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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Vedette du mois
Les interactions biologiques : une équation

Un écosystème, c’est un grand réseau où l’on retrouve une multitude d’interactions entre les différentes composantes. Chez les vivants, ces interactions peuvent prendre plusieurs formes.

Un écosystème, c’est un grand réseau où l’on retrouve une multitude d’interactions entre les différentes composantes. Chez les vivants (on met donc de côté les éléments abiotiques comme l’eau et le sol), ces interactions peuvent prendre plusieurs formes : des échanges, des relations bénéfiques ou toxiques (ou ni un ni l’autre), des concours, de l’entraide… On les appelle des interactions biologiques. À l’échelle de l’individu, ces relations sont positives (+), négatives (-) ou neutres (0). Pour comprendre comment les vivants vivent les uns avec les autres, on se penche sur leurs relations et on démystifie la grande équation de la coexistence.  

Les interactions peuvent exister entre des individus (ou des groupes*) d’espèces différentes. Ce sont des relations interspécifiques. En contrepartie, si deux individus de la même espèce sont en relation, on dit qu’ils ont une relation intraspécifique. Et comme la nature ne fait rien à moitié, il existe des tonnes de ces interactions, d’envergures différentes, à long ou court terme, essentielles ou pas, ayant des impacts plus ou moins importants pour l’un, l’autre ou les deux individus impliqués. On va démêler le tout ensemble une interaction à la fois**.  

La compétition = – / –

Lorsque deux individus sont en compétition, c’est qu’ils ont besoin de la même ressource. Que ce soit de la nourriture, des matériaux ou de l’espace, ils devront interagir ensemble pour l’obtenir. Pense aux quenouilles qui compétitionnent avec le phragmite pour des habitats de choix ou encore à deux mâles d’une même espèce qui se chamaillent pour une femelle. Généralement, l’individu le mieux adapté aura le dessus sur l’autre. Toutefois, dans ce type de relation, les deux individus doivent dépenser de l’énergie pour arriver à leurs fins. La compétition est donc une relation négative pour l’individu A (-) et l’individu B (-), parce que dans le meilleur des mondes, la compétition n’existerait pas. #àmoi

La prédation = + / –

Dans ce type de relation, l’individu A (+), celui qui mange, tire des avantages très faciles à comprendre, contrairement à l’individu B (-), celui qui se fait manger. Oui, c’est vrai, le prédateur devra dépenser de l’énergie pour obtenir sa proie, mais les bénéfices obtenus seront (généralement) plus grands que le coût de la « chasse ». La prédation, c’est bien entendu un ours (+) qui mange un saumon (-), mais c’est aussi un cerf (+) qui broute les bourgeons d’un sapin baumier (-). #miammiam

Le commensalisme = + / 0

Un oiseau (+) qui ramasse des poils de cerf (0) tombés au sol pour faire son nid, c’est le parfait exemple de commensalisme. Une espèce profite d’une autre sans que cette dernière ne soit affectée, ni positivement, ni négativement. Cette interaction peut être indirecte, comme c’est le cas de l’exemple précédent, ou directe. Les balanes (+) qui vivent sur les baleines (0) ont une relation de commensalisme direct avec leur hôte. #dontknowdontcare

Le parasitisme = + / –

En parlant d’hôte… Dans la dynamique du parasitisme, l’individu A (+), le parasite, va nuire à son hôte, l’individu B (-). Le parasite n’entraîne pas la mort de son hôte (sinon, on parlerait de prédation), mais il vit à ses dépens. Il s’installe soit à l’intérieur de son hôte, comme un ver solitaire (+), sur son hôte ou même dans l’environnement immédiat de son hôte (comme le vacher (+) qui pond ses œufs dans le nid des autres oiseaux (-)). Le parasite peut alors consommer (littéralement) son hôte, utiliser son énergie ou profiter de ses ressources. #notcool

La symbiose = + / +

Quand on parle de symbiose, on parle du parfait mariage entre deux entités. La survie de l’individu A (+) dépend de sa relation avec l’individu B (+) et vice versa. Le lichen est probablement l’exemple de plus courant de symbiose (entre une algue et un champignon). Les champignons s’unissent aussi aux plantes par symbiose mycorhizienne. On retrouve ces beaux petits couples partout, même dans ton intestin***. #matchparfait

Le mutualisme = + / +

Alors qu’elle butine en se couvrant de pollen, une abeille consomme le nectar d’une fleur. C’est le mutualisme : l’individu A (+) et l’individu B (+) profitent tous deux de l’interaction, mais, en comparaison avec la symbiose, leur survie n’en dépend pas. En échange des services de pollinisation pour les plantes, les insectes profitent d’une source de nourriture supplémentaire. Un autre exemple? Les graines des plantes que les oiseaux mangent sont transportées (ou disséminées) et déposées dans leurs crottes (ou de l’engrais naturel). La graine a été dispersée, favorisant la plante, et l’oiseau a mangé. #amispourlavie  

Tant que les organismes vivants partageront des espaces, consommeront les mêmes ressources, vivront en communauté, tenteront de survivre, les interactions biologiques auront lieu. Elles sont en quelque sorte le moteur des écosystèmes et un témoin tangible de l’évolution. Parce que qui dit interaction, dit adaptation. 1 + 1 = 2

NOTES

* Pour les besoins de ce texte, on va utiliser le terme « individu » le plus souvent, mais saches que des groupes, voire des populations, peuvent aussi vivre des interactions.  

** On se concentre sur les principales interactions observées dans la nature, mais il existe d’autres types ou des variations de celles présentées ici.

*** Ton microbiote intestinal, ou ta flore intestinale, vit en symbiose avec ton organisme. C’est toujours étonnant de savoir que dans les fins fonds de ton intestin, c’est une lune de miel infinie.

Par Anne Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Wiki, pxfuel, pxfuel, Pixabay

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Choix du naturaliste
Les mystères du cachalot

Animé par un esprit de vengeance, le capitaine Achab pourchassait le cachalot blanc Moby-Dick dans le roman de Melville. Inspiré par les récits des chasseurs de baleines, cette histoire aura fait connaitre la cachalot.

Animé par un esprit de vengeance, le capitaine Achab pourchassait le célèbre cachalot blanc Moby-Dick dans le roman de Herman Melville. Inspiré par les récits des chasseurs de baleines, cette histoire aura fait connaitre une espèce entourée de mystères. Ces mammifères marins, bien qu’ils préfèrent généralement les calmars aux jambes de marins, sont effectivement des prédateurs efficaces et bien adaptés.  

Ces animaux sont de gros cétacés odontocètes, ou en d’autres mots, des baleines à dents. Ils peuvent mesurer entre 11 et 15 mètres en plus de peser de 15 à 45 tonnes et ils ont les plus gros cerveaux du règne animal. On peut occasionnellement les retrouver dans le golfe ou dans l’estuaire du Saint-Laurent. Puis, si tu as envie d’aller les observer, tu les reconnaîtras par leur souffle qui pointe vers la gauche*. Saviez-vous aussi que l’huile provenant de ces baleines était utilisée pendant le 19e siècle pour l’éclairage et la lubrification des machines? Wow! On dirait presque qu’ils collectionnent les funs facts!  

En plus de tout cela, ils sont de vrais plongeurs des abysses! Bien qu’ils peuvent en général plonger entre 300 et 800 mètres pendant 40 minutes, ils peuvent également atteindre des profondeurs allant jusqu’à 2000 mètres. Comment font-ils pour retenir leur souffle et ne pas devenir des raisins secs sous la pression incroyable de l’eau?

La nage en profondeur, ça commence à la surface

Ces cétacés possèdent une physiologie qui est adaptée à la nage en profondeur. Pour commencer, rappelons-nous que les mammifères marins respirent avec des poumons. Ils doivent donc être à la surface pour respirer. Pour emmagasiner le maximum d’oxygène, les baleines font des respirations très efficaces. Elles échange environ 85 à 90 % de l’air provenant des poumons, comparativement à 15 % pour les humains. Ensuite, lorsqu’elles vont en profondeur pour chasser, elles plongent en apnée. Elles retiennent leur souffle! Pour réussir cet exploit, elles doivent, à la fois, avoir en réserve assez d’oxygène pour alimenter leurs parties vitales, ainsi que fournir l’énergie nécessaire à la nage et résister à la pression de l’eau sur leur corps.  

En route vers les profondeurs!

De vrais maîtres d’apnée

Pour avoir une bonne réserve d’oxygène, les cachalots ont plus d’un tour dans leurs nageoires! Ils possèdent à la fois un sang très riche en globules rouges, qui sert à transporter l’oxygène, en plus d’avoir une grande quantité de myoglobine pour stocker l’oxygène dans les cellules de leurs tissus musculaires. Il peut y en avoir jusqu’à 11 fois plus que pour les mammifères terrestres! C’est ce qui donne une couleur rouge à la chair, qui est très foncée, presque noire pour les cachalots.  

La myoglobine est une protéine qui, présente en trop grande quantité, pourrait s’agglutiner et ainsi perdre toutes ses propriétés. Chez le cachalot, la myoglobine possède une charge électrique positive à sa surface, ce qui l’empêche de s’agglutiner exactement comme deux aimants qui possèdent une même charge vont se repousser. Elle peut donc continuer d’entreposer de l’oxygène. La myoglobine chez les mammifères marins, c’est un peu comme les bonbonnes d’oxygènes des plongeurs!  

De plus, pour conserver les fonctions vitales du cachalot, le sang alimente préférablement des organes vitaux, alors que d’autres fonctions comme la digestion sont ralenties. Ils vont également adapter leurs comportements pour dépenser le moins d’énergie possible en plus de diminuer leur température corporelle.  

Adaptés pour résister à la pression

Maintenant, on a vu comment les baleines font pour retenir leur souffle, mais une autre question se pose : comment résistent-elles à la pression de l’eau? Tout d’abord, leurs oreilles sont adaptées pour encaisser de grandes pressions, au même titre que leurs poumons. Ceux-ci sont proportionnellement plus petits que ceux d’un humain. C’est avantageux d’avoir de petits poumons parce qu’en profondeur, la pression de l’eau s’accroît particulièrement sur l’air à l’intérieur du corps. Pour un animal qui n’est pas adapté à la pression de l’eau (comme nous!), ça peut occasionner des tensions et des dommages, notamment aux cavités qui contiennent l’air comme les poumons et les oreilles.  

En plus des petits poumons, leurs côtes sont maintenues ensemble par un tissu cartilagineux, ce qui aide à résister à la pression qu’exerce l’eau sur le corps et permet de protéger les poumons.  

Les yeux pour leur part sont protégés par la présence d’une cornée plus épaisse ainsi que de vaisseaux sanguins et de muscles oculaires importants.  

Dernier petit fun fact : avant, on estimait que le spermaceti, un organe présent dans le melon des cachalots, était utilisé pour réguler sa pression interne ou bien pour aider à sa descente lors des plongées. Bien que sa fonction n’est pas encore tout à fait claire, on pense aujourd’hui que sa fonction principale est en lien avec l’écholocation!

NOTES

* C’est que leur conduit nasal droite est bloqué, car il sert à autre chose (plus spécifiquement à produire des clics), donc quand ils respirent, c’est seulement avec leur conduit nasal gauche.

Par Andréanne, éducatrice-naturaliste senior et coordonnatrice des activités Charlevoix

Sources images : Wiki, Gregory Smith

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Qc-Nature
L’ozone

À force de faire des recherches sur l’ozone, tu te rends compte que c’est un phénomène de plus en plus complexe. Finalement, sais-tu vraiment ce que c’est?

À force de faire des recherches sur l’ozone, tu te rends compte que c’est un phénomène de plus en plus complexe. Finalement, sais-tu vraiment ce que c’est?

Tu te demandes peut-être en quoi ça a des effets hypers positifs et même hypers négatifs pour nous? C’est quoi le rapport avec le smog ou bien les coups de soleil? Pourquoi faut-il ouvrir et fermer les fenêtres? Et bien tu es au bon endroit! Ici-même, tu trouveras beaucoup de réponses à tes questions.

D’abord, nous commençons par le commencement : qu’est-ce que c’est que cette molécule? Ensuite, nous irons faire un petit tour dans l’atmosphère afin de comprendre le phénomène qui nous protège contre les différents rayonnements Ultra-Violet (UV) : la couche d’ozone! Enfin, nous reviendrons sur Terre afin de se prémunir et de se protéger contre les effets nocifs de cette molécule naturelle et obligatoire qui se propage continuellement autour de nous.

C’est parti pour la stratosphère!

L’ozone est une molécule composée de 3 atomes d’oxygène (O3) dite triatomique (ou, qui a 3 atomes). Tu vas dire : « C’est de l’oxygène! ». Oui, mais ce n’est pas la forme dont tu as besoin pour respirer. L’ozone fait également partie des gaz à effet de serre (GES) et interagit avec les autres gaz et polluants dans l’atmosphère.  

Cette molécule est plus qu’obligatoire dans la stratosphère, une des strates de l’atmosphère. En effet, elle est naturellement présente dans cette zone située entre 12 et 50 kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle forme ce qui est connu comme la couche d’ozone. Cette strate aux concentrations élevées de la molécule O3, soit entre 1 et 10 ppm (particules par millions), représente environ 8 % de la totalité de notre atmosphère. En ppm ça ne paraît peut-être pas beaucoup, mais crois-moi, c’est suffisant!  

Restons à cette hauteur pour comprendre comment l’ozone agit sur notre planète ainsi que sur notre santé. Son principal effet connu? Bloquer 97% des rayons UV en provenance du soleil. C’est notre bouclier le plus précieux. Mais qu’est-ce que le rayon UV?

Un zoom sur les rayons UV

D’abord, il faut que tu comprennes que la lumière émise par notre soleil est décomposée en un spectre de couleurs. C’est d’ailleurs ce qui explique les couleurs de l’arc-en-ciel que nous percevons à travers la lumière blanche naturelle. Il y a ensuite la lumière invisible à l’extrémité rouge du spectre que l’on nomme les rayons infrarouges. Ces derniers provoquent un certain réchauffement. Et à l’autre bout, dans la portion plutôt bleutée, existe l’invisible de l’ultraviolet. C’est ça que nous allons explorer.  

Il y a grosso-modo 3 types de rayons UV. Toute est une question de longueur d’onde calculée en nanomètres (nm), car oui, la lumière, même à ces niveaux invisibles, se déplace telle une onde plus ou moins courte, nocive ou inoffensive.  

  1. Les rayons UV-A (400-315 nm) représentent 95 % des rayons qui atteignent la surface de la Terre. Ils pénètrent profondément sous la peau grâce à leur plus longue longueur d’onde. Ces rayons sont directement responsables du bronzage, de la dégradation du collagène (une protéine contenue partout dans le corps), de la fatigue et la dégradation des cellules, et peuvent également faire muter notre ADN en cancer. Ils sont enfin considérés comme immunosuppressifs, ce qui affaibli notre système immunitaire contre les UV-B.
  1. Les rayons UV-B (315-280 nm), avec leur longueur d’onde moyenne, pénètrent dans les couches superficielles de la peau et sont en partie filtrés par la couche d’ozone. Ils font essentiellement les mêmes effets que les UV-A, mais sont réputés bien plus cancérigènes. S’ils nous procurent les fameux coups de soleil, nos yeux aussi peuvent en subir les conséquences.  
  1. Les rayons UV-C (280-100 nm) ont une courte longueur d’onde et sont ainsi les plus nocifs d’entre tous. Par chance, ils sont pratiquement tous filtrés par notre couche d’ozone. Nous les produisons à petite échelle afin de stériliser du matériel médical ou les eaux usées des villes avant qu’elles soient rejetées dans l’environnement. C’est le processus d’ozonation.  

Redescendons maintenant sur Terre  

L’ozone est naturellement présente autour de nous, à une concentration extrêmement faible, soit entre 0,005 et 0,05 ppm. Ce n’est qu’à partir de 0,01 ppm qu’elle commence à se faire sentir. En effet, elle a une odeur d’eau de javel, contrairement à l’oxygène que tu respires (O2). C’est d’ailleurs un bon indicateur de sa toxicité pour tes poumons, tes reins, ton cerveau et tes yeux!  

Comment ça se fait? C’est lié au smog. Ce nuage de pollution jaunâtre qui plane au-dessus des grandes villes est le résultat de la combustion des voitures à essence, des nombreuses industries ou encore des feux de forêt. Ces gaz et ces particules fines viennent s’accumuler à la hauteur de nos espaces de vie.  

Toutes ces particules dans l’air réagissent entre elles, notamment avec l’oxygène afin de synthétiser, tu l’auras deviné : de l’ozone. L’humidité et les canicules contribuent à ça aussi; non seulement la chaleur aide à la formation de l’ozone, mais la vapeur d’eau empêche également les particules polluantes de se disperser, ce qui crée quoi? De l’ozone. (Petite parenthèse : les éclaires synthétisent elles aussi de l’ozone lors d’orages!)  

C’est entre autres ce qui nous pique les yeux, nous fait tousser, avoir des maux de tête ou bien des étourdissements. À plus forte dose, dans certains environnements industriels pollués, les conséquences peuvent être plus graves à long terme. Des fortes concentrations d’ozone dans l’air peuvent rapidement provoquer une augmentation des difficultés respiratoires plus ou moins graves, tel que l’asthme, par exemple.  

Mesures de protection

Durant la journée, le niveau d’ozone varie en fonction de la qualité de l’air et de sa température. Ainsi, il est préférable de fermer les fenêtres lorsqu’il y a un avertissement de smog ou encore en après-midi, même en hiver, et de bien aérer la maison le matin. Les appareils purificateurs d’air, ne sont pas toujours parfaits : ceux qui ionisent l’air peuvent produire un peu d’ozone. Vérifie le niveau d’ozone qu’il peut créer avant de t’en procurer un. L’ionisation de l’air est par contre bénéfique, mais on y reviendra!  

Contre le smog urbain, il est encouragé d’utiliser des moyens de transport actifs et collectifs plutôt que de prendre la voiture. Il est aussi recommandé d’avoir beaucoup de végétation en ville, non seulement pour nous rafraîchir, étant donné l’effet d’îlot de chaleur qui existe en milieu urbain, mais aussi pour filtrer (et ioniser) l’air ambiant. C’est de loin la meilleure technologie que nous avons jusqu’à présent!

Enfin, contre les UV, tu peux mettre de la crème solaire à large spectre, qui protègent contre les rayons UV-A et UV-B, pour te garder des coups de soleil et des risques de cancer. Le chiffre sur la bouteille de crème (ex. 30) est une mesure relative de temps qu’il faudrait à une peau protégée versus non protégée pour brûler. Mais ça ne veut pas dire que tu devrais pour autant plus t’exposer au soleil. Il faut suivre les consignes d’utilisation pour une protection optimale. Et tu devrais mettre des lunettes de soleil pour te protéger aussi des longueurs d’ondes nocives.

Un brin d’histoire

Ah oui, le fameux trou dans la couche d’ozone! Hé bien, en 1985, nous avons découvert que l’émission de certains GES détruisait les molécules d’ozone dans l’atmosphère, car oui, toute est une question de réactions chimiques, encore une fois. En 1987, 24 pays adhèrent au Protocole de Montréal qui vise l’interdiction, entre autres des CFC et des halons, des gaz surtout utilisés comme réfrigérants. En 2009, l’entente est universelle, 196 pays y adhèrent. Nous sommes sur la bonne voie, car vers 2050, la couche d’ozone devrait être presqu’entièrement rétablie, au mieux!

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : NASA’s Marshall Space Flight Center, GUEPE, PublicDomainPictures.net, Pixabay

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Question du public
Les feux de forêt : bons ou mauvais?

Est-ce bon ou mauvais, un feu de forêt? Assurément, tu dois déjà t’être posé la question au moins une fois. Eh bien, voici la réponse que tu attendais : toujours un peu des deux!

« Est-ce bon ou mauvais, un feu de forêt? »

Assurément, tu dois déjà t’être posé la question au moins une fois. Eh bien, voici la réponse que tu attendais : toujours un peu des deux!

Les feux de forêt : pas toujours mauvais

Peut-être le savais-tu déjà, mais les feux de forêt ont toujours existé et bien heureusement, car ils sont bénéfiques dans certains écosystèmes. Certains arbres à aiguilles ont besoin de brûler afin de se reproduire. Oui oui, leurs fruits en forme de cône (d’où le mot CONifère), aussi connus sous le nom de pomme de pin, sont tellement soudés par leur sève, que celle-ci a besoin de fondre pour que la cocotte puisse s’ouvrir, libérant ainsi les graines qu’elles contiennent.  

Ils permettent aussi de contrôler les épidémies de certains insectes nuisibles aux arbres. Ils permettent à des espèces qui en dépendent pour survivre! S’il n’y avait pas de feux pour amincir la canopée, certaines plantes n’auraient pas assez de lumière du soleil.  

Les feux de forêt : pas toujours bons

Cependant, rappelons-nous que la forêt emprisonne énormément de carbone dans son essence même. Ainsi, lorsque la forêt brûle, elle émet des milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Ce gaz crée un effet de serre qui réchauffe la Terre, ce qui augmente les risques d’incendie! Si tout cela était causé naturellement, ça serait une chose, mais ils sont souvent le résultat de notre propre imprudence! Imagine qu’on cause plus de la moitié des feux de forêt au Canada quand on fait des feux de camp ou qu’on jette des cigarettes mal éteintes, par exemple!  

Un vrai cercle vicieux

Non seulement les feux de forêt contribuent au réchauffement de la Terre et ainsi contribuent à augmenter le risque qu’ils se reproduisent dans l’avenir, mais ils risquent également d’allumer de nouveaux feux à plus court terme.  

Comment? Ils produisent d’énormes nuages de particules, mais peuvent également créer de véritables pyrocumulus. Quoi? Pyro comme pyrotechnie? Oui, des énormes nuages gris gorgés d’eau (cumulus) dont la pression interne provoque des refroidissements qui viennent se fracasser avec la chaleur intense de l’incendie. Ce type de confrontation atmosphérique provoque des éclairs et des précipitations. Ainsi, même s’il pleut, le courant électrique en provenance de la foudre vient allumer des étincelles un peu plus loin dans la forêt, soit des micro-feux de forêt qui, s’ils ne sont pas contrôlés à temps, vont tranquillement (ou rapidement) devenir des géants eux aussi. Nous savons que la foudre est coupable pour 67 % de la superficie de la végétation atteinte par des feux au Canada, ce qui correspond à environ 1,7 millions d’hectares de forêt chaque année!  

Les feux de forêt sont donc de véritables cercles vicieux et quand il y a des habitations humaines à proximité, ça devient un enjeu prioritaire à combattre!

Enfin, les feux font partie de notre quotidien, mais ils font aussi partie intégrante de la nature. Ils sont obligatoires, autant pour l’espèce humaine que pour la biodiversité faunique et floristique. N’empêche que c’est notre responsabilité d’éviter d’en allumer à cause de notre propre négligence. Alors, prudence!

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : PxHere, Cephas, Nikolay Kondev

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266
Vedette du mois
L’air, rien de moins

Il nous entoure. On le respire souvent sans même y penser. C’est l’AIR : un élément non vivant essentiel dans la nature pour permettre la vie sur la terre ferme de notre planète.

Il nous entoure. On le respire souvent sans même y penser. C’est l’AIR : un élément non vivant essentiel dans la nature pour permettre la vie sur la terre ferme de notre planète. De plus, c’est grâce à sa présence que l’on peut sentir le vent sur notre peau et que l’humain a pu créer de nombreuses inventions : l’avion, le parachute, les éoliennes, etc.  

Un beau mélange

L’air est un mélange de plusieurs gaz (donc de plusieurs éléments sous leur forme gazeuse). Dans l’air qui nous entoure sur Terre, on retrouve principalement de l’azote à 78 % et de l’oxygène à 21 %. Plus précisément, c’est du diazote (N2) et du dioxygène (O2), car ces éléments aiment bien se tenir deux par deux. C’est dans le 1 % qu’il reste que l’on retrouve le gaz carbonique (ou dioxyde de carbone, CO2), le méthane (CH4), la vapeur d’eau (H2O), l’ozone (O3) et tout le reste.

Si l’on pense souvent en premier à l’air comme source d’oxygène pour les êtres vivants terrestres qui respirent, il ne faut surtout pas négliger le rôle de l’air dans de nombreux autres cycles naturels.  Que ce soit le carbone, l’eau, l’azote ou le phosphore, tous ces éléments finissent par se retrouver dans l’air à un moment ou un autre de leur cycle.

Notre atmosphère

On appelle atmosphère la couche d’air qui enveloppe notre planète* et qui est maintenue en place grâce à sa gravité. Elle peut être divisée en différentes couches. Ces couches et l’atmosphère elle-même ont des limites un peu floues. Leur épaisseur et leur division restent approximatives.

  • À partir du niveau de la mer, les 12 premiers kilomètres d’air composent la couche nommée troposphère (1). Dans cette couche, on retrouve 90 % de l’air de l’atmosphère. Pas parce que c’est la plus épaisse! Bien au contraire, elle est la plus mince. C’est plutôt parce qu’elle est la couche la plus près de la Terre et que la gravité y est plus forte. C’est dans cette couche que se produisent les phénomènes météorologiques. On parle ici par exemple des nuages, de la pluie, de la neige et des arcs-en-ciel.
  • Les 38 km suivants forment la stratosphère (2). Cette couche contient 9 % de l’air de l’atmosphère, ainsi que la couche d’ozone.  
  • Passé 50 km ou 60 km d’altitude se trouve plutôt la mésosphère (3). C’est dans cette couche que l’on peut apercevoir les étoiles filantes**, comme les perséides. L’air y est suffisamment dense pour offrir une résistance aux objets en provenance de l’espace au point de les brûler. C’est de là que vient la lumière des étoiles filantes.
  • Après 85 ou 90 km, la couche porte le nom de thermosphère (4). Son épaisseur est de plusieurs centaines de kilomètres (environ 400 à 600 km). Les aurores polaires se forment dans le bas de cette couche. Cette couche abrite aussi la station spatiale internationale (SSI).
  • Au-delà de 500 ou 600 km, il s’agit de l’exosphère (5). C’est la dernière couche qui compose l’atmosphère et l’air y est quasiment absent.

Le poids de l’air!

Bien que l’air soit gazeux, il peut tout de même exercer une pression (tout comme les liquides et les solides). Plus il y a d’air (et donc de gaz), plus ça pousse sur ce qui est présent autour. Dehors, on parle alors de pression atmosphérique***.

Cette pression changera selon l’altitude et les conditions météorologiques. Plus on est haut, moins l’air est dense. Au contraire, plus on est bas, plus l’air est dense. La pression sera donc plus élevée au niveau du sol et de la mer****. Alors qu’elle sera plus basse en altitude comme au sommet d’une montagne. De plus, l’air chaud est moins dense et plus léger (c’est pour cela qu’il s’élève naturellement) et l’air froid plus dense et plus lourd (il a donc plutôt tendance à descendre). Donc selon l’endroit où tu te trouves sur Terre et selon la météo dans l’air au-dessus de ta tête, tu subiras une pression différente sur ton corps.

Sa qualité

La pollution de l’air a des conséquences sur de nombreuses maladies, qui touchent une très grande partie de l’humanité*****, et perturbe les écosystèmes, entre autres par les changements climatiques. C’est pour se rappeler l’importance de ces impacts qu’il existe la journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus et la journée de l’air pur au Canada. L’idée prônée lors de ces journées est de réduire la pollution atmosphérique, que ce soit de la fine poussière en suspension dans l’air, des particules nocives ou des gaz amplifiant l’effet de serre. Prendre soin de la qualité de l’air, c’est un geste autant pour la santé humaine que celle de notre planète.

NOTES

* Le mot atmosphère est utilisé pour désigner les couches de gaz autour de n’importe quel astre, ce qui inclut les planètes, les étoiles et les satellites naturels (ça, ce sont les lunes des planètes…).

** En astronomie, on parle de météores pour désigner les corps célestes provenant de l’espace qui entrent dans l’atmosphère et produisent une traînée lumineuse. Contrairement aux météorites, un météore n’atteindra pas le sol de la planète. Étant donné sa plus petite taille, il va plutôt complètement se consumer pendant sa chute.

*** La pression atmosphérique se mesure en kilopascals (kPa) grâce à un baromètre. Cette mesure est très utile pour établir des prévisions météorologiques.

**** La pression atmosphérique dite normale correspond à la pression de l’air quand tu te trouves au niveau de la mer (soit à peu près au bord de l’océan) et qu’il fait 15°C. Cette valeur est 101,3 kPa et sert de référence en science.

***** « La pollution de l’air contribue aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux, au cancer du poumon et à d’autres maladies respiratoires. On estime qu’elle est à l’origine de 7 millions de décès prématurés chaque année, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. », selon les Nations Unies.

Par Philippe, éducateur-naturaliste senior

Sources images : Pixabay, GUEPE, Pixabay

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