Le guide d’une randonnée réussie

20/6/2023
Quoi faire?

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

D’abord, il faut un plan

Première chose quand on veut faire une randonnée, c’est qu’il faut savoir où l’on va et pourquoi. Il est donc conseillé de définir des objectifs réalistes en fonction de sa condition physique et de ses intérêts. À partir de là, il sera possible de choisir le parfait sentier à parcourir*. Puis, tu pourras commencer ta préparation en amassant tous les détails essentiels : la longueur (en km) et la durée du parcours (combien de jours ou d’heures tu seras parti.e), le dénivelé, les milieux à visiter (la faune et la flore exceptionnelles ou les zones de conservation que tu croiseras).  

Il faut ensuite t’assurer d’avoir sous la main une carte imprimée du sentier (une véritable police d’assurance si ton téléphone lâche en cours de route) qui te permettra une analyse de l’itinéraire. Est-ce que c’est une boucle? Quel est le point de départ? Comment s’y rendre? Où se situe la fin du sentier? Où dormir? Quelles sont les infrastructures disponibles**? Faut-il s’enregistrer quelque part avant de débuter la randonnée?

Une fois que théoriquement le sentier n’a plus de secrets pour toi, il est temps de choisir la date du départ et l’heure. Attention de faire un choix éclairé, car certains sentiers sont accessibles seulement une partie de l’année. Et, peu importe la longueur du sentier, c’est toujours mieux de partir tôt pour profiter de la fraîcheur du matin.  

Quelques jours avant le départ

Tu te sens prêt.e, car tu détiens toutes les informations sur ta sortie? Certains éléments resteront toujours plus ou moins imprévisibles. Alors, quelques jours avant de partir, vérifie la météo et l’état des sentiers (il suffit de te renseigner auprès des gestionnaires de sites). C’est mieux que de se frapper le nez sur un sentier fermé ou un orage violent… Profites-en pour donner les détails de ta sortie à un.e proche, même si tu pars accompagné.e.  

C’est fait? C’est maintenant le temps de préparer ton matériel. Évidemment, l’équipement devra être adapté au type et à la longueur de la randonnée. On ne remplit pas son sac*** de la même manière si on part pour un triple sommet pendant 5 jours ou pour une boucle de 45 minutes. Par contre, certains items de base sont toujours bons à avoir avec soi :  

  • Des bottes confortables**** (c’est l’outil numéro 1 du randonneur);
  • Des vêtements adaptés à la température et un chapeau;
  • Une gourde remplie (duh) – il est suggéré de traîner au moins 0,5 L d’eau par heure de randonnée;
  • De la nourriture selon la durée. Goutés légers, fruits séchés, noix ou barres énergisantes sont de parfaits snacks;
  • Un sac de poubelle pour ramener tes déchets;
  • Du papier de toilette (on ne sait jamais);
  • Une trousse de secours de base;
  • Un moyen de communication efficace et un GPS;
  • Une carte du sentier.  

À ça s’ajoute les « en cas », dont des allumettes ou un briquet (dans un contenant pour les garder au sec), de la corde, des vêtements de rechange, des lunettes de soleil, de la crème solaire et du chasse-moustiques et une lampe de poche (frontale et fonctionnelle de préférence, donc tester ou charger la batterie avant de partir). Ça l'air peut-être beaucoup, mais, comme on dit, vaut mieux prévenir que guérir… Surtout dans le milieu de la forêt. Et, pour les séjours de plusieurs jours, on ajoute tout le nécessaire de camping.

Un conseil en faisant ton sac : garde ça simple. Les objets avec une double utilité sont les bienvenus, car le plus léger ton sac, le mieux c’est. En le remplissant, il est bon de répartir le poids également de gauche à droite dans le sac***** et de garder les objets les plus utiles à portée de main, généralement dans le haut du sac. Finalement, si le cœur t’en dit, ajoute un ou deux guides d’identification qui pourraient être utiles, des jumelles ou un cherche-étoiles : t’es aussi là pour profiter de la belle nature, non?  

 

À ne pas oublier en chemin

Tu es enfin parti.e, tu profites pleinement de grand air, tu sens ton cœur pomper le sang dans tes veines et tu es pleinement concentré.e sur l’objectif à atteindre. Par contre, il faut aussi garder en tête une chose bien simple : ton confort. C’est le secret pour une randonnée parfaite. Ajuste ton sac en route si tu sens que les sangles ne sont pas bien serrées. Relace tes chaussures. Réarrange le matériel pour qu’il soit bien réparti sur ton dos. Enlève une couche de vêtements si tu as chaud. Et surtout, sois à l’écoute de ton corps pour éviter les blessures. Ton dos, tes genoux et tes chevilles pourraient t’envoyer des messages à ne pas manquer.  

Ça amène à se rappeler de garder le rythme, mais pas n’importe lequel... Le sien. Ta vitesse de croisière devrait te permettre d’avoir une conversation avec ton.ta partenaire de rando. Et, on te le dit, t’as le droit de prendre des pauses. D’ailleurs, il est suggéré de s’arrêter régulièrement pour de petites pauses, plutôt que de faire de longs arrêts. Et, les pauses, ça fait partie du fun. Ça permet d’observer la nature qui t’entoure, faire un ou deux étirements, prendre des grandes respirations et en profiter! C’est évidemment le moment idéal de prendre une bouchée. Ce n’est pas un secret quand on fait de l’activité physique, il faut bien s’hydrater et bien manger. (Assure-toi de bien mettre tes résidus dans le sac de poubelle que tu as amené avec toi!)  

On le répète, au cours de ta rando, profites-en, du premier pas dans le sentier, au tout dernier. Si ton objectif, c’est un sommet, les différents milieux le long de ta randonnée sont tout aussi merveilleux à découvrir. Les couleurs de la friche en fleurs au bas de la montagne, le ruisseau qui dévale rapidement, l’odeur de la cédrière à mi-parcours. Tout ça vaut la peine.  

 

Les mots d’ordre à ne pas oublier  

  • Ne laisse aucun déchet, aucune trace de ton passage. Laisse le sentier (et la nature) comme tu l’as trouvé.  
  • Respecte les infrastructures et le lieu. Une signalisation brisée, une poubelle pleine? Parles-en au gestionnaire du site. S’il y a des panneaux, de la signalétique ou des règlements, c’est pour une bonne raison.  
  • Respecte la nature. Campe aux endroits prévus et reste sur les sentiers pour éviter de piétiner les plantes ou de favoriser l’érosion. Le lichen, la mousse et les champignons aussi profiteront de ton pas averti. Reste silencieux.euse pour éviter de stresser la faune. Et (ça va de soi), on ne nourrit pas les animaux.  
  • Respecte les autres personnes sur le sentier : courtoisie et entraide avant tout. Ne laisse personne derrière, salue les autres randonneurs, laisse la priorité à ceux qui montent et partage le sentier si d’autres activités de plein air y sont pratiquées.  

 

Trois randonnées, trois niveaux, dans la région de Charlevoix

Maintenant que tu connais tous les secrets pour une randonnée réussie, on te propose d’abord, une facile : le sentier de la Chute, dans le parc national des Grands-Jardins. Il te permettra d’explorer la taïga de Charlevoix et de visiter la chute Hume-Blake. Une rando facile, c’est accessible à tous, dont une bonne partie est sur le plat, et c’est généralement de courte durée. Ici, c’est un 6,4 km qui te prendra environ 1 h 30 (sur un dénivelé de 132 m).  

Un parcours avec des valons, quelques passages accidentés, des ascensions et des descentes, c’est ce qu’on appelle une randonnée intermédiaire. Même si tu n’as pas beaucoup d’expérience, si tu as une bonne condition physique, tu risques de pouvoir compléter ce sentier. Tu te lances? On te suggère de visiter les hauts plateaux du Mont du Lac-à-L’Empêche et du Mont Du Four (un dénivelé de 553 m), et leur végétation à couper le souffle, dans une boucle de 13 km (qui pendra environ 4 h de marche).

Quand on dit que le sentier est avancé, c’est souvent parce qu’il y a des challenges (une falaise, des escarpements, une ascension en continue, des passages glissants ou étroits, etc.) que seuls des randonneurs aguerris sont prêts à affronter. Ça ne veut pas dire que c’est le plus long des sentiers, mais qu’il est véritablement difficile. Un bon exemple serait le sentier Menaud, (dans la ZEC du Lac-au-Sable). Un 6 km de montée abrupte (dénivelée de 382 m) et très technique (les bâtons de marche sont recommandés pour aider dans le sentier étroit et racineux) qui prendra 2 h 30. Des efforts intenses et soutenus te mènent au sommet, dans un milieu alpin hors du commun.  

 

Quand vient le temps de choisir ton parcours, laisse ta fierté de côté et choisis en fonction de tes capacités, de ce que tu as envie de voir et de l’équipement dont tu disposes. Tu nous remercieras plus tard. Bonne rando!  

 

NOTES

* Et des sentiers, il y en a. Et ce, pour tous les goûts. Les amateurs, les randonneurs intermédiaires et les experts trouverons chaussures à leurs pieds au travers des quelques 10 000 km de sentiers de randonnée québécois.  

** Que se soit une toilette au départ du sentier, des points d’eau potable en route, la disponibilité du réseau cellulaire, des plateformes pour le camping ou des belvédères pour profiter de la vue. Ça vaut la peine de connaître son itinéraire sur le bout des doigts pour en profiter au maximum. Et c’est aussi un net avantage de savoir où se trouvent les toilettes.  

*** Pour une journée de marche, on dit qu’un sac à dos de 35 L est parfait et pourra contenir la totalité du matériel de base de randonnée. Si le parcours est plus long, il faudra plus d’équipement. Garde en tête que le poids du sac ne doit pas dépasser 20 % du poids du randonneur.  

**** Ou des bons souliers. Peu importe son style, la chaussure de marche doit être imperméable, avec une semelle solide (ou même des crampons pour une bonne adhésion au sol) et surtout, confortable. Si tu pars pour une petite rando, choisis une chaussure légère. Les souliers et les bottes mi-hautes sont parfaites pour l’occasion et pour les débutants. Pour un plus long parcours, vaut mieux opter pour une véritable botte (haute) qui maintiendra ta cheville bien en place.  

***** Le matériel le plus lourd devrait être proche du dos et le fond du sac devrait être tapissé des items mous et légers. Sur le dessus on place la carte du sentier, la trousse de premiers soins et les collations pour un accès rapide.

Par Anne Frédérique, chargée de conception

Sources images : Pixabay, Pexel, GUEPE

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