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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Vedette du mois
Ça saute, c’est une sauterelle

Souvent, l’été, quand il fait beau soleil, on entend ce son. C’est le très caractéristique chant de nos orthoptères. « Quessé ça? » C’est un groupe d’insectes sauteurs, qui se fait appeler de manière générique des sauterelles.

Souvent, l’été, quand il fait beau soleil, on entend ce son. C’est le très caractéristique chant de nos orthoptères. « Quessé ça? » C’est un groupe d’insectes sauteurs, qui se fait appeler de manière générique des sauterelles. « C’est vert, ça saute, ça fait du bruit, c’est une sauterelle… » Pas tout à fait. Le groupe des orthoptères, bien qu’il inclut des sauterelles véritables, c’est en fait une soixantaine d’espèces différentes qui arpentent nos gazons, nos prairies et nos terrains vagues tout au long de l’été.

Presque tous les orthoptères sont herbivores et adorent grignoter les jeunes pousses avec leurs pièces buccales adaptées pour broyer les feuilles. On les trouve donc dans les herbes hautes et les buissons. Une autre caractéristique qui les unit c’est qu’ils se développent par une métamorphose incomplète. Plutôt que de passer par un stade dans un cocon (comme chez les papillons par exemple), les orthoptères se développent par des mues successives. Donc, les bébés sauterelles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux adultes (imagos), mais en minuscule. (Voir cette photo d’une larve de criquet!(♥→o←♥)) Et finalement, ce sont les spécialistes des sports de saut. On trouve dans leurs fémurs postérieurs super musclés une substance qui leur permet de bondir, l’élastine.

On démêle donc juste pour toi, les « sauterelles » les plus communes :

Les scuddéries

On a au Québec deux espèces de sauterelles (les vraies de vraies) qu’on appelle des sauterelles vertes : la scuddérie à ailes oblongues et la scuddérie à ailes larges. On ne trouve pas que des vertes, leur corps aplati peut aussi être jaune ou rose quand les populations sont très nombreuses. Ce sont de gros insectes mais qui se camouflent tellement bien dans le feuillage, qu’ils sont difficiles à observer. Pour les distinguer des autres orthoptères, il faut observer leurs antennes, elles sont tellement longues qu’elles dépassent l’abdomen.

Les grillons

Probablement que la gang des grillons est la plus facile à identifier puisqu’ils se distinguent par leur couleur. En général, ils sont complètement noirs ou bruns, assez loin des coloris des autres orthoptères. La femelle est pourvu d’un ovipositeur qui lui permet de pondre ses œufs dans le sol.

Les criquets

Comme le grillon, les criquets peuvent aussi avoir du brun variant jusqu’au vert. Leurs pattes arrières sont souvent rouges avec un motif qui ressemble aux nervures d’une feuille. Contrairement aux scuddéries, les criquets ont des antennes plus courtes (et ils sont, de manière générale, beaucoup plus petits que les sauterelles). Chez bien des insectes chanteurs, c’est seulement les mâles produisent des sons, mais les femelles criquets produisent aussi des stridulations. Certaines espèces de criquet, lorsqu’elles sautent, déploient leurs ailes postérieures pour afficher des couleurs vives afin d’effrayer un possible prédateur. Un peu comme le fait la mante religieuse.

Les oécanthes

La cerise sur le sunday des orthoptères ce sont les oécanthes. Elles ressemblent beaucoup aux sauterelles vertes, mais elles sont plus petites. Ces insectes vert jaunâtre font exception dans leur groupe parce qu’ils sont omnivores. Ils se régalent de feuilles, mais c’est commun de les voir muncher sur des plus petits insectes comme des pucerons. En plus, une de nos espèces, l’oécanthe thermomètre, ajuste le rythme de ses sons selon le temps qu’il fait.

À cette liste de « sauterelles » du Québec, on ajoute les decticelles, le porte-épée, les camellines, la némobie des prés… Les orthoptères, en plus d’être les kings des herbes hautes et du saut en longueur, ils sont la trame sonore de nos étés, alors pourquoi pas apprendre à différencier les espèces plus communes.

Sources images : Pxfuel, Kevin Judge, Sharp Photography, Wiki

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Qc-Nature
Les stridulations des orthoptères, les p’tits Pavarotti

T’as surement déjà entendu des stridulations une belle fin d’après-midi de juillet, chaude et ensoleillée. Ces bruits, qui peuvent se décliner en différentes gammes et tonalités, ce sont des insectes qui communiquent ensemble.

T’as surement déjà entendu ce son par une belle fin d’après-midi de juillet, chaude et ensoleillée. Ces bruits, qui peuvent se décliner en différentes gammes et tonalités, ce sont des insectes qui communiquent ensemble. Les sons ne sont pas émis par des cordes vocales (ou par un syrinx comme chez les oiseaux); les insectes n’en ont simplement pas. Ils les produisent plutôt en frottant différentes structures de son corps, variant selon les espèces.

On appelle ça des stridulations. On les associe, le plus souvent, aux orthoptères, a.k.a. les criquets, les sauterelles et les grillons, qui sont de véritables prodiges. De vrais p’tits Pavarotti.

Un p'tit criquet-Pavarotti

Les stridulations ont des rôles multiples* notamment pour la sélection sexuelle, alors que le mâle essaie d’impressionner les femelles par diverses démonstrations. Il est supposé que les femelles choisissent les mâles émettant les stridulations les plus puissantes. Ces chants peuvent aussi servir à la protection ou la détermination d’un territoire par un mâle : les grillons, par exemple, font des combats de chant entre mâles pour la domination des branches ou des brindilles les plus hautes. Ainsi, pour le mâle positionné plus en hauteur, ses stridulations porteront plus loin et pourraient arriver à plus de femelles.

Pour capter les sons, les orthoptères sont munies de tympans : une membrane tendue pouvant se situer sur les pattes ou sur l’abdomen.  

Des instruments intégrés

Chez les grillons et les sauterelles, les stridulations sont émises par le frottement de leurs élytres. Quessé ça des élytres? Ce sont des ailes rigides que certaines espèces d’insectes possèdent et qui protègent les ailes de vol, plus fines et plus fragiles. Au repos, les élytres recouvrent les ailes postérieures, et en vol, elles ne battent pas, elles sont simplement relevées dans les airs. C’est une caractéristique qu’on associe souvent aux coléoptères, comme la coccinelle (on voit super bien sur cette photo les élytres relevées d’une ladybug qui s’apprête à décoller), mais plusieurs autres groupes d’insectes en possèdent aussi, dont nos mélodiques orthoptères.  

Alors, on trouve sur la face intérieure d’une des élytres des grillons et des sauterelles une série de petites dents microscopiques qu’on appelle la râpe stridulatoire, et sur l’autre, un grattoir, le plectrum. Quand l’insecte ouvre et ferme ses élytres, le plectrum frappe les dents de la râpe et la musique s’en suit. Chaque micro-variation dans la stridulation correspond à une dent qui passe sur le plectrum. C’est comme jouer du güiro ou encore, comme le principe d’un tourne-disque alors que la pointe de lecture (l’aiguille) frotte sur les sillons du disque.

On voit le frottement des élytres sur ce clip d’une sauterelle verte.

Et on voit encore mieux sur ce vidéo d’un grillon.

Le criquet des champs utilise une toute autre technique pour produire ses stridulations. La face interne de ses pattes arrières est dentée. Pour chanter, il doit donc frotter sa patte sur le rebord durci de ses élytres. Et le tour est joué pour une symphonie!

Ce clip te donne une bonne idée du mouvement stridulatoire des criquets des champs.

Shoutout à un chanteur bien calibré

L’oécanthe thermomètre remporte l’ADISQ pour la chanson la plus synchronisée avec la météo! Le chant nocturne (ou de fin de journée) de cet orthoptère est très particulier. Il fait vibrer ses ailes, qui frottent ensemble à la manière des grillons et des sauterelles. En écoutant attentivement sa série de Bru-Bru-Bru-Bru…, on peut mesurer la température. Plus le chant est rapide, plus il fait chaud, alors qu’il ralentit s’il fait plus frais. On dit qu’on peut compter le nombre de stridulations (chaque Bru) pendant 7 secondes, et additionner 5 au chiffre obtenu. Le résultat est la température du moment en Celsius. Est-ce que c’est scientifiquement prouvé? Non. Est-ce que ça marche à tous coups? Non plus. Est-ce que c’est méga le fun à essayer? Absolument!

Oécanthe, quel temps fait-il?

Les autres histoires

Les orthoptères ne sont pas les seuls à faire de la musique chez les insectes, pas du tout. Mais il faut avouer que leur talent et leur chant sont reconnus et reconnaissables. Parmi les autres musiciens miniatures, faiseurs de stridulations, on compte aussi bien des coléoptères. Il peuvent entre autre faire vibrer leur ailes, comme les orthoptères. Certaines frottent aussi leur ailes sur leur abdomen, d’autres frottent deux sections de leur thorax. La larve du coléoptère Passales est munie d’une râpe stridulatoire sur sa patte qui est grattée par une autre patte. Et si on sort du groupe des coléoptères, on pourrait aussi nommer les punaises (les hémiptères) comme insectes qui stridulent. Les exemples sont nombreux.

Mais les stridulations, ce n’est pas tout. Les insectes produisent aussi d’autres types de sons. Les blattes sifflent, les bourdons bourdonnent, les cigales font de la distorsion de membrane, les termites jouent des percussions.** À travers les brins d’herbe et les pissenlits, ne se cachent pas seulement que des p’tits Pavarotti, mais bien l’orchestre au grand complet!

NOTES

* Certains arthropodes, l'embranchement qui regroupe les insectes, les arachnides, les crustacés (comme les crabes) et les myriapodes (les mille-pattes, les centipèdes, les scutigères, etc.), qui ne sont pas des insectes, produisent aussi des stridulations. Elles ont plus souvent comme fonction d’effrayer et d’éloigner les prédateurs, comme chez les mygales, certaines tarentules et des crabes.

Des serpents, des poissons et certains oiseaux ont aussi des adaptations physiques qui leur permettent de produire des stridulations par frottement.

** On y reviendra à toute cette musique d’insectes. Il y en a long à dire!!

Sources images : Ian Kirk, Lon & Queta

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Ailleurs
Une caverne à Montréal

En plus de son sol rempli de fossiles, ses cours d’eau souterrains et de sa composition géologique particulière datant de la Mer de Champlain, le sous-sol de Montréal cache aussi une caverne. Prêt pour un voyage dans le temps?

La grande métropole québécoise cache bien des secrets. En plus de son sol rempli de fossiles, ses cours d’eau souterrains et de sa composition géologique particulière datant de la Mer de Champlain, le sous-sol de Montréal cache aussi une caverne. Prêt pour un voyage dans le temps?

Déplace la vidéo avec ta souris pour voir une vue 360 de la caverne.

Située dans le parc de quartier Pie-XII, dans Saint-Léonard, la caverne de Saint-Léonard, est un lieu unique. Elle a été découverte en 1812, puis utilisée pendant la Rébellion des patriotes de 1837* comme une armurerie et une cachette par les rebels. On a fini par l’abandonner. Curieux d’en savoir davantage sur cette caverne, la Société québécoise de spéléologie a commencé à l’étudier en 1978. Elle a ensuite été nommée site patrimonial historique. Et récemment, en 2017, de nouvelles galeries, vieilles de 15 000 ans, ont été découvertes.

Ces nouvelles caves font au-delà de 200 m de long, ce qui est énorme pour une caverne au Québec, et spécialement en milieu urbain. Pour l’explorer, les spéléologues ont sorti leurs kayaks gonflables parce que une nappe d’eau remplit partiellement la cavité. On y a aussi découvert des stalactites et les stalagmites qui font presque 20 centimètres de long. Tu vas nous dire que 20 cm c’est rien du tout, mais si on pense qu’au Québec, ça prend environ 1000 ans pour qu’un centimètre de stalagmites se forme, c’est exceptionnel!

Cette caverne est le résultat du déplacement de la roche par un glacier. En étudiant les photos des parois, les spécialistes ont pu conclure que les murs de la galerie, très droits, présentent des creux et des bosses qui sont complémentaires (qui peuvent s’encastrer). Comme si la roche s’était disloquée, poussée par le glacier.

On a chatouillé ta curiosité? Pas de problème, tu peux faire partie des plus ou moins 3000 visiteurs annuels de la caverne de Saint-Léonard. Toutefois, comme les nouvelles galeries sont encore à l’étude seulement la vieille section est ouverte au public. Les 40 m de tunnels qui mènent à une chambre ouverte puis les passages qui se rapetissent de plus en plus, les échelles, la bouette sur tes jeans et le guide extraordinaire, valent définitivement le détour. Mets tes bottes de pluie et ton casque de spéléologue, on va visiter la caverne de Saint-Léonard.**

NOTES

* Au printemps 1837, Louis-Joseph Papineau et sa bande de rebels patriotes, ont tenté de faire face aux troupes britanniques dans ce qu’était à l’époque le Bas-Canada. Les rebels ne faisaient pas le poids devant les Anglais. Le tout c’est fini dans le sang, les fuites des rebels vers les États-Unis, les arrestations, les déportations vers l’Australie et une couple de pendaisons. Une très joyeuse portion de notre histoire…

** P.S. Ça prend une réservation, donc, vas faire un tour sur la page de la Société québécoise de spéléologie.

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Qc-Nature
Les bibittes ou les arthropodes

Bibittes, c’est un terme non-officiel pour un tas de créatures. On va démêler les fils qui relient les insectes, les araignées et les autres bibittes.

« Bibittes », c’est un terme non-officiel pour un tas de créatures qu’on range toutes dans le même tiroir de notre mémoire parce qu’elles sont petites et qu’elles ont beaucoup de pattes (et souvent, parce qu’elles écœurent). Alors, on va faire le ménage dans ce tiroir, on va démêler les fils qui relient les insectes, les araignées, les scutigères et les autres bibittes (mal aimées).

D’abord, il faut savoir que la plupart des animaux qu’on appelle des bibittes appartient au phylum (au groupe) des arthropodes. Ce sont des invertébrés avec un exosquelette (une carapace dure) pour protéger leur corps séparé en segments (on dit des métamères) et ils ont beaucoup de pattes qui sont articulées (donc, elles peuvent plier). Bien que cet embranchement du vivant soit celui qui regroupe le plus d’espèces, on en éloigne tous les vers de terre et les sangsues (qui sont dans le groupe des annélides), les escargots, les limaces (deux exemples de mollusques), les serpents et les grenouilles (des vertébrés). Tous des exemples d’animaux qu’on a déjà entendu se faire appeler « une bibitte ».

Les arthropodes se divisent en 5 principaux sous-embranchements : les chélicérates, les crustacés, les hexapodes, les myriapodes et les trilobites (dont on ne connaît que des individus fossiles). Alors, qui est qui?

Les chélicérates

Une épeire diadème, la princesse des araignées

On trouve dans ce groupe les bibittes à 8 pattes. Voici donc où se cachent les araignées, les scorpions et les acariens. Leur corps comporte 2 parties distinctes, la tête (qui est fusionnée avec le thorax, donc le céphalothorax) et l’abdomen. La plupart des chélicérates ne peuvent pas manger de nourriture solide. Elles ont donc des pièces buccales modifiées qu’on appelle des chélicères (d’où le nom de leur groupe) et qui leur permettent d’absorber leur nourriture de manière liquide (ou du moins, molle). Par exemple les tiques sucent le sang et les araignées utilisent leur crochet à venin. Ces bestioles à 8 pattes ont aussi des pédipalpes pour manipuler leur proie (chez les scorpions, elles ont la forme de pinces).

Les crustacés

La belle écrevisse

Oui, oui, tu les connais. Crevettes, homards, crabes et écrevisses sont les fiers (et les plus connus principalement à cause de la popularité culinaire) représentants des crustacés. Mais il y en a bien d’autres : des microscopiques, comme les daphnies et des insoupçonnés, comme les balanes qu’on voit sur les rivages ou sur certaines baleines. Les crustacées ont tous plus de 10 pattes (par exemple, le cloporte, le seul crustacé terrestre du Québec, a 14 pattes) et 2 paires d’antennes.

Les hexapodes

Mandibules much!

Hexa- pour 6. Ces petites créatures ont 6 pattes; on les appelle aussi les insectes. Ils n’ont pas vraiment besoin de présentation, mais on tient à rappeler que leur corps est divisé en 3 parties (tête, thorax et abdomen), qu’ils ont des antennes et que presque tous les hexapodes ont des mandibules pour accompagner leurs pièces buccales. Pour te souvenir de cet important groupe, pense à la fourmi, elle présente toutes les caractéristiques de manière évidente.

Les myriapodes

Les belles pattes du mille-pattes

On trouve dans ce dernier groupe (et non le moindre) les scutigères, les mille-pattes et les centipèdes. Ils sont caractérisés par un corps généralement looooooong dont chaque segment porte 1 à 2 paires de pattes. Et ils ont 4 mandibules.

Ce qui unit toutes ces belles créatures, ce n’est pas seulement leur apparence. Pour grandir, changer de taille ou acquérir des nouveaux organes, elles doivent changer périodiquement leur squelette externe : elles doivent muer. On parle ici de mue de croissance ou encore de métamorphose, comme lorsque la chenille devient un papillon. L’ensemble de ce groupe, comme il représente plus de la moitié de toutes les espèces animales vivantes, a non seulement un grand succès grâce à ses adaptations, mais il est aussi un pilier de tous les écosystèmes en formant la base de la chaîne trophique, avec les producteurs.

Alors, les bibittes, c’est beaucoup de petites créatures, aussi essentielles pour la maintien de la biodiversité que magnifiques par leur ingénierie.

Sources images : krzysztofniewolny, Pxfuel, Pixabay, Thomas Shahan

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Ailleurs
Les vivants du médiolittoral

Monte, descend, monte, descend… Le niveau de l’eau dans la zone de balancement des marées dans le Saint-Laurent varie tous les 6 h. C’est réglé comme la montre de ton grand-père, euh, comme une horloge grand-père!

Monte, descend, monte, descend… Le niveau de l’eau dans la zone de balancement des marées dans le Saint-Laurent varie tous les 6 h. C’est réglé comme la montre de ton grand-père, euh, comme une horloge grand-père!

Qu’est-ce que ça change que l’eau monte et descende sur la plage ou sur des rochers? Ça change la salinité de l’eau, sa température, les vivants qu’on y trouve, bref, c’est un écosystème très spécial. Il y a une faune et une flore super adaptée à cette zones du littoral (aka « le bord de l’eau ») qu’on appelle le « médiolittoral », en comparaison avec le supralittoral (la partie du littoral au-delà de la limite de la plus haute marée et influencée par les embruns d’eau salée) et l’infralittoral (la partie du littoral toujours sous l’eau et influencée par la lumière qui pénètre dans l’eau). En prenant en exemple le médiolittoral de l’estuaire du Saint-Laurent, cette biodiversité est donc capable de vivre 6 heures par jour sous l’eau très froide et très salée et un autre 6 heures par jour, au gros soleil, dans le sable chaud, avec très peu d’eau. Imagine : tu te fais bronzer 6 h par jour, pas de crème solaire, puis, le 6 h suivant, tu le passes dans le frigo, pas de manteau… et ça n’arrête jamais!

Le médiolittoral de Charlevoix qui se fait visiter par des jeunes explorateurs

Alors, comment font ces vivants pour vivre dans de telles conditions? D’abord, les végétaux présents dans cette zone sont surtout des algues. Comme il y a beaucoup de ruissellement dans ces zones, les espèces d’algues trouvées dans le médiolittoral dépendent aussi de la salinité de l’eau. On ne trouvera pas les mêmes espèces près du ruisseau qui coule vers la mer que celles qui se trouve plus près de la limite du médiolittoral. Par contre, on peut quand même voir de façon générale que les algues ont presque toutes des flotteurs qui leur permettent de ne pas rester écrasées quand l’eau remonte. Ceci les aide à maximiser la surface avec laquelle elles peuvent faire de la photosynthèse. Quand la marée baisse, c’est leur tissus souvent épais et gélatineux qui leur évite la dessiccation (autrement dit, qui les empêchent de devenir un raisin sec). Si tu en prends dans tes mains, tu sentiras cette genre de gélatine glisser sur tes doigts. Cette « glue », on s’en sert en cuisine! La mousse d’Irlande (une espèce d’algue rouge) est remplie de carraghénane, un glucide qui sert de gélifiant dans plusieurs produits laitiers comme la crème glacée. Il y a un p’tit peu de la mer dans ton congélateur! #ricardo


La faune du médiolittoral est aussi typique de cet écosystème. On y trouve une grande variété d’invertébrés, particulièrement des mollusques, quelques crustacés et quelques vers marins. Les animaux peuvent se déplacer davantage alors quand la marée baisse, ils ont tendance à se déplacer vers les zones humides : les cuvettes (les flaques d’eau entre les rochers), sous les algues, sous les roches ou dans le sable. C’est fou ce que tu peux trouver en soulevant une touffe de fucus! Des gammares (des p’tites crevettes qui nagent sur le côté), des néréis (des vers marins), des littorines (des minuscules escargots marins)…

Les mollusques, eux, sont plus chill et se déplacent moins. Comme s’ils vivaient dans une van, ils ont tout à portée de main… Quand la marée baisse : ils ferment leur coquille ou se collent à une roche pour garder l’humidité autour de leur corps mou. Quand la marée remonte, ils en profitent pour s’ouvrir, sortir leurs siphons et filtrer l’eau pour se nourrir du plancton. Certains mollusques comme les patelles (des genres de petits cônes) se collent par succion sur les roches et sont tellement bien accrochés qu’il est presque impossible de les décoller! D’autres comme les myes, restent enfoncées dans le sable et étirent simplement leur siphon pour filtrer ce qui passe par là.


Des belles patelles

Parce que cet article n’est qu’un BREF survol de cet écosystème fabuleux, à ton prochain roadtrip près de l’estuaire, prends un moment pour te promener près de l’eau à marée basse. Fouille les cuvettes, soulève les roches et les algues et observe cet écosystème d’un oeil nouveau. Surveille bien la marée car elle remonte toujours plus vite qu’on le pense!

Psssst!! On te suggère ce guide pour accompagner tes découvertes!

Sources images : GUEPE, Auguste Le Roux

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