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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Les amphibiens : toxiques ou comédiens

« Est-ce qu’on trouve des grenouilles venimeuses au Québec? » Cette question, on se la fait poser tellement souvent… Et la réponse, c’est non. Il n’y a aucun danger pour toi avec nos grenouilles.

« Est-ce qu’on trouve des grenouilles venimeuses au Québec? »

Cette question, on se la fait poser tellement souvent… Et la réponse, c’est non. Il n’y a aucun danger pour toi avec nos grenouilles, et même, on pourrait dire avec tous nos amphibiens québécois*. Mais, attention, on n’a pas dit aucun danger pour les prédateurs d’amphibiens.

À moins que tu aies envie de te mettre une rainette sous la dent, tu devrais sortir indemne de ta prochaine randonnée dans un milieu humide. Les amphibiens sont inoffensifs pour nous, les humains. Mais, pour échapper aux pressions de la prédation, les amphibiens ont quelques tours dans leur poche. Ce n’est pas tout d’être visqueux et de savoir chanter, il faut aussi survivre.  

Ne pas croquer les rainettes versicolores, svp.

D’abord, nos grenouilles sont des expertes en camouflage. Leurs couleurs dernier cri sont en parfaite harmonie avec leur environnement. Difficile de repérer une grenouille léopard dans les plantes aquatiques, un crapaud dans la litière forestière, ou encore une rainette versicolore dans le feuillage ou sur le tronc d’un arbre. Cette rainette, pour maximiser ses chances de survie, peut changer de couleur en quelques minutes, passant du vert au gris et vice-versa. C’est notre caméléon local. Et en plus de leurs couleurs agencées, on doit souligner que la plupart de nos amphibiens sont très petits, comme la salamandre à quatre orteils (qui fait rarement plus de 8 cm de long) et la rainette faux-grillon de l’Ouest et la rainette faux-grillon boréale qui font 3,5 cm gros max, soit à peine plus gros qu’un 2 $.

Le crapaud d’Amérique possède deux glandes à venin (ou glandes parotoïdes) sur son cou juste derrière ses yeux qui sont un excellent moyen de défense contre ses prédateurs, comme les ratons laveurs, les moufettes et les couleuvres. Ces glandes produisent une substance toxique blanche qui a un goût prononcé. On a déjà comparé ça à prendre une tasse de sauce tabasco d’un coup… De quoi faire écumer un prédateur pendant plusieurs heures (ou plusieurs jours, selon leur tolérance à la bouffe épicée) et de lui apprendre une bonne leçon. Le venin agit aussi sur le système nerveux de l’animal et peut créer des vomissements et des convulsions.

Nos salamandres sont les pro des poisons**. Quelques unes de nos espèces produisent des sécrétions cutanées déclenchées en présence de danger. Dans le cas de la salamandre maculée, la sécrétion est visqueuse, un argument additionnel pour dissuader ses prédateurs. La salamandre à points bleus, quand elle sent le danger, elle remue sa queue qui sécrète une toxine noire. Elle colle ensuite sa queue sur son corps, peut-être pour s’enduire du liquide. Après un tel display de toxicité, il faudrait être un prédateur bien imprudent pour la croquer tout de même.

Une micro salamandre à quatre orteils

Les salamandres sombres (du Nord et des montagnes) et les salamandres à quatre orteils n’ont pas de défense chimique comme leurs cousines, elles ont plutôt élaboré un spectacle bien particulier pour leurs prédateurs. Juste au bon moment, la salamandre peut détacher l’extrémité de sa queue qui continue de gigoter vigoureusement par terre. Ce bacon de queue, c’est la parfaite distraction pour le prédateur, ce qui donne amplement le temps à la petite salamandre de prendre ses mini jambes à son cou. On a déjà observé la salamandre à quatre orteils « faire le mort », une autre interprétation haute en couleur, digne d’un oscar.

Les amphibiens d’ici, qui sont bien loin d’être dangereux pour les humains***, sont plutôt ceux qui devraient être effrayés. L’étalement urbain, l’assèchement de milieux humides, la fragmentation, la disparition et la diminution de leurs habitats ainsi qu’un taux de plus en plus important de polluants dans l’eau, ça, ce sont les véritables poisons, et ce sont les amphibiens qui en souffrent, pas nous.

NOTES

* Et si tu veux tout savoir, de nos huit espèces de couleuvres (qui ne sont pas des amphibiens, mais bien des reptiles), aucune n’est venimeuse, ne lance, éjecte ou crache du poison, n’a envie de te mordre ou encore, de te courir (ramper) après.

** Les salamandres partagent le spotlight des juteuses de poisons avec le triton vert, un autre de nos amphibiens, qui produit lui aussi un liquide toxique sécrété par sa peau.

*** Il est à noter qu’il existe des espèces de grenouilles exotiques beaucoup plus toxiques que tous nos amphibiens du Québec. Au seul contact de la peau de la grenouille jaune, qui vit en groupe dans les forêts colombiennes, un humain peut ressentir une intense sensation de brûlure et ce, pour plusieurs jours. On dit que c’est la grenouille la plus toxique au monde. Rien de moins.

Sources images : US Fish & Wildlife Service, Peter Paplanus

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Choix du naturaliste
Des pères extraordinaires de la nature

À la veille de la fête des pères, c’est le moment idéal de mettre le spotlight sur les papas merveilleux du royaume animal qui prennent soin de leurs poussins comme de la prunelle de leur yeux.

Spécial fête des pères

On t’as déjà présenter les mères extraordinaires de la nature, maintenant, à la veille de la fête des pères, c’est le moment idéal de mettre le spotlight sur les papas merveilleux du royaume animal qui prennent soin de leurs poussins comme de la prunelle de leur yeux.

Le crapaud buffle africain

On trouve ce papa trop cool dans le sud du continent africain. Bien qu’en apparence ce crapaud semble bien ordinaire, son dévouement le rend bien spécial. L’énergie investie dans les soins parentaux du mâle est impressionnante (et hors du commun). La reproduction a lieu lors de la saison des pluies, alors la femelle pond ses œufs dans une petite flaque d’eau peu profonde et temporaire, le mâle veille ensuite sur la portée. Après l’éclosion des œufs, il doit protéger les têtards des prédateurs, mais il doit maintenir un certaine quantité d’eau dans la flaque et une température adéquate. Il creuse donc avec ses pattes arrières dans la boue pour créer des canaux entre les différentes flaques avoisinantes. Cela permet un apport en eau pour maintenir la température de l’eau et éviter la dessiccation. En plus, les têtards suivent éventuellement ces canaux vers des plus grandes étendues d’eau. Cet investissement du mâle est récompensé par un taux de survie très haut des larves et des têtards, et donc un succès important.

Le renard roux

Les renards roux mâles sont des papas indulgents, et c’est ce qui les rend extraordinaires. T’sais quand ton père te prêtait quand même son auto après t’avoir dit non deux fois, c’est un peu la même chose.  Le renard aime jouer et taquiner les petits, comme la plupart des papas. Alors que les renardeaux sont jeunes, le mâle chasse tous les jours, offrant un service de livraison de nourriture à la tanière pour les petits et leur mère. Après environ trois mois, le fun est fini : plus de nourriture gratuite! L’arrêt du nourrissage est une astucieuse tactique pour que les petits quittent la tanière. Mais, loin d’être un sans cœur, le papa renard enterre de la nourriture près de la tanière pour les aider à apprendre à renifler et à chercher de la nourriture. Merci papa!

Le tamarin-lion doré

Il n’y a pas seulement leur pelage de feu qui rendent les tamarins-lions trop parfaits, mais aussi la relation qui unit les mâles et les petits qui sort de l’ordinaire. Ces petits singes du Brésil vivent en groupes familiaux. Alors que les petits singes n’ont que quelques semaines, ce sont les mâles qui les transportent sur leur dos 24/7. Généralement chez les primates, ce sont les femelles qui jouent le rôle de l’accompagnateur pour les petits. Ici, le papa retourne le petit quelques fois par jour à la femelle pour l’allaitement et hop, le bébé retourne en sécurité sur le dos du mâle. À quatre semaines, les petits commencent à manger des aliments mous, et c’est le travail du père de peler et écraser les fruits et de les nourrir à la main. #dadgoal

L’hippocampe

Les mâles hippocampes ne déplacent pas de montagnes pour leurs petits, mais presque. Ils font, en d’autres mots, l’impossible. #above&beyond Ils sont l’une des seules espèces du règne animal connue où c’est le mâle qui porte les petits! La femelle dépose ses œufs dans la poche du mâle, puis il les féconde. Il fournit aux œufs de la prolactine, la même hormone responsable de la production de lait chez les mammifères gravides (qui porte un embryon dans leur corps). Tout au long de la gestation, la femelle rend visite au mâle pour un petit coucou quotidien. L’incubation dure entre 20 et 45 jours, selon les espèces, puis naissent des centaines de minuscules hippocampes*. Lorsque les alevins sont prêts à naître, le mâle les expulse grâce à des contractions musculaires. Il donne naissance généralement la nuit et le matin suivant, il est frais et dispos, prêt pour le prochain lot d’œufs lorsque madame revient. Ça niaise pas.

NOTES

* Pour la plupart des espèces d’hippocampe, le nombre de petits incubés par le mâle varie entre 100 et 1 000 en moyenne. Le nombre peut toutefois être aussi faible que 5 et aller au-delà de 2 500.

** On n'a pas oublié les mamans. On t’en parle juste ici.

Sources images : Larry Lamsa, Jeroen Kransen,

Sources vidéo : Nature (PBS), Smithsonian

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Qc-Nature
Les animaux transpirent-ils?

Le Soleil brille, aucun nuage en vue, il fait chaud. Tu rentres à la maison après de ton plogging matinal, et en traversant l’îlot de chaleur qu’est le stationnement de l’épicerie, tu sens que ta moustache dégouline.

Le soleil brille, aucun nuage en vue, il fait chaud. Tu rentres à la maison après de ton plogging matinal, et en traversant l'îlot de chaleur qu’est le stationnement de l’épicerie, tu sens que ta moustache dégouline. Une perle d’eau descend dans ton cou et tu peux imaginer que ce qui se passe sous tes bras ressemble à ce qui se passe sur le Maid of the Mist à Niagara.


Suer (ou le phénomène de la sudation) pourrait être défini comme la production et l’évacuation par les pores de la peau de la sueur, un liquide biologique salé produit par les glandes sudoripares. Dans notre vie quotidienne, ça se traduit par des wet-spots sous les bras et une sensation swampy dans tes bas. Un cauchemar pour certains, une extension de leur personnalité pour d’autres. Mais pour tous les humains, la sudation permet de réguler la température de notre corps en évaporant la sueur.*

La question qui se posent, sachant que suer c’est méga important pour les humains pour pas tomber dans les pommes quand il fait chaud, est-ce que les autres animaux transpirent comme nous?

As-tu-chaud?

Les mammifères suants

Les humains sont des mammifères (on fait juste te le rappeler au cas où tu aurais oublié) et comme nous, la plupart des autres bêtes à poils ont des glandes sudoripares**. Mais contrairement à nous, les autres mammifères en ont pas mal moins (sauf peut-être les autres primates et les chevaux). Ils suent donc, mais beaucoup moins que nous. C’est pourquoi il n’y a pas de wet-spots sur le petit onzie de ton pug.

Plutôt que de devenir suintant pour réguler leur température corporelle, les mammifères ont d’autres techniques. Les canidés (la famille des renards, coyotes, chiens, etc.) et les ratons laveurs halètent. Ça permet d’expulser de l’air chaud de leur bouche et d’évaporer de l’eau de leur langue. Les hippos et les cochons se roulent dans la bouette pour se rafraîchir. Quand l’eau contenue dans la boue s’évapore, elle emporte avec elle de la chaleur. Clever!

Les oreilles des lièvres et des écureuils (et de bien d’autres mammifères) sont traversées de plein de vaisseaux sanguins (on dit qu’elles sont très vascularisées). Lorsque le sang y circule, il dissipe sa chaleur à travers la parois mince de la peau. C’est un avantage d’avoir des parties du corps avec un peu moins de poil. En plus, les mammifères muent au printemps et leur poil d’été, plus léger, est très efficaces pour conserver l’air frais (contrairement à leur fourrure d’hiver qui conserve la chaleur).  

Si rien de tout ça fonctionne pour éviter les coups de chaleur, pour abaisser leur température, les mammifères vont se trouver un endroit frais, à l’ombre et ils vont prendre une pause, un peu comme nous.

Les autres animaux

Bien qu’ils ne soient pas couverts de poil, les autres animaux aussi souffrent parfois de la chaleur. Les oiseaux, qui n’ont pas de glandes sudoripares doivent trouver refuge à l’ombre de la canopé, très haut dans les arbres pour profiter du vent, ou encore se tremper les pattes dans les flaques d’eau. Comme elles ne sont pas couvertes de plumes isolantes, les pattes des oiseaux évacuent beaucoup de chaleur. Et si c’est insuffisant, pourquoi pas s’ébouriffer les plumes dans l’eau pour laisser les gouttes se rendre jusqu’à leur peau?

Les animaux à sang froid, comme les tortues, les serpents, les amphibiens et les insectes ne suent pas. Ils sont dépendants du milieu ambiant pour réguler leur température corporelle. Alors quand il fait méga chaud, pour éviter un trop plein de chaleur, ces animaux recherchent l’ombre, l’eau ou encore des cachettes souterraines.

Chez les plantes

Et oui! Les plantes transpirent. Évidemment, elles n’ont pas de glandes sudoripares, mais elles peuvent évacuer de l’eau par leurs feuilles et ce phénomène a pour fonction, entre autre, de rafraîchir la plante! Ce mouvement de l’eau de l’intérieur de la plante vers l’extérieur influence le mouvement de la sève dans les vaisseaux des végétaux. En expulsant la vapeur d’eau, cela crée une tension qui permet à la sève brute de monter dans la tige ou le tronc de la plante, vers les feuilles. Avec la vapeur d’eau, d’autres gaz peuvent aussi être expulsés, certains qui permettent entre autre aux plantes de communiquer entre elles. Oui, oui! On est pas devenu fous, on t’explique tout ça ici. Et toute cette eau, crée l’évapotranspiration qui fait partie intégrante du cycle de l’eau dans plusieurs régions du monde où on trouve beaucoup de plantes, comme en Amazonie.  

Alors, la prochaine fois qu’une goutte glisse le long de ton visage parce que tu sues ta vie, tu pourras avoir une pensée pour tous les autres êtres vivants de la planète, qui comme ton corps, doivent supporter la chaleur d’une manière ou d’une autre. Encore une fois, bien qu’on ne se ressemble pas, animaux (des insectes aux bisons, en passant par les corneilles et les tortues) et végétaux, aussi petits soient-ils, on vit souvent les mêmes struggles!

NOTES

* Il pourrait y avoir d’autres fonctions biologiques reliées à la sudation, comme, par exemple, l’abaissement du taux d’adrénaline dans le corps, mais c’est pas tout à fait certain.

** Certains mammifères comme les baleines ont très peu (ou pas) de glandes sudoripares puisque leur milieu de vie, l’eau, et leurs autres adaptations corporelles leur permettent de maintenir une température corporelle adéquate, la plupart du temps.

Sources images : Tambako The Jaguar, PxHere

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Vedette du mois
Le castor, semi-aquatique, mais complètement cool

À partir de ses pattes palmées, jusqu’au bout de sa queue plate en passant par son impressionnante dentition, le castor est un exemple parfait de l’impressionnante ingénierie de la nature.

À partir de ses pattes palmées, jusqu’au bout de sa queue plate en passant par son impressionnante dentition, le castor est un exemple parfait de l’impressionnante ingénierie de la nature. En plus de son physique de rêve, le castor est un constructeur hors pair, un technicien en aménagement sans égal, mais aussi un rongeur canadien avec des belles valeurs familiales. Vraiment, un fier représentant de la faune extraordinaire de notre grand pays. Alors, pourquoi pas célébrer le 1er juillet avec un portrait bien mérité de notre emblème nationale bien aimé (ou presque).

Miam miam

Castor constructeur

Quand vient le temps de parler de construction, le castor a le savoir faire d’une maître d’oeuvre, de quoi rendre jaloux tous les architectes de ce monde. D’abord, lorsqu’un castor s’installe sur un cours d’eau, il y construit un barrage. Cette fameuse construction de bois, de roches et de boue freine le débit de l’eau et crée, ce qu’on appelle communément un étang à castor. Les berges du cours d’eau s’inondent et le plan d’eau s’agrandit. En inondant ainsi une partie de la forêt, le castor facilite le transport des troncs d’arbres pour sa réserve de nourriture, qu’il accumule au fond de son étang. Et quand les réserves viennent à manquer aux alentours, le castor creuse des chenaux dans la forêt pour aller collecter sa nourriture. En plus de ses infrastructures complexes, il construit aussi sa hutte. Ce somptueux condo de bois en dôme (un 4½ qui comprend des chambres de repos, un espace d’alimentation et même des entrées d’air frais dans la partie émergée et des sorties multiples sous l’eau) est couvert d’une couche de boue séchée que même les griffes du carcajou ne peuvent pas détruire.

On dit du castor qu’il est une espèce clé de voûte (comme les pics et les vers de terre). Les zones inondées qu’il crée profitent à d’autres espèces comme les canards branchus, les pics et des hiboux qui nichent près des étangs à castor, et sont aussi favorables pour plusieurs espèces de poissons et pour les insectes qui vivent dans le bois mort. De plus, les chenaux du castor réduisent les chances de sécheresse en forêt et son barrage filtre l’eau. Il fabrique (maintient et entretient) à lui seul des écosystèmes entiers et riches en biodiversité. Bien joué.

Un animal de famille

Le castor a des belles valeurs qu’il partage avec ses petits, qui grandissent dans une cellule familiale bien soudée. Les couples de castor sont généralement unis pour la vie, ils sont donc monogrammes, contrairement à plusieurs autres rongeurs et ils restent en groupes familiaux pour plusieurs saisons, voir pour toute leur vie! Ils construisent ainsi en équipe leur hutte et leur barrage (team building…). On retrouve au sein de la cellule familiale les deux parents, les petits de l’année, bien à l’abri dans les chambres de la hutte et les juvéniles. Ces derniers restent avec leurs parents jusqu’à 2 ans. Pendant leur deuxième été, ils contribuent aux réparations du barrage, de la hutte ou des chenaux. Ils participent aussi à la collecte et à la coupe de nourriture. En aidant les adultes, les apprentis constructeurs observent et apprennent les rudiments de la vie de castor, visant pour leur futur, le plus grand succès possible.

Pour s’assurer du confort et de la sécurité de tous, les castors communiquent entre eux par diverses vocalisations. Quand un danger est repéré aux abords de l’étang, le castor tape l’eau avec sa queue plate. Le bruit, qui peut être entendu sous l’eau et à l’extérieur, alerte les autres castors qui se réfugient dans la hutte sans attendre.

Adaptations semi-aquatiques, mais complètement cool

Le castor n’est pas un petit animal. On constate la surprise quand on compare son poids à celui d’un lynx ou encore sa longueur à celle d’un Poodle. Le castor est le plus gros rongeur en Amérique du Nord et bon second dans le monde, juste derrière le capybara. Et il n’y a pas que son gabarit qui impressionne. Son set de dents est aussi dans le livre des records de la nature : ses incisives (les dents en avant de la mâchoire), recouvertes d’un émail orange pour les durcir, sont en constante croissance. En frottant ses dents d’en haut avec celle d’en bas, le castor est capable de les garder coupantes comme des ciseaux (on se met pas les doigts là, ok?). Tranchantes et solides, elles sont parfaites pour gruger, même les plus gros arbres.

Quoi de plus? Pour satisfaire son mode de vie semi-aquatique, en plus de ses pattes arrières palmées et de sa fourrure imperméable, comme celle de la loutre de rivière, il possède une lèvre derrière ses dents, ce qui lui permet de fermer sa bouche dans l’eau, tout en transportant du bois entre ses dents. Et pour faciliter ses déplacements dans l’eau, le castor à une troisième paupière transparente qui agit comme des lunettes de plongée.

Avec toutes ces adaptations physiques, ces qualités d’espèce clé de voûte et de constructeur d’écosystèmes et les avantages de sa vie de groupe, on peut vraiment dire que le castor, il est incroyable. Respect mother nature.

Sources images : Jean Beaufort, Wiki, Jean Beaufort

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Ailleurs
Démystifier les cétacés

Oh quelle aventure nous avons eu ce printemps avec la visite exceptionnelle d’une baleine à bosse dans la partie fluviale du Saint-Laurent! Cette baleine nous aura rappelé que les cétacés sont des animaux encore mystérieux.

Oh quelle aventure nous avons eu ce printemps avec la visite exceptionnelle d’une baleine à bosse dans la partie fluviale du Saint-Laurent! Cette baleine aura soulevé les foules et réveillé des passions, mais surtout, elle nous aura rappelé que les cétacés sont des animaux encore mystérieux et mal connus. Alors aujourd’hui, on retourne à la base et on se rappelle les principales catégories de cétacés.

D’abord, sache qu’on appelle souvent les baleines des « mammifères marins » et que bien que cette expression soit juste, elle ne fait pas référence qu’aux baleines. Elle inclut aussi les phoques, les morses, les loutres et toutes sortes d’autres mammifères qui vivent dans la mer.

Ensuite… le mot baleine. Il fait référence aux cétacés, un ordre de mammifères aquatiques à la nageoire caudale (la queue!) horizontale. On trouve dans ce groupe les plus grands et les plus gros animaux qui ont existés sur notre planète. N’en déplaise aux gestionnaires du Parc Jurassique, une baleine bleue, c’est presque 2 fois plus immense que la moyenne des plus gros dinosaures qui auraient existés sur la Terre.

Alors, nos gros cétacés, on les divise en deux sous-ordres : les mysticètes et les odontocètes.

Les mysticètes, les géants tranquilles

Les mysticètes, ce sont les baleines à fanons. Les fanons, ce sont des dents modifiées. Pour manger, les mysticètes filtrent leur nourriture avec leurs fanons.

Elles peuvent être des « engouffreuses », comme les rorquals (petit, commun, à bosse et bleu). Comment ça se passe? Elles repèrent un banc de petits poissons ou de krill et n’en font qu’une bouchée! L’eau alors prise dans leur bouche et leur gorge est poussée par leur langue et sort par leur bouche (pas sur le dessus de leur tête… ça, c’est leur évent : leur narine!). Imagine ton p’tit cousin Jérémie qui fait la fontaine sur le deck de la piscine en faisant sortir de l’eau entre ses dents. C’est exactement le même processus que les baleines à fanons. Jérémie pousse avec sa langue sur l’eau dans sa bouche pour mettre de la pression et faire sortir des jets d’eau entre ses nouvelles dents d’adulte pas encore toutes poussées… Les rorquals font pareil. La nourriture reste alors prise dans les fanons et la baleine avale tout rond ses petites proies! Pour aider à engouffrer, les rorquals ont une peau en accordéon sur leur gorge qui s’étire pour faire entrer un maximum d’eau et de proies. C’est très musclé et bien vascularisé et des fois, quand elle s’alimentent à la surface, on voit cette gorge qui devient toute rose car elle travaille très fort!

Une belle gang de baleines à bosse qui engouffrent à gorge déployée

Si elles ne sont pas engouffreuses, les baleines à fanons sont appelées « écumeuses ». Ces dernières, comme la baleine noire, nagent à la surface et filtrent la nourriture au fur et à mesure qu’elles avancent, sans prendre de bouchée, à proprement parlé. Pour que la nourriture entre bien dans leur gueule, leur bouche est toujours un peu ouverte et ces baleines très peu (ou pas du tout) de fanon à l’avant… Un peu comme Jérémie quand il a perdu ses deux palettes! L’eau ressort sur le côté, où se situent de looooongs fanons pouvant faire jusqu’à 1,5 m de haut!

Les ondontocètes, les chasseuses

Les ondontocètes sont aussi appelées baleines à dents! Les cachalots, TOUS les dauphins, les épaulards et les beaux bélugas blancs font partie de ce groupe. Ces baleines chassent et doivent être pas mal plus rapides sur le piton que leurs consœurs à fanons pour trouver leur souper! Avec leurs dents, elles attrapent leur nourriture et l’avale tout rond.

C’est des belles dents d’odontocète ça!

De façon générale, les odontocètes sont plus petites que les baleines à fanons. Elles ont aussi un melon qui les aide à trouver les proies et communiquer avec des cliquetis.

Parlons un instant du cachalot. Une énorme baleine qui opte pour une technique de chasse un peu différente. Pour attraper ses proies, le plus souvent des calmars géants, le cachalot s’hyperventile à la surface en prenant des fois jusqu’à 15 grands respires. Ensuite, il bascule pour couler à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Comment les cachalots font pour ne pas devenir des raisins secs sous toute cette pression? Ah ben ça,on t'explique ça ici! La baleine attend sa proie dans le fond de l’eau pendant 20 à 30 minutes (le record est de 120 minutes!). Puis, une fois son repas avalé, elle retourne à la surface exactement au même endroit d’où elle a plongé. Alors, si la vie fait en sorte que tu te retrouves au milieu de l’estuaire du fleuve, en zodiac et qu’on te dit : « on vient de voir un cachalot plonger! », premièrement, énerve-toi parce que c’est assez rare, puis, prends ça relaxe pendant une vingtaine de minutes pour la voir remonter, parce que c’est pas donné à tout le monde de voir un cachalot, deux fois!

Pour finir, on rappelle que les dauphins sont bel et bien des baleines, les fanons sont des dents modifiées et que les cétacés sont des mammifères. Et si tu as peur de se faire avaler par une baleine bleue, on te rassure, les chances sont aussi minces que son œsophage qui te laisserait à peine passer à quatre pattes!

Sources images : Jersey Gal, Pikrepo

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