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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
Les vers de terre

Le fabuleux ver de terre! Souvent, les lombrics dégoutent les gens, mais si on s’attarde deux secondes à ces animaux étranges, on se rend vite compte qu’ils sont juste extraordinaires... et essentiels!

Il en existe environ 7 000 espèces sur Terre et ils sont présents dans tous les types d'écosystèmes (une chance). Leur corps couvert de soies est divisé en segments (ou on peut dire qu’il est annelé) : il débute par une tête, sans yeux, suivie d’une bouche, sans dent. Il est rose ou brun, il est mou et visqueux. Tu l’as deviné, c’est le fabuleux ver de terre! Souvent, les lombrics dégoutent les gens, mais si on s’attarde deux secondes à ces animaux étranges, on se rend vite compte qu’ils sont juste awesome.

Des adaptations pas mal underground

Un ver sous la terre, ça n’a pas besoin d’yeux; ça a juste besoin d’avancer. Tous les segments de leur corps, longs entre 9 et 30 cm*, sont entourés de muscles qu’ils contractent pour se propulser vers l’avant, en s’aidant de leur petites soies. Ces fouisseurs n’ont pas non plus de poumons. Ils respirent via leur peau par échanges gazeux. C’est entre autres pour cette raison qu’ils doivent rester humides en tout temps et qu’ils sécrètent du mucus (même chose pour certains amphibiens…).

L’énigmatique bourrelet

Le corps des vers est divisé par une bosse étrange appelée un clitellum. C’est quoi ça? Et bien, ce bourrelet a des fonctions sexuelles. Les vers sont hermaphrodites : la plupart des espèces sont biparentales (ils ont donc besoin de deux individus pour se reproduire), mais certains vers peuvent s’autoféconder. Dans une situation de biparentalité, l’accouplement dure plusieurs heures (oui, oui) pendant lesquelles les vers sont attachés par le clitellum. C’est aussi ce segment renflé qui forme le cocon qui accueillera les quelques œufs de vers.

Un acteur incomparable

Un ver qui sert à quelque chose

On retrouve le ver de terre dans tous les types d’écosystème et c’est bien tant mieux puisqu’ils sont considérés comme une espèce clé**. En plus de servir de lunch pour une multitude d’animaux (mouffettes, grenouilles de tous genres, crapauds, couleuvres, musaraignes, oiseaux, et on en passe), avec leurs tunnels, les vers permettent l’aération et un micro-drainage du sol favorisant la productivité du milieu. Les vers sont bien connus aussi pour leur rôle de décomposition de la matière organique dans la mosaïque trophique. Ils se nourrissent entre autres de feuilles mortes à la surface du sol et l’activité microbienne de leur système digestif (des champignons et des bactéries qui vivent dans leur tube digestif) permet la décomposition des cellules des plantes. Les rejets de sa digestion (sa crotte) donne de la terre noire minéralisée, aussi appelée compost (!). Cette terre très riche participe à maintenir une forte croissance des plantes.

Le trophée de l’acteur ayant joué le rôle plus important dans le plus grand nombre d’écosystèmes revient au…… LOMBRIC COMMUN!!! Bravo!

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PS. Pour en finir avec ce mythe, on voulait juste mentionner qu’un ver de terre coupé en deux, ça donne un ver de terre coupé en deux, et non pas deux vers de terre… (1 ÷ 2 = 1 ÷ 2) C’est vrai qu’en cas de blessure, il peut régénérer quelques segments de son corps, mais pas tous! Alors, selon l’emplacement de la coupure, le ver sera gravement blessé ou mort… Prière de ne pas essayer à la maison.

NOTES

* Imagine-toi qu’en Australie, le ver géant de Gippsland a une longueur moyenne de 1 mètre et que certains individus de 3 m de long ont déjà été retrouvés. C’est loin de notre 30 cm…

** Une espèce clé (ou plutôt clé de voûte) est une espèce qui favorise la présence de d’autres espèces. Ces facilitateurs augmentent la biodiversité des écosystèmes où ils se trouvent, comme les pics bois.

Source image: schizoform

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Quoi faire?
Un indispensable troueur : le pic bois

On te propose de parcourir les sentiers et de jouer à un de nos jeux préférés de naturalistes : quel pic a fait ça? On te parle ici, et bien entendu, de trous de pic bois.

On te propose de parcourir les sentiers et de jouer à un de nos jeux préférés de naturalistes : quel pic a fait ça? On te parle ici, et bien entendu, de trous de pic bois… Au Québec, on est très chanceux de pouvoir observer ces fantastiques oiseaux toute l’année durant et s’ils sont trop bien cachés, on peut entendre le tambourinement de leur bec sur les arbres* ou encore spotter leur trous ici et là.

Une femelle pic mineur qui travaille fort

Pourquoi faire des trous?

D’abord pour manger. Les pics sont la plupart d’insatiables insectivores et se nourrissent de bibittes qui vivent sous, dans et sur l’écorce des arbres. Ceci leur confère un statut de gestionnaires d'espèces envahissantes. En hiver, plusieurs d’entre-eux complètent leur alimentation avec des fruits et des graines. Les pics créent aussi des cavités pour nicher. C’est là, en sûreté, que les oisillons apprendront à piquer le bois et à se servir de leur pattes à quatre doigts pour grimper et s’agripper (certains pics n’ont que trois doigts par contre). Pas d’inquiétude, si le pic perce les arbres vivants (ce qui n’est pas le cas de toutes les espèces, certaines sont spécialistes du bois mort), les trous n’endommagent pas les arbres.

Nos espèces et leurs trous

  • Pic mineur : le plus petit de nos pics. Parce qu’il ne pèse presque rien, il peut faire des trous très haut dans les arbres. On trouve ses trous ronds dans des troncs ou des branches aussi petites que 10 cm de diamètre!
  • Grand pic : le plus grand des picidés québécois. Il fait, évidemment, les plus grands trous, généralement allongés et seulement sur les troncs solides des arbres morts.
  • Pic chevelu : plus grand qu’un pic mineur, il fait des trous aussi ronds qu’eux, mais un peu plus grands.
  • Pic à dos noir : cet oiseau discret se retrouve le plus souvent en milieu forestier et il se spécialise dans les insectes de bois brûlé. Autour de la cavité de nidification, généralement dans un conifère, il va retirer l’écorce de l’arbre.  
  • Pic à dos rayé : on retrouve ce pic dans des milieux similaires à son cousin à dos noir. Ils cherchent les mêmes types d’insectes et d’arbres : ils sont en directe compétition.
  • Pic à ventre roux : vivant dans les milieux marécageux, il se nourrit en léchant les crevasses des écorces ou en attrapant des insectes au vol et ne fait pas de trous d’alimentation à proprement parlé. Pour nicher, il choisit une branche ou un tronc de bois mou (comme un orme ou un saule) dans lequel il fait un trou discret qu’il tapisse de copeaux de bois.

À cette longue liste s’ajoutent deux plumeaux qui nous quittent pour l’hiver : le pic flamboyant et le pic maculé. La raison de leur départ est assez simple, le premier se nourrit d’insectes au sol et le second de la sève des arbres. Avec la neige, c’est donc pas évident pour eux de s’alimenter. Par contre, même en hiver, tu peux trouver les petits trous en rangs horizontaux du pic maculé sur les troncs d’arbres.

Et finalement, le pic à tête rouge est aussi un migrateur. Toutefois, cette espèce est très rare au Québec, elle y est d’ailleurs menacée ainsi qu’au Canada. Si ce pic creuse un trou pour nicher, ce sera dans un tronc d’arbre mort à partir d’une crevasse déjà existante, sinon, dans un poteau ou un pieu de clôture.  

Un grand trou de grand pic

Un indispensable

Dernière chose sur les pics : ils sont des espèces clé de voûte. Non, ils ne sont pas des férus de serrures, mais bien des animaux qui permettent l’établissement de d’autres espèces. Pour nicher, les pics font de nouveaux trous tous les ans. Les anciens nids sont donc disponibles à qui sera le plus rapide. Et c’est pas seulement les oiseaux, comme les petites nyctales, les mésanges à tête noire ou les canards branchus, qui en profitent, les polatouches (les écureuils volants), les chauves-souris, même des ratons laveurs peuvent élire domicile dans un vieux trou de pic. Ainsi, quand dans un écosystème les pics sont présents, d’autres espèces pourront s’y établir. Ils favorisent donc une grande biodiversité dans les milieux qu’ils ont colonisé! Wow.

NOTE

* Ces piqueurs sont équipés d’un long bec et d’un coussinet cervical osseux qui amortissent le choc des coups donnés sur un tronc, évitant ainsi les commotions cérébrales répétées…

Source image : Pixabay

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Question du public
De grains de poussière à flocons

Les flocons de neige sont tous différents. Tu en as peut-être déjà observé. La question qui brûle les lèvres : pourquoi sont-ils tous différents et comment se forment-ils?

« Comment se forment les flocons? »

Les flocons de neige sont tous différents. T’as peut-être déjà observé ces jolies choses qui tombent doucement sur ta mitaine à la récré au primaire (ou la semaine passée quand les flocons ont recommencé à tomber)… La question qui brûle les lèvres : pourquoi sont-ils tous différents et comment se forment-ils?

Il faut savoir que la neige ou les flocons, c’est un terme météorologique. La neige, dans le fond, c’est de l’eau gelée donc, de la glace. Cette très petite et légère glace se forme lorsque la vapeur d’eau entre en contact avec une masse d’air froid. Pour cristalliser, les fines gouttelettes de la vapeur d’eau doivent entrer en contact avec une surface solide. Dans l’air, cette surface solide, c’est les particules de poussière en suspension. Comme la structure moléculaire de la glace est hexagonale, la forme classique du flocon a six côtés. Les motifs sont influencés par la pression, la turbulence et la température de l’air*. Si on disséquait un flocon, on y trouverait une poussière!

Comme il n’y a pas de scalpel assez petit et précis pour faire ça, tu peux faire fondre de la neige fraîche puis la filtrer. Tu verras que le filtre n’est pas propre propre : c’est les grains de poussière à l’origine des flocons! Magie!

Et pourquoi des fois on a droit à de la giboulée (mot savant pour dire slush)? Parce que l’eau ne gèle pas instantanément lorsqu’elle est refroidie sous zéro. En plus, les particules de poussière ne sont pas toutes de la même grosseur ce qui fait qu’elles cristallisent plus ou moins d’eau chacune. Ça prend alors du temps avant de voir apparaître de la neige plus solide. D’où pourquoi, on a souvent de la giboulée lorsqu’il fait entre 2 °C et -5 °C!

NOTE

* À leur origine, dans les nuages, les flocons sont tous de la même forme (« Quoi?! »). C’est en entrant en contact avec les « facteurs météo » comme la turbulence et les variations de pression que les flocons se transforment. Ils se cognent les uns sur les autres et la chaleur qui était emmagasinée dans le grain de poussière se dissipe alors à des vitesses différentes ce qui entraîne des motifs différents!


Source image : Pixabay

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Qc-Nature
Au menu, dans la forêt

Les plantes comestibles, ce n’est pas juste dans ton jardin. La forêt, c’est l’ultime épicerie! Imagine-toi, qu’est-ce que tu mangerais si t’étais pris dans le bois?

Les plantes comestibles, ce n’est pas juste dans ton jardin. Imagine-toi pris dans une des grandes forêts urbaines de Montréal… Bon, d’accord, ça serait facile de juste suivre un sentier pour sortir du boisé ou se trouver un chemin en suivant les bruits de la ville, mais qu’est-ce que tu mangerais si t’étais pris dans le bois?

Avant de dévoiler l’identité de ces délicieuses espèces, juste te dire que si tu veux essayer d’en trouver, il faut vraiment le faire en respectant les règlements des endroits que tu visites. Certains parcs interdisent la cueillette et c’est bien logique : on veut assurer la sécurité des visiteurs mais aussi protéger la ressource!

Un épi de sumac vinaigrier

À Montréal, des espèces comestibles, il y en a plein! D’abord le très présent mais peu connu sumac vinaigrier. En automne, le vinaigrier nous donne des fruits rouges et poilus rassemblés en gros cônes rouges et jamais le commun des mortels penserait à les manger. Et pourtant, l’infusion de ces fruits donne un excellent jus qui ressemble drôlement à une limonade! Les p’tits fruits poilus sont aussi très surettes… comme des bonbons!

La vesce jargeau est une fleur un peu banale qui pousse parrrrtout. Dans les fossés, à la lisière des forêts et probablement à travers votre plant de fraises. Pour plusieurs personnes, elle entre sûrement dans la très peu glamour catégorie des « mauvaises herbes ». Et pourtant, en plus de décorer joyeusement une salade, ses fleurs ressemblent à des petits oiseaux! C’est trop cute!

Des fleurs de vesce jargeau

Finalement, notre troisième espèce comestible est un arbre : le bouleau jaune! Le bouleau jaune donne une eau qui goûte… le thé des bois (ou la menthe si tu préfères)! On peut utiliser l'eau de bouleau pour en faire du sirop qui goûte très sucré, comme le sirop d’érable. Mais déjà il faut pas mal d'eau d’érable pour faire du sirop, il en faut encore plus pour le sirop de bouleau…

Et là, on te parle pas ici des champignons (attention sujet chaud : jamais cueillir des champignons si on a le moindre doute de son identité!), des fruits et de toutes les autres feuillages qu’on pourrait mettre en salade (même le pissenlit!)… La forêt, c’est l’ultime épicerie!

Sources images: Pixabay, Pixabay

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Choix du naturaliste
À quoi ça sert un espace vert en milieu urbain?

La liste qui suit va te donner des bonnes raisons, toi, le citadin, de planter un arbre dans ta cours, ramasser les cochonneries dans le parc de ton quartier ou juste aller prendre un peu l’air. Promis.

La liste qui suit va te donner des bonnes raisons, toi, le citadin, de planter un arbre dans ta cours, ramasser les cochonneries dans le parc de ton quartier ou juste aller prendre un peu l’air.

Un coin de gazon avec 2-3 arbres, c’est pas grand chose, mais c’est assez pour être une réserve de biodiversité et dans un milieu bétonné comme les villes, toutes les parcelles vertes sont importantes. Pour un oiseau par exemple, entre le coin froid d’un toit ou les confortables branches d’un frêne, le choix est assez facile pour faire son nid. Les espaces verts, ce sont des ressources pour les animaux, une variété d’abris et, simplement, un facilitateur pour la biodiversité.

En pleine canicule, à 35 °C au milieu du parking d’un IGA, tu rêves de te retrouver à l’ombre des arbres de ton parc de quartier. Réduire les îlots de chaleur (de plus en plus nombreux en ville), bouillants et accablants, c’est une excellente raison de maintenir des espaces verts en santé. En plus, l’évapotranspiration des plantes abaisse la température ambiante. C’est quoi ça? Quand les plantes absorbent de l’eau par leurs racines, cette eau doit aller quelque part… Les végétaux transpirent donc, pour créer un flux circulatoire de la sève. Cette vapeur d’eau qui se retrouve dans l’air et fait baisser la température autour des plantes. Magie!

Savais-tu que l’air que tu respires est remplie de particules en suspension? Ces particules-là viennent des véhicules, de la fumée des cheminées, des cigarettes et des vapes, des déchets, des poussières, de la suie et de la cendre, des bactéries…* Est-ce qu’on a besoin de continuer? Les plantes, principalement les arbres, sont capables d’absorber par filtration une partie de ces particules polluantes. En plus de nettoyer l’air, les racines des végétaux dans les espaces verts réduisent l’érosion du sol et participent ainsi à éviter une trop grande pollution de l’eau par ruissellement des sols contaminés.

Ce n’est plus un secret, des tonnes d’études, dont celle-ci, démontrent que les espaces verts sont susceptibles de favoriser le bien-être des citadins et diminuent les problèmes de santé mentale. En plus, on a lu quelque part que la proximité avec la nature faciliterait la guérison de maladies. Et depuis des décennies, on dit que les espaces verts en ville réduisent le stress et, tu seras bien d’accord, ça améliore le coup d’oeil et ça rend content.


Les espaces verts en ville nous rendent service. Es-tu convaincu de leurs bienfaits?  

NOTE

* Cette pollution serait d’ailleurs la cause de plusieurs milliers de morts par année à travers le monde entier. 3,2 millions de décès seraient causées par les particules venant des épandages agricoles, le chauffage et les transports : les trois plus grandes sources de ces particules…

Source image : Pixabay

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