Les plantes en absorbent

25/11/2021
Qc-Nature

Nous habitons sur environ 470 millions d’années de végétaux et d’animaux décomposés en terre. Dans cette terre qui ne cesse de s’accumuler, toutes sortes de gaz, de minéraux et de matières organiques offrent les nutriments nécessaires à la vie végétale. Toutefois, certaines substances peuvent être contaminantes lorsqu’elles sont trop concentrées : c’est alors, une pollution!

Ainsi, les plantes, les champignons et les invertébrés filtrent les sols et décontaminent la terre dans toutes sortes d’écosystèmes autant aquatiques que terrestres. C’est un peu comme un remède de la nature contre les polluants. Plusieurs techniques utilisées par l’humain permettent aussi de décontaminer les sols, mais celle que l’on retient aujourd’hui, c’est la phytoremédiation! Phyto-, pour plante!

La décontamination à l’aide de plantes

Le peuplier deltoïde qui décontanime

Les végétaux conservent et matérialisent naturellement ce qu’ils consomment à travers leur croissance. La phytoremédiation implique donc les propriétés qu’ont certaines plantes à absorber davantage de contaminants que d’autres plantes étant moins efficaces.

Les métaux lourds présents naturellement dans le sol ou encore laissés par d’anciennes industries, les pesticides laissés par l’agriculture, les sites d’enfouissement, les stations-service, etc., sont autant d’exemples de pollution que les plantes peuvent prendre en charge, selon la nature des contaminants. Par exemple, le saule, le peuplier, le tournesol ou encore même la moutarde sont utilisés pour traiter des cas d’hydrocarbures, de radioéléments, de zinc, de contamination au plomb, etc.  

Ce service biologique via les plantes nous permet, par exemple, d’exploiter une terre agricole, où la terre doit être riche en nutriments et surtout pas contaminée. Similairement, ça nous permet de s’assurer qu’une terre est décontaminée (mais sans obligation de nutriments cette fois) avant de construire des habitations. L’avantage ici est de traiter quelques kilos de végétaux contaminés et non plus des tonnes de terre impropre.

Pas juste pour les sols

Il n’y a pas que l’eau et la terre qui peuvent être dépolluées par la phytoremédiation, l’air aussi est constamment revitalisé par les plantes. En ville, les arbres jouent un rôle important dans l’assainissement de l’air, en captant les poussières atmosphériques et en absorbant le CO2. Ce dernier est ensuite séquestré dans la fibre végétale des racines et des parties aériennes. Raison de plus pour planter le bon arbre au bon endroit!

Tout vient à point à qui sait attendre

Par contre, lorsqu’on utilise la phytoremédiation, il faut savoir que le résultat final ne sera attendu qu’après quelques années. Héé oui! Même si son efficacité est reconnue, il faut savoir que c’est une nouvelle pratique toujours à l’étude. Le temps que ça prend pour réaliser l’expérience est encore trop long, mais les résultats font leur preuve. Dans la même veine, la mycoremédiation (par les champignons) est également à l’étude. Tu peux toujours comprendre la base du mycorhize ici-même.  

À toi de jouer!

Enfin, tu peux toujours faire une expérience à la maison : tu peux faire germer des graines d’un arbre que tu auras trouvé – le peuplier se trouve facilement et pousse rapidement. Tu en plantes un dans un pot avec de la terre contaminée avec un produit (comme du liquide bleu à fondue) et un autre dans un pot avec du compost. Tu peux aussi faire plusieurs variantes avec d’autres types de terreau. Malgré qu’il ne soit pas nécessairement possible de valider la décontamination de la terre contaminée sans quelques notions de chimie supplémentaires, tu pourras quand même t’amuser à faire d’autres observations et à te poser des questions. Par exemple, est-ce que les deux poussent de la même façon?  

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay

Notre blogue
découvrir
Nos audioguides
découvrir
Nos vidéos
découvrir
Nos fiches éducatives
découvrir
OUTILS
BLOGUE
fermer