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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
La nomenclature binomiale

Lors de tes balades en forêt, il t’est surement déjà arrivé de t’écrier : « Oh, regardes comme il est cute l’écureuil! », en le voyant se balancer de branche en branche.

« Qui choisit le nom d'une espèce? »

Lors de tes balades en forêt, il t’est surement déjà arrivé de t’écrier : « Oh, regardes comme il est cute l’écureuil! », en le voyant se balancer de branche en branche. Si, pendant ta balade, tu étais accompagné.e par un.e naturaliste, ou n’importe quelle personne qui aime la rigueur scientifique, elle t’aurait répondu qu’il ne s’agit pas de n’importe quel écureuil, mais d’un écureuil roux (ou gris, je n’étais pas là pour vérifier!).  

Comme tu as pu le lire ici, un animal a toujours un nom très précis. Il nous permet de savoir à quelle espèce on a affaire! Donc, on ne dit pas « un lapin, une grenouille, un merle ». Pour être précis, et rigoureux, « un lapin à queue blanche, une grenouille verte, un merle d’Amérique ».  

Pas n’importe quel merle, un merle d’Amérique, aka Turdus migratorius

Un nom bien précis

En science, on utilise le nom scientifique qui est en latin pour désigner une espèce. Ce nom est en deux mots : le nom générique (genre) avec une première lettre en majuscule, Homo par exemple, et un nom spécifique (espèce) toujours en minuscule, qui est sapiens pour l’espèce humaine actuelle. En biologie et zoologie, on appelle donc ça la nomenclature binomiale*. Elle est souvent écrite en italique après le nom vernaculaire**.

C’est ce bon vieux Linné qui a rendu populaire cette méthode de désignation des espèces animales et végétales au 17e siècle. L’utilisation du latin permet d’avoir un langage universel pour nommer les espèces!

Cette nomenclature, qui est bien utile pour faciliter la classification du vivant, on la retrouve pour toutes les espèces vivantes! Et ces deux noms sont souvent traduits dans nos langues pour donner le nom vernaculaire de l’espèce.  

Comment nommer une nouvelle espèce

Sciurus carolinensis grimpant à l’arbre

Comment est-ce qu’on nomme une espèce, tu me diras? D’abord pour le genre, ce n’est pas bien compliqué, mais c’est très précis. On utilise le nom du genre qui est déjà déterminé***. Par exemple, pour les écureuils gris, le genre c’est Sciurus. Pour le nom d’espèce, c’est beaucoup plus flexible. En fait, même si la recommandation veut que le nom d’espèce soit descriptif, la personne qui décrit l’espèce en premier (souvent le.la découvreur.euse) fait un peu comme il.elle veut!

Au temps de Linné, et encore parfois aujourd’hui, les scientifiques découvrant une nouvelle espèce ne s’embêtaient pas toujours à trouver un nouveau nom d’espèce original… C’est souvent leur propre nom de famille qu’il.elle.s donnaient à l’espèce! Pour un grand nombre d’espèces le nom est descriptif. C’est le cas de l’érable rouge, dont le nom binomial est Acer rubrum****. Plusieurs espèces, telle que la renouée du Japon, Fallopia japonica, indiquent le lieu d’origine de celles-ci. Enfin le nom de l’espèce peut aussi être issu d’un prénom, d’un objet, d’un effet que l’espèce peut avoir (par exemple une plante toxique ou qui rendrait malade) ou encore d’une lubie particulière du découvreur.euse.

Pour citer quelques nomenclatures originales, on retrouve plusieurs espèces avec des noms tirés de la culture populaire. Pensons à l’araignée Eriovixia gryffindori ou à la guêpe Ampulex dementor inspirées de l’univers d’Harry Potter; le coléoptère Agra schwarzeneggeri qui semble aussi musclé que l’acteur; Cirolana mercuryi, un isopode***** vivant dans les récifs coraliens proche du Zanzibar, donc de même origine que le chanteur de Queens; ou encore le scarabée Trigonopterus chewbacca dont les pattes présentent une fourrure presque aussi épaisse que le fameux wookie!

Un peu plus complexe que prévu

Bien que la nomenclature binomiale ait été instaurée pour faciliter la dénomination des espèces vivantes, il en existe tellement à travers le globe que cette nomenclature devient parfois trinomiale (à trois mots), voire plus complexe, quand il s’agit de sous-genre ou sous-espèce! Pas si facile donc de trouver une nomenclature simple et efficace pour une espèce, avec l’impressionnante biodiversité que présentent nos écosystèmes.

Lors de ta prochaine lecture sur une espèce, si auparavant le petit nom en italique te semblait bien mystérieux, il ne devrait désormais plus avoir de secret pour toi! N’hésite toutefois pas à t’armer d’un dictionnaire latin si tu souhaites en comprendre la signification exacte!

Tamiasciurus hudsonicus, juste trop cute

NOTES

* La nomenclature binomiale peut aussi se dire nomenclature binomiNale. La nomenclature, c’est nommer des objets ou des animaux pour les classifier.

** Le nom vernaculaire d’une espèce est son nom commun en langue parlée. En français, pour désigner notre petit rongeur orange, c’est écureuil roux, et en anglais, Red squirrel.

*** Enfin ça c’est quand l’espèce fait partie d’un genre déjà connu. Sinon, il peut y avoir définition d’un nouveau genre! Et là, le découvreur peut aussi appeler le nouveau genre comme il veut, par exemple avec son nom.

**** Rubrum signifie littéralement « rouge » en latin.

***** Les isopodes sont un ordre des crustacés, dans lequel on retrouve notamment le cloporte.

Par : Julie, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay

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Qc-Nature
L’hybridation chez les animaux

L’hybride, cette entité présente dans nos arts, nos mythes et notre imaginaire collectif. Que ce soit les sirènes, le minotaure ou encore la manticore, ces êtres sont le mélange anatomique entre des animaux et un humain.

L’hybride, cette entité présente dans nos arts, nos mythes et notre imaginaire collectif. Que ce soit les sirènes, le minotaure ou encore la manticore, ces êtres sont le mélange anatomique entre des animaux et un humain. Leur monstruosité vient souvent de notre incapacité à les associer à quelque chose de familier, à les ranger dans des cases. L’hybride est un être difficile à appréhender, on le considère souvent comme une erreur de la nature, une anomalie. Bien loin des mythes et légendes, les hybrides existent et sont bien plus présents qu’on ne le croit. L’origine de la signification du mot hybride fait référence au Latin ibrida qui désigne le produit du sanglier et de la truie et plus généralement les individus de sang-mêlé. En grec hybris signifie une union contre nature ou encore un viol.

Aujourd’hui, je te propose de plonger dans le domaine étrange de l’hybridation et de démystifier la chose. J’aimerais te montrer que tu es entouré d’hybrides et que toi-même es une sorte d’hybride. Ce n’est pas une insulte promis!

Le coyote de l’Est

Une définition

L’hybridation est un croisement entre deux entités, deux organismes qui sont censés être distincts, c’est-à-dire qui ne sont pas censés se reproduire entre eux. Cela peut être entre deux variétés, deux populations, ou deux espèces différentes*. De cette union résulte un mélange qui peut donner un métissage dans le cas de deux populations et un hybride** dans le cas de deux espèces différentes. Si tu préfères, il existe plusieurs degrés plus ou moins importants d’hybridation. L’hybride va souvent présenter les caractéristiques de ses deux parents, morphologiquement et génétiquement. L’hybride peut être fertile ou stérile en fonction de la compatibilité génétique des deux parents. L’hybridation est un phénomène naturel ou artificiel, issu de l’action humaine. Comme exemple bien connu d’hybridation artificielle, on peut citer la mule née de l’union entre une jument et un âne. Et dans la nature, on va retrouver le pizzly résultant de l’accouplement entre un ours blanc et un grizzly.

L’hybridation est un phénomène passionnant, c’est un mécanisme essentiel de l’évolution des espèces. Les hybrides sont considérés, à juste titre, comme beaucoup moins adaptés à leur environnement et donc plus fragiles que leur géniteur. Toutefois, dans certains cas, l’hybridation peut être avantageuse et déboucher sur la formation d’une nouvelle espèce, mieux adaptée que ses deux parents. C’est le cas actuellement du coyote de l’Est. Il est né de la rencontre des loups de l’Est, chassés de leur habitat par l’humain, et des coyotes de l’Ouest. Cette rencontre a donné un hybride, qui est devenu une espèce intermédiaire entre le loup et le coyote. Il est composé à 60 % du coyote, 25 % du loup et 15 % du chien. Cela a donné des coyotes plus massifs et beaucoup plus adaptés à la présence humaine, pouvant éventuellement s’approcher des villes, contrairement au loup.  

L’hybridation et les humains

Comparison entre un crâne de l’humain moderne et celui de l’homme de Neanderthal qu’on peut voir au Cleveland Museum of Natural History.

L’hybridation est maintenant bien connue des humains. Depuis longtemps, nous nous adonnons à la création d’hybrides, comme les différentes races de chiens ou d’animaux d’élevage. Un scientifique très renommé sur le sujet, mais un peu fou, à même essayé de croiser des humains avec des chimpanzés! Oui, ce n’est pas une blague! En 1920, le savant soviétique Ilya Ivanov est parti de l’idée que si l’homme et le singe partagent un ancêtre commun dans l’arbre évolutif, alors ils étaient peut-être assez proches pour donner un hybride. Il est allé jusqu’à inséminer des femelles chimpanzés avec du sperme humain. N’arrivant pas à ses fins, a finalement voulu essayer l’inverse. Son projet tomba à l’eau entre le décès de son dernier singe et son arrestation en 1930 lors d’une purge stalinienne qui le condamna à l’exil. Malgré une éthique douteuse, Ilya Ivanov reste un grand spécialiste de l’hybridation. Il a notamment créé un hybride entre l’antilope et la vache ou encore entre la vache et le bison!

Bien que l’humain et le chimpanzé soient trop éloignés pour donner un hybride, l’humanité n’est pas exempte d’hybridation. Il y a 55 000 ans, l’Homo sapiens, l’humain moderne n’était pas la seule espèce du genre homo. Il existait l’homme de Néandertal, l’homme de Dénisova et l’homme de Florès qui sont génétiquement des espèces très proches de nous. Avec les progrès des techniques de génétique, une découverte scientifique majeure a pu être faite : la plupart des humains de la planète présente une partie de leur ADN d’origine néandertalienne, 2 % pour les Européens, ou pour des populations de l’Océanie, 4-6 % de leur génome vient de l’homme de Dénisova.

Ainsi, même si nous sommes bien loin de ressembler à des créatures mythologiques telles que le minotaure, se définir comme humain est difficile quand une part de nous ne l’est pas! Au final, nous n’avons d’humain que le nom. Nous sommes en réalité, le fruit de rencontres passées entre différentes espèces formant une formidable mosaïque biologique.

NOTES

* Cependant, un hybride ne résultera pas d’un accouplement entre n’importe quelles espèces! Certaines espèces sont trop différentes, que ce soit génétiquement, biologiquement ou autrement, pour même tenter de se reproduire. Pensons, à un exemple extrême : un crapaud d’Amérique et un grand héron. Les œufs de crapauds d’Amérique sont inséminés à l’extérieur du corps de la femelle, alors que ce n’est pas le cas chez le grand héron. Puis, on n’a même pas adressé la différence de taille entre les deux espèces. Déjà là, ça débute mal!

** On a simplifié ici pour souligner la nuance entre les deux cas. Cependant, dans certains domaines, comme la botanique, on pourrait parler d’hybrides même s’il ne s’agit pas de deux espèces différentes. Tout dépend de la perspective et de l’ensemble de traits qui sont à l’étude, mais c’est une discussion qui peut devenir complexe, alors on t’épargne des détails.

Par Thomas, éducateur-naturaliste

Sources images : Forest Wander, Wiki

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Choix du naturaliste
Engagement pour les espaces verts

C’est en partie grâce à des citoyens, des spécialistes et des organismes engagés que notre ville peut se vanter d’avoir des espaces verts en santé. Évidemment, il y a beaucoup de travail à faire.

C’est en partie grâce à des citoyens, des spécialistes et des organismes engagés que notre ville peut se vanter d’avoir des espaces verts en santé. Évidemment, il y a beaucoup de travail à faire, spécialement pour contrer la progression d'espèces envahissantes comme le nerprun. Sylvie Comtois, biologiste et conseillère en planification pour le Service des grands parcs de la Ville de Montréal, nous parle du grand ménage qui a été fait pour limiter cet arbuste envahissant et de la plantation qui a suivi pour favoriser l’équilibre dans l'écosystème.

Tu veux en savoir plus? Voici des liens qui pourraient t’intéresser :

Sur le site de la Ville de Montréal, on te parle du contrôle des plantes envahissantes (dont le nerprun).

CRE Montréal a beaucoup de projets concernant le verdissement en ville pour contrer les îlots de chaleur, on t’en parle ici.

Pour en apprendre davantage sur le Plan d’action Canopée porté par la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) et la Direction des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal. Les projets Un arbre pour mon quartier et les ruelles vertes sont mis en place par le regroupement des Éco-quartiers. Tu y trouveras aussi une liste des éco-quartiers et tu pourras visiter le site du tien!

On te présente des engagements pour la rivière des Prairies dans ce vidéo.

Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

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Cours d'eau
Le tour du Parc familial des Berges de Donnacona : étonnant, des airs jusque sous nos pieds

Le Parc familial des Berges de Donnacona est l’endroit idéal pour s’évader le temps d’un pique-nique ou même d’un après-midi. Tu auras la chance d’observer plusieurs écosystèmes différents et les animaux dans leur milieu naturel. C’est un lieu unique pour observer la belle rivière Jacques-Cartier et t’imprégner de l’histoire qui l’a façonnée. N’hésite plus un seul instant, c’est LA promenade que tu attendais!

Tu peux écouter cet audioguide directement dans la boîte audio ici.

Tu peux le télécharger ici. Pas certain comment ça marche? Jette un oeil ici.
Nos audioguides sont aussi disponibles sur ITunes et l’appli Apple Podcasts.

Cet audioguide du Projet Le Tour est construit en stations d’écoute. Il suffit de trouver le point de départ et d’y écouter la première. La voix des éducateurs-naturalistes te guidera ensuite pour que tu restes sur le bon chemin. Tu vivras une nouvelle expérience auditive et visuelle en pleine nature urbaine. Le sentier se trouve dans un espace naturel qu’on doit respecter, il est donc important de suivre les règlements du parc et de rester dans les sentiers.

À noter : l'hiver, les toilettes sont fermées.  

EMPLACEMENTS DES STATIONS D’ÉCOUTE

1 : Près du stationnement, à la colonne d’informations, au départ des sentiers

2 : Au belvédère de la rivière

3 : Le ponceau du sentier de la Faune

4 : La passerelle des marécages

5 : Intersection des sentiers des Conifères et des Marécages

INFORMATIONS PRATIQUES

Durée approximative : 1 h 30

Tu marcheras : 1,6 km

Où se trouve le point de départ : Il est conseillé de débuter l’écoute de la première station devant le pavillon d’accueil où se trouve la colonne d’affichage avec la carte du parc. Le premier sentier à emprunter sera celui en face du pavillon : le sentier des Pins.  

Dans ton sac à dos : chasse-moustique, crème solaire, gourde et jumelles.

Comment t’y rendre :

En voiture, on arrive à partir de l’autoroute 40.

  • Lorsqu’on arrive de Québec (ou de n’importe quelle ville plus à l’est) :  prendre la sortie 274 vers Donnacona. Ensuite, tourner à droite à la première intersection sur le 2e rang. Tourné encore à droite sur la route 138 O.  
  • Si on arrive de Montréal (ou de n’importe quelle ville plus à l’ouest) : prendre la sortie 274 vers Donnacona. Tourner à gauche sur le boulevard Les Écureuils. Suivez les panneaux qui indiquent Donnacona et tournez à droite sur le 2e rang. À la première intersection, tourner à droite sur la route 138 O.  
  • Pour les deux : Le parc se trouve à gauche, juste avant le pont. Il est même indiqué par une pancarte!

Adresse à mettre dans ton GPS : 10, route 138, Donnacona, Québec, G3M 1Z5 (ou plus précisément 46°40’57.4″N 71°44’27.1″W).  

Espèces à voir : pruches du Canada, if du Canada, aulne rugueux, quenouille (les deux espèces), onoclée sensible, castor d’Amérique, lapin à queue blanche, grand harle, pygargue à tête blanche, épervier brun, cerf de Virginie, saumon, garrot à œil d’or, canard colvert, bernache du Canada, tussilage, verge d’or, marguerite, achillé millefeuile, mousse en tous genres, sapin baumier, rat musqué, écureuils, tamia rayé, raton laveur, hermine, érables, bouleaux, pics bois, mésange à tête noire, urubu à tête rouge, champignons

Bonne randonnée!

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien du Centre d’interprétation de la nature et d’animation familiale et de la Ville de Donnacona.

Idéation et contenu : GUEPE

Réalisation et prise de son : Paysages

Sources images : Paysages, Parc familiale des Berges – Centre d’interprétation de la nature et d’animation familiale, Paysages

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Choix du naturaliste
La fossilisation

Un fossile, c’est quoi? Tu penses peut-être à un squelette de diplodocus au milieu du désert au Colorado, à une fourmi dans l’ambre ou encore à ton vieux voisin qui aime regarder passer les machines dans la rue.

Un fossile, c’est quoi? Tu penses peut-être à un squelette de diplodocus au milieu du désert au Colorado, à une fourmi dans l’ambre ou encore à ton vieux voisin qui aime regarder passer les machines dans la rue. Un fossile, c’est une trace qui a été laissée dans la roche par un organisme vivant. On les utilise comme preuve d’une vie antérieure à l’histoire humaine*. Ces trésors sculptés dans le roc sont les seuls témoins de l’histoire de la vie sur Terre.  

Un fossile de brachiopode, soit l’ancêtre de nos bivalves actuels

Un fossile de brachiopode, soit l’ancêtre de nos bivalves actuels

Quand on parle de fossiles, bien entendu on parle d’os conservés dans le sol, mais aussi de coquilles, de griffes, de dents, d’excréments, de galeries, d’empreintes de pas, de morceaux de bois, de plantes, même de grains de pollen. Il y a deux grandes catégories de fossiles : les marques laissées par les restes d’organismes vivants et les traces laissées par leur activité. L’impression de la carapace d’un trilobite, c’est un fossile. La forme dans la roche d’un tunnel de ver aquatique préhistorique, c’est aussi un fossile.  

La parfaite circonstance

Une gang de fossiles de trilobites

La recette est assez simple pour faire un fossile. Ça prend un organisme vivant mort qui peut se fossiliser, des particules de roches, de l’eau et du temps.  

D’abord, tous les organismes vivants ne peuvent pas devenir des fossiles. La plupart se décomposent complètement après leur mort et ne laisse donc aucune trace (merci aux décomposeurs et à l’air de faire ce travail essentiel). La fossilisation, c’est donc un événement qui est assez rare, géologiquement parlant. La grande majorité des fossiles qui sont retrouvés aujourd’hui proviennent d’organismes aquatiques**. Pourquoi? C’est directement dans l’eau qu’on retrouvait (et retrouve) les meilleures conditions pour que la fossilisation ait lieu.  

La fossilisation de A à Z

Lorsque l’organisme meurt dans l’eau, il se dépose au fond. Les parties molles se décomposent rapidement ou sont consommées par des charognards. Il reste alors les éléments solides du corps, comme les carapaces, les dents ou les os. Avec le mouvement de l’eau, des particules de roche (ou du sable ou de la boue, appelle-les comme tu veux) recouvrent la dépouille. Une fois enterrée, la décomposition des éléments restants se fait au ralenti parce qu’il y a moins d’oxygène. Ce ralentissement ouvre la porte au processus de fossilisation. Par-dessus le corps, plusieurs couches de sédiments se forment. Avec le temps et la pression, cela crée de la roche sédimentaire.  

C’est pendant la sédimentation, que la magie (ou la chimie…) se produit! L’eau s’infiltre dans les restants des organismes morts amenant avec elle divers minéraux. À partir d’ici, il y a plusieurs scénarios possibles :

  • Au contact de l’eau, les minéraux présents dans les restants organiques se cristallisent, ce qui forme un fossile. Boom!  
  • Les éléments organiques sont dissouts par l’eau, laissant une trace (un vide) dans la roche. D’autres minéraux peuvent alors remplir le vide. Ça forme un fossile. Boom! (C’est le même principe qu’un moule.)

Une fois la minéralisation des éléments organiques complétées (un processus qui prend des millions d’années, btw…), le fossile attend patiemment de voir la lumière du soleil! Comme les roches bougent, il y a des chances qu’un fragment de roche sédimentaire contenant un fossile remonte à la surface et soit découvert et étudié!

Un super fossile d’ammonite, l’ancêtre du nautile

Rares, mais pas impossibles à trouver

On te propose de devenir paléontologue d’un jour et de sortir te dégourdir pour trouver des fossiles. Bien qu’ils soient géologiquement rares, il est possible de les trouver, même en plein cœur de Montréal. Rends-toi au Ruisseau de Montigny, ou un peu partout sur les rives de la rivières des Prairies ou encore du fleuve. Penche toi et observe les gros blocs de roches. Les chances sont élevées que tu y observes des coquilles de brachiopodes ou des anneaux formant les tiges des crinoïdes. Si tu es chanceux, tu peux même voir des vestiges de poissons ou de trilobites!  

Et ce n’est pas qu’à Montréal! Partout dans les basses terres du Saint-Laurent, avec un peu de patience et un bon dos (parce oui, tu vas être penché pendant un bout), tu peux trouver de véritables trésors préhistoriques. Merci à la mer de Champlain qui couvrait la région et qui nous a laissé plein de souvenirs fossilisés!  

NOTES

* Les plus vieux fossiles jamais découverts à ce jour serait des stromatolites, qui sont des colonies de bactéries. Ils ont été découverts en Australie. C’est ici, au Canada, que le plus vieux fossile d’animal aurait été découvert, celui d’une éponge.  

** Pour ce qui est des fossiles d’organismes terrestres qu’on a retrouvés, la plupart proviennent d’individus qui vivaient près de l’eau. D’ailleurs, il existe très peu d’information sur des dinosaures qui auraient vécu dans des écosystèmes de jungle. La raison est simple : ces milieux ne sont pas propices à la fossilisation.

Par Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : James St. John, Pixabay, Becks

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