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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Les mauvaises herbes, c’est quoi?

Pour nous, une mauvaise herbe, ce n’est pas un pissenlit au milieu du gazon parfait de ton voisin.

« Les mauvaises herbes, c’est quoi? »

Pour nous, une mauvaise herbe, ce n’est pas un pissenlit au milieu du gazon parfait de ton voisin.

D’abord, le terme « mauvaise herbe » date d’il y a bien longtemps (probablement aussi longtemps qu’on a fait pousser des plantes). C’est le nom qu’on donnait aux plantes qui ne donnaient pas de parties comestibles; elles étaient mauvaises. On a ensuite, associé le terme aux végétaux qui germaient entre les rangs des cultures dans les champs : les plantes qui n’avaient pas été plantées intentionnellement. Aujourd’hui, on associe ça avec les foins pêle-mêle qui poussent au pied d’une clôture, ou les fleurs jaunes qu’on voit sur le bord des routes, ou « les mautadines de plantes qui ne veulent pas mourir ».  


Verge d’or, qui ne veut pas mourir ♬

Mais ces fleurs jaunes, comme la verge d’or, le tussilage et les pissenlits, les impossibles à tuer comme l’asclépiade, elles ont un rôle à jouer. Peut-être que dans une cours arrière, ce n’est pas la place idéale, mais les verges d’or permettent à bien des pollinisateurs de faire des réserves de nourriture et créent des cachettes pour une multitude d’insectes et de petits mammifères. Des oiseaux peuvent y faire leur nids et des mouches y pondent leurs œufs.

De son côté, l’asclépiade est l’hôte des œufs et des chenilles du papillon monarque. Une abondance d’asclépiades, signifie une abondance de monarques puisque leur succès est directement lié. En considérant les services qu’elles rendent, ces herbes, elles ne sont pas mauvaises…

La bardane

C’est quoi « mauvais »?

On pourrait, mais pas de manière ben ben scientifique, appeler les espèces de plantes envahissantes, des mauvaises herbes. Comme ces plantes sont introduites dans nos écosystèmes et se propagent agressivement, elles nuisent aux plantes indigènes et détruisent les habitats. Sans parler des problèmes d’érosion (que le phragmite pourrait créer) et juste des dangers pour nous (comme ceux reliés à la toxicité de la berce du Caucase). Considérant leurs impacts négatifs pour la biodiversité en général, on pourrait dire que ce sont tout simplement des mauvaises herbes.

La plupart des plantes qu’on appelle des mauvaises herbes ont été importées volontairement depuis l’Europe à l’époque de la Nouvelle-France. On leur trouvait des qualités médicinales et on les implantait dans les jardins québécois parce qu’elles étaient simplement belles. Le pissenlit a été introduit pour ses effets diurétiques, la bardane pour ses effets antiseptiques, le plantain pour penser les plaies…

Aujourd’hui, on est plus capable de s’en débarrasser et elles ruinent les belles pelouses… Si tu prends quelques secondes pour les observer, peut-être que toi aussi, comme les horticulteurs de l’époque, tu leur trouveras un petit quelque chose*. (。♥‿♥。) Nous en tout cas, on les aime quand même!!

NOTES

* Ces espèces sont aussi des plantes qui favorisent les pollinisateurs. C’est pas une mince affaire!

Sources images : Hans Benn, Pixabay

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Quoi faire?
Les Montérégiennes, des montagnes méga solides

Les Montérégiennes, ça te dit quelque chose? (Nenon, pas les madames qui habitent en Montérégie…) On parle ici de ces petites montagnes dispersées dans la plaine qui entoure Montréal.

Les Montérégiennes, ça te dit quelque chose? (Nenon, pas les madames qui habitent en Montérégie…) On parle ici de ces petites montagnes dispersées dans la plaine qui entoure Montréal. Entre Oka et Lac Mégantic, une série de collines bien en forme dessinent une ligne (presque) droite à travers la plaine du Saint-Laurent. Ces monticules escarpés au beau milieu d’une surface plane, on les appelle des inselbergs.

Parmi nos Montérégiennes, on compte le fameux Mont Royal, mais aussi les Monts St-Bruno, St-Hilaire et St-Grégoire, puis on ajoute ceux de Rougemont et Yamaska, le Mont Shefford, le Mont Brome, le (très étoilé) Mont Mégantic, et finalement, les Collines d’Oka.

Les Montérégiennes
1- Oka, 2- Mont Royal, 3- Mont St-Bruno, 4- Mont St-Hilaire, 5- Mont Rougemont, 6- Mont St-Grégoire, 7- Mont Yamaska, 8- Mont Shefford, 9- Mont Brome, 10- Massif du Mont Mégantic

On trouve dans le sol des Montérégiennes des roches rares parce qu’elles ont été formées à partir de magma d’origine, un type de magma qu’on trouve à une très grande profondeur. (C’est entre autres pour cette raison que beaucoup de Montérégiennes sont exploitées pour leur minerai.)

D’où il vient ce magma très profond? Des dykes. À certains endroits dans le manteau et la croûte terrestre, il existe des faiblesses. Dans ces fissures, le magma peut se frayer un chemin vers la surface de la terre à travers les couches de roche sédimentaire qui est friable. Ces infiltrations de magma, on appelle ça des dykes. On pourrait dire que nos inselbergs ont en quelque sorte été formés par un point chaud sous la croûte terrestre.

Dans le cas des p’tites Montérégiennes, ce magma s’est refroidi sans avoir traversé la croûte terrestre. Au contact de la chaleur du magma, la roche sédimentaire aux alentours s’est transformée* en roche métamorphique, qui est super dure, formant un dôme de roche méga solide enfoui dans la roche sédimentaire sous la surface du sol.

Ettttt on revient au glacier (encore lui), quand il est passé, il a presque tout arraché sur son passage (et par là, on veut dire qu’il est parti avec tout, même le sol, ou du moins, la couche de roches sédimentaires de surface). Mais les dômes de roches métamorphiques, super solides, sont restés en place et c’est ce qui nous a donné les Montérégiennes.

Le Mont St-Hilaire, le Mont Rougemont et le Mont Yamaska, au milieu de la plaine.

T’as peut-être entendu la fabuleuse histoire qui raconte que les Montérégiennes seraient d’anciens volcans. Et bien non. Sur certaines de nos collines, les glaciers ont réussi à arracher une mince couche de roche métamorphique au-dessus du dôme. Ça a créé des dépressions au sommet des montagnes, qui sont aujourd’hui des lacs. C’est ce qui leur donne leur allure de volcan éteint. Mais comme le magma n’a jamais vu la lumière du jour dans leur formation, ce ne sont pas des volcans.

Le Mont St-Hilaire, a.k.a. un tas de roches métamorphiques MÉGA solide

En plus des exploitations minières, le sol des Montérégiennes est parfait pour agriculture, (spécialement pour la production de pommes). Mais ce n’est pas tout. Ces petites collines, dispersées dans le sud de la province sont aussi de super destinations-nature pour se dégourdir les jambes. Des réseaux de sentiers sont disponibles sur (presque) toutes les Montérégiennes**. Alors, pourquoi pas aller faire un tour sur ces monticules de magma refroidi, résistant au méga-glacier; tu pourras nous envoyer une photo prise du sommet***!

NOTES

* Oui, un peu comme les insectes et l’eau, les roches se transforment et suivent un cycle. Le cycle des roches.

** Tu peux te promener à travers les collines d’Oka au Parc National d’Oka, visiter le Parc du Mont Royal, le Parc national du Mont St-Bruno ou le Centre de la Nature du Mont-Saint-Hilaire dans la Réserve Naturelle Gault. Sinon, il y a toujours les sentiers du Mont St-Grégoire et du Mont Rougemont. Le Parc des Montagnards, au Mont Shefford, le Parc des Sommets et le Mont Brome, en plus du Parc national du Mont-Mégantic accueillent aussi les randonneurs. Le Mont Yamaska en lui-même n’est pas accessible pour la randonnée pédestre, mais à quelques kilomètres, dans le Parc national de la Yamaska, on trouve des points de vue sur la montagne qui valent le détour.

*** En respectant les distances physiques, bien entendu!

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : GUEPE, NASA – NASA’s Earth Observatory, Anne F. Préaux

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Qc-Nature
Toutes les graines sont dans la nature

Tu as sûrement déjà eu dans ton assiette des pois chiches ou des haricots rouges! Ce sont des graines et encore plus, des graines bien différentes, par la couleur, la forme, la texture mais aussi par leur plante d’origine.

Tu as sûrement déjà eu dans ton assiette des pois chiches ou des haricots rouges! Ce sont des graines et encore plus, des graines bien différentes, par la couleur, la forme, la texture mais aussi par leur plante d’origine. Quand tu regardes autour de toi, dans la nature, mais aussi dans ta pantry, tu peux observer pleiiiiin de sortes de graines! Voyons comment on les classe selon des propriétés simples.

Mais juste avant de se lancer, on veut insister sur un détail important à propos des graines : dans chacune d’elle se trouve un embryon, qui, si les bonnes conditions sont rencontrées, deviendra une plante. En résumé, l’efficacité et la conservation de la graine, c’est un vecteur de succès pour les végétaux.

Des graines bien sèches

L’humidité dans la graine

Dans le monde des graines, on sépare les sèches de celles qui sont aqueuses (aka humides) : une différence simple qui se base sur le pourcentage en eau dans la graine. Dans la nature, les graines sèches ont une plus grande longévité. Quand il y a moins d’eau dans la graine, il y a moins de risques qu’elle pourrisse et donc, elle se conserve plus longtemps. Meilleur exemple : les céréales. Parce qu’elles sont sèches, ces graines offrent moins d’options de survie pour les bactéries et les champignons qui on besoin de plus d’eau pour survivre. C’est d’ailleurs pour ça que nos aliments secs peuvent se garder longtemps dans nos placards… Pense à tes spaghettis, ou tes lentilles ou tes haricots.

Bien emballée ou pas

On classe aussi les graines selon leur enveloppe naturelle : la couche extérieure qu’on appelle le tégument. Les plantes créent cette enveloppe qui protège la ou leurs graines afin qu’elles survivent dans le temps aux conditions environnementale, comme la météo et les parasites. L’emballage « nature » des graines diffère selon le type de fruit de la plante et le moyen de dissémination des graines.

En général, tu as dans ton garde-manger des graines qui sont prêtes à être consommées ou à cuire, comme l’orge ou l’avoine. Avant de se retrouver là, on a enlevé leur enveloppe qui est plus ou moins solide, mais surtout riche en cellulose (et on ne digère pas ça, nous, les humains)!

Certaines graines, en plus de leur tégument, ont d’autres enveloppes protectrices. Pense à un épi de maïs : tous les petits grains sont aussi aussi protégés par des feuilles modifiées. (T’as bien compris, quand tu vas à une épluchette de blé d’inde, tu croques dans des centaines de graines!) Un autre exemple serait les graines de haricots qui sont protégées par la gousse, le fruit de la plante.

Les graines à aile cotonneuse de l’asclépiade sont protégées par le fruit de la plante, une gousse.

Les propriétés nutritives

Les graines peuvent aussi être classées selon leurs propriétés nutritives en regardant leur pourcentage en glucides (les sucres), en protéines et en lipides (les gras).

  • une graine est dite protéagineuse lorsqu’elle comporte plus de 45 % de protéines.
  • une graine est dite amylacée lorsqu’elle a plus de 70 % de glucides.
  • une graine est dite oléagineuse lorsqu’elle a plus de 50 % de lipides.

On peut donc obtenir plus facilement de l’huile avec les graines oléagineuses, comme avec le colza ou le tournesol.

C’est dans la couche intermédiaire de la graine, celle qui entoure l’embryon et qui est juste sous le tégument, que se trouve ces éléments nutritifs. On appelle ce tissus de réserves, l’albumen. S’il est bien développé (bien charnu), il contient tout ce que l’embryon nécessitera lors de la germination. Certaines plantes, au contraire, ont un albumen plus mince et les réserves nutritives sont directement dans l’embryon.

Dormance, germination et longévité

La germination, c’est lorsque l’embryon se développe grâce aux réserves de la graine et produit des feuilles (qui lui permettront de faire de la photosynthèse et poursuivre sa croissance). Chez de nombreuses plantes, la germination des graines n’est pas immédiate, et nécessite un petit repos. Cette sieste, c’est la dormance. Elle peut être courte ou longue, toujours selon les espèces et selon la longévité des graines. Par exemple, on observe chez certaines espèces, une dormance obligée allant jusqu’à dix ans avant de germer, c’est un facteur qui ralentit la croissance des populations.

La longévité, c’est le temps que la graine peut survivre avant de germer. C’est un critère qui est influencé par les autres (la qualité et l’épaisseur de la l’enveloppe, la quantité des nutriments, l’humidité dans la graines, etc.). En fouillant les couches du sol, on peut retrouver d’anciennes graines, vieilles de centaines d’années et qui peuvent encore germer, comme avec le lotus.  La berce du Caucase et le nerprun, des espèces envahissantes, présentent aussi une longévité importante (leur graine peut survivre autour de 5 à 7 années dans le sol), ce qui amplifie la problématique. Au contraire, certaines graines ne survivent que quelques semaines dans nature, elles germent donc rapidement. Les graines de peupliers (qu’on voit flotter dans le vent en juin et qui ressemblent à de la neige ouateuse) ont une longévité de quelques jours seulement.

Les graines sont plus qu’essentielles pour les plantes, elles sont littéralement leur assurance-vie. Si une espèce est très successful, c’est probablement parce que les graines sont bien équipées pour se protéger, pour survivre et pour germer. Bien entendu, comme la nature est extrêmement complexe, des tonnes d’autres facteurs entre en ligne de compte : la quantité de graines produites, l’évitement de la compétition, la dissémination, la protection donnée par le fruit…

Sources images : Pixabay, Manfred Richter

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Question du public
Des plantes pour que les pollinisateurs « swipe right »

Parce que nos lecteurs sont très concernés par le bien-être de nos petits pollinisateurs-insectes, on se fait souvent demander quelles espèces de végétaux favoriser pour leur donner un coup de main dans son jardin.

« Quelles plantes devrais-je planter dans mon jardin pour attirer les pollinisateurs? »

Parce que nos lecteurs sont très concernés par le bien-être de nos petits pollinisateurs-insectes, on se fait souvent demander quelles espèces de végétaux favoriser pour leur donner un coup de main dans son jardin.

Pour attirer les pollinisateurs, les végétaux ont développés des traits spécifiques. L’odeur des fleurs en est un important. Tous les pollinisateurs ne trippent pas sur la même fragrance, il y en a donc pour tous les goûts. Mais ce n’est pas tout de sentir, la couleur, la forme de la fleur, la présence de nectar et l’accès au pollen sont tous des critères qui vont déterminer si une plante est attirante ou pas. Alors, voici des plantes qui vont faire swiper à droite les pollinisateurs.

L’ancolie du Canada a des glandes à nectar bien garnies, elle a tout pour être la coqueluche des pollinisateurs!

D’abord, pour donner le plus de chances aux pollinisateurs, tu peux choisir des espèces qui fleurissent tout au long de l’été comme la chicorée sauvage. Ou encore, agencer des espèces qui ont des périodes de floraisons complémentaires. Les pommiers fleurissent au printemps : ses fleurs sont idéales pour les abeilles. Les fleurs roses du thym, qui s’ouvrent en juillet, attirent les coléoptères et les bourdons. À l’automne, c’est l'asclépiade qui est en fleurs et c’est la plante hôte des papillons monarques. Comme ça, ton jardin sera la coqueluche d’une variété d’insectes pour toute la belle saison.

On te propose aussi de favoriser des plantes indigènes, soit des plantes qui viennent d’ici, plutôt que des espèces horticoles*. Comme les plantes de chez nous ont évoluées en même temps que les pollinisateurs d’ici, elles sont bien adaptées à leurs besoins. #âmessoeurs Les plantes d’horticulture favorisent les pollinisateurs qu’on dit généralistes et qui s’adaptent bien à différentes variétés de plantes. Alors, autant donné un coup de main à ceux qui ont moins le tour de s’adapter.

Couleur, sucre et forme

Si tu choisies des plantes à fleurs rouges ou mauves, comme la lavande ou la sauge, les papillons seront ravis. La verge d’or qui a des fleurs jaunes, ou un arbuste tel le robinier faux-acacia qui produit des fleurs blanches en grappes, plairont certainement aux abeilles. Varier les couleurs dans le jardin assure des rendez-vous galants avec une foule de pollinisateurs différents.

Les savoureuses formes des impatientes du Cap ( ˊᵕˋ )♡

Les fleurs bien juteuses qui produisent beaucoup de nectar (les plantes nectarifères) sont sans aucun doute des gros hits. Les plantes vivaces en produisent généralement plus que les annuelles. La monarde fistuleuse et l'eupatoire maculée, qui ont des glandes à nectar bien apparentes, vont attirer tous les insectes friands de p’tit jus sucré. Et ça, y’en a beaucoup!

La forme de l’appareil floral joue aussi un rôle. Certains pollinisateurs, comme les papillons et les abeilles, ont besoin d’une piste d’atterrissage sur la fleur. Les impatientes du cap ont exactement ça : le pétale inférieur est plane et plus large, idéal pour se poser, on l’appelle la lèvre inférieure. D’autres pollinisateurs préfèrent les fleurs tubulaires comme le lilas et l'ancolie du Canada, ou en coupe, comme on en trouve sur le fraisier. À chacun, sa guenille, comme qu’on dit.

Un tilleul d’Amérique en fleur, c’est de la magie

S/o au tilleul d’Amérique

Quand on pense à attirer les pollinisateurs, on pense souvent aux plantes herbacées qui remplissent les plates-bandes. On oublie trop souvent que les arbres peuvent eux aussi faciliter la vie aux pollinisateurs. Le tilleul d’Amérique est le tombeur de tous ces pollinisateurs. Il est connu pour ses fleurs très odorantes qui produisent beaucoup de nectar. Un deux pour un dont les papillons et les abeilles ne peuvent se passer. Mais ce n’est pas tout. Les lapins à queue blanche et les souris se régalent de son écorce, les écureuils et nombre d’oiseaux se cachent dans son feuillage touffu et mangent les graines de ses fruits secs. Sans parler des chenilles qui grignotent ses feuilles. Planter un tilleul**, c’est pas seulement un bon coup pour flirter avec les pollinisateurs, c’est un véritable home run pour la biodiversité.

NOTES

* Les plantes horticoles sont des espèces importées d’ailleurs à des fins strictement décoratives.

** C’est aussi bon pour toutes les sortes d’arbres, mais le tilleul d’Amérique est indigène et quand il est en fleur, il sent comme le paradis.

Sources images : Pexel Tony Alter, Plant Image Library

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Qc-Nature
La Loco-Motion

Dans sa définition la plus simple, le mouvement chez les animaux, c’est lorsque les muscles du corps se contractent. Toutefois, ça ne correspondent pas tous à la définition de locomotion. Voyons ça de plus près.

Le mouvement (dans ses fonctions biologiques) est le fait de bouger une partie de son corps. Dans sa définition la plus simple, le mouvement chez les animaux, c’est lorsque les muscles du corps se contractent, commandés par le système nerveux. Cette contraction permet le mouvement de certaines parties du corps. Les oreilles d’un lapin à queue blanche qui s’agitent, les paupières d’un caribou qui se ferment, la poussée d'un requin dans l’estuaire du Saint-Laurent. Toutefois, ces mouvements ne correspondent pas tous à la définition de locomotion. Quand on parle de locomotion, on induit que l’organisme vivant se déplace dans son environnement, de manière plus global. Voyons ça de plus près.

D’abord, la plupart des animaux sont équipés pour se déplacer d’un point à un autre. Ces adaptations physiques, qui rendent possible les déplacements, sont variées et complexes puisque la locomotion est vitale (et on sait que c’est important de survivre…) : recherche de nourriture et de partenaires, exploration de territoires, changement de milieu lorsque celui-ci est défavorable, etc.

Il existe des types de locomotion actives, qui sont dictées par le corps, mais aussi des types passifs, où les aléas du terrain contrôlent le mouvement. Mais dans tous les cas, la locomotion est intimement liée au milieu. Voici pourquoi.

Dans l’eau

C’est dans l’eau que les premiers êtres vivants sont apparus et ont commencé à se déplacer pour trouver des ressources. La stratégie la plus ancienne (probablement) serait celle des cils et des flagelles. Chez les minuscules organismes unicellulaires, le corps peut être couvert de cils qui oscillent et leur permettent d’avancer dans l’eau. Les flagelles ressemblent aux cils, mais ils sont généralement plus longs et regroupés à un même endroit sur le corps.

Des beaux cils autour de ce Colpoda inflata
Comment ne pas remarquer les flagelles de Naegleria fowleri

Évidemment, les nageoires ont vite fait leur apparition pour faciliter les déplacements dans l’eau. Les variantes des nageoires sont nombreuses en fonction de leur position sur le corps, leur forme et leur composition. Ce sont les ondulations du corps ou le battement de la nageoire qui permet le déplacement dans l’eau.

Les poissons ont des nageoires (bien entendu), mais ils ne sont pas les seuls. Les phoques, les morses, les dugongs et les cétacés, comme les bélugas, en ont eux aussi, tout comme les tortues marines (qui ont des palettes natatoires) et les calmars*. Des organes spécialisés rendent aussi possible les déplacements sous l’eau, comme les siphons (le tube sous la tête de la pieuvre sur cette photo) et les tentacules des céphalopodes qui leur permettent de se propulser dans l’eau. La coquille des moules s’ouvre et se ferme à l’aide d’une membrane élastique (créant l’effet d’un ressort) pour nager. D’autres, comme les méduses qui se laissent flotter et le plancton en suspension dans l’eau, font de la locomotion passive aquatique.

Dugong love (´∩。• ᵕ •。∩`)
Shoutout à la nageoire dorsale de la perchaude qui est pas mal spiky!

Sur terre

Contrairement à la locomotion aquatique, les adaptations permettant le déplacement sur terre doivent prendre en compte la pesanteur, l’équilibre et la solidité du squelette (interne ou externe). Très important**. D’abord, les membres locomoteurs pour la marche, la course et le saut sont extrêmement variés et dépendent souvent de l’accès à la nourriture et des contraintes environnementales. Les pattes des fourmis, des éléphants et des crocodiles sont faites pour la marche, mais sont bien différentes selon leurs adaptations respectives. Même scénario pour les sauterelles, les lièvres et les kangourous qui sont adaptés pour le saut, tandis que les guépards, les chevaux et les autruches, le sont pour la course.

Voici des pattes pour courir!

Des petites pattes pour sauter…
… et des grosses pattes pour marcher.

Chez les animaux terrestres, on retrouve aussi le mouvement de reptation : une création d’ondulations (ou de vagues) dans le corps ou une partie du corps qui permet à l’individu de se déplacer dans l’espace. C’est un beau mot pour dire « ramper ». Les vers et les escargots en sont de bons exemples. Les serpents*** et la famille des Phocidés (les phoques et les éléphants de mer) utilisent aussi des formes de reptation pour se déplacer sur le sol.

Certains animaux comme le pangolin et l’araignée roue (Carparachne aureoflava) utilisent la pente du terrain pour se déplacer en roulant : comme ils utilisent la gravité, on considère que c’est une locomotion passive.

Dans les airs

Le vol est la plus récente stratégie de locomotion chez les animaux. Par récente, on veut dire que les premiers organismes volants seraient apparus il y a 350 millions d’années. Très récent. Le vol a permis à des espèces de parcourir rapidement des distances impressionnantes et de coloniser des nouveaux milieux. C’est d’ailleurs le cas pour les insectes qui sont ainsi devenus le groupe des vivants le mieux représenté sur la planète.

Chez les vertébrés, on distingue deux types de vol principaux : le vol plané (passif) où l’animal utilise les courants d’air pour se maintenir en vol, comme le fait le polatouche (ou l’écureuil volant), et le vol battu avec le mouvement des ailes, comme le font les chauves-souris.

Les oiseaux sont les fiers représentants des vertébrés ailés. La forme de leurs ailes, leurs plumes et le fait qu’ils ont des os creux (donc plus légers que les nôtres, par exemple, qui sont pleins) leur permettent de voler. Des acrobaties et des records, les oiseaux en sont capables. L’animal le plus rapide de la planète est le faucon pèlerin qui, en piqué, peut atteindre l’impressionnante vitesse de 320 km/h.

Le faucon pèlerin, le grand champion du vol

Les autres

Il existe bien d’autres exemples de locomotion, par exemple, les parasites qui s’attachent à un hôte pour se déplacer.

Et il y a les animaux qui sont sessiles, soit ceux qui sont attachés au substrat. Les éponges de mers, les coraux et beaucoup de bivalves se trouvant dans la zone du médiolittoral, sont des bon exemples. Malgré leur immobilité générale, ces animaux peuvent souvent se déplacer quand même. Les éponges de mer, par exemple, on un stade de vie mobile avant de s’attacher définitivement au fond de l’eau. Et c’est aussi une question d’échelle à laquelle on observe un organisme : à l’échelle de l'écosystème côtier une moule est immobile une fois fixée à son support; à l’échelle du rocher, la moule est capable de se déplacer.

Les mouvements chez les animaux sont bien complexes. Nous avons couvert ici qu’une infime partie du sujet et principalement l’aspect physique. Les raisons, les déclencheurs et les exceptions sont tous aussi fascinants. Et quand est-il des plantes?**** Elles aussi sont adaptées pour la locomotion, plutôt passive, c’est vrai, mais de la locomotion tout de même. Les modes de dissémination des graines, le déplacement du pollen par le vent ou des spores des fougères dans l’eau, c’est de la locomotion! Enfin, les déplacements, il y en a partout et tout le temps dans notre belle nature. Ça bouge en titi.

NOTES

* Les calmars possèdent de chaque côté de leur tête deux ailettes qui aident à leur déplacement dans l’eau.

** Sur la terre ferme, une baleine, ne pourrait JAMAIS supporter le poids de son corps avec ses nageoires. On observe que dans l’eau, la résistance à la friction de l’eau et la flottabilité priment dans la sélection naturelle.

*** Chez les serpents, ce n’est pas un mouvement de reptation à proprement parler. C’est plutôt le frottement de leur écailles sur le sol qui permet à leurs muscles de les projeter vers l’avant.

**** Les plantes sont aussi connues pour se mouvoir selon leur environnement. On appelle tropisme le phénomène de réaction de croissance d’un végétal à un facteur positif ou négatif du milieu. Par exemple, une plante qui manque de lumière pourrait changer son axe de croissance pour en avoir davantage.

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Eugen Lehle, USCDC, US Fish & Wildlife Service, Robert Colletta, Pixnio, Charles J Sharp, Roy Buri, Ron Knight

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