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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Vedette du mois
Musaraignes : voraces et vaillantes

On met le spotlight sur des p’tits mammifères méconnus, mais bien surprenants : les musaraignes. « Ah! Ouais… c’est quoi donc ça? » On les confond souvent avec les souris ou les campagnols, mais surtout avec les taupes.

On met le spotlight sur des p’tits mammifères méconnus, mais bien surprenants : les musaraignes. « Ah! Ouais… c’est quoi donc ça? » On les confond souvent avec les souris ou les campagnols, mais surtout avec les taupes, mais elles voient beaucoup mieux, sont généralement plus grises et ont un museau plus pointu presque comme une mini trompe. ^,_,^

Une grande musaraigne qui pointe le bout de son museau

Au Québec, nous avons 8 espèces :

On trouve ces animaux subnivaux (qui vivent dans le sol) dans pas mal tous les types d’habitats (terrain montagneux, forêts de feuillus ou de conifères ou les deux, marais et tourbières, etc.) pourvu qu’il y ait de l’eau à proximité. Généralement avec un peu d’humidité, beaucoup de mousse et des arbres morts au sol, elles sont contentes. En autant qu’il n’y ait pas trop de couleuvres, de hiboux, de renards et de coyotes, elles devraient s’en sortir. Quoiqu’on ne s’en fait pas trop pour les musaraignes. Ces cachotières sécrètent un liquide odorant (eww!) qui rebute même les prédateurs les plus téméraires. La grande musaraigne, en plus, produit du venin qu’elle injecte en mordant. Elle utilise d’ailleurs ça comme technique de chasse puisque son poison paralyse sa proie qui peut être pas mal plus grosse qu’elle (comme les araignées!). C’est pratique.

(Juste pour éviter la panique, on ajoute que les musaraignes ne sont pas dangereuses pour l’humain, tu peux aller en forêt sans les craindre.)

Le bain de la musaraigne palustre

Sinon, les autres musaraignes se contentent de vers de terre, de cloportes et d’insectes de tous genres, certaines mangent même des poissons et des salamandres. En hiver, quand les ressources diminuent, elles mangent davantage de graines, de bouts de végétaux et de champignons. Certains font même des réserves dans des galeries. Pour se déplacer, comme une bonne partie de nos musaraignes ne sont pas équipées pour creuser des tunnels, elles utilisent ceux des autres animaux fouisseurs et ce, jour et nuit. Elles n’ont pas beaucoup de temps libre, les pauvres. Comme elles ont un métabolisme très élevé*, elles doivent manger presque sans cesse… Ce qui est, quand on y pense, pas si mal pour nous parce que les musaraignes consomment donc des TONNES d’insectes nuisibles. Bravo!

Dernière affaire cool sur les shrews : il semblerait qu’elles puissent produire des ultrasons pour se déplacer par écholocation comme les chauve-souris et les dauphins. Ce n’est pas confirmé, mais c’est une hypothèse et elle est cool.

NOTE

* On parle ici de quelques 800 battements cardiaques par minute. Sais-tu c’est quoi le rythme cardiaque normal pour un humain ? C’est entre 60 et 100 pulsations par minute… Avec une si haute fréquence, une musaraigne doit à peu près consommer son poids en nourriture tous les jours. Imagine.

Sources images : Gilles Gonthier, Robert Ivens

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Question du public
Cannoli de guêpe

« Que sont ces genres de cannoli accrochés près de ma fenêtre? » Tu seras surpris d’apprendre que ce ne sont pas des desserts, mais bien des petits nids d’insectes.

« Que sont ces genres de cannoli accrochés près de ma fenêtre? »
Photo de notre lecteur, qui venait avec la question.

Miam, des cannoli! Ces desserts italiens qui ressemblent à une crêpe roulée et remplie de crème! « Mais que font-ils collés à ma fenêtre? » Bonne question! Tu seras pas surpris d’apprendre que ce ne sont pas vraiment des desserts, mais bien des petits nids d’insectes. Des nids de guêpes maçonnes pour être plus précis. Quand tu entends « guêpe », tu vis sûrement (comme la plupart des gens) un feeling de dégoût et/ou de peur. On espère juste que ça t’empêchera pas d’apprécier ces remarquables ‘tites bibittes. Il faut savoir que les guêpes sont des insectes sociaux qui sont capables de communiquer et construire des structures très complexes. Concentrons-nous sur les cannoli.

Une guêpe maçonne

On remarque très souvent les gros nids en papier qui pendent d’une branche d’arbre ou d’un plafond. Les nids des guêpes maçonnes ont une structure un peu différente.

La femelle construit le nid en bouette : elle récolte de la terre qu’elle mélange avec sa salive pour en faire de la boue. Elle construit ensuite une série d’alvéoles tubulaire (une alvéole c’est un petit abri construit pour recevoir un oeuf). Une fois le nid prêt pour les larves, la guêpe maçonne attrape plein d'araignées qu’elle paralyse avec son venin*. Elle ramène le tout dans son nid de bouette fraîchement bâti. Une fois le garde-manger plein (on parle de 6 à 15 araignées environ), la femelle pond un œuf dans une des araignées et referme l’alvéole. Les araignées serviront de nourriture pour la larve à éclore. Une fois bien nourrie, la larve se transformera en pupe et passera l’hiver sous ce stade avant d’en sortir sous sa forme adulte au printemps. La femelle répète ce manège en ajoutant de nouvelles cellules à son nid jusqu’à ce qu’elle s’épuise et meurt. Dans la nature, on trouve beaucoup de mamans dévouées.

Un nid de guêpe maçonne

Rare sont ceux qui sont à l’aise avec l’idée d’avoir un nid de guêpes sur la maison, mais si tu y penses deux secondes, les guêpes maçonnes font partie de la chaîne alimentaire et participent activement à réduire le nombre d’araignées. Plus de guêpes, moins d’araignées…

NOTE

* Saches que cette espèce de guêpe a un venin un peu différent des autres. D’abord, elles ont 10 fois moins de venin que les guêpes plus communes. Contrairement aux guêpes sociales, la guêpe maçonne n’utilise pas son venin pour se défendre, il n’a donc pas besoin d’être très puissant : il ne contient pas les agents qui produisent des douleurs fortes comme celui des autres guêpes.

Sources images : Wiki, Lynette Eliott

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Question du public
Aurores polaires ou les rejets du soleil

Comment est-ce possible qu’en un instant (ou en quelques heures) le ciel se transforme en spectacle magique de pyrotechnie spatiale? Comment se forment les aurores polaires?

« Qu'est-ce qu'une aurore polaire? »

Les mythiques lumières qui déchirent le ciel du grand nord font rêver plus d’un amateur d’astronomie. Mais comment est-ce possible qu’en un instant (ou en quelques heures) le ciel se transforme en spectacle magique de pyrotechnie spatiale? Comment se forment les aurores polaires?

Tout ça commence sur la surface du soleil, où il existe une constante turbulence. Il fait tellement chaud là-haut et ça brasse tellement que lorsque des particules entrent en collision (c’est violent), les atomes se décomposent en électrons et en protons. Ça niaise pas sur le soleil. Le vent solaire pousse ensuite ces particules (le plasma) vers… partout. Après 2 à 4 jours de chute dans l’espace, le plasma, qui accélère sans cesse en accumulant de l’énergie, est capté par le champ magnétique de la Terre qui l’attire vers les pôles. Une fois dans l’atmosphère terrestre, les protons et les électrons solaires jouent aux autos tamponneuses avec les particules de gaz et ça fait des flammèches lumineuses. 150 km plus bas, où on se trouve, on voit alors, des aurores polaires.

Les différentes couleurs qu’on perçoit dépendent du gaz qui réagit avec le plasma. Le vert, qui est le plus fréquent, est émis par les molécules d’oxygène situées à une centaine de kilomètres au-dessus de nous. Si ces mêmes particules d’oxygène se trouvent à haute altitude, on verra du rouge, mais c’est pas mal rare. Les bleus et les violets proviennent de collisions avec l’azote. L’intensité et la grosseur de l’aurore dépendent de l’activité solaire qui la déclenche : si on a affaire à une grosse tempête solaire, les banderoles lumineuses seront bien visibles. Si le vent solaire est faible, l’aurore pourrait prendre la forme de taches de lumière qui surgissent de nulle part.  

Les aurores sont vues autour des pôles magnétiques des hémisphères nord et sud*. Pour en voir beaucoup, il faut donc aller dans le Nord du Québec, au Nunavut, ou en Alaska (qui sont les champions des aurores en Amérique), mais ce n’est pas la porte à côté… Par contre, console-toi, il y a des possibilités d’en voir partout au Québec!

Trucs de pro : Tu dois te trouver un endroit qui n’est pas pollué par la lumière et être patient. On te suggère l'Île d’Orléans près de Québec, le Saguenay-Lac St-Jean, dans le parc national des Grands-Jardins ou encore dans la réserve faunique des Laurentides (le magazine Espace propose des bons spots ici). Il n’y a pas de saison spécifique aux aurores polaires, mais comme on peut les voir juste la nuit, c’est mieux l’hiver entre 22 h et 3 h du matin (un excellent moment pour voir Orion). Évite les soirs de pleine Lune, parce que sa lumière réduira les chances de voir des aurores. Saches qu’elles sont plus fréquentes tous les 11 ans, ce qui correspond au peak d’activité des taches solaires qui initient les tempêtes. Pour savoir si les chances sont élevés, consulte ce site ou celui-là.

NOTE

* Généralement, si une aurore est vue au Nord, une presque identique sera visible au Sud, créant un miroir de la première, avec les mêmes couleurs et la même forme.

Source image : Pixabay

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Choix du naturaliste
Le ciel en hiver

« Observation d’étoiles » et « mois de janvier » ne sont pas deux choses que tu associes aussi spontanément que « Perséides » et « mois d’août ». Quoique le ciel d’hiver de l’hémisphère Nord n’a rien à envier à celui d'été.

C’est sûr que « observation d’étoiles » et « mois de janvier » ne sont peut-être pas deux choses que tu associes aussi spontanément que « Perséides » et « mois d’août », mais saches que le ciel d’hiver de l’hémisphère Nord n’a rien à envier à celui de l’été!

La constellation d’Orion

Dans l’hémisphère Nord, on est chanceux parce qu’on a l’étoile polaire qui reste toujours en place, peu importe la saison. On peut donc toujours voir la Grande Ourse (le chaudron) et Cassiopée (le gros W*). Tu peux donc toujours réchauffer tes yeux avec ces deux constellations. Fais attention : selon les saisons, elles ne sont pas toujours à la même place dans le ciel par rapport à l’horizon.

En hiver, on peut facilement repérer une troisième constellation : Orion, qui ressemble un peu à un sablier. Pour trouver cette forme, regarde vers le sud lorsque le ciel est bien noir. L’avantage de l’hiver, c’est que t’as pas à attendre à minuit pour observer le ciel vu que les nuits commencent plus tôt!

Besoin d’outils pour t’aider? D’abord, imprime ton propre cherche-étoile par ici! Il t’aidera à repérer encore plus d’étoiles et de constellations. Apporte une lampe de poche pour pouvoir le voir et un papier rouge pour diminuer l’intensité de la lumière de ta lampe. Le fait de regarder un papier blanc éblouie tes yeux et leur demande de s’adapter à la noirceur à chaque fois que tu retournes ton regard vers le ciel. La papier rouge aide tes yeux à mieux voir les étoiles! Une fois que tu seras un pro du ciel, apporte tes jumelles! Quoi, des jumelles pour regarder les étoiles? Ben oui! Ce n’est pas aussi puissant qu’un télescope, mais ce l’est certainement plus que tes yeux et c’est bien moins dispendieux!

Garde ton cherche-étoile pas trop loin parce qu’on te fait un petit topo sur le triangle d’été pour faire la même activité… en été!

NOTE

* Cassiopée est située dans la trace de la Voie Lactée lorsque le ciel est très clair. La Voie Lactée (ou la ceinture d’astéroïdes) est difficile à voir en ville à cause du smog.

Source image : Pixabay

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Qc-Nature
Une définition d’espèce

À quoi on fait référence quand on parle d’espèce? Un lapin, un érable, une tortue… Ok, mais quelle sorte de lapin, d’érable ou de tortue? Et bien, la « sorte » à laquelle on fait référence, c’est l’espèce.

On t’a déjà parlé de biodiversité et de l’importance de la conserver. Quand on parle de biodiversité, souvent, on mentionne le nombre d’espèces dans un écosystème (a.k.a. la richesse spécifique). Mais dans le fond, à quoi on fait référence quand on parle d’espèce? Un lapin, un érable, une tortue… Ok, mais quelle sorte de lapin, d’érable ou de tortue? Et bien, la « sorte » à laquelle on fait référence, c’est l’espèce.

La belle face de la tortue serpentine

Selon la définition biologique du terme, l’espèce, est un « ensemble de populations dont les membres sont en mesure de se reproduire entre eux dans un environnement naturel et de donner naissance à une descendance féconde. »* Les individus d’une même espèce – exemple : les tortues serpentines – se ressemblent et sont capables de se reproduire entre eux. La tortue serpentine est donc une espèce de tortues (une « sorte » de tortues) différente de la tortue peinte. Les deux espèces se ressemblent et ont un mode de vie semblable (dans le sens que ce ce sont des tortues), mais les micro-différences dans leur habitude, dans leur diète et dans leur ADN fait qu’elles sont deux espèces à part entière. Dans l’exemple ici, le mot tortue pris seul fait référence à une autre catégorie dans la classification du vivant.

On t’entend nous demander : « Oui, mais les tortues là, elles le savent pas quelle tortue appartient à quelle espèce! Elles pourraient ben se reproduire avec n’importe quelle tortue! ». Vrai. Mais leur petits ne seraient peut-être pas viables. Et s’ils le sont, est-ce que cet hybride sera en mesure de se reproduire? Probablement pas. Ce genre de questions donne pas mal de maux de tête aux gens qui étudient notamment la génétique du canard colvert et du canard noir. En théorie, ce sont 2 espèces mais leur gênes seraient tellement mélangés que les petits des deux espèces sont souvent viables ET féconds. La conclusion : ces deux canards appartiendraient probablement à la même espèce… à suivre!

Une maman colvert

La définition d’espèce, c’est aussi controversé que le nombre d’espèces. Les définir et les calculer, c’est un travail de longue haleine!

NOTE

* Définition tirée de Biologie, Campbell et Reece, 3e édition.

Sources images : Pixabay, Pixabay

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