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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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L’effet de lisière

On met le ​spotlight​ sur un écosystème souvent oublié, une zone méconnue qui mériterait plus de ​love​ : la lisère. C’est quoi ça? C’est exactement ce que tu penses : une zone de transition entre deux milieux.

En écologie, rien n’est laissé au hasard. ​Toooouuuuuuus​ les milieux sont étudiés et leurs fonctions sont connues et reconnues. Pour un naturaliste, c’est donc la moindre des choses que de considérer tous les écosystèmes comme des morceaux d’un casse-tête géant qui forme les biomes. Mais aux yeux de tous et chacun, certains espaces semblent peu ou pas importants, enfin, pas assez pour qu’on leur porte attention. Et pourtant...

On met donc le ​spotlight​ sur une zone méconnue qui mériterait plus de ​love​ : la lisère. C’est quoi ça? C’est exactement ce que tu penses : une zone de transition entre deux milieux. Entre une forêt et une prairie, entre une friche et une plage… On l’associe souvent à une forêt et à un milieu adjacent, mais la lisière peut aussi exister entre deux milieux autres que forestiers. Les lisières naturelles se déplacent et se modifient avec le temps. Par exemple, les limites des déserts sont poussés par le vent avec les années ou les zones dégagées des sommets montagneux sont modifiés par le climat. Quand on considère ces milieux transitoires dans l’ensemble du paysage d’une région (en incluant toutes les zones du territoire), on les appelle des écotones. On y rencontre des conditions spécifiques de climat, des ressources uniques à ces milieux, des micro-habitats, etc.

Le parfait mix

Les deux milieux se chevauchent et créent un troisième écosystème : le mélange parfait. Sur cette interface, on trouve alors des espèces des deux milieux situés de part et d’autre qui coexistent. On y trouve aussi des espèces spécifiques à cette zone. Les lisières ont donc généralement une forte biodiversité. Et c’est ici que tu comprends pourquoi c’est important!

Par exemple, les pollinisateurs qui s’affairent dans un champ visitent aussi l’orée de la forêt voisine. Les oiseaux chanteurs se procurent des matériaux dans la prairie pour fabriquer leur nid douillet dans les grands arbres forestiers. Le lapin à queue blanche profite des nombreuses cachettes de la forêt, sans se gêner pour aller grignoter dans la friche avoisinante.

En plus de favoriser la biodiversité en accueillant des espèces spécialistes de la lisière, cet écotone agit comme un filtre pour limiter les introductions non avantageuses dans un ou l’autre des milieux. Comme leur structure est généralement graduelle (sauf si on a affaire à une falaise par exemple), elle freine la progression d’espèces ou de phénomènes qui pourraient provoquer des perturbations importantes.

Le problème

On va pas se mentir, les lisières, c’est super cool et super efficace quand elles sont naturelles, mais elles sont très souvent créées par l’humain. Penses à un paysage rural. Oui, oui. Tous ces champs bordés de forêt, ce sont des lisières artificielles, mais comme elles sont abruptes ou minces, elles perdent de leur efficacité.

Les espèces qu’on retrouve au bord de la zone ne sont pas nécessairement adaptées pour leur nouvelle position. Les végétaux peuvent vivre des stress parce qu’ils reçoivent trop ou trop peu d’eau, de chaleur ou de lumière. Trop de vent, trop de gel. Le sol est modifié et ça peut entraîner des conséquences pour la flore. La résilience des individus qui subissent tous les aléas de la météo diminue et ils pourraient devenir plus vulnérables à des envahisseurs, autant des insectes (comme les scolytes) que des plantes, comme le nerprun et l’herbe à puce. Ces lisières artificielles deviennent des corridors de dispersion pour ces espèces pas agréables.

Les animaux aussi peuvent avoir la vie dure sur des lisières non-naturelles. On y note souvent une prédation accrue. Imagine une lisière entre une parcelle de forêt et un champ. Les rapaces ou les corvidés (les corneilles et les corbeaux) qui chassent en milieu ouvert exercent alors des pressions jusque dans la forêt puisqu’elle est atteignable. Les oiseaux chanteurs ou les micro-mammifères, spécialistes de la forêt devront reculer plus profondément dans la parcelle. Si la parcelle est trop petite, ils seront obligés de quitter définitivement la zone.

Il existe des solutions. Lorsqu’il est nécessaire de créer des lisières, il faut penser à un aménagement adéquat de cette zone, au moment de la création et pour le futur, en protégeant les fonctions de l’écotone et en limitant les perturbations. Des plantations, des infrastructures pour la gestion et le drainage de l’eau, des fauches, de l’entretien, des réglementations pour la construction, ce sont toutes des solutions viables. Mais, entre nous, la meilleure lisière, c’est définitivement la lisière naturelle!

Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Sources images : Public Domain, GUEPE

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Qc-Nature
Les services écosystémiques

Sans la nature, on ne pourrait pas manger, on ne pourrait pas se transporter, on ne pourrait pas respirer. On n’existerait pas. Les avantages et les bienfaits qu’on tire de la nature, on appelle ça des services écosystémiques.

On voudrait essayer quelque chose. Prends une petite pause et pense à ce que la nature représente pour toi. Qui a visualisé des montagnes immenses ou le mystérieux fond marin? Qui a vu des bébés lapins sautiller dans un grand champ? Oui. C’est vrai que c’est ça la nature, mais c’est aussi la raison pour laquelle tu existes. Sans la nature, on ne pourrait pas manger, on ne pourrait pas se transporter comme on le fait. Sans la nature, on ne pourrait pas respirer. On n’existerait pas. Les avantages et les bienfaits qu’on tire de la nature, comme le fait d’avoir de la nourriture ou de l’air respirable, on appelle ça des services écosystémiques. Les sociétés retirent des bénéfices notables des processus naturels et c’est de ça dont on veut te parler.

Myosotis pollinisées dans toute leur splendeur

On t’a déjà parlé de l’importance de la diversité des fonctions écologiques dans les écosystèmes. Ces fonctions naturelles, ce sont des processus écologiques et ce sont eux qui créent les services écosystémiques dont on profite. On te donne ici comme exemple le développement d’un système racinaire comme étant la fonction écologique. Les arbres ont des racines pour puiser des nutriments ce qui leur permet par le fait même de retenir le sol en place. Ça, c’est leur fonction. Le service rendu, c’est la réduction de l’érosion du sol par la présence des racines.

Pour être sûr que tu aies bien fait la différence entre fonction et service, on te donne un autre exemple : la pollinisation. La fonction des insectes pollinisateurs, c’est de se rendre dans les fleurs, récolter le pollen ou le nectar pour leur consommation, puis de se rendre dans une autre fleur et recommencer. En même temps, ces insectes participent à la pollinisation et donc à la reproduction des fleurs visitées. Le service rendu ici, c’est que les plantes fécondées vont produire un fruit, qu’on pourra éventuellement consommer et du même coup, ça favorise la biodiversité!

L’eau et les plantes

Les bonnes actions des écosystèmes

Il existe plusieurs types de services écosystémiques. Ces bonnes actions sont toutes liées à des processus écologiques précis dont le résultat est essentiel à notre survie. D’abord, il y a les services de soutien qui assurent le fonctionnement à grande échelle des écosystèmes et qui sont nécessaires à la production des autres services. On parle du cycle de l’eau* et de la production d’oxygène. La production de biomasse (mot​ fancy​ pour dire « choses vivantes ») et la décomposition de cette matière par les animaux ou les champignons, ce qui représente le cycle de la matière (et la productivité primaire**), sont aussi inclus dans les services de soutien. On inclut ici aussi le ​cycle du carbone*** dont sa séquestration naturelle dans le bois, les sols, les grandes étendues d’eau et le sous-sol. Oui, oui. On y pense pas, mais c’est essentiel.

En plus des services de soutien, dans l’écosystème lui-même et pour assurer son fonctionnement local, on peut identifier des services de régulation. C’est ici qu’on classe des processus comme la pollinisation, ​la filtration naturelle de l'air et de l'eau, la régulation du climat, ​des inondations, des sécheresses, de l’érosion… la liste est longue!

Les services d’approvisionnement représentent les produits tangibles qu’on retire de la nature. C’est le type de service le plus facile à comprendre. La nourriture, les combustibles, les matériaux, les textiles représentent ces biens, tout comme la très sous-estimée eau douce.

Et finalement, il existe aussi les ​services socioculturels. Ils représentent le bien-être qu’on tire de la nature, de ses paysages, de son immensité. Toutes les activités récréatives, les loisirs, les apprentissages qui sont relatifs à la nature entrent dans cette catégorie de services.

Le bois de chauffage, un service parmi tant d’autres

Les bonnes actions de la nature sont nombreuses et totalement inconscientes : aucune de ces nombreuses B.A. n’est préméditée. Aucune abeille ne pense à toi en pollinisant une fleur. Les arbres n’ont pas de petite pensée pour les animaux quand ils produisent de l’oxygène. Et on n'a jamais entendu parlé d’un ver de terre qui décompose la matière pour le bien-être des humains.​ Nop.​ Ces services se font naturellement, pas expressément pour nous, mais on en profite.

Le concept de services écologiques a été mis en place pour sensibiliser les gens à l’importance de conserver les écosystèmes en santé pour continuer d’en profiter, pour qu’ils voient plus clairement les bienfaits de la nature. Et c’était une excellente idée. On devrait définitivement passer plus de temps à être reconnaissants et essayer d’en profiter d’une manière responsable!<

NOTES

* On te parle en détails de ce cycle ici.

** La productivité primaire d’un écosystème, c’est sa capacité à créer (générer) des organismes qui produisent eux-mêmes leur nourriture (comme des plantes) et qui seront mangés par les consommateurs primaires qui profitent alors de l’énergie accumulée. Plus il y a de plantes, plus il y a d’animaux pour les manger!

*** Un autre cycle dont on te parle ici.


Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Source images : Pixabay, Pixabay, Jeremy Kyejo

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Choix du naturaliste
Les derniers cours d’eau à Montréal

Montréal, c’est une île et pour une ville insulaire comme la nôtre, les cours d’eau, ça fait partie du quotidien.

Montréal, c’est une île et pour une ville insulaire comme la nôtre, les cours d’eau, ça fait partie du quotidien. On est bien entourés : on t’as parlé de la rivière des Prairies, de son eau, de ses problématiques, de l’importance de sa biodiversité. On est aussi bordé par le fleuve qui lui n‘a pas besoin de présentation (quoiqu’on te le présente ici). Mais qu’en est-il des cours d’eau qui ne sont pas autour, mais bien SUR l’île de Montréal? Notre gros îlot est assez grand pour supporter 2 029 379 personnes, des centaines de parcs urbains, un mont, une douzaine de bassins et de lacs (la plupart artificiels). Pourtant, il ne reste qu’une poignée de ruisseaux à ciel ouvert. On regarde donc pourquoi les cours d’eau sont si peu nombreux chez nous.

Disparus au nom de la propreté

À l’époque où on l’appelait encore ​Tiohtià:ke, ​l’île de Montréal avait un complexe hydrographique à faire rêver. Des lacs, des bassins, des rivières avec leurs affluents et des centaines de ruisseaux parcouraient le territoire. La rivière Saint-Pierre, faisait partie du nombre. Elle prenait sa source dans CDN/NDG et se jetait dans le fleuve à la hauteur de Pointe-à-Callière. Elle s’élargissait pour former le fameux lac à la Loutre, où se trouve aujourd’hui l’autoroute 20 et l’échangeur Turcot. Pour des raisons d’organisation, cette rivière est devenue le premier égout à ciel ouvert (oui, oui, tu as bien lu) de la ville.

Au fur et à mesure que la population a augmenté sur l’île, des problèmes de salubrité sont apparus et en 1832, on décide qu’il est grand temps d’envoyer tout ça sous terre. En partie canalisée, la belle p‘tite rivière Saint-Pierre devient le premier égout-collecteur de Montréal. Qu’est-ce qu’on remarque à ce moment-là? Canaliser les ruisseaux, ça fait de la place pour construire! On réserve le ensuite même sort à la rivière Saint-Martin qui coulait du Mont-Royal et passait à travers le Plateau, le parc Lafontaine (qui n’existait pas à l’époque) et le quartier latin, pour se jeter dans le fleuve. Adios! Au 20e​ siècle, on finalise la canalisation de la rivière Saint-Pierre. Bye aussi! Ce ne sont pas les seuls. Des dizaines de ruisseaux sont aujourd’hui canalisés sous la ville ou remblayés, pour faire de l’espace, pour des raisons d’organisation ou de sécurité.

Aujourd’hui, les derniers vestiges

Aujourd’hui, la plupart de ces cours d’eau font partis des ​5 000 kilomètres de conduits souterrains, collectant les eaux usées et les eaux de ruissellement de la pluie et de la neige de la ville. ​Tu peux imaginer que la qualité de l’eau de ces cours d’eau est plutôt mauvaise.

Une douzaine de ruisseaux reste encore dans leur lit d’origine, à ciel ouvert (certains seulement en partie) à Montréal sur un système hydrographique qui, on te le rappelle, aurait fait des jaloux, il y a de ça 300 ans… Comme pour leurs cousins souterrains, ces cours d’eau ont une qualité d’eau désastreuse (elle s’améliore, mais ce n’est quand même pas beau-beau). Le programme RUISSO de la Ville veille au grain et fait un suivi tous les ans pour tenter de maintenir ces quelques cours d’eau en santé. Pourquoi? La pollution qu’on trouve dans ces ruisseaux se retrouve aussi dans la rivière des Prairies et dans le fleuve. Alors, en plus d’affecter la biodiversité des ruisseaux, toute cette saleté affecte aussi celle des grands cours d’eau! Comme les ruisseaux sont fragilisés par les activités humaines, leurs écosystèmes déséquilibrés sont très propices à être pris d’assaut par les espèces exotiques envahissantes comme le nerprun, le phragmite, la renouée du Japon et on en passe.


Le ruisseau de Montigny

Un ruisseau ça a l’air de rien, mais ça a des avantages réels. Ils permettent une gestion naturelle des eaux pluviales, ce qui est essentiel, spécialement sur une île. C’est un service écosystémique. Ils créent des corridors de biodiversité non négligeables permettant la colonisation ou la survie d’espèces vulnérables, comme c’est le cas de l'érable noir aux alentours du ruisseau Bertrand. Et franchement, dans une ville comme la nôtre, avoir la vue sur un ruisseau, ça permet de relaxer et de reconnecter avec la nature. Non? Avoue qu’on t’as donné le goût de les voir, ces ruisseaux!

Profite de nos audioguides pour découvrir le Ruisseau Bertrand ​qui traverse le parc-nature du Bois-de-Liesse. Fais un saut à Anjou pour admirer les cascades du Ruisseau-de-Montigny. ​À l’extrémité est de l’île, on trouve aussi la coulée Grou et le Ruisseau Pinel, puis dans l’ouest, tu peux voir le ruisseau à l’Orme. Attends pas, tout d’un coup ils disparaissent…


Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Sources images : Archives Montréal, Luc Lavoie

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Qc-Nature
Les statuts particuliers, de menacé à susceptible

T’as sûrement remarqué que l’équipe de GUEPE a à cœur la conservation de la biodiversité. On te casse les oreilles avec son importance et les moyens qui sont mis en place pour la protéger et en prendre soin!

T’as sûrement remarqué que l’équipe de GUEPE a à cœur la conservation de le biodiversité. On te casse les oreilles avec son importance et les moyens qui sont mis en place pour la protéger et en prendre soin, autant en aménageant des milieux, comme c’est le cas sur l'Île d’Anticosti ou par exemple en innovant pour favoriser la survie des espèces avec des méthodes de reproduction assistées. On parle sans arrêt des espèces avec tel ou tel statut, les espèces vulnérables, celles en danger et on en passe. On l’avoue, c’est facile de se perdre dans toute cette bienveillance. C’est pourquoi, on te fait un petit topo sur les statuts particuliers*.

En résumé, dans notre beau pays, il existe plusieurs lois pour protéger les êtres vivants : au niveau provincial et fédéral. La loi sur les espèces en péril au Canada (LEP) permet de prévenir la disparition des espèces sauvages, en protégeant les habitats essentiels à la survie de certains ou à leur rétablissement. Il est même inclus dans la loi que le gouvernement fédéral peut intervenir s’il considère qu’une province ne fait pas le nécessaire pour protéger une espèce et son habitat. On niaise pas. Dans les provinces, on se concentre sur les problématiques régionales et on attaque les problèmes plus localement.

La tortue des bois

La LEP canadienne

Les espèces considérées par la LEP sont désignées par le très sérieux et très scientifique Comité sur le statut des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Selon ces experts, une espèce peut être disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacée ou dont la survie est préoccupante.** Cette liste comprend presque 800 espèces au Canada, incluant des plantes, des animaux, des mousses et des lichens. 338 sont en voie de disparition (comme le ginseng à cinq folioles et les caribous de Gaspésie), 183 menacées, dont le bison des prairies et la tortue des bois, 228 sont considérées comme étant préoccupantes parmi lesquelles ont retrouve l'ours blanc.

L’inscription d’une espèces sur la liste de la LEP déclenche des interdictions la concernant. Il est alors interdit de la tuer, de lui nuire, de la capturer, de la posséder, collectionner, acheter, vendre et il est interdit d’endommager ou de détruire son habitat. Puis, un plan de rétablissement de l’espèce est mis en place et les efforts commencent. Et on croise les doigts.

Au Québec​ ​

C’est un peu différent dans notre province, mais les grandes lignes se ressemblent. Au Québec, on a la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV), pour tenter la sauvegarde de la diversité génétique de la province. On y classe les espèces en deux catégories : les menacées (celles dont la disparition est appréhendée) et les vulnérables (dont la survie est précaire, même si sa disparition n’est pas appréhendée). La liste québécoise comprend 38 espèces animales, (20 menacées, comme le chevalier cuivré qui est endémique au Québec et le carcajou, et 18 vulnérables, dont l'alose savoureuse) et 78 espèces floristiques (57 menacées et 21 vulnérables, dont l'érable noir et l'aster d’Anticosti).

À cela s’ajoute une deuxième liste où figurent des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables sur lesquelles on doit garder un oeil. Cette liste comprend 115 espèces fauniques, dont 72 vertébrées et 43 invertébrés et 507 espèces de plantes.

Évidemment, tout le monde met la main à la pâte pour maintenir tout ce beau monde en santé. De nombreux pays ont leurs propres lois sur les animaux en danger. Il existe aussi des conventions internationales comme la ​Convention on International Trade of Endangered Species (​CITES) qui régit le déplacement et le commerce des animaux et des plantes. Plus près de nous, la Convention des animaux sauvages migrateurs entre le Canada, les USA et Mexique évalue la situation des animaux qui migrent en Amérique du Nord. Mais ce n’est pas tout de tenter de protéger les animaux et les plantes, il faut aussi s’intéresser à leur habitat (les écosystèmes) et aux services écosystémiques qu’ils rendent. La nature, c’est une grosse machine et si on enlève un morceau, aussi petit soit-il, il y a des risques que la machine se dérègle.

NOTES 

* Il existe aussi des lois pour protéger les milieux et créer des aires de conservation. On t’en parle ici.

** « En voie de disparition », ça veut dire qu’une espèce est exposée à une disparition imminente. Si elle est menacée, c’est qu’elle est susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés. Et quand on dit qu’elle est préoccupante, c’est qu’elle peut devenir une espèce sauvage menacée ou en voie de disparition en raison de son écologie et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Source image : USFWS MidWest

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Choix du naturaliste
L’histoire de l’orme et du frêne en Amérique

L’orme et le frêne sont deux arbres majestueux qu’on rencontrait très souvent dans nos forêts et nos villes. Mais, tout comme toi, les arbres peuvent tomber malades et de puissants symptômes nuisent à leur développement.

L’orme et le frêne sont deux arbres majestueux qu’on rencontrait très souvent dans nos forêts et nos villes. Mais, tout comme toi, les arbres peuvent tomber malades et de puissants symptômes nuisent à leur développement comme l’écorce tombe, les feuilles noircissent, les bourgeons ont du mal à se développer. Il existe de nombreuses raisons à l’origine de ses maladies : des insectes, des bactéries, des champignons et même, des virus. Dans le cas de l’orme et du frêne, ce sont les humains qui ont amené la maladie en Amérique du Nord. On te raconte ça.

Les ormes

Un orme avec le champignon

L’orme a été mis en contact la première fois avec un champignon pathogène vers 1940. Les symptômes se sont développés rapidement et on s’est rendu compte que les ormes avaient attrapé un méchant champi qu’on a éventuellement appelé la maladie hollandaise de l’orme. Pssst! Parles-en avec tes grands-parents, ils ont sûrement lu ça dans les journaux de l’époque!

Lorsqu’un arbre porte le champignon, ce dernier se loge dans les vaisseaux conducteurs de la sève (il fait des grosses taches brunes sur la chair du bois) et les ressources et les nutriments circulent difficilement dans l’arbre. Les feuilles flétrissent au printemps et un arbre qui ne fait pas de photosynthèse, ça dépérit rapidement! Comment ce vilain champignon est arrivé ici? Comme pour beaucoup de maladies et d’insectes qui touchent les arbres, par l’importation de bois d’œuvre. Avant cette invasion, on avait plus de 700 000 ormes en Amérique du Nord. Maintenant, c’est un arbre rare, car il y en a que quelques-uns qui ont survécu, probablement ceux avec des meilleurs gènes, et donc plus résistants que les autres. Des espèces classiques, comme l’orme d’Amérique, sont touchés, mais des espèces vulnérables aussi, comme le drôle d’orme liège.

La bonne nouvelle, c’est que les recherches scientifiques ont permis de développer des variétés d’ormes résistantes au champignon, comme l’orme accolade, et on les voit revenir petit à petit dans nos jardins et les espaces aménagés. On augmente alors la biodiversité!

Les frênes

Frênes pleins de tunnels de larves d’agrile

Comme c’est une problématique un peu plus récente que la maladie hollandaise de l’orme, tu as probablement entendu parler de l'agrile du frêne. C’est un insecte qui s’attaque à la partie vivante des troncs d’arbre. Peut-être as-tu croisé des arbres en ville peints de points bleus ou verts, ou encore avec une étiquette? Ces arbres sont des frênes qui attendent ou qui ont reçu un traitement contre cet insecte.

Venu d’Asie à Montréal en 2011, ce coléoptère est arrivé par le bois d’importation. Comme les rues montréalaises sont (étaient) bordées de nombreux frênes, l’insecte s’est multiplié très facilement, favorisé par cette abondance de nourriture… Et il continue son expansion! Bien qu’il existe un traitement, celui-ci n’enrayera pas l’agrile puisqu’il sert surtout à ralentir le cycle de vie de l’insecte et ainsi diminuer leur nombre. On te parle plus en détail de l’agrile dans ce vidéo.


De nouvelles stratégies sont en place afin d’éviter de revivre ces deux grandes disparitions. Mais tu le sais sûrement, la vraie solution c’est d’augmenter la diversité des espèces! Lorsque la maladie hollandaise de l’orme et l’agrile du frêne ont fait leur ravage, la diversité des espèces d’arbres urbains était faible. Si on avait prévu le coup et qu’on avait augmenté la biodiversité (des arbres) en ville, il aurait été plus facile de contrer les maladies et freiner les espèces envahissantes. On aurait limité le nombre d’individus touchés et donc, limité les dégâts pour nos précieux arbres urbains.

Sources images : Wiki, Anne F. Préaux

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