Blogue

Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

Voir 0 articles sur 0
highlight

Catégories

Effacer
280
Vedette du mois
Les conifères, champions des arbres

Depuis le primaire, tu as surement entendu dire qu’au Québec, on a des forêts mixtes. Et si tu écoutais à ce moment-là, tu auras aussi appris ce qu'est une forêt mixte.

Depuis le primaire, tu as surement entendu dire qu’au Québec, on a des forêts mixtes. Et si tu écoutais à ce moment-là, tu auras aussi appris qu’une forêt mixte, c’est une forêt dans laquelle on retrouve des arbres dit feuillus – aka les arbres avec feuilles – et des conifères, ceux qui n’ont pas de feuilles avec un limbe* étendu mais des aiguilles!

Avoir des aiguilles (ou des écailles, dans le cas du thuya) n’est pas le seul trait particulier et original des conifères qui peuplent nos forêts. Cela valait donc la peine de prendre le temps de t’en parler!  

Des arbres pas frileux…

Les conifères, ce sont un peu les supers résistants des arbres. Déjà parce que comparés aux feuillus, ils gardent leurs feuilles durant l’hiver. En effet, peu d’espèces de ce groupe d’arbres perdent leurs aiguilles, à l’exception du fameux mélèze.  

Il n’y a pas que leurs aiguilles qui les distinguent des feuillus, mais également leur reproduction. Les conifères n’ont pas de fleurs, mais se reproduisent par reproduction sexuée, grâce à des cônes mâles et femelles. Les fameuses cocottes! Les cocottes que l’on ramasse par terre se sont les cônes femelles, qui sont tombés après avoir libéré les graines. Les cônes mâles, généralement beaucoup plus petits, peuvent être observés souvent tout à l’extrémité des branches. Ils libèrent le pollen qui voyagera grâce au vent.

Les conifères présentent deux types de « feuilles » : des écailles, comme les thuyas, ou des aiguilles, qu’on retrouve chez les autres conifères. Ces organes sont persistants durant l’hiver, et résistent à des températures très froides et au gel. En effet, les seuls arbres qu’on retrouve vers les pôles, dans la toundra, ce sont des conifères! Ces feuilles sont d’ailleurs très bien adaptées à la sécheresse, grâce à leur forme fine et effilée, leur cuticule** épaisse et imperméable, mais aussi par le fait que leurs stomates*** sont enfoncés dans des puits pour réduire les pertes en eau.

Les petites cocottes de la pruche

Et pas tout jeunes!

En plus de leur résistance incroyable au froid, les conifères sont également les grands gagnants du concours de longévité des espèces vivantes. Au Québec, les espèces de conifères qu’on retrouve ont une moyenne d’âge maximale de 150 ans, mais certains peuvent tenir bien au-delà de cet âge, tel que le thuya occidental qui a une longévité de 700 ans! Un individu de cette espèce pourrait donc avoir vu les Premières nations en Amérique du Nord, avant l’arrivée les Européens. Assez vertigineux comme image!

Sur la planète, les plus vieux arbres encore vivants sont justement des conifères. Jusqu’à présent, celui qui a la médaille de longévité est Mathusalem, un pin Bristlecone âgé d’environ 4800 ans qui se trouve dans les Montagnes Blanches en Californie. Cependant, il existe des arbres ayant des racines bien plus vielles! Comment est-ce possible qu’un arbre ait des racines plus vieilles que lui? C’est parce que certains végétaux se reproduisent à travers les racines, mais, ça, on y reviendra. Par exemple, en 2008, on a découvert Old Tjikko (du nom de son découvreur), un épicéa dont l’âge de ses racines est estimé à 9550 ans! Si l’envie te prend d’aller saluer ce conifère de seulement 4 mètres de haut, il faudra aller randonner sur la montagne de Fulufjället en Suède.

Outre leur longévité, les conifères sont aussi les plus vieux arbres sur l’échelle de l’évolution puisque leurs ancêtres se sont diversifiés bien avant les feuillus, il y 300 000 millions d’années, pour former les premières forêts sèches.  

Nos conifères d’ici

Au Québec, on retrouve huit familles de conifères. Quatre espèces de pins peuvent être observées, dont le pin blanc, le pin gris et le pin rouge. Le groupe des fameuses épinettes est divisé dans trois espèces, pas faciles à distinguer les unes des autres. Le mélèze laricin, on le connait déjà, c’est celui qui perd ses aiguilles en hiver. Ses petits cônes rougeâtres ressemblent à de petites roses! L’if, un arbuste, et la pruche du Canada, un des plus grands conifères d’ici, sont aussi bien présents dans nos forêts.

Dans les originaux, on retrouve le thuya occidental avec ses écailles et le genévrier de Virginie avec ses baies aromatiques. Finalement, le dernier des représentants connus des conifères au Québec, c’est le sapin baumier, qu’on connaît bien pour son parfum souvent utilisé dans les bougies. Il t’est surement plus familier que tu le penses, car c’est souvent lui qui orne ton salon et sous lequel tu mettras tes cadeaux au temps des fêtes!

Encore quelques petits fun facts pour la route : le plus grand des conifères est un séquoia à feuilles d’if qui mesure 115,2 mètres. Le plus volumineux est un séquoia géant avec un volume de 1 486,9 m. Enfin, l’arbre ayant le tronc le plus large est un cyprès de marais mexicain, avec un diamètre de 11,42 m.

En résumé, s’il y a une chose à retenir sur les conifères, c’est que ce sont les plus grands, les plus larges et les plus vieux! Bref, ce sont les champions des arbres!

Le fameux mélèze qui devient jaune à l’automne, et perd ses aiguilles.

NOTES

* Le limbe, c’est la partie étendue des feuilles des feuillus. Si on prend l’exemple d’une feuille d’érable, pour l’observer on la tient par le pétiole, qui ressemble à une tige. Le reste, fin et coloré, c’est le limbe.

** La cuticule, c’est la couche externe qui recouvre les organes des végétaux, un peu l’équivalent de notre peau.

*** Les stomates sont un peu les poumons des arbres. Présents sur les feuilles, ils permettent les échanges gazeux entre la plante et l’air, notamment lors de la respiration, la photosynthèse et l’évapotranspiration.

Par Julie, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Joshua Mayer, Pixabay, Pixabay

voir l'article
281
Choix du naturaliste
Dindon sauvage

Originaire du Centre-du-Québec, je me rappelle quand j’étais petite, je n’ai jamais vu l’ombre d’un dindon sauvage. Aujourd’hui, quand je retourne voir ma famille, il n’est pas rare que j’en voie picorant dans un champ.

Originaire du Centre-du-Québec, je me rappelle quand j’étais petite, je n’ai jamais vu l’ombre d’un dindon sauvage. Aujourd’hui, quand je retourne voir ma famille, il n’est pas rare que j’en voie picorant dans un champ ou sur le bord de la route. En moins de 50 ans, les dindons peuvent désormais être retrouvés à plus de 5000 kilomètres au nord de leur limite historique. Qu’est-ce qui explique ce mouvement?

Des hivers doux

Une équipe du Centre d’études nordiques et du Centre d’étude de la forêt de l’Université Laval a étudié les effets des changements climatiques sur les dindons sauvages. Un des facteurs déterminants est la présence de neige au sol. Dans les zones où l’on trouve au-delà de 30 centimètres, les dindons ont de la difficulté à s’alimenter. Ils n’ont pas de réserve de graisse, comme d’autres espèces et bien qu’ils puissent survivre à des températures très basses, ils ont besoin de s’alimenter pour produire de l’énergie afin de se réchauffer. Au Québec, le dindon pourrait continuer sa course vers le nord explique le professeur Jean-Pierre Tremblay qui dirige l’équipe de recherche : « Le dindon pourrait continuer sa progression vers le nord pendant quelques années encore, peut-être même jusqu’en Abitibi, par contre, les populations qui se trouvent sur ce font seront toujours dans un état précaire, à la merci d’un gros hiver. Pour se maintenir, elles vont dépendre d’un afflux constant de nouveaux arrivants venus du sud. » En effet, un hiver plus rigoureux pourrait être fatal pour plus de 60 % des membres d’une population révèle l’étude publiée en octobre dernier par le groupe de recherche dans la revue Oecologia.  

Les dindons sauvages en hiver

Au début du 20e siècle, les populations en Amérique du Nord étaient à un niveau historiquement bas à cause d’une chasse excessive. On estime qu’il restait moins de 30 000 oiseaux. Les efforts de conservation ont permis de rétablir les populations un siècle plus tard. On estime aujourd’hui qu’il y a plus de 7 millions de dindons en Amérique du Nord.  

Une espèce particulière

Le dindon occupe les milieux agroforestiers, où il peut se nourrir d’insectes, de graines ou de bourgeons. Pendant l’hiver, il aime particulièrement les champs agricoles où il peut compléter son alimentation par des grains de maïs ou de soya qui ont échappé à la récolte. C’est un animal grégaire, mais la composition des groupes varie au fil des saisons. En hiver, des groupes de plusieurs individus se forment alors que pendant la saison de reproduction les groupes sont constitués des multiples femelles avec un à trois mâles. Les femelles font un nid à même le sol et peuvent pondre jusqu’à 18 œufs. L’incubation prend entre 26 et 28 jours. Attention, parce que même s’il pèse parfois plus de 8 kg, le dindon sauvage peut atteindre 19 kilomètres à l’heure à la course. Et finalement, crois-le ou non, mais avec ses 6000 plumes, le dindon peut voler! La nuit, il dort dans les arbres pour se protéger des prédateurs.  

Les dindons sauvages sont donc là pour rester dans le paysage québécois. Depuis 2008, il est même possible de chasser cet oiseau au grand plaisir des chasseurs. C’est un bel exemple de conservation et rétablissement d’une espèce.  

Par Andréanne, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : PxHere, Pixabay, Jean-Pierre Marcil

voir l'article
282
Question du public
La nomenclature binomiale

Lors de tes balades en forêt, il t’est surement déjà arrivé de t’écrier : « Oh, regardes comme il est cute l’écureuil! », en le voyant se balancer de branche en branche.

« Qui choisit le nom d'une espèce? »

Lors de tes balades en forêt, il t’est surement déjà arrivé de t’écrier : « Oh, regardes comme il est cute l’écureuil! », en le voyant se balancer de branche en branche. Si, pendant ta balade, tu étais accompagné.e par un.e naturaliste, ou n’importe quelle personne qui aime la rigueur scientifique, elle t’aurait répondu qu’il ne s’agit pas de n’importe quel écureuil, mais d’un écureuil roux (ou gris, je n’étais pas là pour vérifier!).  

Comme tu as pu le lire ici, un animal a toujours un nom très précis. Il nous permet de savoir à quelle espèce on a affaire! Donc, on ne dit pas « un lapin, une grenouille, un merle ». Pour être précis, et rigoureux, « un lapin à queue blanche, une grenouille verte, un merle d’Amérique ».  

Pas n’importe quel merle, un merle d’Amérique, aka Turdus migratorius

Un nom bien précis

En science, on utilise le nom scientifique qui est en latin pour désigner une espèce. Ce nom est en deux mots : le nom générique (genre) avec une première lettre en majuscule, Homo par exemple, et un nom spécifique (espèce) toujours en minuscule, qui est sapiens pour l’espèce humaine actuelle. En biologie et zoologie, on appelle donc ça la nomenclature binomiale*. Elle est souvent écrite en italique après le nom vernaculaire**.

C’est ce bon vieux Linné qui a rendu populaire cette méthode de désignation des espèces animales et végétales au 17e siècle. L’utilisation du latin permet d’avoir un langage universel pour nommer les espèces!

Cette nomenclature, qui est bien utile pour faciliter la classification du vivant, on la retrouve pour toutes les espèces vivantes! Et ces deux noms sont souvent traduits dans nos langues pour donner le nom vernaculaire de l’espèce.  

Comment nommer une nouvelle espèce

Sciurus carolinensis grimpant à l’arbre

Comment est-ce qu’on nomme une espèce, tu me diras? D’abord pour le genre, ce n’est pas bien compliqué, mais c’est très précis. On utilise le nom du genre qui est déjà déterminé***. Par exemple, pour les écureuils gris, le genre c’est Sciurus. Pour le nom d’espèce, c’est beaucoup plus flexible. En fait, même si la recommandation veut que le nom d’espèce soit descriptif, la personne qui décrit l’espèce en premier (souvent le.la découvreur.euse) fait un peu comme il.elle veut!

Au temps de Linné, et encore parfois aujourd’hui, les scientifiques découvrant une nouvelle espèce ne s’embêtaient pas toujours à trouver un nouveau nom d’espèce original… C’est souvent leur propre nom de famille qu’il.elle.s donnaient à l’espèce! Pour un grand nombre d’espèces le nom est descriptif. C’est le cas de l’érable rouge, dont le nom binomial est Acer rubrum****. Plusieurs espèces, telle que la renouée du Japon, Fallopia japonica, indiquent le lieu d’origine de celles-ci. Enfin le nom de l’espèce peut aussi être issu d’un prénom, d’un objet, d’un effet que l’espèce peut avoir (par exemple une plante toxique ou qui rendrait malade) ou encore d’une lubie particulière du découvreur.euse.

Pour citer quelques nomenclatures originales, on retrouve plusieurs espèces avec des noms tirés de la culture populaire. Pensons à l’araignée Eriovixia gryffindori ou à la guêpe Ampulex dementor inspirées de l’univers d’Harry Potter; le coléoptère Agra schwarzeneggeri qui semble aussi musclé que l’acteur; Cirolana mercuryi, un isopode***** vivant dans les récifs coraliens proche du Zanzibar, donc de même origine que le chanteur de Queens; ou encore le scarabée Trigonopterus chewbacca dont les pattes présentent une fourrure presque aussi épaisse que le fameux wookie!

Un peu plus complexe que prévu

Bien que la nomenclature binomiale ait été instaurée pour faciliter la dénomination des espèces vivantes, il en existe tellement à travers le globe que cette nomenclature devient parfois trinomiale (à trois mots), voire plus complexe, quand il s’agit de sous-genre ou sous-espèce! Pas si facile donc de trouver une nomenclature simple et efficace pour une espèce, avec l’impressionnante biodiversité que présentent nos écosystèmes.

Lors de ta prochaine lecture sur une espèce, si auparavant le petit nom en italique te semblait bien mystérieux, il ne devrait désormais plus avoir de secret pour toi! N’hésite toutefois pas à t’armer d’un dictionnaire latin si tu souhaites en comprendre la signification exacte!

Tamiasciurus hudsonicus, juste trop cute

NOTES

* La nomenclature binomiale peut aussi se dire nomenclature binomiNale. La nomenclature, c’est nommer des objets ou des animaux pour les classifier.

** Le nom vernaculaire d’une espèce est son nom commun en langue parlée. En français, pour désigner notre petit rongeur orange, c’est écureuil roux, et en anglais, Red squirrel.

*** Enfin ça c’est quand l’espèce fait partie d’un genre déjà connu. Sinon, il peut y avoir définition d’un nouveau genre! Et là, le découvreur peut aussi appeler le nouveau genre comme il veut, par exemple avec son nom.

**** Rubrum signifie littéralement « rouge » en latin.

***** Les isopodes sont un ordre des crustacés, dans lequel on retrouve notamment le cloporte.

Par : Julie, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay

voir l'article
283
Qc-Nature
L’hybridation chez les animaux

L’hybride, cette entité présente dans nos arts, nos mythes et notre imaginaire collectif. Que ce soit les sirènes, le minotaure ou encore la manticore, ces êtres sont le mélange anatomique entre des animaux et un humain.

L’hybride, cette entité présente dans nos arts, nos mythes et notre imaginaire collectif. Que ce soit les sirènes, le minotaure ou encore la manticore, ces êtres sont le mélange anatomique entre des animaux et un humain. Leur monstruosité vient souvent de notre incapacité à les associer à quelque chose de familier, à les ranger dans des cases. L’hybride est un être difficile à appréhender, on le considère souvent comme une erreur de la nature, une anomalie. Bien loin des mythes et légendes, les hybrides existent et sont bien plus présents qu’on ne le croit. L’origine de la signification du mot hybride fait référence au Latin ibrida qui désigne le produit du sanglier et de la truie et plus généralement les individus de sang-mêlé. En grec hybris signifie une union contre nature ou encore un viol.

Aujourd’hui, je te propose de plonger dans le domaine étrange de l’hybridation et de démystifier la chose. J’aimerais te montrer que tu es entouré d’hybrides et que toi-même es une sorte d’hybride. Ce n’est pas une insulte promis!

Le coyote de l’Est

Une définition

L’hybridation est un croisement entre deux entités, deux organismes qui sont censés être distincts, c’est-à-dire qui ne sont pas censés se reproduire entre eux. Cela peut être entre deux variétés, deux populations, ou deux espèces différentes*. De cette union résulte un mélange qui peut donner un métissage dans le cas de deux populations et un hybride** dans le cas de deux espèces différentes. Si tu préfères, il existe plusieurs degrés plus ou moins importants d’hybridation. L’hybride va souvent présenter les caractéristiques de ses deux parents, morphologiquement et génétiquement. L’hybride peut être fertile ou stérile en fonction de la compatibilité génétique des deux parents. L’hybridation est un phénomène naturel ou artificiel, issu de l’action humaine. Comme exemple bien connu d’hybridation artificielle, on peut citer la mule née de l’union entre une jument et un âne. Et dans la nature, on va retrouver le pizzly résultant de l’accouplement entre un ours blanc et un grizzly.

L’hybridation est un phénomène passionnant, c’est un mécanisme essentiel de l’évolution des espèces. Les hybrides sont considérés, à juste titre, comme beaucoup moins adaptés à leur environnement et donc plus fragiles que leur géniteur. Toutefois, dans certains cas, l’hybridation peut être avantageuse et déboucher sur la formation d’une nouvelle espèce, mieux adaptée que ses deux parents. C’est le cas actuellement du coyote de l’Est. Il est né de la rencontre des loups de l’Est, chassés de leur habitat par l’humain, et des coyotes de l’Ouest. Cette rencontre a donné un hybride, qui est devenu une espèce intermédiaire entre le loup et le coyote. Il est composé à 60 % du coyote, 25 % du loup et 15 % du chien. Cela a donné des coyotes plus massifs et beaucoup plus adaptés à la présence humaine, pouvant éventuellement s’approcher des villes, contrairement au loup.  

L’hybridation et les humains

Comparison entre un crâne de l’humain moderne et celui de l’homme de Neanderthal qu’on peut voir au Cleveland Museum of Natural History.

L’hybridation est maintenant bien connue des humains. Depuis longtemps, nous nous adonnons à la création d’hybrides, comme les différentes races de chiens ou d’animaux d’élevage. Un scientifique très renommé sur le sujet, mais un peu fou, à même essayé de croiser des humains avec des chimpanzés! Oui, ce n’est pas une blague! En 1920, le savant soviétique Ilya Ivanov est parti de l’idée que si l’homme et le singe partagent un ancêtre commun dans l’arbre évolutif, alors ils étaient peut-être assez proches pour donner un hybride. Il est allé jusqu’à inséminer des femelles chimpanzés avec du sperme humain. N’arrivant pas à ses fins, a finalement voulu essayer l’inverse. Son projet tomba à l’eau entre le décès de son dernier singe et son arrestation en 1930 lors d’une purge stalinienne qui le condamna à l’exil. Malgré une éthique douteuse, Ilya Ivanov reste un grand spécialiste de l’hybridation. Il a notamment créé un hybride entre l’antilope et la vache ou encore entre la vache et le bison!

Bien que l’humain et le chimpanzé soient trop éloignés pour donner un hybride, l’humanité n’est pas exempte d’hybridation. Il y a 55 000 ans, l’Homo sapiens, l’humain moderne n’était pas la seule espèce du genre homo. Il existait l’homme de Néandertal, l’homme de Dénisova et l’homme de Florès qui sont génétiquement des espèces très proches de nous. Avec les progrès des techniques de génétique, une découverte scientifique majeure a pu être faite : la plupart des humains de la planète présente une partie de leur ADN d’origine néandertalienne, 2 % pour les Européens, ou pour des populations de l’Océanie, 4-6 % de leur génome vient de l’homme de Dénisova.

Ainsi, même si nous sommes bien loin de ressembler à des créatures mythologiques telles que le minotaure, se définir comme humain est difficile quand une part de nous ne l’est pas! Au final, nous n’avons d’humain que le nom. Nous sommes en réalité, le fruit de rencontres passées entre différentes espèces formant une formidable mosaïque biologique.

NOTES

* Cependant, un hybride ne résultera pas d’un accouplement entre n’importe quelles espèces! Certaines espèces sont trop différentes, que ce soit génétiquement, biologiquement ou autrement, pour même tenter de se reproduire. Pensons, à un exemple extrême : un crapaud d’Amérique et un grand héron. Les œufs de crapauds d’Amérique sont inséminés à l’extérieur du corps de la femelle, alors que ce n’est pas le cas chez le grand héron. Puis, on n’a même pas adressé la différence de taille entre les deux espèces. Déjà là, ça débute mal!

** On a simplifié ici pour souligner la nuance entre les deux cas. Cependant, dans certains domaines, comme la botanique, on pourrait parler d’hybrides même s’il ne s’agit pas de deux espèces différentes. Tout dépend de la perspective et de l’ensemble de traits qui sont à l’étude, mais c’est une discussion qui peut devenir complexe, alors on t’épargne des détails.

Par Thomas, éducateur-naturaliste

Sources images : Forest Wander, Wiki

voir l'article
82
Choix du naturaliste
Engagement pour les espaces verts

C’est en partie grâce à des citoyens, des spécialistes et des organismes engagés que notre ville peut se vanter d’avoir des espaces verts en santé. Évidemment, il y a beaucoup de travail à faire.

C’est en partie grâce à des citoyens, des spécialistes et des organismes engagés que notre ville peut se vanter d’avoir des espaces verts en santé. Évidemment, il y a beaucoup de travail à faire, spécialement pour contrer la progression d'espèces envahissantes comme le nerprun. Sylvie Comtois, biologiste et conseillère en planification pour le Service des grands parcs de la Ville de Montréal, nous parle du grand ménage qui a été fait pour limiter cet arbuste envahissant et de la plantation qui a suivi pour favoriser l’équilibre dans l'écosystème.

Tu veux en savoir plus? Voici des liens qui pourraient t’intéresser :

Sur le site de la Ville de Montréal, on te parle du contrôle des plantes envahissantes (dont le nerprun).

CRE Montréal a beaucoup de projets concernant le verdissement en ville pour contrer les îlots de chaleur, on t’en parle ici.

Pour en apprendre davantage sur le Plan d’action Canopée porté par la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) et la Direction des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal. Les projets Un arbre pour mon quartier et les ruelles vertes sont mis en place par le regroupement des Éco-quartiers. Tu y trouveras aussi une liste des éco-quartiers et tu pourras visiter le site du tien!

On te présente des engagements pour la rivière des Prairies dans ce vidéo.

Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

voir l'article
No results found.
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Notre blogue
découvrir
Nos audioguides
découvrir
Nos vidéos
découvrir
Nos fiches éducatives
découvrir
OUTILS
BLOGUE
fermer
Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience de navigation, diffuser des publicités ou des contenus personnalisés et analyser notre trafic. En cliquant sur « Accepter », vous consentez à notre utilisation des cookies. Pour plus d'information, veuillez consulter notre Politique de confidentialité.