 25 décembre était une journée de célébrations, correspondant au lendemain de la fin des saturnales romaines et du jour de la naissance de la divinité solaire Mithra. Les saturnales, célébrées durant la semaine du solstice d’hiver et célébrant le dieu Saturne, étaient marquées par de grands repas, des échanges de cadeaux et par la décoration des maisons notamment avec du houx et du gui. Étrangement familier, non? Le terme « temps des fêtes » utilisé dans le Canada francophone semble donc parfaitement approprié pour référer à la période entourant le solstice d’hiver, toutes époques confondues!

Au solstice d'hiver, les rayons solaires sont perpendiculaires au tropique du Capricorne.

 

NOTES

* Les feux solsticiaux, ce sont les feux qui sont allumés durant le solstice d’été. Au cours de l’histoire et des cultures, la raison d’allumer ces feux a varié entre rendre un culte au soleil, repousser les sorcières ou encore faire un rituel lié à l’agriculture.

** Pâques est une fête mobile qui tombe chaque année un dimanche entre le 22 mars et le 25 avril. La date est déterminée au dimanche suivant la première pleine lune à partir du 21 mars.

Par Julie, chargée des projets

Sources images : GUEPE, GUEPE, Pixabay

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Ailleurs
À quoi ça sert un volcan?

Par leurs capacités dévastatrices, les volcans peuvent souvent avoir mauvaise presse. Il est vrai que les éruptions volcaniques ont des conséquences graves. Cependant, globalement, leur impact peut être bénéfique.

Par leurs capacités dévastatrices, les volcans peuvent souvent avoir mauvaise presse, en évoquant l’image d’un danger imprévisible et terrifiant. Il est vrai que les éruptions volcaniques ont des conséquences catastrophiques sur le vivant*. Cependant, si l’on observe leur impact à une échelle de temps beaucoup plus large, on réalise le rôle bénéfique qu’ils peuvent jouer pour la biosphère.

Un volcan, c’est avant tout un moyen pour la Terre de faire resurgir à la surface des éléments cachés sous la croûte terrestre, tels que des minéraux et des gaz. La lave s’écoulant des volcans prend sa source du magma, un mélange visqueux de roches fondues.

Une fois à la surface, ces coulées se refroidissent pour former de nouvelles roches et peuvent même transformer celles autour. Les remontées successives peuvent faire grossir le volcan pour en faire une montagne, faire émerger une île des fonds marins et même créer tout un archipel, de nouvelles surfaces terrestres sur lesquelles les organismes vivants peuvent proliférer.

Volcans et biodiversité

Bien qu’à court terme, il y a nécessairement un effet destructeur sur les organismes vivants à proximité de l’éruption, à plus long terme, cela à un effet bénéfique sur la biodiversité, faisant évoluer des espèces qui sont particulièrement bien adaptées à recoloniser la pierre nue, une fois la lave refroidie, ainsi qu’à des conditions plutôt arides.  

Cette diversité d’organismes vivants se retrouve également sous l’eau, autour des volcans sous-marins et de leurs cheminées. Les conditions peuvent y être plutôt extrêmes : température très élevée et composés chimiques habituellement toxiques. On a découvert une espèce de crevettes capable de vivre dans une eau atteignant 450 °C. Une autre espèce de crevettes, surnommée Loihi, a acquis, par sélection naturelle, de petites griffes spécialisées pour la récolte de filaments bactériens afin de s’en nourrir. Ces filaments de bactéries sont particuliers à cet écosystème sous-marin en raison des composés chimiques que l’on y retrouve. Les organismes qui y vivent peuvent également s’alimenter de carcasses d’autres animaux marins morts, car ils n’ont pas la capacité de survivre dans de telles conditions.

Une ou deux crevettes Loihi, croquées sur le vif dans le Pacifique

Utile pour l'humain

L’humain peut aussi bénéficier de la présence des volcans. Les terres des régions avoisinant les volcans peuvent être particulièrement fertiles pour l’agriculture. Ces sols ont profité des tombées passées pour s’enrichir en nutriments favorisant la croissance des plantes. Le même phénomène se passe dans les océans entourant les volcans. Les nutriments tombant dans l’eau favorisent la prolifération du phytoplancton (de petits organismes végétaux).

Le supervolcan Concepción, au Nicarague est en partie entouré de terres cultivées

Les zones volcaniques peuvent également être des lieux d’extraction de minerais, ainsi que les pierres précieuses. Elles sont aussi riches en soufre, que nous extrayons afin de l’utiliser dans de nombreux matériaux (par exemple, dans des décapants, de la pâte à papier, du béton ou des allumettes) et processus industriels (comme la vulcanisation** du caoutchouc). On y retrouve également de la pierre ponce utilisée pour sa propriété abrasive. (Saviez-vous qu’on peut s’en servir pour faire une pâte à dents ou en utiliser pour s’épiler?). D’autres pierres de différentes sortes nous servent à construire des édifices, tout comme à faire de la sculpture. Puis, elles nous sont très utiles grâce à leurs capacités de drainage et de filtration. Les régions volcaniques sont aussi de bonnes candidates pour exploiter l’énergie géothermique (soit l’énergie provenant de la chaleur sous la surface de la terre). ***

Des impacts sur le climat?

Une éruption volcanique entraine généralement un refroidissement à court terme, puisque les cendres vaporisées dans l’air bloquent et renvoient les rayons du soleil dans l’espace. Une éruption peut également être suivie de pluies acides. À plus long terme, les gaz à effet de serre, comme le gaz carbonique, émis par le volcan dans l’atmosphère vont entraîner un réchauffement en retenant davantage la chaleur autour de la planète.

Bien qu’il ne faille pas négliger tous ces points, nous pouvons encore être surpris par le rôle que les volcans peuvent jouer sur le climat terrestre. Par exemple, lors de la dernière grande extinction (celle des dinosaures), l’impact d’une météorite a soulevé énormément de poussière dans les airs, entrainant un refroidissement drastique de la planète (comme après les éruptions volcaniques, mais en plus intense).  

Au même moment, dans l’histoire de la planète, il y a eu une forte activité volcanique. Si au début, les scientifiques convenaient pour dire que cela avait empiré la situation et contribué à l’extinction, de plus récentes recherches nous mène sur la piste opposée. Des simulations informatiques suggèrent que les éruptions volcaniques auraient plutôt permis de réduire l’effet néfaste de la météoriques sur le vivant. Les gaz à effet de serre émis par l’activité volcanique aurait permis de contrer le refroidissement causé par l'impact météoritique. La radiation évolutive**** qui a suivi, multipliant le nombre d’espèces sur Terre (incluant les mammifères), a donc peut-être été possible grâce aux volcans! *****

Le volcan Whakaari ou White Island Volcano, en Nouvelle-Zélande, a crée une île au fil de ses éruptions. C’est un site de nidification pour une large colonie du fou austral, le cousin australien de notre fou de Bassan.  

NOTES

* Nous n’avons qu’à penser aux habitants de Pompéi qui sont morts ensevelis sous une épaisse couche de cendres provenant de l’éruption du mont Vésuve.  

** La vulcanisation est un procédé chimique qui permet de rendre des matériaux, comme le caoutchouc, plus élastique et donc plus résistant.  

*** Pour plus d’exemples et de détails sur les types de pierres, tu peux consulter ce site

**** Quand une évolution vers une grande diversité d’espèces se fait rapidement (une rapide divergence évolutive), à partir d’un ancêtre commun,on parle de radiation évolution.

***** Pour plus de détails, lis l’article de Michael Greshko « Les volcans auraient favorisé le rétablissement des espèces après l’extinction des dinosaures » paru sur le site du National Geographic en juillet 2020.

Par Philippe, coordonnateur des activités - Charlevoix

Sources images : Submarine Ring of Fire 2006 Exploration, NOAA Vents Program, Adam Jones, Krzysztof Belczyński

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Vedette du mois
C'est l’hiver, attache ta tuque

L'hiver, c’est la neige. C'est aussi l’occasion de glisser : ski, patin, luge, etc. C’est la meilleure façon de prendre son bain de soleil quotidien. L’hiver est rempli de secrets, et nous allons les explorer! Attache ta tuque!

Tu t’aperçois que l’hiver arrive lorsque la température extérieure baisse, que la durée du jour diminue, et que les arbres perdent leurs feuilles. Que reste-t-il à observer? La neige! Cet élément de la nature vient remettre en perspective ces premiers aspects naturels de l’hiver, car la neige est invitante et lumineuse! Tandis que le froid et le manque de lumière peut nous ralentir, la neige, elle, nous permet d’accélérer le rythme. C’est l’occasion de glisser par tous les moyens possibles : ski, planche, patin, luge, etc. C’est aussi la meilleure façon de prendre son bain de soleil quotidien et de rétablir son humeur. L’hiver est rempli de secrets, et nous allons les explorer! Attache ta tuque!

Le 21 décembre

D’abord, que se passe-t-il dans le ciel le 21 décembre? C’est le solstice d’hiver, soit le moment dans l’année où la journée est normalement la plus courte. Quelques jours plus tard, la Terre arrive à son point le plus près du soleil, c’est le périhélie, qui arrive d’ailleurs durant les premiers jours de janvier. Attention! Ce n’est pas parce que nous sommes à proximité du soleil que nous avons chaud pour autant. Il faut comprendre qu’à ce moment de l’année, l’axe de rotation de la Terre est incliné vers l’arrière par rapport au soleil, ce qui met l’hémisphère nord en retrait par rapport à l’étoile : c’est l’inclinaison! Ainsi, à notre position géographique, une partie des rayons du soleil vont nous atteindre de manière oblique tandis que d’autres seront déviés dans l’atmosphère*. Enfin, c'est aussi à cause de l’inclinaison qu’en hiver, les journées ont une plus courte durée (ou leur plus courte photopériode). La plus courte fait environ 8 heures en janvier comparativement à 16 heures d’ensoleillement en juillet pour la plus longue journée de l’année. Le cercle arctique représente même la limite de l’ensoleillement en hiver dans l’hémisphère nord, mais ça, c’est une autre histoire.  

L’hivernation  

Dans chacune des régions où l’hiver se fait sentir, les écosystèmes y sont bien adaptés. Les arbres cessent leur croissance, les animaux ont différentes stratégies pour hiverner, et les humains trouvent également des moyens originaux pour s’adapter à cette période hostile.

Il faut comprendre que le temps froid et l’accumulation de grandes quantités de neige ont permis l’évolution d’une faune parfaitement adaptée à la rigueur de notre climat tempéré. En effet, la neige limite grandement la quantité de nourriture disponible ainsi que les déplacements. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains animaux décident de migrer là où ils pourront continuer de se nourrir plus facilement. Alors que certains préfèrent dormir ou hiberner durant toute la saison froide, d’autres vont rester actifs. Ceux-ci vont affronter les températures glaciales, notamment grâce à de meilleurs isolants pour le corps. Ils auront principalement un nouveau manteau de fourrure (ou de plumes) plus dense ainsi que des réserves de nourriture emmagasinées sous forme de graisse et dans des cachettes.

Juste un lynx en hiver

Mais ce n’est pas tout, la morphologie des animaux est aussi bien pensée pour l’hiver. Par exemple, les pattes du lynx ont non seulement beaucoup de poils isolants, mais elles sont aussi plus larges, ce qui leur permet de moins s’enfoncer dans la neige. Ça ne te fait pas penser à quelque chose? La pratique de la marche en raquette est idéale pour les populations vivant au rythme de l’hiver. Une autre adaptation vient de la couleur de l’animal. Si on prend l’exemple du lièvre, sa fourrure deviendra entièrement blanche comme la neige, tandis qu’en été, il sera mieux camouflé dans les hautes herbes avec des couleurs plus foncées. D’autres, comme les canidés, auront même des poils plus foncés à la base de leur peau et plus pâles à l’extrémité. Saurais-tu dire pourquoi? Tout simplement, les couleurs sombres absorbent plus de chaleur, et les couleurs pâles camouflent mieux dans la nature. (Tu te souviens de l'ours polaire?) Enfin, la neige peut aussi être utilisée comme matériau isolant à cause de l’air qu’elle contient. Certains petits rongeurs, comme les lemmings, creusent des tunnels sous la neige :  ce sont des animaux subnivaux. Cette isolation naturelle leur permet de maintenir une température agréable autour de 0 degré dans les galeries de neige, alors qu’il peut faire -20 à l’extérieur.  

Les végétaux aussi s’adaptent

Pour eux aussi, c’est une question d’économie d’énergie et de réserves d’eau et de nourriture. Par exemple, lorsque l’arbre arrête de faire de la photosynthèse, il se met alors en dormance et arrête sa croissance. Les feuillus perdent leurs feuilles et la plupart des conifères les conservent. Pour en savoir plus sur les arbres en hiver, c’est ici.

Les conifères des régions nordiques sont particulièrement bien adaptés à cette situation. La cire contenue dans l’écorce empêche l’évaporation de l’eau. Aussi, tu observeras que le couvert d’aiguilles des conifères brise les vents et éloigne la neige du pied, à la plus grande faveur des animaux qui s’y cachent, tel que le cerf de Virginie, par exemple. Les bulbes, les rhizomes et les tubercules, ces grosses racines de plante qui retiennent de grandes quantités d’eau et de sucre, ne gèlent pratiquement pas, même sans être sous la ligne de gel. Le sucre qui s'y trouve est un antigel imparable, tel qu’observé également chez les amphibiens. Hors terre, certaines plantes, telles que l’asclépiade ou bien le roseau commun, produisent tellement de graines que, malgré la rigueur de l’hiver, plusieurs graines réussissent à germer le printemps venu.  

Weeeee!

Toi aussi tu peux profiter de l’hiver

Entre tes heures de pelletage, tu auras certainement un peu de temps pour cuisiner et manger de délicieux repas chauds. C’est important de bien manger lorsqu’on est actif.ve, car c’est le moment de profiter des sports d’hiver! Partout où il y a de la neige, il y aura un sport pour te réchauffer. Que ce soit le ski de fond ou alpin, la raquette, la randonnée hivernale, le patin ou même le fatbike, il ne s’agit que d’en trouver un qui te plaise! Plusieurs moyens s’offrent ainsi à toi pour te balader dans les boisés et forêts afin d’aller à la rencontre d’écosystèmes magnifiques ou d’un ciel étoilé époustouflant. Profites-en pour te découvrir de nouvelles passions!

NOTE

* L'été, c’est le contraire qui se produit alors que l’hémisphère nord est incliné vers l’avant, faisant face directement au soleil, et ce malgré que la Terre soit le plus éloigné de l’étoile, à son aphélie.

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Yellowstone National Park, PublicDomainPictures.net, U.S. Fish and Wildlife Service

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