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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Qc-Nature
Les insectes, les pros de la vie en groupe

Dans la nature, la vie en groupe a plusieurs avantages. Ça rend plus simple la recherche de nourriture, la construction d’un nid, ça diminue l’effet de la prédation… Des insectes, pas plus fous que les autres, en profitent aussi!

Dans la nature sauvage, la vie en groupe a plusieurs avantages qu’on connaît déjà. Ça rend plus simple la recherche de nourriture, celle de partenaires, la construction d’un nid ou d’un abri, la sécurité, ça diminue l’effet de la prédation… Vraiment, pourquoi on s’en passerait? Et bien, des insectes, pas plus fous que les autres animaux, en profitent aussi. Les blattes, les gendarmes, des criquets, certaines chenilles qui font de gigantesques tentes de soies, les coccinelles, les pucerons… la liste est longue.

Tu te demandes sûrement pourquoi les plus fameux insectes sociaux ne sont pas dans cette liste? Parce que tous les regroupements d’animaux ne sont pas organisés de la même façon. Certains insectes sont grégaires, comme ceux mentionnés plus haut, on peut alors dire qu’ils sont sociaux, mais d’autres espèces ont tellement exploité l’idée du groupe, qu’on a donné un petit nom spécial à leur comportement communautaire extraordinaire : l’eusocialité. C’est le cas des fourmis, des termites, des abeilles et des guêpes.

C’est quoi ça l’eusocialité? C’est lorsqu’un groupe d’individus de la même espèce ont une organisation de communauté où le groupe est divisé en castes d’individus fertiles (chargés de la reproduction) et infertiles (chargés de nourrir et protéger le groupe). Ensuite, on y trouve aussi plusieurs générations différentes; les soins aux plus jeunes y sont donnés par les plus âgés. Et finalement, les individus partagent entre eux de l’informations et de la matière (comme de la nourriture, par exemple). Quand on rencontre tous ces critères, on parle alors d’insectes (le groupe qui nous intéresse ici*) eusociaux.

Certains « penseurs naturalistes » ont même affirmé qu’une organisation sociale, comme une communauté, transcende les organismes qui la composent. En d’autres mots, lorsque chaque individu travaille pour le bien collectif et non pour lui-même, l’ensemble de ces individus crée un superorganisme (comme une fourmilière).

Dans ces groupes d’insectes eusociaux, on rencontre une structure complexe où les tâches de maintien du groupe sont divisées entre les individus. C’est là qu’on voit apparaître le phénomène de castes (on te parle plus en détail de ça juste ici en prenant comme exemple les fourmis). Ces corps de métiers s’adaptent aux besoins de groupes et donc aux facteurs environnementaux qui viennent faire varier ces besoins. Par exemple, alors qu’une reine guêpe a pondu son premier couvain, les premières ouvrières adultes devront remplir plusieurs rôles : soins des larves, défense du nid, recherche de nourriture. Plus la colonie s’agrandit, plus les ouvrières deviennent spécialisées et délaissent certaines tâches pour se concentrer sur une seule.

Les premiers moments d’une colonie

Le succès des société bien organisée, où tous les membres du groupe ont leur rôle à jouer, repose sur leur capacité étonnante à résoudre des problèmes. On appelle l’intelligence collective (ou l’intelligence de l’essaim) la capacité des individus à faire converger leur intelligence pour un but commun. Prends par exemple, une fourmi qui découvre une source de nourriture digne de ce nom. Elle rejoint sa colonie et en route vers la fourmilière, elle laisse une trace, un marqueur odorant composé de phéromones**. Cette odeur va ensuite indiquer aux autres fourmis le tracé à suivre pour trouver le butin de nourriture. Ces nouvelles exploratrices laisseront, elles aussi, des phéromones en chemin et lorsqu’il n’y aura plus de nourriture, la trace odorante s’efface avec le temps. Bingo!

« Hey! J’ai un message à te faire… »

Cet exemple nous ramène donc à la source même de la force des « eusociétés » : la communication. Pour assurer une cohésion parfaite dans le groupe, il faut savoir communiquer, comme les fourmis le font lorsqu’elles trouvent un trésor. Il existe chez les insectes un grand nombre de techniques de communication : les signaux olfactifs et/ou chimiques, sonores comme chez les orthoptères, visuels comme la bioluminescence des lucioles. Il servent à des tonnes de choses. Chez les insectes sociaux, être un expert communicateur, c’est un atout de choix.

Les insectes eusociaux, tels que les fourmis et les guêpes, frottent aussi leurs antennes sur celles de leurs consœurs pour échanger de l’informations. Il faut savoir que les antennes des insectes sont pratiquement couvertes de sensors à phéromones et une de leurs principales fonctions est la communication.

Chez les abeilles, on danse. Les abeilles butineuses, de retour dans la ruche après une sortie de découverte, transmettent à celles restées dans la colonie l’emplacement de sources intéressantes de nectar et de pollen. Une série de pas et de mouvements d’ailes est suffisante pour donner la distance et la direction du talus de fleurs le plus près. Avec une telle communication, la ruche est plus efficace et les chances de survie de chacun sont plus grandes. (On observe dans ce vidéo des abeilles danser et faire le mouvement en 8.)

L’information peut aussi être transmise de manière orale. Non, non. Les insectes sociaux n’ont pas développé de langage, ils utilisent plutôt la trophallaxie a.k.a la régurgitation de nourriture dans la bouche de son ami! Miam! Ces insectes sont munis de deux estomacs, un pour leur consommation individuelle de nourriture et le second, le jabot social, pour transporter de la nourriture pré-digérée qui est destinés aux autres membres de la colonie. Lorsque le transfert se fait, des informations sur la source de la nourriture sont aussi données. 2 pour 1!

Les comportement des insectes eusociaux sont souvent considérés, au point de vue évolutif, comme un premier pas vers une encore plus grande complexification de la structure sociale. On dit que l’agrégation, en général, assure des interactions entre les individus et permet le développement de comportements encore plus structurés. Encore plus des castes? Des individus avec des morphologies encore plus spécialisés? Des pas de tangos dans la danse de abeilles, qui sait? Ces insectes, déjà extraordinaires, n’ont pas fini de nous étonner.

NOTES

* Il n’y a pas seulement des groupements d’insectes qui peuvent être qualifiés d’eusociaux. On trouve chez le rat-taupe nu (un charmant mammifère africain, comme son nom l’indique, à mi-chemin entre un rat et une taupe et dépourvu de poil) aussi sont eusociaux, vivant en colonies complexes dans des réseaux souterrains.

** Les phéromones sont une substance chimique que les insectes produisent pour envoyer des messages à leur congénères. Les papillons mâles les utilisent pour signaler leur présence aux femelles, par exemple. Un peu comme les plantes lorsqu’elles communiquent entre elles.

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : PxFuel, Vincente Mirabet, Ryan Hodnett

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Choix du naturaliste
La ouananiche : le saumon du lac

Quand on parle de #migration, les premières espèces auxquelles on pense sont bien entendu les oiseaux. Ces volatiles ne sont pourtant pas les seuls à entreprendre un voyage entre leurs milieux annuels de vie.

Quand on parle de #migration, les premières espèces auxquelles on pense sont bien entendu les oiseaux. Ces volatiles, à qui l’on donne la prétention d’annoncer le printemps ou l’automne, ne sont pourtant pas les seuls à entreprendre un voyage entre leurs milieux annuels de vie. Il y aussi… les poissons! What?

Hey oui! La plupart des espèces de poissons sont des migrateurs qui suivent des cycles plus ou moins longs (à tous les jours ou tous les ans) sur quelques mètres ou… quelques milliers de kilomètres! Selon le milieu vers lequel il migre, le poisson va se voir attribuer un nom différent… promis ce n’est pas pour être plus compliqué, mais bien pour être plus précis! #rigueurscientifique

Il y a les océanodromes qui restent toujours en eau salée, les potamodromes qui reste en eau douce et les diadromes qui vont de la mer vers les rivières ou l’inverse. (C’est le cas de l’alose savoureuse dont on te parle juste ici.) Et quand on parle de diadrome on peut être encore plussss précis : selon le sens de la migration, on va leur donner encore un autre nom… ok ok promis après ceux-là on arrête! Quand les poisson partent de la mer et vont vers l’eau douce on dit qu’il sont anadromes, tandis que lorsqu’ils font le contraire on dit qu’ils sont catadromes. Finalement, (pour vrai là!) il y a aussi ceux qui font les deux : les amphidromes.  

Les poissons, comme les autres animaux, vont migrer pour une multitude de raisons : besoins en nourriture, conditions climatiques ou changements de l’environnement comme les brochets qui quittent leur herbier* d’été pour les eaux plus profondes l’hiver, et pour des besoins de reproduction.

Des saumons super contents de leur migration

Aujourd’hui, on avait justement envie de te parler d’un poisson qui est en pleine reproduction en ce mois d’octobre (un frisquet temps de reproduction, on te l’accorde!) et qui est cher au cœur des « bleuets » du lac Saint-Jean : la ouananiche. Aussi appelée saumon d’eau douce, la ouananiche est effectivement est un saumon de l’Atlantique (Salmo salar) de la famille des salmonidés, mais qui vit uniquement en eau douce. Elle est plus petite que son cousin qui lui vit en eau salée et migre pour sa reproduction en eau douce (il est donc anadrome). Son nom ouananiche serait une déformation de « aonanch », un mot montagnais qui signifie celui qui va partout, qui est partout**.

Mais comment un saumon d’eau salée a pu se retrouver à vivre dans un milieu d’eau douce comme le lac Saint-Jean? La mer de Champlain my friend! En effet, il y avait à cet endroit, il y a quelques(!) milliers d’années, une mer d’eau salée et des saumons y vivaient. On appelait cette section de la mer le golfe de Laflamme. Tranquillement pas vite, la mer s’est retirée, et les rivières du réseau hydrique ont désalinisé l’eau. Les saumons « pris au piège » se sont donc adaptés à la vie en eau douce et ont même subi des transformations physiques de génération en génération.

On ne retrouve pas la ouananiche uniquement au lac Saint-Jean! Il y en a aussi dans certains lacs de la Côte-Nord, à Montréal(!) ainsi qu’en Estrie. Par contre, pour ces deux derniers endroits, la population a été ensemencée.

Il n’existe pas beaucoup de photos de ouananiches dans leur milieu naturel, on a donc préféré cette illustration à une image d’un fier pêcheur avec son trophée!

Comme on te disait plus haut, sa migration commence en automne, lorsque l’eau atteint entre 5 et 7 °C. Elle part du lac Saint-Jean et se rend dans les rivières adjacentes, où il va se reproduire. La ouananiche est donc potamodrome. Facile! Le mâle se part alors de ses plus beaux atours en modifiant littéralement son apparence : sa tête est plus allongée et sa mâchoire inférieure présente une excroissance en forme de crochet, recourbé vers le haut***.

Les tous petits poissons nés de cette union automnale feront leur dévalaison (le contraire de la montaison, terme qu’on utilise pour le voyage vers la site de reproduction) après s’être bien imprégnés des caractéristiques de LEUR cours d’eau. C’est d’ailleurs là qu’ils reviendront eux-mêmes pour se reproduire dans quelques années. Eux aussi subiront des transformations physiques (allongement du corps, production de sécrétions et changement de couleur) pour leur permettre d’affronter la vie en lac.

Bon voyage!

NOTES

*Nenon, les poissons ne vivent pas dans des recueils de fleurs séchées… On appelle un herbier une zone dans les eaux peu profondes où l’on trouve des plantes aquatiques de manière dense. Un parfait refuge pour bien des poissons.

** (Legendre, 1967)

*** (Legault et Gouin, 1985)

Par Jennifer, éducatrice-naturaliste

Sources images :  Needpix, PikeRepo

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209
Vedette du mois
Toucher avec son nez : le condylure

Oui, on le sait, cet animal a un des noms les plus weird du règne animal, mais on trippe dessus parce que le condylure à nez étoilé, a une adaptation des plus pratico-pratique.

Oui, on le sait, cet animal a un des noms les plus weird du règne animal (deuxième place derrière l’axolotl). Mais on trippe dessus parce que le condylure à nez étoilé, de son nom complet, a une adaptation des plus pratico-pratique. On t’en parle plus bas. Avant, on veut mettre quelque chose au clair : c’est gros comment, une taupe? La forme de son corps pourrait laisser penser que c’est gros comme une marmotte ou un écureuil du parc Jarry, mais non, c’est tout petit, ça pourrait entrer dans ta main! #checked

On comprend bien sa petitesse ici

Le condylure, c’est un proche cousin des musaraignes et des taupes. En fait, pas mal de monde l’appelle « la taupe à nez étoilé ». Comme les taupes, le condylure vit dans la terre presque sans cesse, mais risque parfois sa vie en nageant dans l’eau ou en s’aventurant sur la terre ferme dans les milieux humides. Il promène autant grace à son nez étoilé. Mais, c’abord, pour vivre sous la terre, il faut être capable de s’y promener et la morphologie de leur corps est vraiment bien adaptée à ça. Déplacer de la terre, c’est pas comme « faire de l’air »… ça prend un bon chest-bras. Les taupes à queue velue et les condylures (les deux espèces de taupes qu’on a au Québec) ont des pattes avant et des griffes très développées pour pouvoir creuser des tunnels et ainsi se déplacer, construire leur nid, trouver leur nourriture, bref, vivre leur vie!

Des grosses papattes (ღ˘⌣˘ღ)

Mais pourquoi vivre sous la terre s’il faut toujours creuser et forcer, tout ça, dans le noir total? Le principal avantage, c’est d’être bien caché des prédateurs! Toutefois, les condylures sont peut-être les taupes qui vivent le plus dangereusement puisqu’ils aiment sortir de la terre et aller sous l’eau. Leur nez, bordé de 22 tentacules, leur permettent de sentir les proies aquatiques en restant submergés. Les tentacules forment des bulles et le condylure les aspire pour sentir s’il est sur la piste de son souper. Ça lui permet aussi d’étirer son temps sous l’eau. Ces tentacules, ce sont des p’tits doigts avec le sens du toucher très développé qui leur permettent aussi de trouver des insectes et des vers de terre sous la terre tout en continuant d’avancer en creusant des tunnels. #pasletempsdeniaiser Même leur fourrure est adaptée à vivre dans des tunnels terreux puisque qu’elle peut se lisser dans plusieurs sens. Un peu comme le coussin en paillettes de ta p’tite sœur qui change de couleur quand tu le brosses dans tous les sens. Même. Affaire. Cette adaptation permet donc aux taupes de pouvoir facilement reculer dans leur tunnel.

Une vraie star! (Star, étoilé… t’as pogne-tu?)

Tu tu dis sûrement « oui mais moi, j’aimerais ça en voir des condylures! ». On se le cachera pas, ce n’est pas l’animal le plus facile à observer. C’est malheureux, mais lorsqu’elles sont observées, ces petites bêtes sont souvent sans vie. ( ⚆ _ ⚆ ) Pour augmenter tes chances, promène-toi près d'une zone humide, dans des petites friches proches d’un ruisseau ou d’un marais, mais surtout, sois pas aveugle comme une taupe et regarde où tu mets les pieds! C’est comme ça que l’auteur de ces lignes en a observé une pour la première fois!

Sources images : Nick Tepper, Linda Gilbert, The Jasper Patch

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208
Vedette du mois
Spécial Fungi

On voulait, pour amorcer l’automne en grand, mettre en scène les mycètes. Pourquoi? L’automne, c’est le moment où les champignons sont les plus visibles et les plus beaux. Et on va se le dire, ils sont fascinants!

On voulait, pour amorcer l’automne en grand, mettre en scène les mycètes, le règne du vivant qui regroupe tous les champignons. Pourquoi? L’automne, c’est le moment de l’année où la majorité des champignons forestiers sont les plus visibles et les plus beaux. C’est d’ailleurs la prime season pour la cueillette.* Et on va se le dire, les champignons, c’est fascinant!

On t’as déjà expliqué que les champignons sont bien différents des plantes : ils ne sont pas formés des même éléments (il existe même du vocabulaire spécifique aux champignons), leurs cellules sont différemment composées, les champignons ne produisent pas de graines (mais plutôt des spores, comme les fougères) et ils ne produisent pas de chlorophylle, et ne font donc pas de photosynthèse, comme les végétaux. On t’explique ça en détail ici.

Close up sur du moisi

Le monde des champi, c’est un vaste catalogue qui regroupe des dizaines de milliers d’espèces connues. On dit qu’un peu moins de 95 % des champignons resterait encore à décrire… Les « découvreurs de champignons » ont du pain sur la planche. Mais attention, les champignons, c’est pas seulement les beaux pions qu’on trouve au pied des arbres. Non, c’est bien plus. Pour se retrouver à travers les espèces, il existe plusieurs types de classification des champignons : selon le type de spores (qu’on appelle la classification classique), selon leur comestibilité ou leur dangerosité, selon leur ADN, etc.

Pour faciliter notre travail ici, on va utiliser la phylogénétique (classification selon l’ADN) puisque la biologie moléculaire a permis de diviser nos mycètes en trois grands groupes. Bien que ces travaux de classification soient inachevés, qu’ils sont en continuel changement et qu’on y voit des mises à jour continuelles, ça reste une classification qui est généralement acceptée. Alors, pour les besoins de ce texte, explorons les mycètes de cette manière.

On trouve d’abord des très petits champignons (dont la plupart est aquatique) : les Chytridiomycètes. Vois ici une moisissure attachée à des graines de sésame qui pousse sur l’eau. Les spores** de ces champignons sont mobiles. Ils possèdent un flagelle qui leur permet de se déplacer dans l’eau. Un flagelle, c’est un genre de prolongement allongé du corps, comme une queue. Les spermatozoïdes humains ont aussi un flagelle.

Mucor, ou « poils de chat », est une moisissure zygomycète, spécialiste des fromages.

Ensuite, on a affaire à une autre groupe de champignons microscopiques, les Zygomycètes. Ce groupe de mycètes se caractérise par leur tendance à la reproduction asexuée. C’est quoi ça? C’est la capacité de certains organismes vivants, dont beaucoup de végétaux et de microorganismes, de se multiplier (se reproduire) sans l’intervention d’un partenaire. Ça permet donc à ces champignons de coloniser rapidement divers types de milieux. On trouve dans ce groupe des moisissures, des parasites de plantes, de l’homme et des animaux et une grande partie se trouve dans le sol. Ces derniers, qu’on dit mycorhiziens, vivent en symbiose avec les plantes. Les mycorhizes sont une association entre les champignons et les végétaux où les deux parties s’attachent (généralement par leur système racinaire) et s’échangent de la matière, des nutriments par exemple.  

Et finalement, les Dicaryomycètes. Ils regroupent la très grande majorité des champignons qu’on connaît. Ils sont généralement plus complexes (ou évolués) que les champignons des groupes précédents. On parle ici des champignons supérieurs, soit les lichens, des parasites plus développés***, certains types de levure et le classique champignon à chapeau. Pour simplifier le tout, on a divisé les Dicaryomycètes en deux principaux groupes.  

Champi à chapeau

On a regroupé sous le nom d’Ascomycète les moisissures, les lichens****, les morilles, les truffes et la levure (oui, oui, celle qu’on utilise en boulangerie et pour faire la bière). Bien qu’en apparence ces champignons n’ont rien à voir les uns avec les autres, c’est au niveau de la formation cellulaire de leurs spores qu’ils se ressemblent.

Le second sous-groupe comprend la plupart des gros champignons, couramment rencontrés dans la nature et bien connus. Ce sont les Basidiomycètes. Et encore une fois, on trouve ici des centaines de looks différents pour ces champignons, mais tous ont la même formation de spores.

Comme tu peux le constater, les champignons, c’est complexe. La raison est simple : ils sont extrêmement variés! Ça rend la tâche de les classer assez difficile! T’es pas obligé de retenir les noms de leurs groupes, on voulait simplement démontrer que les mycètes, c’est beaucoup plus qu’une maison de Schtroumpf ou un régal sur ta pizza. Ce sont des milliers d’organismes différents qui sont partout! Dans la nature, oui, mais aussi dans ton frigo, sur toi, dans ton chien et même dans l’air! Alors, la prochaine fois que tu te commandes la Spécial Fungi 12”, pense à tous ces mycètes qui sont autour de toi.

NOTES

* Attention, nous ne recommandons pas de cueillir des champignons en milieu naturel à moins d’être accompagné d’un expert.

** Les spores sont des micro-organismes qui sont produits par les champignons qui permettent leur dispersion dans l’espace. Sur les champignons les plus gros (ceux qu’on trouve dans les forêts par exemple), les spores peuvent former une poudre.

*** Comme des champignons qui parasitent d’autres champignons!

**** Les lichens sont une association symbiotique entre un champignon et une algue.

Sources images : Pixabay, James Linsey, PxHere

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207
Quoi faire?
Le chant de la cigale

C’est certain que tu l’as déjà entendue par une journée ensoleillée d’été, crier à tue-tête, bien accrochée aux troncs des arbres. Mais, tu l’as probablement jamais vue. C'est la cigale caniculaire.

On te propose de terminer le mois d’août en profitant des dernières chaleurs de l’été et de sortir apprécier un chant bien particulier. C’est certain que tu l’as déjà entendue par une journée ensoleillée d’été, crier à tue-tête, bien accrochée aux troncs des arbres. Mais, tu l’as probablement jamais vue. La cigale caniculaire est une bestiole qu’on aperçoit peu puisque ces couleurs sont parfaites pour le camouflage. Par contre, une fois qu’on l’a croisée, sa frimousse unique est difficile à oublier. Ce gros insecte a une tête aplatie, surmontée de deux gros yeux globuleux.

Chez les cigales, ce sont les mâles qui chantent. Ils se font aller le tambour pour attirer les femelles (c’est un des mécanismes de la sélection sexuelle). Contrairement aux orthoptères qui utilisent leurs ailes et leurs pattes pour charmer (ou pour produire leurs stridulations), les cigales utilisent des membranes situées sur le côté de leur abdomen. On les appelle des timbales. Lorsque les muscles qui relient les timbales se contractent rapidement, elles vibrent* et produisent le chant (la note) que nous connaissons. Et pour amplifier le tout, le son passe par des sacs aériens qui agissent comme des caisses de résonance. On peut entendre leur chant à environ 1 kilomètre de distance!

Les cigales émettent un bruit en continue (d’une quinzaine de secondes) qui commence doucement, devient très fort et diminue graduellement. À son sommet, le son est aussi fort que celui d’un moteur de tondeuse. On peut aisément dire que cet insecte d’environ 4 cm est pas mal bruyant pour sa grosseur.

Bien que les chants soient destinés aux femelles, les autres mâles sont souvent stimulés par les vibrations. Ça leur donne, eux aussi, le goût de chanter. Alors, ils en profitent! Plus le chœur de mâles est important, plus le chant se fera entendre de loin et davantage de femelles seront charmées. Donc, ils auront probablement, plus de succès. #teamwork

C’est bien beau de chanter bruyamment, mais il faut aussi entendre! Les cigale sont toutes dotées de tympans pour capter les sons, eux aussi situés sur l’abdomen.

Alors, à la prochaine journée ensoleillé, sors prendre l’air pour assister au concert des cigales caniculaires. Et pas de panique, comme le disait La Fontaine dans sa fable, elles chantent tout l’été!

NOTES

* On parle ici d’environ 500 contractions musculaires à la seconde. Ça, c’est de la vibration!

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