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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
D’autres menacées

Qu’on en commun le ginseng à cinq folioles, l’érable noir, l’adiante du Canada, la fougère à l’autruche, la sanguinaire et le trille blanc? Mis à part d’être des plantes du Québec, elles ont toutes un statut particulier.

Qu’on en commun le ginseng à cinq folioles, l'érable noir, l'adiante du Canada, la fougère à l’autruche, la sanguinaire et le trille blanc? Mis à part d’être des plantes du Québec, elles ont toutes un statut particulier*. Juste pour le fun d’en parler et ainsi peut-être mettre un baume sur leur situation parfois pas mal plate, on a voulu honorer leurs cousines et te présenter quelques autres de nos plantes menacées.

L’orme liège

C’est à cause de l’apparence noueuse de son tronc qu’on l’appelle l’orme liège. Ses branches sont couvertes de crêtes. Il pousse dans les espaces ouverts, les escarpement rocheux et même dans les dallages. Nous nous situons à la limite nord de son aire de répartition, c’est entre autre pourquoi on en trouve très peu au Québec. Le développement urbain et agricole, les coupes et des facteurs climatiques sont les problématiques principales pour cet arbre. En plus, ils sont vulnérables à la maladie hollandaise de l’orme.

L’aster d’Anticosti

L’aster d’Anticosti est une herbacée à fleurs composées violettes. Au Québec, on ne la trouve que sur l’Île d’Anticosti, aux abords du lac Saint-Jean et en Gaspésie. Cette plante pousse sur les terres inondées lors des crues annuelles. Cette zone est vulnérable à la construction de grands barrages causant une immense perte d’habitat. En plus des espèces envahissantes, du broutage par le cerf de Virginie, de la modification et l’exploitation des rives. Et on ajoute à ça, le hasard du cycle hydrologique des rivières.

Le polystic des rochers

Le polystic des rochers est une petite fougère qui adore les crevasses des escarpements, des milieux rocheux et secs. En fait, au Québec, il pousse seulement qu’au mont Albert, dans le parc national de la Gaspésie, au-dessus de la limite des arbres. C’est une espèce typique de l’Ouest américain avec une population satellite ici, au Québec, 3500 km plus loin. Le polystic est menacé à cause de la rareté de son habitat. De plus, le nombre d’individus est très bas, ce qui peut limiter la dispersion et son succès génétique.

On ajoute à ça, l’ail des bois, l’asaret du Canada, les uvulaires, l’asclépiade de l’intérieur, la verveine simple et un tas d’autres. Et ce n’est qu’une petite partie des plantes qui subissent des pressions naturelles et anthropiques mettant en jeu leur survie. C’est un « pensez-y bien »…

NOTES

* Au Québec, les plantes peuvent avoir différents statuts, celui de menacé, de vulnérable (tout court) ou vulnérable à la récolte. On aussi une liste de plus de 500 plantes (vasculaires et invasculaires) susceptibles d’avoir, dans un futur proche, un statut particulier.

Sources images : Peter M. Dziuk, Donald Cameron, Sheri Hagwood

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Question du public
Les mauvaises herbes, c’est quoi?

Pour nous, une mauvaise herbe, ce n’est pas un pissenlit au milieu du gazon parfait de ton voisin.

« Les mauvaises herbes, c’est quoi? »

Pour nous, une mauvaise herbe, ce n’est pas un pissenlit au milieu du gazon parfait de ton voisin.

D’abord, le terme « mauvaise herbe » date d’il y a bien longtemps (probablement aussi longtemps qu’on a fait pousser des plantes). C’est le nom qu’on donnait aux plantes qui ne donnaient pas de parties comestibles; elles étaient mauvaises. On a ensuite, associé le terme aux végétaux qui germaient entre les rangs des cultures dans les champs : les plantes qui n’avaient pas été plantées intentionnellement. Aujourd’hui, on associe ça avec les foins pêle-mêle qui poussent au pied d’une clôture, ou les fleurs jaunes qu’on voit sur le bord des routes, ou « les mautadines de plantes qui ne veulent pas mourir ».  


Verge d’or, qui ne veut pas mourir ♬

Mais ces fleurs jaunes, comme la verge d’or, le tussilage et les pissenlits, les impossibles à tuer comme l’asclépiade, elles ont un rôle à jouer. Peut-être que dans une cours arrière, ce n’est pas la place idéale, mais les verges d’or permettent à bien des pollinisateurs de faire des réserves de nourriture et créent des cachettes pour une multitude d’insectes et de petits mammifères. Des oiseaux peuvent y faire leur nids et des mouches y pondent leurs œufs.

De son côté, l’asclépiade est l’hôte des œufs et des chenilles du papillon monarque. Une abondance d’asclépiades, signifie une abondance de monarques puisque leur succès est directement lié. En considérant les services qu’elles rendent, ces herbes, elles ne sont pas mauvaises…

La bardane

C’est quoi « mauvais »?

On pourrait, mais pas de manière ben ben scientifique, appeler les espèces de plantes envahissantes, des mauvaises herbes. Comme ces plantes sont introduites dans nos écosystèmes et se propagent agressivement, elles nuisent aux plantes indigènes et détruisent les habitats. Sans parler des problèmes d’érosion (que le phragmite pourrait créer) et juste des dangers pour nous (comme ceux reliés à la toxicité de la berce du Caucase). Considérant leurs impacts négatifs pour la biodiversité en général, on pourrait dire que ce sont tout simplement des mauvaises herbes.

La plupart des plantes qu’on appelle des mauvaises herbes ont été importées volontairement depuis l’Europe à l’époque de la Nouvelle-France. On leur trouvait des qualités médicinales et on les implantait dans les jardins québécois parce qu’elles étaient simplement belles. Le pissenlit a été introduit pour ses effets diurétiques, la bardane pour ses effets antiseptiques, le plantain pour penser les plaies…

Aujourd’hui, on est plus capable de s’en débarrasser et elles ruinent les belles pelouses… Si tu prends quelques secondes pour les observer, peut-être que toi aussi, comme les horticulteurs de l’époque, tu leur trouveras un petit quelque chose*. (。♥‿♥。) Nous en tout cas, on les aime quand même!!

NOTES

* Ces espèces sont aussi des plantes qui favorisent les pollinisateurs. C’est pas une mince affaire!

Sources images : Hans Benn, Pixabay

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Quoi faire?
Les Montérégiennes, des montagnes méga solides

Les Montérégiennes, ça te dit quelque chose? (Nenon, pas les madames qui habitent en Montérégie…) On parle ici de ces petites montagnes dispersées dans la plaine qui entoure Montréal.

Les Montérégiennes, ça te dit quelque chose? (Nenon, pas les madames qui habitent en Montérégie…) On parle ici de ces petites montagnes dispersées dans la plaine qui entoure Montréal. Entre Oka et Lac Mégantic, une série de collines bien en forme dessinent une ligne (presque) droite à travers la plaine du Saint-Laurent. Ces monticules escarpés au beau milieu d’une surface plane, on les appelle des inselbergs.

Parmi nos Montérégiennes, on compte le fameux Mont Royal, mais aussi les Monts St-Bruno, St-Hilaire et St-Grégoire, puis on ajoute ceux de Rougemont et Yamaska, le Mont Shefford, le Mont Brome, le (très étoilé) Mont Mégantic, et finalement, les Collines d’Oka.

Les Montérégiennes
1- Oka, 2- Mont Royal, 3- Mont St-Bruno, 4- Mont St-Hilaire, 5- Mont Rougemont, 6- Mont St-Grégoire, 7- Mont Yamaska, 8- Mont Shefford, 9- Mont Brome, 10- Massif du Mont Mégantic

On trouve dans le sol des Montérégiennes des roches rares parce qu’elles ont été formées à partir de magma d’origine, un type de magma qu’on trouve à une très grande profondeur. (C’est entre autres pour cette raison que beaucoup de Montérégiennes sont exploitées pour leur minerai.)

D’où il vient ce magma très profond? Des dykes. À certains endroits dans le manteau et la croûte terrestre, il existe des faiblesses. Dans ces fissures, le magma peut se frayer un chemin vers la surface de la terre à travers les couches de roche sédimentaire qui est friable. Ces infiltrations de magma, on appelle ça des dykes. On pourrait dire que nos inselbergs ont en quelque sorte été formés par un point chaud sous la croûte terrestre.

Dans le cas des p’tites Montérégiennes, ce magma s’est refroidi sans avoir traversé la croûte terrestre. Au contact de la chaleur du magma, la roche sédimentaire aux alentours s’est transformée* en roche métamorphique, qui est super dure, formant un dôme de roche méga solide enfoui dans la roche sédimentaire sous la surface du sol.

Ettttt on revient au glacier (encore lui), quand il est passé, il a presque tout arraché sur son passage (et par là, on veut dire qu’il est parti avec tout, même le sol, ou du moins, la couche de roches sédimentaires de surface). Mais les dômes de roches métamorphiques, super solides, sont restés en place et c’est ce qui nous a donné les Montérégiennes.

Le Mont St-Hilaire, le Mont Rougemont et le Mont Yamaska, au milieu de la plaine.

T’as peut-être entendu la fabuleuse histoire qui raconte que les Montérégiennes seraient d’anciens volcans. Et bien non. Sur certaines de nos collines, les glaciers ont réussi à arracher une mince couche de roche métamorphique au-dessus du dôme. Ça a créé des dépressions au sommet des montagnes, qui sont aujourd’hui des lacs. C’est ce qui leur donne leur allure de volcan éteint. Mais comme le magma n’a jamais vu la lumière du jour dans leur formation, ce ne sont pas des volcans.

Le Mont St-Hilaire, a.k.a. un tas de roches métamorphiques MÉGA solide

En plus des exploitations minières, le sol des Montérégiennes est parfait pour agriculture, (spécialement pour la production de pommes). Mais ce n’est pas tout. Ces petites collines, dispersées dans le sud de la province sont aussi de super destinations-nature pour se dégourdir les jambes. Des réseaux de sentiers sont disponibles sur (presque) toutes les Montérégiennes**. Alors, pourquoi pas aller faire un tour sur ces monticules de magma refroidi, résistant au méga-glacier; tu pourras nous envoyer une photo prise du sommet***!

NOTES

* Oui, un peu comme les insectes et l’eau, les roches se transforment et suivent un cycle. Le cycle des roches.

** Tu peux te promener à travers les collines d’Oka au Parc National d’Oka, visiter le Parc du Mont Royal, le Parc national du Mont St-Bruno ou le Centre de la Nature du Mont-Saint-Hilaire dans la Réserve Naturelle Gault. Sinon, il y a toujours les sentiers du Mont St-Grégoire et du Mont Rougemont. Le Parc des Montagnards, au Mont Shefford, le Parc des Sommets et le Mont Brome, en plus du Parc national du Mont-Mégantic accueillent aussi les randonneurs. Le Mont Yamaska en lui-même n’est pas accessible pour la randonnée pédestre, mais à quelques kilomètres, dans le Parc national de la Yamaska, on trouve des points de vue sur la montagne qui valent le détour.

*** En respectant les distances physiques, bien entendu!

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : GUEPE, NASA – NASA’s Earth Observatory, Anne F. Préaux

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Qc-Nature
Toutes les graines sont dans la nature

Tu as sûrement déjà eu dans ton assiette des pois chiches ou des haricots rouges! Ce sont des graines et encore plus, des graines bien différentes, par la couleur, la forme, la texture mais aussi par leur plante d’origine.

Tu as sûrement déjà eu dans ton assiette des pois chiches ou des haricots rouges! Ce sont des graines et encore plus, des graines bien différentes, par la couleur, la forme, la texture mais aussi par leur plante d’origine. Quand tu regardes autour de toi, dans la nature, mais aussi dans ta pantry, tu peux observer pleiiiiin de sortes de graines! Voyons comment on les classe selon des propriétés simples.

Mais juste avant de se lancer, on veut insister sur un détail important à propos des graines : dans chacune d’elle se trouve un embryon, qui, si les bonnes conditions sont rencontrées, deviendra une plante. En résumé, l’efficacité et la conservation de la graine, c’est un vecteur de succès pour les végétaux.

Des graines bien sèches

L’humidité dans la graine

Dans le monde des graines, on sépare les sèches de celles qui sont aqueuses (aka humides) : une différence simple qui se base sur le pourcentage en eau dans la graine. Dans la nature, les graines sèches ont une plus grande longévité. Quand il y a moins d’eau dans la graine, il y a moins de risques qu’elle pourrisse et donc, elle se conserve plus longtemps. Meilleur exemple : les céréales. Parce qu’elles sont sèches, ces graines offrent moins d’options de survie pour les bactéries et les champignons qui on besoin de plus d’eau pour survivre. C’est d’ailleurs pour ça que nos aliments secs peuvent se garder longtemps dans nos placards… Pense à tes spaghettis, ou tes lentilles ou tes haricots.

Bien emballée ou pas

On classe aussi les graines selon leur enveloppe naturelle : la couche extérieure qu’on appelle le tégument. Les plantes créent cette enveloppe qui protège la ou leurs graines afin qu’elles survivent dans le temps aux conditions environnementale, comme la météo et les parasites. L’emballage « nature » des graines diffère selon le type de fruit de la plante et le moyen de dissémination des graines.

En général, tu as dans ton garde-manger des graines qui sont prêtes à être consommées ou à cuire, comme l’orge ou l’avoine. Avant de se retrouver là, on a enlevé leur enveloppe qui est plus ou moins solide, mais surtout riche en cellulose (et on ne digère pas ça, nous, les humains)!

Certaines graines, en plus de leur tégument, ont d’autres enveloppes protectrices. Pense à un épi de maïs : tous les petits grains sont aussi aussi protégés par des feuilles modifiées. (T’as bien compris, quand tu vas à une épluchette de blé d’inde, tu croques dans des centaines de graines!) Un autre exemple serait les graines de haricots qui sont protégées par la gousse, le fruit de la plante.

Les graines à aile cotonneuse de l’asclépiade sont protégées par le fruit de la plante, une gousse.

Les propriétés nutritives

Les graines peuvent aussi être classées selon leurs propriétés nutritives en regardant leur pourcentage en glucides (les sucres), en protéines et en lipides (les gras).

  • une graine est dite protéagineuse lorsqu’elle comporte plus de 45 % de protéines.
  • une graine est dite amylacée lorsqu’elle a plus de 70 % de glucides.
  • une graine est dite oléagineuse lorsqu’elle a plus de 50 % de lipides.

On peut donc obtenir plus facilement de l’huile avec les graines oléagineuses, comme avec le colza ou le tournesol.

C’est dans la couche intermédiaire de la graine, celle qui entoure l’embryon et qui est juste sous le tégument, que se trouve ces éléments nutritifs. On appelle ce tissus de réserves, l’albumen. S’il est bien développé (bien charnu), il contient tout ce que l’embryon nécessitera lors de la germination. Certaines plantes, au contraire, ont un albumen plus mince et les réserves nutritives sont directement dans l’embryon.

Dormance, germination et longévité

La germination, c’est lorsque l’embryon se développe grâce aux réserves de la graine et produit des feuilles (qui lui permettront de faire de la photosynthèse et poursuivre sa croissance). Chez de nombreuses plantes, la germination des graines n’est pas immédiate, et nécessite un petit repos. Cette sieste, c’est la dormance. Elle peut être courte ou longue, toujours selon les espèces et selon la longévité des graines. Par exemple, on observe chez certaines espèces, une dormance obligée allant jusqu’à dix ans avant de germer, c’est un facteur qui ralentit la croissance des populations.

La longévité, c’est le temps que la graine peut survivre avant de germer. C’est un critère qui est influencé par les autres (la qualité et l’épaisseur de la l’enveloppe, la quantité des nutriments, l’humidité dans la graines, etc.). En fouillant les couches du sol, on peut retrouver d’anciennes graines, vieilles de centaines d’années et qui peuvent encore germer, comme avec le lotus.  La berce du Caucase et le nerprun, des espèces envahissantes, présentent aussi une longévité importante (leur graine peut survivre autour de 5 à 7 années dans le sol), ce qui amplifie la problématique. Au contraire, certaines graines ne survivent que quelques semaines dans nature, elles germent donc rapidement. Les graines de peupliers (qu’on voit flotter dans le vent en juin et qui ressemblent à de la neige ouateuse) ont une longévité de quelques jours seulement.

Les graines sont plus qu’essentielles pour les plantes, elles sont littéralement leur assurance-vie. Si une espèce est très successful, c’est probablement parce que les graines sont bien équipées pour se protéger, pour survivre et pour germer. Bien entendu, comme la nature est extrêmement complexe, des tonnes d’autres facteurs entre en ligne de compte : la quantité de graines produites, l’évitement de la compétition, la dissémination, la protection donnée par le fruit…

Sources images : Pixabay, Manfred Richter

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Question du public
Des plantes pour que les pollinisateurs « swipe right »

Parce que nos lecteurs sont très concernés par le bien-être de nos petits pollinisateurs-insectes, on se fait souvent demander quelles espèces de végétaux favoriser pour leur donner un coup de main dans son jardin.

« Quelles plantes devrais-je planter dans mon jardin pour attirer les pollinisateurs? »

Parce que nos lecteurs sont très concernés par le bien-être de nos petits pollinisateurs-insectes, on se fait souvent demander quelles espèces de végétaux favoriser pour leur donner un coup de main dans son jardin.

Pour attirer les pollinisateurs, les végétaux ont développés des traits spécifiques. L’odeur des fleurs en est un important. Tous les pollinisateurs ne trippent pas sur la même fragrance, il y en a donc pour tous les goûts. Mais ce n’est pas tout de sentir, la couleur, la forme de la fleur, la présence de nectar et l’accès au pollen sont tous des critères qui vont déterminer si une plante est attirante ou pas. Alors, voici des plantes qui vont faire swiper à droite les pollinisateurs.

L’ancolie du Canada a des glandes à nectar bien garnies, elle a tout pour être la coqueluche des pollinisateurs!

D’abord, pour donner le plus de chances aux pollinisateurs, tu peux choisir des espèces qui fleurissent tout au long de l’été comme la chicorée sauvage. Ou encore, agencer des espèces qui ont des périodes de floraisons complémentaires. Les pommiers fleurissent au printemps : ses fleurs sont idéales pour les abeilles. Les fleurs roses du thym, qui s’ouvrent en juillet, attirent les coléoptères et les bourdons. À l’automne, c’est l'asclépiade qui est en fleurs et c’est la plante hôte des papillons monarques. Comme ça, ton jardin sera la coqueluche d’une variété d’insectes pour toute la belle saison.

On te propose aussi de favoriser des plantes indigènes, soit des plantes qui viennent d’ici, plutôt que des espèces horticoles*. Comme les plantes de chez nous ont évoluées en même temps que les pollinisateurs d’ici, elles sont bien adaptées à leurs besoins. #âmessoeurs Les plantes d’horticulture favorisent les pollinisateurs qu’on dit généralistes et qui s’adaptent bien à différentes variétés de plantes. Alors, autant donné un coup de main à ceux qui ont moins le tour de s’adapter.

Couleur, sucre et forme

Si tu choisies des plantes à fleurs rouges ou mauves, comme la lavande ou la sauge, les papillons seront ravis. La verge d’or qui a des fleurs jaunes, ou un arbuste tel le robinier faux-acacia qui produit des fleurs blanches en grappes, plairont certainement aux abeilles. Varier les couleurs dans le jardin assure des rendez-vous galants avec une foule de pollinisateurs différents.

Les savoureuses formes des impatientes du Cap ( ˊᵕˋ )♡

Les fleurs bien juteuses qui produisent beaucoup de nectar (les plantes nectarifères) sont sans aucun doute des gros hits. Les plantes vivaces en produisent généralement plus que les annuelles. La monarde fistuleuse et l'eupatoire maculée, qui ont des glandes à nectar bien apparentes, vont attirer tous les insectes friands de p’tit jus sucré. Et ça, y’en a beaucoup!

La forme de l’appareil floral joue aussi un rôle. Certains pollinisateurs, comme les papillons et les abeilles, ont besoin d’une piste d’atterrissage sur la fleur. Les impatientes du cap ont exactement ça : le pétale inférieur est plane et plus large, idéal pour se poser, on l’appelle la lèvre inférieure. D’autres pollinisateurs préfèrent les fleurs tubulaires comme le lilas et l'ancolie du Canada, ou en coupe, comme on en trouve sur le fraisier. À chacun, sa guenille, comme qu’on dit.

Un tilleul d’Amérique en fleur, c’est de la magie

S/o au tilleul d’Amérique

Quand on pense à attirer les pollinisateurs, on pense souvent aux plantes herbacées qui remplissent les plates-bandes. On oublie trop souvent que les arbres peuvent eux aussi faciliter la vie aux pollinisateurs. Le tilleul d’Amérique est le tombeur de tous ces pollinisateurs. Il est connu pour ses fleurs très odorantes qui produisent beaucoup de nectar. Un deux pour un dont les papillons et les abeilles ne peuvent se passer. Mais ce n’est pas tout. Les lapins à queue blanche et les souris se régalent de son écorce, les écureuils et nombre d’oiseaux se cachent dans son feuillage touffu et mangent les graines de ses fruits secs. Sans parler des chenilles qui grignotent ses feuilles. Planter un tilleul**, c’est pas seulement un bon coup pour flirter avec les pollinisateurs, c’est un véritable home run pour la biodiversité.

NOTES

* Les plantes horticoles sont des espèces importées d’ailleurs à des fins strictement décoratives.

** C’est aussi bon pour toutes les sortes d’arbres, mais le tilleul d’Amérique est indigène et quand il est en fleur, il sent comme le paradis.

Sources images : Pexel Tony Alter, Plant Image Library

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