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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Qc-Nature
L’écologie du paysage

Comme son nom l’indique, l’écologie du paysage, c’est l’étude des paysages. Les beaux couchers de soleil et les champs fleuris? Non, pas ces paysages-là. On parle plutôt d’une mosaïque composée d’écosystèmes.

Aucune surprise ici, comme son nom l’indique, l’écologie du paysage, c’est l’étude des paysages. Les beaux couchers de soleil et les champs fleuris?

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Non, pas ces paysages-là. On parle plutôt d’une zone plus grande qu’un écosystème, comme une mosaïque composée d’écosystèmes (des parcelles plus ou moins homogènes) en interaction. En écologie du paysage, on s’intéresse au fait que ce que nous observons à un endroit donné est affecté par ce qui se trouve autour de cet endroit. On doit donc considérer un écosystème pour ce qu’il est, mais aussi pour ce qu’il l’entoure. Plus précisément, on étudie la composition, la structure et la fonction des paysages. C’est un peu comme de l’écologie à vol d’oiseau.

Le paysage écologique est construit avec plusieurs composantes distinctes. Elles peuvent exister ou non à l’intérieur d’un paysage. C’est en étudiant chacune des composantes qu’on obtient un portrait fiable de la zone.

La matrice (1) : l’ensemble dominant du paysage qui englobe les parcelles.
Les parcelles (2) : les écosystèmes, plus ou moins homogènes. On les appelle aussi des taches ou des ​patches​.
Les corridors (3) : zones plus ou moins linéaires qui forment un réseau à travers la matrice. Ils peuvent apparaître discontinu comme des îlots, dans un tel cas, on les appelle des pas japonais. Ils permettent de relier certaines parcelles entre elles. C’est un élément primordial dans composition des paysages.

Chacun de ses éléments peut être divisé en zones :

Les lisières (A) : lieu de contacts entre deux composantes. Elles peuvent donc exister entre la matrice, les corridors et les parcelles. Dans ces zones, il y a beaucoup d’interactions.
Les zones centrales (B) : contrairement aux lisières, les zones centrales (ou les milieux intérieurs) ne sont pas vraiment en relation avec les autres composantes.
Les zones tampon (C) : chaque composante a une zone tampon qui accentue les effets de la zone de lisière.

En étudiant les milieux à une échelle très large, ça permet d’avoir une vue d’ensemble qui inclut des phénomènes écologiques qui touchent plusieurs écosystèmes, comme les migrations ou la dissémination. On peut aussi étudier l’importance de la connectivité entre les parcelles. Et comme l’écologie du paysage insiste sur l’impact humain sur les structures et les fonctions écologiques, il permet d’élaborer des moyens de restaurer les milieux dégradés.


Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Sources images : Pixabay, GUEPE

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Question du public
Les écoterritoires : une des solutions

Un écoterritoire, ce n’est pas une aire protégée à proprement parlé, même si ça a une aire et que c’est protégé…

« C’est quoi un écoterritoire? »

Un écoterritoire, ce n’est pas une aire protégée à proprement parlé, même si ça a une aire et que c’est protégé… On pourrait plutôt définir ces zones comme étant des territoires où les espaces naturels qui s’y trouvent ont un potentiel écologique important et dont la protection est prioritaire. C’est un concept montréalais qui se définit comme suit : des zones composées d’un noyau de milieux naturels d’au moins 15 hectares et d’une zone tampon autour, qui peut inclure des quartiers résidentiels, du bâti, des zone industrielles ou des voies de transport.

Ce qui est intéressant avec les écoterritoires, c’est qu’ils sont régis par des règlements stricts : lorsqu’un projet de construction est entrepris à l’intérieur de ces zones, la protection des milieux naturels qui s’y trouvent doit être prise en compte. C’est pour ça qu’on dit qu’ils sont protégés. C’est un moyen efficace pour Montréal de favoriser le patrimoine naturel de la ville. Sur une île aussi minéralisée, ces espaces représentent les dernières parcelles vertes (et bleues), des paysages variés, une mosaïque d’habitats riches favorisant la biodiversité. En milieu urbain, on dit pas non à ça.

La Coulée verte du Ruisseau Bertrand au printemps. Cochez oui si vous voulez protéger!

C’est en 2004 que les écoterritoires ont vu le jour alors qu’on voulait protéger et mettre en valeur les milieux naturels de la métropole. On a donc déterminé 10 zones intéressantes représentant divers écosystèmes (des champs, des friches, des milieux forestiers, des cours d’eau, des lacs et leurs rives, des marais et des marécages, des étangs, etc.). On voulait assurer dans ces territoires le maintien de la diversité biologique et par leur création augmenter la superficie de milieux protégés à Montréal. On voulait aussi assurer la santé et l’intégrité des écosystèmes dans le temps, en les entretenant et en posant des actions concrètes. Ce n’est pas un simple mandat, spécialement en ville.

Un des gros avantages des écoterritoires à Montréal, c’est qu’ils créent une trame verte et bleue qui traversent l’île. Avec les zones tampon autour des noyaux, ils forment ce qu’on appelle des corridors de connectivité. Ils ont pour fonction de relier entre elles les zones noyaux permettant aux espèces de se disperser et de migrer. Ces haltes vertes au travers de la ville connectent aussi le fleuve et la rivière des Prairies.


Sur la rive de la rivière des Prairies, de gauche à droite : la Forêt de Senneville, le Corridor écoforestier rivière à l’Orme, le Corridor écoforestier de l’Île Bizard, les Rapides du Cheval Blanc, la Coulée verte du Ruisseau Bertrand, la Coulée verte du ruisseau De Montigny et la Trame verte de l’Est. Puis au centre, vers le sud, le Sommet et flancs du mont Royal, la Falaise Saint-Jacques et les Rapides de Lachine, sur la rive du fleuve.

Nos écoterritoires

Forêt de Senneville

C’est le plus gros complexe forestier de l’île de Montréal. Sa taille en fait un des pôles importants de biodiversité puisqu’on peut y trouver des animaux au domaine vital plus grand. Il est aussi à mentionner qu’une grande partie de cette forêt, l'Arboretum Morgan, est destinée à la recherche et à la préservation écologique.


Corridor écoforestier de la rivière à l’Orme

Avec ses milieux riverains marécageux et sa position en bordure du lac des Deux-Montagnes, à l’embouchure de la rivière, il devient une halte migratoire pour une multitude d’espèces d’oiseaux, mais aussi une aire d’alimentation riche et représente un site de nidification de qualité.


Corridor écoforestier de l’Île Bizard

Cet écoterritoire est caractérisé par un réseau unique (et on va se le dire, magnifique) de marais dans un milieu forestier dense d’un côté et des zones agricoles de l’autre côté. Un amalgame de paysages hors du commun dans la métropole.


Rapides du Cheval Blanc

Cette petite parcelle longeant la rivière des Prairies cache un paysage hétérogène exceptionnel. Friches, champs, bois et berges se côtoient pour former cet oasis pour les hérons, beaucoup de poissons, d’amphibiens et de reptiles. C’est aussi ici qu’on trouve bon nombre de plantes à statuts particuliers, dont l'aigremoine pubescente, qui n’avait pas été observée au Québec depuis 50 ans.


Coulée verte du Ruisseau Bertrand

Cet écoterritoire est composé de deux forêts centenaires, le Bois-de-Liesse et la plus vieille forêt de Montréal, le Bois-de-Saraguay. Mais le ​backbone​ de cette zone, c’est le ruisseau, qui se jette dans la rivière des Prairies et supporte presque sur toute sa longueur les écosystèmes adjacents.


Coulée verte du ruisseau De Montigny

Probablement le plus surprenant de tous les écoterritoires! Longé par une autoroute, traversé par de nombreux boulevards et enclavé dans une zone archi-développée, ce parc résiste toujours et encore. De la cime de ses grands arbres, en passant par les cascades et les méandres de son ruisseau, jusqu’au sous-sol où l’on trouve des fossiles par centaines.


Trame verte de l’Est

Dernier bastion vert dans l’est de l’île, cet écoterritoire crée un véritable corridor vert entre le fleuve et la rivière. Forêts, fiche, marais, ruisseaux et un complexe d’îles : c’est un des meilleurs exemples des avantages des mosaïques d’habitats pour la biodiversité!


Sommets et flancs du mont Royal

Pas besoin de présenter le mont Royal… mais on va ajouter qu’on trouve sur les flancs nord et sud des peuplement forestiers de la forêt originelle. Disons qu’en plein cœur d’une métropole, c’est tout un exploit. On trouve aussi dans cet écoterritoire, et nulle part ailleurs à Montréal, la très belle couleuvre à collier.


Falaise Saint-Jacques

Cette falaise d’environ 3 km de long a façonné la ville de Montréal, comme on la connaît aujourd’hui. C’est un poumon vert pour ce quartier hautement minéralisé. Avec les grands chantiers avoisinants et la cour Turcot qui se transforme, la falaise et son écosystème vont se modifier. On les garde à l’oeil!


Rapides de Lachine

Ce milieu est un lieu de reproduction hors du commun pour un bon nombre d’oiseaux et de poissons, autant en eaux calmes que dans les rapides. Le complexe d’îles qui se trouve dans cette zone crée une héronnière importante ainsi que de riches micro-habitats.

Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Sources images : Anne F Préaux, GUEPE

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Vedette du mois
Le renard roux

Qui est ce sublime mammifère au pelage de feu, au regard perçant qui aime bien chasser le lapin dans la neige? Un magnifique canidé, agile comme un félin. Cet animal bien aimé, c’est le renard roux.

Qui est ce sublime mammifère au pelage de feu, au regard perçant qui aime bien chasser le lapin dans la neige? Un magnifique canidé, reconnu pour sa technique de chasse dans la neige (on t’explique ça ici) et agile comme un félin. En cette veille du jour de l’an, on aimerait avant tout faire briller, autant que la robe de ta matante Jocelyne au party du réveillon, cet animal bien aimé qu’est le renard roux.

Festin

Le renard roux est un des mammifères sauvages les plus répandus au monde. Il fait partie de la famille des canidés, un sous-groupe de l’ordre des carnivores. Il est donc un consommateur secondaire dans la grande mosaïque alimentaire de la forêt. Ses dents sont donc bien différenciées pour être capable d’attraper toutes sortes de petites proies et même, de la volaille! On parlait du lapin plus haut, mais le renard peut très bien se satisfaire d’écureuils, de canards, de dindons, de souris et des fois, en ville, de chats. #pasdifficile Il est aussi pas mal clever et en hiver, comme il reste actif, il a même pensé se trouver des cachettes dans les bancs de neige pour congeler ses proies en trop. Très prévoyant!

Le territoire des renards roux est très étendu. De l’Alaska et du Nunavut jusqu’au sud des États-Unis, il est présent même en ville. Au nord, son territoire chevauche de plus en plus celui du renard arctique. Les changements dans le climat donneraient un avantage au renard roux puisqu’il a beaucoup moins fine bouche que le renard arctique qui se nourrit de presque juste de lemmings. Les limites du territoire du renard arctique remonte donc de plus en plus vers le nord au fur et à mesure que les renards roux gagnent du terrain par le sud. Et ce, même si le renard arctique est beaucoup mieux adapté que les renards roux aux écosystèmes nordiques.

Grands apparats

On a longtemps utilisé sa fourrure pour en faire des manteaux et des foulards. Son pelage orangé est doux et très fourni, surtout en hiver. Il est aussi fluffy qu’il en a l’air! On parle « d’orangé » et de « roux » depuis le début, mais on retrouve dans la nature, des variantes dans la couleur de leur pelage. Un peu comme l’écureuil gris qui peut parfois être complètement noir, le renard roux peut être argenté ou noir. C’est une chance en or d’observer ces individus! (T’es mêlé hen?) Comme pour l’écureuil, c’est un taux différent de mélatonine qui lui donne ces couleurs particulières. Ceci dit, le bout de la queue est toujours blanc et ses pattes toujours foncées.

Rusé comme un renard

Comme beaucoup d’animaux sauvages, les renards ont les sens très aiguisés et ils savent très bien les utiliser! Ils peuvent entendre et sentir des rongeurs à travers la neige ou dans leur terriers et voir des très petits mammifères passer dans le feuillage du sous-bois. On reconnaît les pistes d’un renard dans la neige par des trous minces (il a de petites pattes) et presqu’en ligne droite, ce qui est très différent des lapins (en forme de Y) ou des écureuils (toujours 2 trous côte-à-côte) ou d’autres canidés comme les chiens qui sont souvent accompagnés des traces de souliers de leur maître.


Tu l’auras deviné, le renard est très actif en hiver. Même s’il profite des grands froids pour rester dans son terrier, il utilise beaucoup la neige pour son alimentation, ce que peu de grands mammifères font. Si tu désires l’observer proche de chez-toi, on te recommande une p’tite sortie dans un parc, un petit boisé ou un espace en friche. Apporte-toi un bon manteau et beaucoup de patience dans ton sac à dos!


Sources images : Pixabay, pxfuel

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Question du public
L’écholocation, comment ça marche?

La plupart des animaux utilisent leurs yeux pour étudier l’environnement qui les entoure, éviter les obstacles, trouver de la nourriture. Mais que ce passe-t-il quand il n’y a pas assez de lumière pour voir ce qui les entoure?

« Comment fonctionne l’écholocation chez les animaux? »

La plupart des animaux utilisent leurs yeux pour étudier l’environnement qui les entoure, éviter les obstacles, trouver de la nourriture. La lumière naturelle, généralement celle du soleil, frappe les objets et rebondit. Une partie de cette lumière entre dans leurs yeux et leur permet de voir, littéralement, ce qui existe autour d’eux. (C’est la même chose avec tes yeux.) Mais que ce passe-t-il quand il n’y a pas assez de lumière pour voir ce qui les entoure?

Des animaux, la plupart nocturne, ont développé une technique qui, plutôt que d’utiliser la lumière pour déterminer l’emplacement des objets, utilise les sons réfléchis. Cet exploit de l’évolution permet aux animaux de se déplacer en toute confiance dans l’obscurité totale. C’est l’écholocation.

Des chauves-souris qui « écholocalisent »…

Les meilleurs exemples « d’écholocateurs » (et probablement les plus connus) sont les chauves-souris. Ces petites créatures ont une excellente vision, mais est-ce bien utile quand vient le temps de chasser de petits insectes volant dans le noir? Pour y arriver, elles poussent des cris (des cliquetis) aigües, tellement que nous, les humains, on ne peut pas les entendre. Ce sont des ultrasons. Le son se déplace en vague dans l’air et lorsqu’il frappe un obstacle, il revient sur sa trajectoire. C’est ce retour du son, l’écho, que les chauves-souris utilisent pour se faire une image de leur environnement. Grâce à cette technique, elles peuvent détecter un insecte jusqu’à 5 m de distance, déterminer sa taille et sa dureté, et peuvent également éviter les obstacles aussi fins que les poils humains ou encore des objets en mouvement.


Comment interpréter l’écho

  • Vitesse de l’écho : plus le son revient avec une grande vitesse, plus l’objet qu’il a frappé est proche; le son n’aura pas à parcourir une grande distance.
  • Intensité de l’écho : l’intensité du son donne une indication sur la grosseur de l’objet : plus l’objet est gros, plus l’écho sera important. Si l’objet est très petit, une plus grande partie des ondes continuera son parcours, sans écho. Les chauves-souris peuvent même déterminer le mouvement (la direction de l’objet) selon les changements d’intensité de l’écho. Si l’objet bouge en direction de la chauve-souris, les échos seront de plus en plus puissants. C’est ce qu’on appelle l’effet Doppler.
  • Direction du son : si l’oreille droite de la chauve-souris capte l’écho avant l’oreille gauche, elle pourra déterminer que l’objet est plus à droite.

Les autres?

Bien que les chauves-souris soient des expertes en écholocation, elles ne sont pas les seules à profiter de cette technique anti-noirceur, que ce soit pour naviguer, chasser, identifier d’autres espèces ou éviter les obstacles.

Quelques oiseaux comme le guacharo des cavernes et le Salangane papoue, certaines musaraignes et le Tarsier des Philippines sont tous connus pour faire de écholocation. On ajoute à cette liste, les baleines à dents, comme les dauphins, les bélugas et les épaulards. Cette technique leur permet de voir, se déplacer et chasser (et peut-être communiquer) dans les eaux boueuses ou les sombres profondeurs de l’océan. C’est une bosse sur leur tête, le melon, qui leur permet de faire de l’écholocation.


L’écholocation, c’est une adaptation méga cool est le résultat d’une grande chose qu’on appelle l’évolution.
(ノ◕ヮ◕)ノ*:・゚✧


Sources images : Pixabay, Pixabay

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Aventures d'un.e naturaliste
Le mulotage : notes d’une naturaliste

Le mulotage, c’est une technique de chasse des renards, été comme hiver. Le renard repère sa proie par le son, puis bondit, pour l’attraper.

« Je revenais d’une sortie sur le terrain, c’était la fin de la journée, la lumière était déjà bien basse. J’ai aperçu, de l’autre côté du champ, un renard. Même dans la noirceur, je pouvais voir son manteau roux. Je ne suis accroupie derrière un button pour l’observer. Je voyais très bien ses traces dans la neige. Les minutes passaient, le renard errait dans la champ, puis retournait dans la forêt, entre les arbres, et revenait. Je le perdais souvent de vue.

Comme j’avais les doigts gelés, j’allais abandonner ma cachette, lorsque le renard est réapparu et m’a fixé. Évidemment qu’il m’a entendue. Il m’a regardée nonchalamment puis il s’est immobilisé brusquement et il s’est mis à fixer le sol. Il était figé, la tête pointée à terre, les oreilles dressées. Il avait repéré sa proie sous la neige. Une souris, un campagnol, une musaraigne peut-être. Il a repositionné ses pattes. Ses oreilles pivotaient. Puis, tout d’un coup, il a bondit et a plongé dans la neige, les pattes avant en premier, suivi de près par le museau. Il est resté comme ça quelques instants, la tête enfouie sous la neige, avec sa queue qui s’agitait. Puis, il a relevé la tête. J’étais trop loin pour voir clairement s’il avait attrapé quelque chose. »

Ça, c’est une technique de chasse des renards qu’on appelle le mulotage. Le renard repère sa proie par le son, puis bondit, pattes premières, pour l’attraper. Comme le renard est actif toute l’année, c’est une technique bien pratique pour chasser les animaux subnivaux malgré la neige.

Comment?

On sait que les renards ont les sens très aiguisés et qu’ils sont de fins chasseurs. Mais comment est-possible d’arriver, pile poil, sur sa proie? Évidemment, il faut de très bonnes oreilles, et un certain silence pour entendre les micro-mammifères sous la neige. Le renard est douté d’oreilles supersonic, donc, ça va. Toutefois, il faut savoir que le plus souvent ces acrobaties du renard ne donnent aucun résultat. Quoique certains chercheurs croient que si le renard est face au nord, il a plus de chance d’attraper une proie.

Le radar magnétique

Ces chercheurs pensent que les renards auraient un 6e sens qui leur permettrait de détecter le champ magnétique de la Terre (celui qui attire le plasma du soleil pour faire des aurores polaires). Des oiseaux, des requins, les homards, des tortues et certains insectes peuvent faire la même chose. Mais le renard serait le premier animal à utiliser ce sens pour chasser. La réussite d’un saut de mulotage est de 75 % si l’animal est face au nord, et quasiment nulle dans toutes les autres directions!

Ces études suggèrent qu’un renard roux pourrait utiliser le champ magnétique terrestre comme un radar, pour estimer la distance de sa proie et faire un bond précis. Ce système de ciblage fonctionne parce que le champ magnétique terrestre s’incline vers le bas dans l’hémisphère nord, à un angle de 60 degrés. Alors que le renard avance lentement, il écoute le son de sa proie. Il cherche le point idéal où l’angle du son arrive à ses oreilles au même angle que le champ magnétique terrestre. À cet endroit, le renard sait qu’il est à une distance fixe de sa proie, et il sait exactement jusqu’où sauter pour atterrir dessus.* Il reste encore des éléments à prouver dans toute cette théorie, mais c’est assez intéressant de s’y attarder.


Comme quoi les yeux c’est bien pratique, mais les oreilles ça vaut de l’or. Les techniques de chasse qui utilisent l’ouïe comme moteur sont nombreuses : celle-ci, tout comme l'écholocation chez les chauve-souris, est assez impressionnante. Bravo les renards.

NOTES

* C’est pas évident à comprendre, alors, imagine que tu as une lampe de poche attachée à ta ceinture qui pointe vers le sol à un angle fixe de 60 degrés. Le faisceau lumineux touche toujours le sol à une distance fixe devant toi. Si tu essaies de déterminer l’emplacement exact d’un son provenant du sol devant toi, tu pourrais t’approcher jusqu’à ce que la lumière soit exactement sur la source sonore. C’est comme ça que le renard fait, mais avec le champ magnétique de la Terre. Rien de moins.

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Pixabay

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