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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Le harfang et le lemming : quand la grosse bête s’adapte à la petite

Bien qu’il soit natif des terres polaires, il arrive qu’on retrouve le harfang des neiges, le beau hibou blanc, plus au sud du Canada. Il est attiré par la nourriture (lire ici, les lemmings)!

Bien qu’il soit natif des terres polaires, il arrive qu’on retrouve le harfang des neiges, le beau hibou blanc, plus au sud du Canada. Il se rend même de l’autre côté des lignes, aux États-Unis. Cependant, contrairement aux snowbirds qui s’en vont en quête de chaleur dans le sud, le harfang, lui, est attiré par autre chose… de la nourriture (lire ici, les lemmings)!  

Grand carnivore plumé de la toundra arctique, le harfang base son alimentation essentiellement sur les lièvres, les oiseaux et même, les renards. Mais ce dont il aime le plus se remplir la panse, c’est de lemmings. En été, ces petits mammifères aux allures de hamsters deviennent leur principale source de protéines. Or, la densité de population du lemming varie périodiquement et tous les 4 ans subit une chute drastique.  

Le harfang, comme d’autres carnivores dont l’alimentation dépend du lemming, a dû s’adapter à ces fluctuations rapides et parfois extrêmes de disponibilité de son confort food préféré.

Pour mieux comprendre, quelques mots sur le cycle du lemming

On sait que madame lemming peut donner naissance quelques semaines seulement après qu’elle-même n’ait vu le jour. Elle serait même capable d’avoir jusqu’à 3 portées en un seul été. Efficace dis-tu? En hiver, la neige n’est pas un obstacle à leurs galipettes nuptiales. Cela résulte parfois en une explosion de la démographie lemming-ienne la saison suivante; on parle d’une « année à lemmings ». Cette abondance exceptionnelle de lemmings amène une densité de rongeurs 40 fois plus élevée à l’hectare qu’à son niveau de base.

C’est un phénomène périodique qui revient tous les 4 ans environ. Il serait lié à la prédation (renard arctique, hermine ou encore, le harfang des neiges), mais aussi à la disponibilité de nourriture pour le lemming. La nourriture ne peut que varier localement en fonction du nombre de rongeurs au pied carré. Plus ils sont nombreux, plus ils mangent et plus la végétation locale a besoin de temps pour s’en remettre.

Un p’tit lemming d’Ungava (ou lemming à collerette)

Cependant, ces variations synchrones de populations de lemmings sont observées localement uniquement. (Quand on dit « localement » on veut dire « sur une distance de plusieurs centaines de kilomètres » quand même.) En plus, l’augmentation du nombre de ces petits mammifères à un endroit donné n’aura pas de conséquence sur une population de lemming à 1000 km de là. Tu vois où je veux en venir?

Le harfang, lui, il a compris. Il se déplace de garde-manger en garde-manger. Il est donc prêt à migrer sur plusieurs milliers de kilomètres pour trouver sa nourriture favorite en abondance. Ainsi, la forte démographie de lemmings dans une région va attirer les prédateurs qui vont se déplacer, parfois de loin, vers ce banquet all you can eat. Après ce festin, la population de lemmings risque de diminuer drastiquement jusqu’à la prochaine année du lemming.

Le harfang et le lemming, c’est le cycle de la vie!

Par Aymeric, éducateur-naturaliste

Sources images : Jongsun Lee,  Fabrice Simon

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Qc-Nature
Le cycle de l’eau

L’eau est présente dans la nature, puisque tous les êtres vivants en dépendent. Et cette eau, elle n’est pas immobile. Oh non! Elle bouge dans une chorégraphie sans fin très bien orchestrée que l’on appelle, le cycle de l’eau.

On peut apercevoir de l’eau dans notre vie urbaine de tous les jours :

  • sous forme liquide, en ouvrant le robinet;
  • sous forme gazeuse, en observant la vapeur d’eau s’échapper de la bouilloire;  
  • sous forme solide, en prenant un cube de glace dans le congélateur.

L’eau est tout aussi présente dans la nature, puisque tous les êtres vivants en dépendent. Et cette eau, elle n’est pas immobile. Oh non! Elle bouge dans une chorégraphie sans fin (comme un GIF sur repeat) très bien orchestrée que l’on appelle, le cycle de l’eau. L’eau ne peut pas disparaître, pas plus qu’apparaitre, mais elle se transforme et se déplace. On te parle donc du mouvement de l’eau.

Une chorégraphie sur repeat, aussi simple

Un cycle, comme une roue, ça n’a pas vraiment de début ni de fin, mais pour bien comprendre entrons dans sa danse à l’étape de l’évaporation.

L’évapotranspiration : l’évaporation et la transpiration s’unissent

Le soleil fournit l’énergie nécessaire pour permettre à l’eau de s’évaporer, c’est-à-dire de passer de la forme liquide à la forme gazeuse. Par la chaleur du soleil, l’eau de la mer, d’un lac ou même d’une flaque d’eau peut se transformer en vapeur. Cette vapeur étant légère s’élève dans le ciel.

Les plantes contribuent également à enrichir l’atmosphère en vapeur d’eau. En transpirant, les plantes laissent sortir de l’eau par leurs stomates, des petits trous situés sous leurs feuilles (en gros, ce sont des pores qui permettent des échanges gazeux vitaux pour la plante). L’eau sortant ainsi de la feuille devient vapeur. Ce phénomène aide les plantes dans la circulation de leur sève. Si de l’eau s’échappe par les feuilles, de l’eau en provenance des racines viendra la remplacer. Cela explique en partie la circulation de l’eau dans les arbres, sans qu’ils n’aient besoin de pompe!

La condensation : la naissance des nuages

En s’élevant dans le ciel, la vapeur d’eau traversera des couches d’air de plus en plus froides. Lorsque la température est trop basse, la vapeur se condense en formant de minuscules gouttelettes. Quand elles sont assez nombreuses, on peut apercevoir leur masse de la terre ferme; ce sont les nuages.  

Tu peux observer un phénomène similaire lorsque tu sors d’une bonne douche chaude et que le miroir de la salle de bain est couvert de buée.

Les précipitations : quand l’eau retourne sur terre

Plus les gouttelettes dans les nuages grossissent, plus elles deviennent lourdes. Un nuage qui accumule ainsi de l’eau finira par échapper les gouttes d’eau qui le composent : c’est la pluie. Enfin, la pluie n’est qu’une sorte de précipitations parmi d’autres. Selon les conditions météorologiques, l’eau qui se sauve des nuages peut également retourner sur terre sous forme de flocons de neige ou de grêle.

Le ruissellement : l’eau dévale les pentes

Une fois au sol, les gouttes d’eau suivent l’inclinaison du sol et glissent en direction du point le plus bas, c’est le ruissellement. Dans leur descente, les gouttes en rencontrent d’autres. Elles se joignent les unes aux autres pour dégringoler et former de minces filets d’eau. Ces derniers deviennent éventuellement des ruisseaux, de plus en plus gros, qui aboutissent à des rivières, des lacs, des fleuves et même des océans!

Autrement, les gouttes d’eau peuvent entrer dans le sol par infiltration et traverser différentes couches du sol. Une fois sous terre, l’eau peut être captée par les racines d’une plante. Elle peut également continuer à valser jusqu’à rejoindre un cours d’eau (oui, oui, un cours d’eau dans le sol) ou s’accumuler dans des réserves souterraines*. C’est cette eau que les humains vont chercher lorsqu’ils creusent des puits.

Et le cycle continu…

Une fois dans les grandes étendues d’eau, notre danseuse étoile s’évapore de nouveau. L’eau absorbée par les racines des végétaux en ressort par transpiration. On se retrouve donc au début de nos explications, au début du cycle, au début de la chorégraphie. Et l’eau est repartie pour une autre routine et elle poursuivra sa danse à l’infini!

NOTES

* On te parle de ça ici aussi.


Par Philippe, éducateur-naturaliste senior

Sources images :  Piqsels, Piqsels

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Vedette du mois
Le lapin du Québec

Visualise 5 cm d’oreilles paraboliques, des pattes qui font le tiers de la longueur totale de son petit corps rond, le tout est couvert d’un pelage brun à l’année, avec une queue blanche aussi touffue qu’une boule de coton.

Visualise 5 cm d’oreilles paraboliques capables de détecter les moindres sons et leur direction. On ajoute des pattes qui font le tiers de la longueur totale de son petit corps rond. Le tout est couvert d’un pelage brun à l’année. Et on complète avec une queue blanche aussi touffue qu’une boule de coton, qui lui a valu son nom (dans les 2 langues). On te parle de la seule espèce indigène de lapin du Québec : lapin à queue blanche (l’eastern cottontail rabbit).  

On trouve ce mammifère nocturne (ou plus précisément crépusculaire) dans les milieux semi-ouverts, comme les prairies et les lisières, et même en zones urbaines. Son aire de répartition est concentrée au sud-ouest du Québec dans les basses-terres du Saint-Laurent, mais s’étend au sud jusqu’en Amérique du Sud.  

Powerhouse de bébés

Les lapins à queue blanche sont de véritables machines à reproduction. Une femelle, qui atteint la maturité sexuelle dès sa première année de vie, peut avoir jusqu’à 4 portées de 2 à 8 petits par année. Fais le calcul : c’est une possibilité de 32 rejetons multipliée par une longévité moyenne en nature de 3 ans donnant un grand total de 96 bébés par femelle en santé.  

Mais avant de produire, il faut séduire. La parade nuptiale des lapins à queue blanche est plus acrobatique que romantique. De manière générale, ils se font la cour en bondissant dans tous les sens. Le mâle pourchasse la femelle jusqu’à ce qu’elle le confronte. Et dans un élan séducteur, elle lui envoie un coup de patte dans la face. #rabbitpunch Puis, ils se scrutent longuement. Et pour la grande finale, le mâle bondit haut dans les airs tandis que la femelle passe sous lui. Puis la routine recommence encore et encore.  

Rien de trop beau pour les petits

Pour chaque portée, la femelle travaille fort pour le confort (et le succès) de ses petits qui naissent nus et aveugles. Elle creuse une cavité peu profonde, coussinée de plantes et de son propre poil, sous un buisson ou dans les herbes hautes. La femelle ne reste pas continuellement sur le nid; elle s’en éloigne, évitant ainsi d’attirer l’attention des prédateurs. Les petits restent couverts dans le nid pour quelques semaines, jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. En attendant, ils se nourrissent de lait et de cæcotrophes maternelles. De quoi? Les cæcotrophes sont des rejets de la mère riches en protéines, vitamines et minéraux. Tu as bien lu, on te parle ici de manger des crottes*. C’est une pratique courante chez les animaux quand il faut maximiser les nutriments!  

Un nid douillet

Manger ou se faire manger

L’alimentation du lapin à queue est composée uniquement de végétaux (pas seulement prédigérés là). En hiver, il gruge l’écorce des arbrisseaux (comme les micromammifères subnivaux). Il n’hésite pas non plus à grignoter bourgeons, rameaux et ramilles qui sont à portée de… dent. En été, il mange des pissenlits, de la verge d’or et toutes les herbacées qu’il croise. Il est aussi connu pour faire le ménage dans les potagers et autour des fermes.  

Parce qu’ils sont si productifs, les lapins peuvent rapidement devenir too much pour un milieu**. Plus il y a de lapins, plus les ressources deviennent rares. Heureusement, la nature a une solution : une liste impressionnante de prédateurs. La réalité est que tout ce qui peut attraper un lapin le mange : du coyote à la martre, en passant par les hiboux et les ratons laveurs.  

Les lapins ne sont pas sans défense. D’abord, ils sont experts en camouflage. En plus, leurs pattes puissantes leur permettent de se sauver à presque 30 km/h. Et non seulement ce sont des p’tits vites, mais pour déstabiliser le prédateur, ils se sauvent en zigzag, créant la plus grande confusion. (Ça ne prend pas grand-chose aux prédateurs pour être confus…)

Autres léporidés du Québec

Le lapin à queue blanche fait partie de la famille des Léporidés avec ses cousins du Québec, le lièvre d’Amérique et le lièvre arctique. Ils sont de la même famille***, mais bien différents. Les lièvres se retrouvent plus au nord : les lièvres d’Amérique raffolent des forêts denses de conifères et le lièvre arctique habite la toundra. Les deux espèces naissent avec du poil et les yeux ouverts. Ils sont généralement plus gros que les lapins (le lièvre arctique étant le plus gros des deux) et ils ont des oreilles plus longues. La plus grande différence est toutefois leur pelage d’hiver. Le lapin à queue blanche conserve son pelage brun toute l’année tandis que les lièvres ont le poil blanc pendant la saison froide.  

Un lapin à queue blanche à gauche, au centre un lièvre d’Amérique dans son pelage d’été et à droite un lièvre arctique

Alors, peu importe où on se trouve au Québec, on peut croiser un de ces Léporidés. Des conseils pour les observer : sortir en matinée, c’est le moment où ils sont le plus actifs, rester silencieux et scruter sous les buissons ou à travers les branches basses.

NOTES

* La cæcotrophie est un mécanisme qu’on retrouve chez plusieurs espèces qui mangent une partie de leurs excréments. Ces herbivores ont une alimentation à base de végétaux, dont le constituant principal est la cellulose. Toutefois, leur système digestif a du mal à la décomposer en nutriments. La cellulose est donc envoyée dans une poche, le cæcum, pour finir le travail. Ici, les cæcotrophes sont créés. Ils sont ensuite éjectés et ingurgités dès l’excrétion pour profiter des nutriments maintenant digérables par l’intestin. À ce deuxième passage, les cæcotrophes passent par l’estomac qui est très acide. C’est pourquoi elles sont couvertes de mucus pour rester intactes jusqu’à l’intestin! Bon voyage les cæcotrophes!  

** C'est le cas des lapins européens qui ont été introduit en Nouvelle-Zélande autour de 1860 et qui sont rapidement devenus une véritable peste (dès 1880) parce qu'il n'y avait aucun prédateurs naturels du lapin dans le pays. Ils sont désormais considérés comme une espèce envahissante et un problème de poids pour les écosystèmes de l'île.

*** En passant, il faut ajouter qu’ils ne sont pas des rongeurs. Bien qu’ils aient une dentition similaire, les Léporidés ont deux paires d’incisives, ce qui les distingue des rongeurs.  

Par Anne Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images :  Paul Brennan, Jhansonxi, James H., Martin Kraft, Electronker

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L’ABC des tornades

Dorothée est emportée par une tornade, Helen Hunt (Twister), survit à une, le Tasmanian devil se déplace dans sa propre tornade. Les tornades sont dans notre imaginaire collectif, mais, n’oublions pas qu’elles sont bien réelles.

En 1939, la maison de Dorothée est emportée par une tornade, jusqu’à Oz. Helen Hunt, en 1996 dans le classique Twister, s’attache à une conduite souterraine et survit à une tornade. En 2013, la terreur s’étend sur Los Angeles quand les requins s’emparent d’une tornade, dans le loufoque Sharknado. Le Tasmanian devil des Loony Toons se déplace littéralement dans sa tornade personnelle. Les tornades font partie intégrante de notre imaginaire collectif. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’elles sont bien réelles. Ces phénomènes météorologiques dangereux, presque imprévisibles et destructeurs nous rappellent que la nature, elle, ne niaise pas. C’est pourquoi on t’explique qu’est-ce que c’est que ce tourbillon de vent, d’où il vient et où il va.  

Une tornade, c’est une masse d’air verticale qui tourne créant une forme d’entonnoir dont une extrémité touche le sol (ou l’eau). Son diamètre varie entre 10 à 100 m selon les conditions de sa création. Une tornade rugit (on compare souvent son bruit à celui d’un train) et elle détruit pas mal tout ce qui se trouve sur sa route. Elle peut se déplacer sur 80 km de distance et on calcule sa puissance sur une échelle de 0 à 5 selon les dommages qu’elle crée (5 étant des dommages extrêmes avec des débris sur plusieurs kilomètres). C’est l’échelle de Fujita.  

Le méga nuage d’où il vient

Une tornade se forme dans un méga orage, ceux qu’on appelle supercellulaires. Alors qu’un nuage d’orage se crée*, si des vents de différentes vitesses (soit des vents rapides en altitude et des vents plus lents au niveau du sol; on appelle cette division le cisaillement des vents) le traversent, une rotation horizontale de l’air se crée dans le nuage. Ce tunnel horizontal est ensuite poussé par l’air chaud qui monte du sol. Le rouleau d’air se redresse à l’intérieur de la cellule orageuse pour prendre une position verticale. Cette colonne d’air qui pivote sur elle-même dans le nuage s’appelle un mésocyclone. À cause de sa force, le nuage en entier entre en rotation; c’est un orage supercellulaire. Il y aura alors de la pluie, de la grêle, des éclairs et ce, pendant plusieurs heures. Autrement dit, sors ton kit de pêche à la mouche, parce que ton petit parapluie n’est pas de taille…  

La vie et la mort de la tornade

Pour qu’une tornade à proprement parler se forme sous une supercellule d’orage, il faut des vents encore plus puissants et que la pluie dans le nuage refroidisse l’air qui devient de plus en plus lourd. Ces masses d’air se dirigent vers le sol en forçant le mésocyclone à l’étirer verticalement, vers le sol. (On y est presque…) C’est la formation du tuba. Non, pas ce tuba-là… C’est un cône étroit qui se forme sous le nuage. Il s’étire jusqu’à ce qu’il touche le sol. Et il devient une tornade. #touchdown

Des vents allant jusqu’à 400 km/h font vivre la tornade. Elle poursuit son chemin jusqu’à ce qu’elle rencontre un obstacle important dans le relief ou jusqu’à ce que l’équilibre avec les vents ascendants et descendants se brise. Là, elle disparaît.  

La Tornado Alley  

Bien que les tornades aient lieu partout sur la Terre, elles sont très fréquentes et particulièrement puissantes dans une région de l’Amérique du Nord qu’on a surnommé l’Allée des tornades. Elle couvre le centre des États-Unis, du nord du Texas jusqu’au sud du Canada**. Ce sont les formations géologiques avoisinantes qui créent ce corridor météorologique : à l’est, les Rocheuses et au sud, le Golfe du Mexique. Au centre, on retrouve les parfaites conditions pour nos supercellules orageuses, soit de l’air chaud et humide qui arrive du golfe et l’air froid qui descend des montagnes. Et boom! Tornades!  

Les twisters peuvent subvenir à tous moments de l’année, mais le printemps est connu pour son abondance de tornades (merci au mouvement vers le nord du jet stream qui emporte avec lui l’humidité du Golfe du Mexique). On dit que les tornades sont plus nombreuses au mois de mai dans la Tornado Alley, mais que celles d’avril sont les plus puissantes.  

Une tornade F5 au Manitoba en 2007 (tu peux même admirer son tuba ici)

Au Canada, les tornades sont le plus souvent causées par l’air chaud qui remonte des États-Unis avec le mouvement du courant-jet. Elles sont donc plus fréquentes à la fin de l’été.*** Juste derrière notre cousin du sud, nous sommes le deuxième pays avec le plus de tornades dans le monde, avec une moyenne de 80 à 100 tornades annuellement. Que ce soit des vortex d’eau, de poussières ou de sable, de feu (!!) et même de neige, ou encore une classique tornade de supercellules, il faut se le dire, ces phénomènes sont impressionnants, mystérieux, effrayants et bien sûr, passionnants.  



NOTES

* En été, le soleil réchauffe le sol. L’air chaud (et humide) s’en échappe et monte parce qu’il est léger. Dans son ascension, il va rencontrer une masse d’air froid et sec. Lorsque les deux masses entrent en contact, l’air chaud et humide se condense pour former un nuage (un cumulus). Si les conditions sont bonnes, le cumulus va rapidement prendre de l’expansion en hauteur pour former un cumulonimbus, un nuage d’orage.

** Deux régions canadiennes sont plus susceptibles d’être touchées par les tornades : le sud des Prairies et le sud de l’Ontario et du Québec.  

*** Bien que les tornades peuvent surgir à n’importe moment de la journée, elles sont plus susceptibles de prendre forme en fin d’après-midi. Pourquoi? À cette heure, le soleil aura eu toute la journée pour chauffer le sol et l’air ambiant, ce qui favorise la formation des cellules orageuses.




Par : Anne Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : GUEPE, Justin Hobson

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Question du public
Le mystère des cocottes

« Ben voyons!! Pourquoi toutes les cocottes sont dans le haut du sapin? », s’est exclamée la madame bien étonnée. La distribution des cônes sur un conifère, c’est assez mystérieux, en effet madame.

« Ben voyons!! Pourquoi toutes les cocottes sont dans le haut du sapin? », s’est exclamée la madame bien étonnée.

Premièrement, c’est une excellente question! La distribution des cônes sur un conifère, c’est assez mystérieux, en effet madame. Et deuxièmement, ce n’est pas un sapin, c’est une épinette, mais ça c'est le sujet de ce billet.

C’est ça que la madame voyait.

D’abord, qu’est-ce qu’une cocotte?  

Les cônes (pour les appeler par leur vrai nom) sont ce qu’on pourrait appeler les fruits des conifères (mais pour être plus juste, il faudrait dire que c’est l’élément qui regroupe les organes reproducteurs des conifères). On trouve des cônes femelles et des cônes mâles. Ces derniers produisent le pollen. Les cônes femelles, qu’on appelle aussi les cônes de graines, ont des écailles sous lesquelles se cachent les ovules. Une fois l’ovule fécondé par le pollen, elles se transforment en graines. C’est exactement le même principe que pour une fleur tout à fait standard. À partir du moment où les graines sont formées, on peut considérer ces cônes comme des fruits puisqu’ils portent et protègent les graines.  

La question du positionnement des cônes sur l’arbre est une question qui reste à ce jour sans réponse. Ce n’est pas comme si on pouvait demander au grand pin d’à côté what up avec ses cocottes… Mais, il existe des hypothèse pas piquées des vers.  

Question de dissémination

Bien que chez les conifères, la dispersion des graines soit fréquemment faite par les animaux (comme les écureuils quand ils cachent les cocottes un peu partout dans la forêt), la principale méthode de dissémination est par le vent (c’est l’anémochorie). Par exemple, le sapin baumier a, dans ses cônes, des graines ailées. Pas comme un oiseau là, non. La graine porte une excroissance membraneuse qui lui permet de pogner dans le vent, quand vient le temps de quitter sa cocotte pour aller coloniser. Même histoire pour les épinettes, la pruche, le thuya et bien d’autres conifères d’ici. Alors, si les cocottes poussent en plus grand nombre près de la cime de l’arbre, là où il vente pas mal, ça donne plus de chances aux graines d’être dispersées plus loin, où il y a moins de compétition et donc, plus de succès.  

Question de fertilisation

Il est aussi possible que cette distribution en hauteur des cônes améliore les chances de pollinisation croisée. C’est quoi ça? C’est quand le pollen d’une plante (disons ici, le sapin 1) féconde une autre plante de la même espèce (disons ici, les cônes femelles du sapin 2). La plupart de nos conifères ne sont pas auto-fertiles (les ovules du sapin 1 ne peuvent pas être fécondés par le pollen du sapin 1). Au contraire, il y a aussi des plantes qui font de l’autofécondation : la fécondation se produit entre le pollen et l’ovule d’une même fleur. Chacun son style, comme on dit.  

Donc, dans le cas des conifères qui ne font pas d’autofécondation, on peut supposer que si les cônes sont en haut de l’arbre, il est peu probable que le pollen soit soufflé par le vent, verticalement. Les chances sont donc faibles qu’il arrive dans les cônes femelles du même arbre.

Des cônes mâles de sapin baumier

Cette distribution bien mystérieuse des cônes sur les conifères est donc probablement liée au vent et au succès des espèces, comme bieeennnnnnn des adaptations dans la nature. Mais, on n’observe pas cet arrangement sur tous les conifères. Et bien non. Certains ne produisent pas de cônes. Ils portent des arilles, de petits fruits charnus qui enferment partiellement la graine, comme chez l’if du Canada. Considérant que c’est un arbuste, et qu’il est rarement exposé au vent, il y a peut-être un lien… Qui sait? ¯\_(ツ)_/¯

Sources images : Needpix, GUEPE, Joseph O’Brien, USDA Forest Service

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