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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Les animaux urbains, des nuisances?

Le lapin à queue blanche qui grignote ton jardin, le raton laveur qui décide d’élire domicile dans le toit, l’écureuil qui vide les mangeoires… il faut parfois cohabiter/coexister. Ces animaux qu’on dit nuisibles le sont-ils?

« Pourquoi dit-on que les animaux sauvages en ville sont nuisibles? »

Le lapin à queue blanche qui grignote les concombres de ton jardin, le raton laveur qui décide d’élire domicile dans le toit, l'écureuil qui vide les mangeoires d’oiseaux… en ville comme en campagne, il faut parfois cohabiter/coexister avec des voisins dérangeants. Ces animaux qu’on dit nuisibles le sont-ils vraiment?

Bien souvent on entend la phrase : « Je ne suis pas en ville pour vivre avec des animaux sauvages, leur place est à la campagne dans leur habitat naturel! » Pourtant leur habitat peut définitivement être la ville (c’est un écosystème à part entière) et que plusieurs espèces ont su, non seulement s’y adapter, mais aussi en prendre avantage.

Cet écosystème urbain regroupe l’ensemble des constructions humaines (dont ta maison et ton cabanon), des rues, mais aussi les espaces verts créés ou conservés par les humains comme les parcs, les parcs-nature et les corridors verts. C’est donc un grand territoire morcelé (de plus en plus grand avec l’urbanisation croissante partout sur la planète!) qui fournit nourriture, abris et sécurité pour de pleinnnn espèces. Contrairement à ce que l’on pourrait croire aux premiers abords, la biodiversité d’une ville comme Montréal peut être très impressionnante… fragile (attention les humains!), mais impressionnante. Depuis quelques années, cette biodiversité montréalaise fait de plus en plus la manchette : des dindons sauvages en pleine rue passante, des castors qui refont la décoration des berges, des coyotes qui suivent l’horaire des camions de poubelle ou des renards qui élèvent leurs petits dans une ruelle et qui poursuivent les cyclistes.

By the way, quand on dit animaux sauvages ça ne veut pas dire animaux féroces ou encore agressifs. Le concept de « sauvage » est en parallèle avec celui de « domestique ». En gros, un animal sauvage n’a pas été domestiqué/apprivoisé par l’humain, il n’a donc pas besoin de nous pour son cycle de vie et ses besoins primaires. Et il faut que ça reste comme ça (!) parce que bien souvent, quand on croit bien faire en nourrissant un animal sauvage, on finit par lui nuire. La nourriture que l’on fournit volontairement ou involontairement (pense au contenu de ta poubelle qui a été soigneusement éparpillé PARTOUT sur le trottoir), est le principal enjeu qui contribue au phénomène d’habituation chez l’animal sauvage. Ils arrêtent de nous percevoir comme des prédateurs, ce que nous sommes à la base, et perdent leur peur naturelle. Ça les amène à nous côtoyer de plus proche et c’est souvent là qu’ils développent des comportements dit « nuisibles » pour nous et voir même agressifs. Bien sûr, les écureuils sont siiiii mignons… mais, on ne compte plus le nombre de morsures chaque année… On te rappelle que leurs dents sont faites pour briser des coques de fruits : tes doigts n’offrent pas grande résistance face à leurs incisives, c’est garanti!

En plus, qui dit plus de nourriture disponible, dit aussi plus de bébés les années suivantes. Le succès de reproduction est tributaire de plusieurs facteurs, dont les ressources disponibles pour nourrir les parents et la génération suivante. Un bon exemple serait les bernaches du Canada dites résidentes (qui restent en région tempérée pendant l’hiver), dont la population explose depuis plusieurs années tandis que celles qui migrent jusqu’au Nunavik connaissent un important déclin du nombre de couples nicheurs. Beaucoup de nourriture, peu de prédateurs, de moins en moins peur de l’être humain et de leurs selfies, la combinaison est gagnante pour l’augmentation de la population en ville… mais aussi, des inconvénients qui viennent avec! Des excréments qui polluent les eaux et les terrains, les plantes arrachées, des comportements agressifs de protection, et on en passe.

Faut comprendre que tout est une question d’économie d’énergie chez les animaux. Le coyote fait aisément son choix entre chasser le petit campagnol qui court vite et chasser le sac de plastique laissé sur le bord du trottoir. Ça crée donc une habitude chez les importuns qui se nourrissent dans les poubelles, qu’ils peuvent même transmettre dans l’éducation à leurs tout-petits. Rajoutons à ça que la nourriture fournie par les êtres humains, même avec toute la bonne volonté du monde, est souvent bien inadéquate pour les animaux et peut créer des carences importantes comme le syndrome des ailes d’ange chez les oiseaux (qui les empêche de voler toute leur vie. On t'en parle ici).  

Et quand les animaux deviennent agressifs que se passe-t-il? Et bien on les prélève du milieu : parfois on les déplace (ce qui est pas toujours possible selon les lois, les protocoles et les $$ disponibles) et parfois on les euthanasie (quand le déplacement est impossible ou qu’ils présentent un trop grand danger pour la sécurité). Ce qui revient à ce qu’on disait plus haut… quand on croit bien faire en nourrissant un animal sauvage, on finit par lui nuire.

Sooooo, c’est vrai que la cohabitation/coexistence avec la faune en ville n’est pas toujours facile, mais on a le pouvoir de la rendre plus douce. Gardons les animaux sauvages… sauvages! On les admire de loin, on gère nos poubelles et on apprécie que notre ville soit verte!


P.S. On t’invite à visiter le site du Ministère des Forêts, Faune et Parc, il y a une foule d’infos et d’astuces pour décourager les petits mignons de venir dans ta cour!

Par Jennifer, éducatrice-naturaliste

Sources images : Jeffrey Beall, Murray Foubister, Pxfuel

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Qc-Nature
Les bébêtes de plancher, tes colocs avec plus de pattes

Dimanche matin, c’est ben tranquille dans l’appart. Une tache sur ton plancher se met à bouger… vraiment vite! Tu l’as reconnu, c’est Scutigère, ta coloc! Tu te dis que tu devrais apprendre à mieux connaître tous tes colocs…

Dimanche matin, c’est ben tranquille dans l’appart. À ton deuxième café, tu commences à planifier ton après-midi au pot-luck chez Fred. T’es dans la lune, tu fixes rien et t’hésites entre une trempette d’épinards ou une salade d’asperges du Québec. D’un coup, ta réflexion profonde est interrompue. Une tache sur ton plancher se met à bouger… vraiment vite! Tu l’as reconnu, c’est Scutigère, ta coloc! T’es fier de toi, parce que tu ne paniques pas. Heureusement que t’as lu l’article : Scutigère : un pesticide bio.

Tu te dis que tu devrais apprendre à mieux connaître tous tes colocs

Opilion

Surnommé « l’araignée à longues pattes », Opilion est un arachnide doté de huit très longues pattes (étonnamment). Il se distingue des araignées qui possèdent une « taille » qui sépare leur corps en deux portions (le céphalothorax et l’abdomen) alors qu’Opilion est entièrement rond. Complètement inoffensif pour l’humain, c’est un compétiteur de Scutigère et un excellent chasseur… malheureusement pour tes autres colocs!

Lépisme

On l’appelle « poisson d’argent ». Si tu prends le temps de l’observer se déplacer au fond de ton lavabo, tu comprendras pourquoi. On dirait réellement un poisson nageant dans pas d’eau! Il n’a pas d’aile, mesure au maximum 1,5 cm et est recouvert d’écailles grises. Lépisme, c’est ton coloc que tu croises le matin en te levant, quand lui part se coucher. Il est plutôt discret et rarement envahissant. Il se nourrit de restants alimentaires (des miettes), mais peut se contenter de poussière. Il aime aussi la colle à papier, les reliures de livre, le carton et… l’humidité. Si tu veux éviter que Lépisme invite tous ses copains et fonde sa famille dans ton appart, il faut éviter l’excès d’humidité, les fuites de robinetterie et les boîtes de carton humides ou mouillées.

Drosophile

Elle, c’est ta coloc qui est vraiment envahissante pendant quelques semaines et qui disparaît ensuite pour un bon bout, quand t’as fait le ménage du panier à fruits! Cette petite « mouche à fruits » brune aux yeux rouges mesure quelques millimètres de long. Elle est attirée par les fruits, les tomates, le vinaigre, les boissons sucrées, ta bière et tout ce qui fermente! Elle y pondra ses œufs et sera rapidement accompagnée d’une famille très très élargie. Place tes fruits à l’abri, dans des récipients hermétiques ou au réfrigérateur et assure-toi que ton bac à compost est bien fermé. Elle repartira jusqu’à ta prochaine fin de semaine de camping alors que tu auras oublié une banane trop mûre sur le comptoir.

Cloporte

Si t’as pas de cave, Cloporte n’est peut-être pas ton coloc d’intérieur, mais il partage certainement ton espace extérieur sous tes pots de fines herbes ou dans les feuilles mortes. Il apprécie particulièrement la noirceur et l’humidité et pour cause : c’est un crustacé! Il est plus proche du homard que du mille-pattes ou de tes autres colocs. Il est gris ou brun, ne dépasse pas 2 cm et possède sept paires de pattes. Cloporte, c’est ton coloc super gentil. Il ne mord pas, ne pique pas, ne s’attaque pas au bois ou aux tissus, ne transmet aucune maladie, n’est pas attiré par la nourriture et préfère généralement rester dehors. S’il entre trop souvent à l’intérieur, c’est pour t’aviser que tu as un problème d’humidité!

Les autres « squateux »

Tu as possiblement d’autres colocs à multiple pattes qui sont beaucoup moins souhaitables, qui n’ont pas signé de bail et qui ne payent pas leur quittance. Les mites, les charançons, les fourmis (en grand nombre), les blattes, les punaises de lit, sont les principaux « squateux ». S’ils sont présents chez toi, t’es mieux d’en parler avec ton proprio ou de consulter un exterminateur.

Finalement, tu pars avec deux sacs de chips et quelques bières de micro. Pas le temps de cuisiner, trop hâte de rencontrer les nouveaux colocs à Fred!

Sources images : Patrick Roper, Jean-Raphaël Guillaumin, Martin Cooper, Jacques Mignon

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Choix du naturaliste
La saison des canicules

Maximum de 31 degrés Celsius en après-midi, avec un humidex de 45 et des risques d’orages, chaleur accablante… On n’a pas fini de l’entendre celle-là.

Maximum de 31 degrés Celsius en après-midi, avec un humidex de 45 et des risques d’orages, chaleur accablante… On n’a pas fini de l’entendre celle-là. Lorsqu’on enregistre des températures de 30 degrés ou au-delà de ça, pour trois jours consécutifs, on dit qu’on vit une canicule. C’est du moins notre standard canadien*. Pour déterminer ce phénomène météorologique, on doit aussi prendre en considération les températures nocturnes. Par exemple, on parle aussi de canicule s’il fait au-dessus de 20 °C la nuit pour plusieurs jours consécutifs (en milieu urbain, on parle plutôt de 18 °C, voire 16 °C).

Lorsqu’on parle de « chaleur accablante » (Environnement Canada dit souvent ça), c’est qu’on inclut dans le calcul l’humidité contenu dans l’air (le fameux indice humidex) qui joue aussi un rôle dans l’augmentation de la température réelle et celle ressentie.  

Pourquoi ça nous arrive?

Les canicules sont déclenchée par une invasion d’air très chaud dans une région (comme une masse de vent qui vient du sud) ou encore c’est simplement un intense réchauffement de l’air qui, dans les deux cas, provoque une baisse importante de différence thermique entre le jour et la nuit. En gros, le résultat c’est qu’il fait chaud sans cesse et qu’on a aucun répit. C’est parce que la chaleur s’accumule tellement vite près de la surface terrestre et qu’elle ne peut plus s’évacuer de manière efficace. On reste donc pris dans un motton de chaleur jusqu’à ce que Miss météo nous libère.

On aurait tendance à associer les canicules avec le réchauffement climatique extrême que nous vivons présentement. Mais selon les recherches, elles ne sont pas attribuées uniquement à ça. Plusieurs facteurs environnementaux et météorologiques entrent aussi en ligne de compte. Mais entre nous, on ne peut pas trop être surpris de ressentir des chaleurs extrêmes sur une planète qui se réchauffe à la vitesse grand V…

Et qu’est-ce que ça change?

Certains s’en passeraient, d’autres ne vivent que pour sentir le soleil chauffer (brûler) leur peau, mais pour une partie de la population (celle qu’on dit « à risque »), les canicules, c’est un big deal. C’est fait connu que lors de périodes de chaleur intense, on observe plus de coups de chaleur, de troubles cardiovasculaires et respiratoires, et même plus de décès. En ville, les effets de la chaleurs sont accentués par les îlots de chaleur** et les impacts sont encore plus grands sur la santé humaine. Mais on n’est définitivement pas les seuls à en souffrir. D’abord les animaux aussi ont chaud, suent leur vie (ou pas) et si c’est too much, les impacts pour leur survie sont importants. Les plantes aussi peuvent subir des stress thermiques qui peuvent affecter leur croissance ou encore, les tuer.

Les canicules peuvent favoriser les feux de forêt, l’assèchement des milieux humides ou la dessiccation du sol, qui peuvent entraîner une forte érosion. La prolifération de certains types de microbes pathogènes ou d’algues est accentuée par la chaleur extrême et peuvent affecter les milieux aquatiques et faire mourir les organismes qui y vivent en temps de canicule.  

Et par dessus le marché, les températures élevées des canicules augmentent le taux de particules en suspension dans l’air, favorisant ainsi la pollution aérienne et du même coup, les chances de smog.

Nos canicules made in Quebec

Entre le 29 juin et le 5 juillet 2018, le Québec a été frappé par une des pires canicules de son histoire. Sept jour de pure chaleur, comme si on était direct sur le soleil, plusieurs décès, des milliers de Québécois suants rouges comme des homards : à Montréal, la moyenne des températures maximale durant cette période flamboyante était de 33,7 °C. Outch.

Le mois de juin 2020 nous a aussi offert de belles canicules consécutives, en prévision d’un été qui s’annoncait (et qui est) lui aussi, pas mal brûlant. Juillet n’a pas non plus donné sa place : 12 jours à plus de 30 °C dans la région de Montréal. C’est sans dire que dans le sud de la province, plus de 50 records de température ont été fracassé pendant le mois de juin dernier.*** Et c’est pas fini… Crois-nous, on n’est pas prêt d’arrêter de parler des canicules, on ne fait que commencer.

Si tu comptes profiter de la canicule à 100 %, oublies pas ta crème soleil et ton éventail, ça va chauffer!

NOTES

* La définition d’une canicule est relative au climat de la région étudiée. En effet, une canicule ici ne sera pas la même qu’une canicule au Mali, en plein cœur du Sahara, par exemple.

** À cause de leur présence et des effets des îlots de chaleur, les canicules sont plus fréquentes dans les grands centres urbains. Les joies de la ville, comme on dit…

*** Depuis le début de l’année 2020, les records de températures sont nombreux. Le Québec est passé d’un extrême à l’autre, et ce, dans toutes les régions. On parle ici de records de froid (oui, oui), mais plusieurs records de chaleur, quotidiens et mensuels.

Sources images : Piqsel, Yves Bernardi, Michael

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Vedette du mois
Les fourmis : à chacun son métier

Tu as probablement déjà observé un rang de fourmis qui se suivent ou tu as peut-être le souvenir de la fois où tu t’es assis sur une fourmilière. Comme elles sont très communes, on prend souvent les fourmis pour acquis.

Tu as probablement déjà observé un rang achalandé de fourmis qui se suivent ou vu le film d’insectes révolutionnaires FourmiZ ou tu as peut-être même le mauvaise souvenir de la fois où tu t’es assis directement sur une fourmilière. Comme elles sont plus que communes (on parle ici de l'insecte le plus nombreux sur la planète*), on prend souvent les fourmis pour acquis. Et pourtant…

D’abord, leur nombre compense pour leur petite taille. Ces hyménoptères (ordre qui inclut aussi les abeilles et les guêpes) font en général entre 0,75 et 50 mm de long**. Les fourmis sont aussi les témoins vivants que l’union fait définitivement la force. Et mine de rien, elles travaillent fort, non seulement pour leur propre bénéfice, mais elles sont à l’ouvrage pour les écosystèmes aussi.

Elles se nourrissent entre autre de matière organique et que certaines espèces font leur nid dans le bois, elles participent à accélérer la décomposition de la matière (comme les vers et les autres décomposeurs). Elles sont partie de la chaîne trophique, comme proie, mais aussi comme prédatrice. Leurs innombrables galeries contribuent à l’aération du sol et tout le déplacement de particules pour les créer permet de labourer le sol de manière naturelle. Sans parler qu’elles sont aussi des pollinisateurs importants. La liste des services écosystémiques rendus par les fourmis est assez longue.

Fourmi noire gâte-bois

Parce qu’elles vivent en colonie hautement organisée, on dit des fourmis qu’elles sont des insectes sociaux***. Dans la fourmilière, on peut trouver des milliers d’individus qui sont généralement divisés en trois castes (ou catégories) de fourmis : les reines, les mâles et les ouvrières. Chacune de ces castes ont des caractéristiques physiques distinctes et des rôles à jouer au sein du groupe. Les reines pondeuses sont beaucoup plus grosses que les ouvrières qui elles, peuvent avoir de vraiment grosses mandibules et les mâles sont ailés. Les différences morphologiques dans une même espèce sociale s’apparentent au phénomène du polyéthisme de caste. C’est quoi ça? C’est la division du travail. Ces adaptations selon les castes permettent aux individus d’être plus performants dans ce qu’ils ont à accomplir.

On voit ici des fourmis (Labidus praedator) d’une fourmilière, ayant des morphologies différentes au sein même d’une caste. Ces ouvrières, spécialisées pour des tâches différentes, ont des têtes de grosseurs différentes.

Qui fait quoi?

Lorsque la reine, a.k.a. Mother of dragons, crée une colonie, elle pond quelques œufs dont elle s’occupe elle-même. Elle produit des œufs nutritifs pour nourrir les premières larves (en cas de besoin, cette jeune reine peut elle aussi manger ces œufs nutritifs). Une fois au stade adulte, les ouvrières du premier couvain prennent le relais pour s’occuper des œufs suivants et ainsi de suite. La reine n’aura ensuite pour fonction que de pondre et pondre et pondre et pondre.

Les larves de fourmis n’ont pas de pattes, elles sont donc dépendantes des adultes de la colonie. Les ouvrières, qui ne pondent pas, ont pour objectif de maintenir la colonie. En plus de s’occuper des couvains, elles veillent à l’approvisionnement en nourriture, s’occupent des soins de la reine, construisent des galeries et assurent la défense de la fourmilière. Les mâles, quant à eux, ont l’unique fonction de féconder la reine. Ils meurent peu de temps après l’accouplement : une vie courte, mais productive.

Comment la reine fait-elle pour pondre sans cesse?

Excellente question. La reine, généralement beaucoup plus grosse que les ouvrières, a un sac dans son abdomen, la spermathèque, dans lequel elle conserve la semence des mâles en vie en produisant une substance nutritive. Cela lui permet de pondre des milliers d’œufs sans avoir de nouveau contact avec des mâles. Et ce, sur plusieurs années. #girlpower

Les fourmis sont omnivores. On pourrait croire qu’elles sont xylophages (qui se nourrissent de bois), carnivores ou détritivores, mais en réalité, elles ne sont pas difficiles. Elles raffolent de miellat, un liquide sucré produit par les pucerons****, mais aussi des œufs d’insectes et des morceaux de plantes. (Une fois dans nos maisons, elles chassent nos colocs indésirables et mangent tout ce que nous pouvons manger…). Les fourmis ouvrières ont deux estomacs. Un est très grand (qu’on appelle le jabot social) où la nourriture ingérée est maintenue sous forme liquide pour être partagées avec la reine et les larves.

On rencontre chez les milliers d’espèces de fourmis des comportements fascinants, uniques dans le monde des insectes. C’est ce qui fait le charme de ces petites bibittes. Mais le charme ce n’est pas tout. Les succès indéniable des fourmis repose sur leur opportunisme alimentaire, sur leur complexe organisation et sur la communication entre les individus pour assurer leur capacité à résoudre des problèmes complexes. Sans parler de leurs adaptations physiques permettant la spécialisation maximale et la compétence de chacune des p’tites fourmis. Comme on dit : la chaîne est aussi solide que son maillon le plus faible.

NOTES

* On estime la population de fourmis de la Terre à environ un milliard de milliard…

** Plus grosse fourmis jamais trouvée est une espèce fossile dont la reine mesurait environ 6 cm de long… Les plus grandes ouvrières appartiennent à l’espèce Dinoponera quadriceps et font un considérable 3 cm de long. Cette espèce n’a pas de reine, certaines ouvrière dans la colonie se reproduisent. C'est pourquoi elles sont plus grosses que des ouvrières infertiles.

*** Beaucoup d’insectes ont choisi cette approche communale pour augmenter leurs chances de survie. Les abeilles, les termites, les guêpes. On t’en parle ici.

**** La relation entre les fourmis qui mangent le miellat, les pucerons qui le produisent et les coccinelles qui chassent les pucerons est un exemple parfait des multiples relations interspécifiques qu’on trouve dans la nature. On t'explique ce trio en détails ici.  

Sources images : Melissa McMasters, Alexander Wild, Ryan Hodnett

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Choix du naturaliste
D’autres menacées

Qu’on en commun le ginseng à cinq folioles, l’érable noir, l’adiante du Canada, la fougère à l’autruche, la sanguinaire et le trille blanc? Mis à part d’être des plantes du Québec, elles ont toutes un statut particulier.

Qu’on en commun le ginseng à cinq folioles, l'érable noir, l'adiante du Canada, la fougère à l’autruche, la sanguinaire et le trille blanc? Mis à part d’être des plantes du Québec, elles ont toutes un statut particulier*. Juste pour le fun d’en parler et ainsi peut-être mettre un baume sur leur situation parfois pas mal plate, on a voulu honorer leurs cousines et te présenter quelques autres de nos plantes menacées.

L’orme liège

C’est à cause de l’apparence noueuse de son tronc qu’on l’appelle l’orme liège. Ses branches sont couvertes de crêtes. Il pousse dans les espaces ouverts, les escarpement rocheux et même dans les dallages. Nous nous situons à la limite nord de son aire de répartition, c’est entre autre pourquoi on en trouve très peu au Québec. Le développement urbain et agricole, les coupes et des facteurs climatiques sont les problématiques principales pour cet arbre. En plus, ils sont vulnérables à la maladie hollandaise de l’orme.

L’aster d’Anticosti

L’aster d’Anticosti est une herbacée à fleurs composées violettes. Au Québec, on ne la trouve que sur l’Île d’Anticosti, aux abords du lac Saint-Jean et en Gaspésie. Cette plante pousse sur les terres inondées lors des crues annuelles. Cette zone est vulnérable à la construction de grands barrages causant une immense perte d’habitat. En plus des espèces envahissantes, du broutage par le cerf de Virginie, de la modification et l’exploitation des rives. Et on ajoute à ça, le hasard du cycle hydrologique des rivières.

Le polystic des rochers

Le polystic des rochers est une petite fougère qui adore les crevasses des escarpements, des milieux rocheux et secs. En fait, au Québec, il pousse seulement qu’au mont Albert, dans le parc national de la Gaspésie, au-dessus de la limite des arbres. C’est une espèce typique de l’Ouest américain avec une population satellite ici, au Québec, 3500 km plus loin. Le polystic est menacé à cause de la rareté de son habitat. De plus, le nombre d’individus est très bas, ce qui peut limiter la dispersion et son succès génétique.

On ajoute à ça, l’ail des bois, l’asaret du Canada, les uvulaires, l’asclépiade de l’intérieur, la verveine simple et un tas d’autres. Et ce n’est qu’une petite partie des plantes qui subissent des pressions naturelles et anthropiques mettant en jeu leur survie. C’est un « pensez-y bien »…

NOTES

* Au Québec, les plantes peuvent avoir différents statuts, celui de menacé, de vulnérable (tout court) ou vulnérable à la récolte. On aussi une liste de plus de 500 plantes (vasculaires et invasculaires) susceptibles d’avoir, dans un futur proche, un statut particulier.

Sources images : Peter M. Dziuk, Donald Cameron, Sheri Hagwood

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