La rhizosphère déracinée

8/9/2022
Question du public

Quand on parle de la racine d’un mot, on fait référence à la partie centrale dudit mot qui peut la situe dans une famille de mots ou dans un champ lexical, comme la racine d’une plante qui l’ancre dans le sol. Sur celle-ci s’ajoutent suffixes et préfixes, ou plutôt les fleurs et les feuilles qui rendent le mot-plante unique dans son écosystème!

Des plantes, avec des racines, dans un champ (lexical...)

C’est donc en décortiquant le mot rhizo-sphère que l’on découvre qu’il s’agit du « domaine des racines », la partie du sol qui est habitée par les jambes de plantes et les milliers de microorganismes qui s’associent à elles. C’est la zone de contact entre les racines et le sol et un lieu d’échange extrêmement actif. Pour découvrir les mystères de la rhizosphère, plongeons sous le gazon pour y mettre du clair!

La zone en jaune représente la rhizosphère.

Ses habitants

Parmi les plus grands personnages de la scène sous-terraine, on retrouve quelques-uns des plus petits organismes terrestres. Les nématodes (ou vers ronds) sont des invertébrés de quelques millimètres de long qui à eux seuls représentent 80 % de la biodiversité sur Terre (en nombre d’individus). Certains se nourrissent de racines de plantes, on les nomme parasites phytophages. D’autres sont appelés nématodes bénéfiques, car ils se nourrissent des organismes néfastes pour le développement des plantes.

Un nématode

 

En regardant de plus près, on peut apercevoir des filaments de 1 mm s’accrochant aux racines et s’étendant à des kilomètres de distance. Ça, c’est le mycélium! Ça mange quoi en hiver? Le mycélium des Fungi (dont certains forment des champignons pour se reproduire) se nourrit en excrétant des enzymes. Essentiellement, il digère toutes sortes de molécules organiques à l’extérieur de son corps pour ensuite absorber les molécules plus simples. Les filaments, appelés hyphes, ont l’épaisseur d’une cellule et sont des experts en recherche de nutriments rares et d’eau dans le sol. Ils permettent de transporter ces denrées convoitées vers différentes parties du mycélium ou même de les échanger avec les plantes contre du sucre.

Si on s’approche encore plus, sous le microscope, on voit des milliers de bactéries qu’on peut diviser en quatre groupes selon leur fonction. Les décomposeurs séparent la matière organique dans le sol en molécules plus faciles à utiliser pour les autres membres de la communauté. Les bactéries mutualistes sont en relation co-dépendante avec les plantes (pas de jugement ici), elles peuvent les aider entre autres à absorber de l’azote. Les pathogènes sont des bactéries néfastes pour le développement des plantes, comme des parasites ou des maladies. Enfin, les lithotrophes trouvent leur énergie dans des molécules autres que le carbone. Elles peuvent donc désintégrer des polluants. Pratique! Ensemble, les bactéries sont essentielles au recyclage des molécules organiques.  

 

C’est tout?

La vie sous terre est si immense, et minuscule à la fois, qu’on ne pourra jamais la comprendre entièrement. Comme l’océan, avec ses planctons microscopiques et ses tranchées d’obscurité infinie, il faut accepter que toute explication de l’écosystème sous-terrain sera incomplète, biaisée par notre point de vue d’animal sur-terrain. La prochaine fois que tu es en nature, prends le temps de rêver à toute cette magie sous tes pieds. Et penses-y, dans chaque feuille morte, il y a la naissance de la prochaine. C’est en découvrant nos racines qu’on voit enfin le cycle de la vie! 😉

Par Sofia, éducatrice-naturaliste

Sources images : Pixabay, GUEPE, K-State Research and Extension, Pixnio

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