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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
L'âge des arbres

Est-ce que certains arbres sont immortels? C’est surement une question que tu t’es déjà posée quand tu as entendu parler d’un arbre de 5 000 ans. 5 000 ans!! Tu en as vu passer de l’histoire après tant d’années à tenir debout!

Est-ce que certains arbres sont immortels? C’est surement une question que tu t’es déjà posée quand tu as entendu parler d’un arbre de 5 000 ans.  5 000 ans!! Tu en as vu passer de l’histoire après tant d’années à tenir debout! C’est pour cela qu’on appelle les arbres des témoins du passé.  

Un pin de Bristlecone, qui peut vivre au-delà de 4 000 ans

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Croque-carotte et tronc qui vieillit  

Pour retracer cette histoire, les scientifiques utilisent une technique nommée la dendrochronologie. Alors qu’est-ce que c’est la dendrochronologie? Cette technique permet de compter l’âge des arbres à partir des cernes présents à l’intérieur du tronc qui porte et protège les parties vitales. Je te parle de cernes mais ce ne sont pas ceux du lendemain de veille. 😉 Ceux-ci tu en as surement déjà vu sur des souches d’arbres, peut-être même t’es-tu amusé.e à les compter! Ces cernes, ou cercles concentriques, ce sont les marques des saisons qu’ont vécues les arbres. Après l’automne et l’hiver, durant lesquels l’arbre s’est mis en dormance, l’arrivée du printemps offre de grandes ressources en eau et sels minéraux dans les sols, tandis que le soleil et le dioxyde de carbone viennent caresser les aiguilles ou les toutes nouvelles feuilles. À cette période les arbres vont grossir par une forte production de bois avant de subir un ralentissement estival qui permet de rediriger l’énergie utilisée pour la reproduction. Ça, on y reviendra.  

Alors, pour compter son âge pas besoin de prendre ta hache pour lui faire une petite coupe! Il suffit de prélever une carotte. Je te vois bien imaginer la carotte que tu mets sur ton bonhomme de neige après une belle tempête, mais ce n’est pas celle-là. Une carotte, c’est un échantillon de bois que l’on prélève depuis le centre de l’arbre, là où la graine a éclos, représentant la partie la plus âgée du bois, jusqu'au dernier cerne sous l’écorce. Après le carottage — n’étant pas Bugs Bunny mangeant sa carotte mais le nom de la technique d’échantillonnage — il ne reste plus qu’à compter et observer les cernes pour apprendre de son histoire.  

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Sage arbre assis sur son banc analyse le temps passant  

Je te disais tantôt que nos chers amis les arbres étaient des témoins du passé. En effet, en fonction de l’apparence de leurs cernes il est possible de déduire de l’information sur les différentes perturbations climatiques et environnementales qui sont survenues au cours de leur vie. Prenons par exemple un printemps où l’arbre n’a pas beaucoup grandit. Le cerne clair sera de petite taille. Tu le savais peut-être mais, au cas où, sache que le printemps et l’été (soit les périodes de croissance) sont représentés par les cernes clairs tandis que l’automne et l’hiver (soit les périodes de dormance) par ceux foncés. Ainsi, à partir de l’observation de ce cerne clair nous pouvons voir qu’il s’agit d’une période durant laquelle l’arbre a manqué de ressources et a moins grandi. En comparant les cernes d’un arbre avec ceux des autres aux alentours, on peut donc former des hypothèses sur la cause. Cette technique nous permet aussi d’observer l’impact des activités humaines au sein d’une forêt. Par exemple, défricher une forêt va permettre le passage de la lumière qui favorisera la croissance des arbres restants. Les cernes clairs des printemps suivant cette perturbation seront donc plus grands que les années précédentes.  

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Au gré des changements, survivre est le plus important  

Si, jusque-là, tu as bien compris, l’âge d’un arbre dépend donc de l’évolution de son environnement. Dépendant des ressources disponibles dans son habitat, il aura plus ou moins de facilité à puiser dans les ressources pour se bâtir une santé de fer. Ainsi, le manque de ressources ou les stress environnementaux (comme les perturbations humaines, changements climatiques, insectes ravageurs, maladies, ….) peuvent raccourcir sa durée de vie maximale.  

Mais, leur durée de vie maximale, c’est quoi? En voilà une bonne question! Est-ce que les arbres les plus gros et les plus grands seront les plus vieux? Eh non! Chez les arbres, il n’y a pas de règles. Toutefois, des durées de vie moyennes ont été déterminées pour certaines essences d’arbres*. Ainsi, le ginko biloba pourrait vivre environ 1000 ans, tandis que le noyer a une durée de vie approximative de 300 ans et le bouleau 100 ans. L’érable à sucre vit dans les 300 ans et, l’érable noir, 200 ans. Enfin, pour nos petits chéris canadiens, l’érable rouge et l’érable argenté ont une longévité moyenne de 80 à 130 ans. Je pourrais te faire une liste de 100 pages, mais t’en aurais vite ras la casquette. Alors, le plus important c’est de comprendre que, malgré l’évaluation approximative de leur durée de vie, l’âge d’un arbre se détermine au cas par cas. En effet, dans une forêt exploitée, les arbres vivent moins de 50 % de leur durée de vie. Et ceux qui vivent en banlieue ont une vie raccourcie, comme celle de l’érable à sucre qui y vivrait seulement 75 années au lieu de 300 au sein d’un écosystème forestier.  

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Ainsi, comme nous, les arbres sont constitués de cellules et comme tout être cellulaire ils vieillissent d’année en année. Cependant, grâce à l’étude des cernes des arbres, notamment celle faite sur le ginko biloba, les chercheurs se sont aperçus que les vieux arbres ralentissent leur croissance et mobilisent des gênes présents dans leur organisme pour lutter contre les stress qu’ils subissent dans leur environnement (agressions, déshydratations, maladies, changements climatiques, etc.). Ce mécanisme naturel métabolisant des éléments chimiques dans leur organisme leur permet une meilleure résilience et ce, même sans subir de perturbations. L’hypothèse serait donc que la résistance au stress leur permettrait de vivre encore plus longtemps.

Si on suit cette logique, je te laisse tout de suite aller prendre une grande bouffée d’air frais au pied d’un arbre pour ses belles propriétés!  

Les feuilles du ginkgo sont magnifiques et c'est un spectacle qui dure longtemps, heureusement!

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NOTES
* Une essence d’arbre, c’est un jargon qu’on utilise quand on parle d’une espèce, une sous-espèce ou une variété d’arbres.

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Par Agathe, éducatrice-naturaliste

Sources images : Piqsels, PxHere, Coralie Mercier

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Vedette du mois
Notre baleine blanche, le béluga

Le béluga. La fameuse baleine blanche du Saint-Laurent. Ce cutie est un emblème fort de la fragilité du fleuve. Sa blancheur, son melon bien rond, son petit sourire en coin, sa rareté, son histoire… une espèce bien spéciale.

Le béluga. La fameuse baleine blanche du Saint-Laurent. Ce cutie est un emblème fort de la fragilité du fleuve. Sa blancheur, son melon bien rond, son petit sourire en coin, sa rareté, son histoire… tout ça fait du béluga, une espèce charismatique bien spéciale.

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Le béluga est une baleine à dents qui appartient à la famille des monodontidae, comme le narval, des baleines qui n’ont pas de nageoire dorsale et ont une flexibilité dans le cou qui leur donne un p’tit air curieux sur les photos. Le béluga est une baleine nordique de l’océan arctique qui vit près du cercle polaire. Fun fact, au Québec, on est assez chanceux de pouvoir observer les bélugas si facilement. En fait, la population du Saint-Laurent, c’est la population la plus au sud de toute la planète! Merci à la dernière glaciation qui leur a permis de nager jusqu’ici et de rester dans les eaux froides de notre grand estuaire!

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Être un mammifère marin résident de l’estuaire du Saint-Laurent ce n’est pas donné à toutes les espèces. Chez les baleines, il n’y a que les bélugas qui sont ici toute l’année (à part quelques observations inusitées d’autres espèces en hiver). Lorsqu’ils migrent, les bélugas rejoignent le golfe ou le fjord du Saguenay, selon les saisons. Mais comme il s’agit d’une baleine nordique bien adaptée à l’eau froide, le béluga n’a pas besoin de rejoindre les eaux tropicales pour mettre bas: il le fait ici au début de l’été!

En étant donc isolée des autres populations de la même espèce, la population du Saint-Laurent vit toutes sortes de problématiques. D’abord, la chasse à la baleine a fait diminué drastiquement le nombre d’individus présents dans le Saint-Laurent (comme les bisons…). On chassait autrefois le béluga, ou le marsouin blanc comme on l’appelait dans l’temps, pour toutes sortes de raisons: sa graisse pour allumer les phares et les lanternes, sa chaire, mais surtout, on chassait le béluga pour simplement l’éliminer. Il avait la réputation de nuire à la pêche à la morue et le gouvernement payait alors les chasseurs qui lui ramenaient les queues des bélugas abattus. On bombardait littéralement les groupes de bélugas avec des avions, les accusant de manger toute la morue du fleuve. T’as bien lu. Et pourtant, une dizaine d’années plus tard, lors de la première étude biologique sur l’espèce, on découvre que le béluga préfère manger des petites espèces de poissons sans intérêt commercial… #mercilascience

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En direct de Tadoussac, Québec

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Aujourd’hui, bien que la chasse soit interdite depuis quelques décennies, il reste que le béluga a de la difficulté à se remettre de cette chasse abusive. Les naissances n’arrivent pas à faire augmenter le nombre d’individus de la population. Chaque année, beaucoup de bélugas meurent de cancers ce qui est très inusité pour une espèce sauvage. Les hypothèses sont nombreuses: stress causé par le bruit des bateaux, réchauffement de l’eau et changement dans la diète, bioaccumulation de médicaments dans les tissus ce qui mélange les hormones des mâles et des femelles affectant alors leur fitness (ou leur fertilité)… Toutes les carcasses de bélugas sont envoyées à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe pour une autopsie détaillée.

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Les temps ont bien changé et on protège maintenant le plus possible cette population de bélugas de plus en plus fragile. Selon Pêches et Océans Canada, vers la fin des années 1800, on estimait à 10 000, le nombre de bélugas dans notre estuaire. Aujourd’hui, la population compte entre 800 et 900 individus. C’est donc toute une chance de pouvoir les observer dans l’estuaire du Saint-Laurent!  

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Sources images : Piqsels, Luca Galuzzi

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Question du public
Le melon des baleines : 2 pour 1

Pourquoi certaines baleines ont des bosses sur la tête? Ce n’est pas parce qu’elles ont foncé dans des rochers… (-‸ლ) Ce sont des melons!

« C’est quoi le deal avec le gros front des baleine? »

Pourquoi certaines baleines ont des bosses sur la tête? Ce n’est pas parce qu’elles ont foncé dans des rochers… (-‸ლ) Ce sont des melons! Ces bosses sont en réalité des amas graisseux qu’on retrouve au niveau du front des baleines juste devant leur évent (la narine des cétacés, par où leur souffle est expulsé). Chez les bélugas, il est très prononcé, mais, même s’il ne paraît pas, il faut savoir que toutes les baleines à dents* possèdent un melon. La fonction précise de cette masse n’est pas tout à fait claire. On s’entend pour dire que c’est un organe relatif à l‘audition de ces baleines et à leur système d’écholocation (oui, oui, les baleines font de l’écholocation, comme les chauves-souris). Il servirait principalement à diriger et moduler les sons émis par les animaux et il agirait comme une lentille sonore pour la captation des sons.

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Une femelle cachalot, son petit et leur melon respectif

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La masse est faite de gras, mais aussi de cire et sa composition varie à travers le melon lui-même. En général, le centre (le noyau) est plus cireux que les zones externes et conduit le son plus lentement. Cette variation des composantes agit donc comme une lentille et ralentit le son graduellement pour le concentrer. Ensuite, le son est reçu par des sacs d’air autour du melon et par le crâne lui-même. Le principe de focalisation du son est aussi bon pour l’émission des ondes sonores. Les baleines à dents s’en servent donc pour communiquer (entendre les sons des autres baleines), mais aussi pour émettre des ondes sonores qui leur permettent de faire de l’écholocation pour se diriger dans l’eau.

La quantité de matière cireuse n’est pas la même pour chaque espèce, ainsi le melon de certaines baleines à dents, comme les cachalots et les dauphins, réduit grandement la vitesse du son tandis que les narvals et les bélugas n’ont que très peu ou pas de cire dans leur melon.  

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En parlant des bélugas, on dit que leur melon est unique. Cette baleine peut changer la forme de son melon, comme elle le veut. Cette adaptation permet probablement de modifier l’amplitude, la forme, la fréquence et la direction des ondes sonores de leur faisceau d’écholocation. Pratique. Le béluga est aussi appelé le « canari des mers » car il émet toutes sortes de sons et de cliquetis qu’ils captent ensuite avec leur melon!

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Alors, ces bosses, ce sont des porte-voix et des cornets auditifs tout à la fois. #2pour1

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NOTES

* Il existe des baleines à dents et des baleines à fanons, selon leur mode d’alimentation. On te jase de cette classification juste ici parce que c’est fascinant. Le melon, on le retrouve donc chez nos cétacés avec des dents : les dauphins, les marsouins, les épaulards, les cachalots, les narvals (les licornes des mers), les globicéphales et les bélugas.

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Sources images : Gabriel Barathieu

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Choix du naturaliste
Le nudibranche, une p’tite limace puissante

Hein? Un quoi?

Hein? Un quoi?

Ça :

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Ou bien ça :

Un nudibranche couleur saumon, qu’on trouve au Canada

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C’est mignon hein? Une belle limace de mer colorée! En fait, un nudibranche, c’est bien plus qu’une limace de mer. C’est un petit animal qui a l’air anodin, coloré et bien doux… mais… c’est un redoutable prédateur! Glissant sur son pied plat tel un escargot, le nudibranche est prêt à dévorer toutes sortes d’anémones pour ensuite réutiliser ses armes pour sa propre défense!

Le nudibranche est un mollusque de la classe des gastéropodes, comme les limaces et les escargots. Ce grand groupe compte plein de p’tites bêtes avec des estomacs (gastéro-) sur pied (-podes)! Les escargots que tu trouves dans ton jardin ont le corps protégé par une coquille et mangent toutes sortes de feuilles vertes. Mais les nudibranches eux, n’ont pas de coquille, ils doivent donc protéger leur corps mou d’une autre façon. Et c’est en mangeant des anémones qu’ils le font! Si t’as écouté Trouver Némo, t’as sûrement appris que les anémones, ben ça brûle. Comme leurs cousines les méduses, les anémones ont dans leurs tentacules des cellules urticantes appelées cnidoblastes. Ces petites cellules contiennent des petits crochets (des nématocystes) qui sont déclenchés quand on les touche ce qui crée la réaction urticante sur la peau. Selon les espèces, la réaction peut avoir différents niveaux d’intensité. Pour les petites proies, ce contact avec les cnidoblastes les paralysent et c’est de cette façon que la méduse ou l’anémone peut avaler son repas.

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Ce qui est vraiment cool avec les nudibranches, c’est qu’ils n’ont pas de réaction à ces cellules urticantes. En fait, lorsqu’ils mangent une anémone, ils évitent de les digérer et ils les stockent dans un genre de replis de peau sur leur dos qu’on appelle des diverticules gastriques où on trouve aussi parfois des branchies. Les nudibranches sont alors encore plus urticants que les anémones qu’ils mangent puisque les nématocystes y sont concentrés! C’est comme se battre contre un ennemi, le vaincre, puis réutiliser ses armes pour se défendre. #power

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Le nudibranche est surtout observé en plongée puisqu’il vit plusieurs mètres sous la surface. Alors à ta prochaine plongée, attention de ne pas te laisser tenter par sa texture soyeuse! À observer avec les yeux seulement!

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Sources images : Pixabay. Derek Keats

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Qc-Nature
La compétition

La compétition influence pas mal de choses. Non, la compétition, ce n’est pas les Olympiques des animaux. C’est plutôt une réponse tout à fait normale à un phénomène de pénurie.

On sait que dans les écosystèmes, il existe des relations entre les éléments qui les composent. Une des plus simples relations et des mieux connues est celle de la prédation. Mais il en existe des tonnes d’autres! La compétition en est une, et elle influence pas mal de choses. Non, la compétition, ce n’est pas les Olympiques des animaux. C’est plutôt une réponse tout à fait normale à un phénomène de pénurie.

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Les scénarios possibles

Imagines. T’arrive à l’épicerie, il reste seulement une tomate, et tu en as vraiment de besoin pour faire ton souper. Tu te précipites entre les étalages pour finalement mettre la main dessus. Ta main se pose sur la tomate en même temps que celle d’une mamie. Les deux, vous voulez la tomate. Dans notre réalité d’humain, tu vas probablement poliment laisser la tomate à la personne âgée, mais dans la nature, ça serait un tout autre scénario.

Quand on parle de compétition, on parle de rivalité entre les espèces ou les individus pour l’accès aux ressources alimentaires, territoriales, partenariales, etc., qui seraient limitées. C’est la rareté d’une ressource qui favorise les mécanismes de compétition.

Il existe de la compétition entre les individus d’une même espèce, lorsque la ressource est un partenaire. C’est la compétition intraspécifique. Lorsque la ressource voulue est alimentaire ou liée à l’espace vital, comme des sites favorables à la nidification, des dortoirs ou encore des territoires de chasse, la compétition peut se faire entre individus de la même espèce, mais plusieurs espèces peuvent aussi compétitionner. On appelle ça la compétition interspécifique.

L’accès à l’eau et à la nourriture peut créer de la compétition entre les espèces et les individus

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Un premier rôle

Dans la nature, la compétition joue un rôle de premier plan dans l’évolution et dans l’organisation des populations, en régulant la distribution et l’abondance des espèces*. Sans parler du fait que certaines ressources représentent la vie ou la mort (comme la nourriture ou l’eau) et que la compétition pour ces dernières est loin d’être anodine.

Qu’elle soit intra- ou interspécifique, la compétition joue un rôle dans le processus évolutif. Les individus plus forts ou mieux équipés (avec des meilleurs gènes) ont un avantage dans les situations de compétitions et ont plus de chances de transmettre leurs traits avantageux, leurs bons gènes, aux générations suivantes. C’est encore une histoire de succès! Les pressions que la compétition exercent sur des espèces peut faire varier le phénotype d’une espèces: avec le temps, une espèces peut développer des traits avantageux pour la compétition, comme des feuilles plus grandes pour capter plus de lumière, un panache plus grand, des graines plus nombreuses…

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Ensuite, la compétition peut influencer l’organisation des espèces dans le paysage. Il peut y avoir une variation des niches écologiques**, ou encore des chevauchements de niches. Par exemple, deux espèces d’oiseaux sont connues pour nicher dans les branches les plus hautes des sapins. Une des espèces est un meilleur compétiteur et force la seconde à nicher dans les branches les plus basses des conifères, plus près des prédateurs. La niche de ce dernier a été modifiée par la pression de la compétition et rend, par le fait même, l’espèce plus vulnérable et donc moins successful.  

Des lézards australiens en compétition

Dans le théâtre de la nature

On assiste à des représentations de compétition régulièrement dans la nature et ce, même sans s’en rendre compte. C’est le cas dans une forêt, lors de la succession végétale***. Après une perturbation d’un milieu, comme un incendie, des espèces, comme les bouleaux, qui ont besoin de beaucoup de lumière, vont s’installer. Quelques années plus tard, le sapin baumier s’installe et pousse à l’ombre des bouleaux. En 20 ans, le milieu est dominé par les sapins. Les bouleaux meurent lentement. Finalement, l’hêtre, une espèce d’ombre, pousse sous les sapins. Éventuellement, les grands hêtres prendront la place des sapins. C’est une looooooongue compétition pour la lumière entre les arbres d’une forêt.

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D’autres exemples?

Les fleurs printanières ont développé une floraison hâtive, avant que les feuilles des arbres ne soient développées, pour profiter de la lumière et pour éviter la compétition.

Une espèce de roseau envahissant, comme le phragmite, assèche les milieux humides avec leurs racines et font compétition aux quenouilles pour l’espace et les ressources.

Dans les grands troupeaux, comme ceux des zèbres, si les individus sont trop nombreux pour les ressources disponibles, il y aura compétition pour la nourriture et l’eau, par exemple.

La sélection sexuelle en elle-même est une compétition intraspécifique entre les mâles pour accéder aux femelles. Les cerfs de Virginie mâles initient des combats, les éperviers font des compétitions de vols acrobatiques, les épinoches tentent de construire un plus beau nid que leur voisin.

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Dans la nature sauvage, si la dernière tomate à l’épicerie était une ressource essentielle, il y aurait eu un combat entre Mamie et toi, ou encore une démonstration de force, par des cris ou une parade, ou bien la tomate aurait pu être volée d’un panier à l’autre… mais, on n’est pas dans la nature sauvage.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’à long terme, la compétition dans les écosystèmes devient, par le principe de sélection naturelle, un facteur d’évolution de la végétation ou de la diversité animale. C’est pas rien.

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NOTES

* La distribution, c’est la place qu’une espèce va prendre dans l’espace (sur un territoire). L’abondance, c’est le nombre d’individus, ce qui représente en quelque sorte le succès d’une espèce. On a déjà effleurer le sujet quand on calculait la biodiversité.

** Une niche écologique, c’est le rôle d’une espèce dans le fonctionnement de l’écosystème. On dit souvent que « l’habitat serait l’adresse d’une espèce et que sa niche serait son métier ».

*** La succession végétale, c’est un phénomène forestier au cours duquel, les espèces dominantes d’un milieu se succèdent selon leurs adaptations. On t’en parle ici.

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Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste

Source image : Pxhere

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