Les glucides, sucrés et solides

11/8/2022
Choix du naturaliste

Un lièvre d’Amérique caché dans des herbes hautes se régale de petites fraises sauvages. Soudainement, il aperçoit un lynx du Canada, prédateur féroce, qui avance vers lui. Effrayé, il part en courant et le lynx le poursuit. En quoi cette histoire a un lien avec les glucides? C’est simple!

Une source d’énergie à court et moyen terme

Commençons par ce qui est le plus évident. Les glucides rendent les fraises sauvages sucrées. Ce sont les glucides simples, comme le fructose, qu’on retrouve souvent dans les fruits et le miel, qui en sont responsables. Le sucre de table (ou sucrose), qu’on ne retrouve pas que sur ta table, mais aussi en nature, c’est aussi un glucide! C’est une molécule de fructose liée à une molécule de glucose, un autre glucide simple.  

Mais, à quoi ça sert le sucre? C’est une source d’énergie rapidement mobilisable. C’est donc le carburant principal du lièvre qui se sauve! C’est d’ailleurs la source d’énergie de prédilection de la plupart de tes cellules, qui s’en servent pour leur métabolisme de base (autrement dit, pour fonctionner). Elle est même critique pour les cellules nerveuses, dont celles du cerveau, qui ne s’alimentent pas habituellement d’autres sources.

L’énergie est stockée dans les liens chimiques unissant les atomes de chaque molécule de glucose. Tu te rappelles de la respiration cellulaire? C’est un des processus qui permettent de briser ces liens pour libérer l’énergie et la convertir pour qu'elle puisse être utilisée par les cellules. La respiration cellulaire, c’est la façon qui permet d’extraire le plus d’énergie d’une molécule de glucose. Une autre façon de rompre les liens des atomes, c’est par la fermentation. Oui-oui, on parle bien de la fermentation qui permet à la levure de produire ta bière ou de faire lever ton pain! La fermentation est plus rapide que la respiration cellulaire et n’a pas besoin d’oxygène, mais extrait moins d’énergie!

Un lynx sur le bord d'utiliser des glucides...

Chez les animaux, les glucides simples sont d’abord convertis en glucose par le foie avant d’être utilisés par les cellules. Puis, lorsqu’il y en a trop dans le sang, le foie et les muscles mettent l’excédent en réserve*. Lorsqu’ils sont en réserve, ils prennent la forme de glucides complexes qu’on appelle glycogène. Si tu te rappelles de l’analogie de collier de billes, le glucose, c’est comme les billes, alors que le glycogène, c’est le collier. Chez les plantes, ces réserves sont appelées l’amidon. Elles se retrouvent souvent dans des les racines et dans les graines des plantes. (C’est avec ces réserves qu’ils survivent en hiver!) La fécule de maïs qui traîne dans le fonds de ton garde-manger? C’est de l’amidon!

Lorsque les plantes se réveillent au printemps ou lorsque le lynx débute sa poursuite, les réserves d’amidon ou de glycogène sont brisées en glucides simples. Ils sont alors remis en circulation dans la sève ou le sang* pour être transportées vers les cellules qui en ont besoin.

Un élément structural

Tu ne t’en doutais peut-être pas, mais les glucides sont aussi l’élément qui permet aux herbes broutées par le lièvre de tenir debout dans cette histoire! C’est un glucide s'appelant cellulose qui donne de la rigidité aux parois des cellules des plantes. Ça permet aux cellules de résister à la pression de l’eau qui les pénètre. C’est comme lorsque tu gonfles un ballon de plage versus une bulle de savon : une chance que le plastique du ballon est rigide, parce que si non, il pourrait s’amincir et éclater comme la bulle! Ça lui permet aussi d’avoir une forme bien ronde quand on le remplit assez! De la cellulose et d'autres glucides structuraux sont également présents dans l’écorce des arbres ou dans le coton, par exemple.

Ces glucides, on les connaît aussi sous le nom de fibres. C’est ce que nous, représentants du règne animal, ne sommes pas capable de digérer. (Contrairement à nous, certaines bactéries en sont capables et les ruminants, comme les vaches et les chèvres, partagent une relation de mutualisme avec elles. Très avantageux pour des animaux qui consomment une grande quantité de matière végétale fibreuse! On y reviendra dans un autre article!) Les fibres jouent toutefois un rôle important pour notre digestion en facilitant notre transit intestinal.

Ailleurs que chez les plantes, on retrouve également un glucide structural s’appelant chitine comme dans l’exosquelette des insectes et des crustacés, et même dans la paroi cellulaire des mycètes (a.k.a. les champignons).  

D’autres fonctions

On n’entrera pas dans les détails, mais les glucides auraient également d’autres fonctions au niveau moléculaire et cellulaire lorsqu’ils sont combinés avec des protéines ou des lipides. C’est notamment le cas lorsqu’ils se retrouvent à la surface des cellules. Ils permettraient alors aux cellules de se reconnaître entre-elles.

Alors, la prochaine fois que le lièvre déguerpît, que le lynx chasse et que l'herbe tangue dans le vent, on aura une pensée pour les glucides qui travaillent fort à l'intérieur de leurs cellules.

NOTE

* C’est le foie qui est le gardien des réserves de glucose (ou glycogène) pour toutes les cellules du corps. Le glycogène des muscles est surtout utilisé par ces derniers et ne sert pas au reste du corps comme les réserves du foie.

Par Émilie, communicatrice scientifique

Sources images : Wsiegmund, National Park Service, Pxhere

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