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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Qc-Nature
Le précieux syrinx

Un instant. Le précieux quoi? Le syrinx. C’est l’organe (l’indispensable) chez les oiseaux qui permet les vocalisations. Il a la même fonction que le larynx chez les autres vertébrés.

Un instant. Le précieux quoi? Le syrinx. C’est l’organe (l’indispensable) chez les oiseaux qui permet les vocalisations. Il a la même fonction que le larynx chez les autres vertébrés, mais il est constitué différemment et pas mal mieux adapté pour les prouesses vocales.

C’est une structure cartilagineuse au fond de la trachée qui vibre et produit des sons. Le syrinx possède deux cavités formées de membranes. Certaines espèces peuvent produire deux sons en même temps puisqu’elles peuvent commander les vibrations de chacune des cavités indépendamment. C’est le cas du cardinal rouge qui est capable de produire plus de notes que sur un clavier de piano en seulement 0,10 seconde. Et comme les membranes sont indépendantes, ces espèces peuvent respirer en même temps que de produire un son, ce qui leur permet de chanter plus longtemps.

Le syrinx est plus ou moins complexe selon les espèces (certaines ne chantent pratiquement pas, comme les urubus) et selon les genres; habituellement, il est plus développé chez les mâles. Pour protéger son territoire (comme le vaillant carouge à épaulettes) ou pour séduire les femelles, les mâles font usage du chant de belles manières. Il peut aussi servir à signaler sa présence, en vol par exemple, avertir d’un danger ou appeler un rassemblement. Ou juste signifier son appartenance à un groupe, comme chez la corneille. Une mésange à tête noire houspille lorsqu’elle est face à un prédateur qui ne présente pas une menace imminente. Elle alerte ainsi les autres mésanges du possible danger (ou le prédateur qu’elle l’a vu). Les oiseaux possèdent des répertoires de chants, avec des sons et des cris associés à des situations spécifiques. Ces dialectes varient aussi selon les populations puisque chez certaines espèces les chants sont transmis de générations en générations. Ces oiseaux apprennent donc à mémoriser les chants, tandis que pour d’autres les répertoires sont innés.

Comme le chant est d’une importance capitale (c’est une question de vie, de mort et de succès), les oiseaux y mettent beaucoup d’énergie. Le ménure superbe, un oiseau imitateur des forêts australiennes, produit un répertoire impressionnant (on dit que c’est LE plus importante), de chants et de cris. Il reproduit les sons des autres oiseau (et même des sons random) avec précision. Une telle prouesse demandera beaucoup d’énergie, mais épatera probablement les femelles….

Plus près de nous, on le surnomme le virtuose, le moqueur roux serait capable de chanter bien plus de 1000 mélodies.

Sources images de couverture (moqueur roux) : Linda Jones

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Question du public
Si la Terre était plate…

Pour souligner le Jour de la Terre, on va répondre à cette pressante question : pourquoi la Terre n’est pas plate? Ou, pourquoi la Terre est ronde?

« Pourquoi la Terre n’est pas plate? »

Pour souligner le Jour de la Terre, on va répondre à cette pressante question. Ou, pourquoi la Terre est ronde?

Éclipse lunaire, où on voit l’ombre arrondie de la Terre sur la Lune

D’abord, il faut avouer que la Terre n’est pas parfaitement ronde. La forme de la Terre évolue et son histoire géologique a vu des irrégularités se former (des bosses et des creux) au fil des millénaires. Toutefois, ça ne change pas la forme globale de notre planète.

C’est Aristote (qui a vécu de -384 à -322) qui serait le premier à apporter des preuves de la rondeur de la Terre. C’est en observant la forme arrondie de l’ombre de la Terre sur la Lune lors des éclipses qu’il a eut sa révélation.

Pour que quelqu’un d’autre aborde le sujet, il faut ensuite attendre qu’Eratosthène (de -276 à -194) calcule la circonférence de la planète avec une précision assez étonnante. Il avait remarqué qu’à midi, le jour du solstice d’été, il n’y avait aucune ombre dans sa ville, en Égypte. En mesurant l’ombre d’un bâton planté à Alexandrie au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il a déduit la circonférence de la Terre.*  

D’autres preuves

Si la Terre était plate, tous les humains, peu importe où ils se trouvent sur la planète, pourraient observer les mêmes constellations (à des distances différentes). En réalité, on observe des constellations différentes (en été comme en hiver) selon notre position sur le globe puisque certaines sont obstruées par la Terre elle-même.

Si la Terre était plate, la gravité ne serait pas la même sur toute la planète. C’est parce que la Terre est ronde que nous pouvons garder les pieds ancrés au sol. Le noyau de la Terre agit comme masse gravitationnelle assez forte et à égal distance de la surface de tout le globe. Avec une forme aplatie, la gravité serait moins importantes aux extrémités de la Terre.

C’est d’ailleurs à cause de ce phénomène de gravité que les planètes, en général, sont ronde. On ne verra jamais de planète cubique ou pyramidale puisque le centre de gravité retient la masse uniformément autour de lui.

Le point orange étant le centre de gravité. Dans le modèle aplati, les flèches ne sont pas toutes de la même grandeur.

Si la Terre était plate, le soleil serait presque toujours visible, même lorsque ses rayons n’atteignent pas les régions éclairées. En observant un cadran solaire, on constate facilement la course du soleil et par le fait même, la rondeur de la Terre. Sans parler des fuseaux horaires…

Si la Terre était plate, comment pourrait-on expliquer qu’il fait jour en Australie quand il fait nuit au Canada.

Et finalement, il suffit de regarder les photos pour voir que la Terre est bel et bien ronde!

NOTES

* Eratosthène avait calculé 39 375 km et on estime actuellement la circonférence de la Terre à 40 075 km. Pas banal…

Sources images : Wiki, GUEPE

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Qc-Nature
De supers mathématiciens, ces petits oiseaux

Grâce à la sélection naturelle, les organismes sont généralement très bien adaptés à leur environnement. La sélection naturelle n’a pas façonné que des caractères physiques, mais également, des comportements!

Grâce à la sélection naturelle, moteur de l’évolution des espèces, les organismes sont généralement très bien adaptés à leur environnement. En lisant ces lignes, tu t’imagines peut-être un blanchon sur la banquise dont la fourrure blanche lui assure chaleur et camouflage ou un cactus dont la morphologie et la physionomie lui permettent de conserver de l’eau et de se protéger dans un des écosystèmes les plus inhospitaliers de la planète. Pourtant, la sélection naturelle n’a pas façonné que des caractères morphologiques ou physiologiques, mais également, des comportements!

Un étourneau juvénile. Chapardeur ou producteur?

Dans la nature, les animaux doivent constamment faire des choix afin d’assurer leur survie, optimiser leurs chances de se reproduire et assurer leurs descendances (être successful) : être en groupe ou solitaire, en groupe de combien, quel niveau de risque accepter pour une ressource, s’attaquer à quelle proie, etc. Les bonnes décisions sont parfois complexes à élaborer même pour les plus éminents théoriciens. Pourtant, les animaux y parviennent avec une facilité déconcertante. Possèdent-ils de supers calculateurs biologiques? Pas exactement! C’est la sélection naturelle de préférences, d’intuitions perspicaces et d’aptitudes biologiques qui a permis l’émergence de comportements parfaitement adaptés aux écosystèmes.

À titre d’exemple, les animaux peuvent, pour s’alimenter, chercher des ressources, les trouver et les exploiter, mais ce n’est pas la seule stratégie. Il est possible pour un animal de repérer un autre individu qui a trouvé une ressource et de le rejoindre afin de chaparder (voler) cette ressource. #criminel C’est le jeu producteurs-chapardeurs. Il est largement répandu dans le règne animal et souvent étudié avec de petits oiseaux granivores. Ces oiseaux décident de chercher ou de chaparder des parcelles alimentaires.

Le succès de chacune des stratégies dépend du nombre d’individus qui cherchent ou qui chapardent. En effet, on peut s’imaginer que si trop d’individus chapardent, il devient préférable de chercher et lorsqu’il y a de nombreux producteurs (chercheurs de graines), il devient avantageux de chaparder. À un certain ratio, les deux stratégies s’équivalent.

Des chercheurs ont modélisé ce phénomène et calculé les meilleures décisions à prendre selon différentes conditions environnementales (nombre d’individus dans le groupe, nombre de parcelles alimentaires, quantité de ressources par parcelle, distribution des parcelles dans l’environnement, etc.). Et tu sais quoi? Les observations démontrent que les animaux arrivent généralement à l’équilibre producteurs-chapardeurs calculé par la modélisation. De supers mathématiciens, ces petits oiseaux? Probablement pas!

Les processus menant à la prise de décision chez les animaux font l’objet de nombreuses études. Ces mécanismes biologiques sont parfois très simples ou très élaborés, mais réussissent systématiquement à mettre en place des comportements optimisés, tout comme les caractéristiques morphologiques du blanchon le sont.


Sources images : Ingrid Taylar

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Quoi faire?
Plogging printanier

Le printemps s’en vient et la neige fond en laissant apparaître plein de petits… déchets! = On te propose donc de faire d'une pierre deux coups et de plogger (comme dans jogger et ramasser des déchets en même temps!).

Le printemps s’en vient avec les températures plus chaudes et la neige fond en laissant apparaître plein de petits… déchets! Eh oui, les déchets accumulés dans les couches de neige refont surface et donnen un air malade à la saison du renouveau. On te propose donc de faire d'une pierre deux coups et de plogger (comme dans jogger et ramasser de déchets en même temps!) : une activité de plein air solitaire, idéale pour le confinement!


Le plogging est une combinaison entre la course (jogging) et collecter des ordures par terre (picking up litter). Ce mouvement plein de bonnes intentions a vu le jour en Suède en 2016, puis il s’est propagé partout dans le monde. Le sentiment d’aider sa communauté, la planète et le bien-être que procure l’activité ont rapidement transformé ce simple entraînement en une véritable mode. Partout, on s’est mis à plogger, main dans la main, avec comme ennemi commun les vidanges qui traînent à terre.

Maintenant que squatt et cardio riment avec sauver la Terre, plus rien ne nous arrête.

C’est donc assez simple : en solo (ou en groupe quand ce sera permis), armé.e de sacs de poubelle, de bons gants (anti-humidité), ton meilleure athleisure kit et tes running shoes, t’as qu’à te rendre dans un parc urbain près de chez toi et plogger. Non seulement, tu vas donner un joyeux coup de main à la faune et la flore locale, mais tu vas aussi te tenir en forme en aidant le printemps à avoir l’air plus en santé! Tout le monde y gagne!

PS. Si tu cours pas, pas de panique, tu peux aussi ramasser des déchets en marchant, rien ne presse! Et si tu veux le faire avec nous, reste à l’affût des dates pour la journée d’action environnementale de GUEPE.


Source image : Kate Ter Haar

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Qc-Nature
La toxicité des fruits

« Si les oiseaux les mangent, c’est que c’est comestible! » Non, et re-non. Si les oiseaux mangent quelque chose, c’est qu’ils pourront le digérer et leur système digestif est bien différent du nôtre!

« Si les oiseaux les mangent, c’est que c’est comestible! » Non, et re-non. Si les oiseaux mangent quelque chose, c’est qu’ils pourront le digérer et leur système digestif est bien différent du nôtre! La liste de plantes que les oiseaux peuvent consommer et pas nous est bien longue : nerprun, sureau, actée, chèvrefeuille, vigne vierge, if du Canada, et ça continue.

Don’t you know that you’re toxic?

Protéger la graine, à quel prix?

On sait que la fonction première des fruits, c’est de protéger la graine et favoriser sa dispersion. Se faire manger par un animal, transporter dans son système digestif pour ensuite être déposée dans un engrais naturel (lire ici « crotte »), n’est-ce pas le scénario idéal pour une graine? Alors, la question qu’on se pose, c’est pourquoi certains fruits sont toxiques? Pourquoi certaines plantes voudraient dissuader des animaux mangeurs de fruits s’ils leur permettent de coloniser des nouveaux territoires?

L’ingestion des baies immatures de la morelle noire peut provoquer de graves intoxications, voire mortelle.

D’abord, comment une plante peut-elle empoisonner son fruit ou sa graine? Elles produisent une gamme impressionnante de composés chimiques, dont certains n’ont aucune fonction dans les processus primaires de la plante (comme la respiration cellulaire et la photosynthèse). Ce sont des composés secondaires.

Les toxines sont souvent produites lors du développement du fruit pour protéger les graines immatures contre les attaques d’herbivores ou la dispersion prématurée, comme c’est le cas de la morelle noire. Toutefois, des fruits mûrs avec des graines matures peuvent également être toxiques. Alors, comment expliquer les fruits qui restent toxiques même quand ils sont prêts à être dispersés? Dans certains cas, les toxines provoquent la constipation de l’animal, garantissant que les graines restent plus longtemps dans l’intestin et augmentant ainsi la distance à laquelle elles sont transportées. Dans d’autres cas, ils agissent comme des laxatifs pour assurer le passage rapide des graines pour éviter de les endommager pendant la digestion.*

Le jaseur d’Amérique, c’est un bon mangeur de fruit

Bon mangeur, mauvais mangeur

Tout ce qui mange des fruits, n’est pas bon pour la plante. Les toxines présentes dans les fruits pourraient cibler spécifiquement les animaux, les microbes et les champignons qui endommagent leurs graines, tout en étant non toxiques pour les espèces qui sont de bons « disperseurs » de graines. Les fruits du nerprun sont toxiques pour certains animaux (comme nous) mais pas pour les oiseaux qui dispersent les graines.

Les poisons découragent les destructeurs et les « disperseurs » de graines, de sorte que les plantes doivent faire un compromis entre dissuader les assaillants et attirer les animaux qui dispersent leurs graines en toute sécurité. Jusqu’à présent, les recherches suggèrent que la façon dont les plantes équilibrent ce compromis dépend de la durée pendant laquelle elles conservent les fruits. Les fruits très nutritifs et attrayants sont rapidement trouvés et mangés dès qu’ils sont mûrs. Ces fruits font face à moins de risques de dommages avant d’être mangés en toute sécurité par les bons animaux. Les toxines protectrices sont alors moins importantes et sont donc produites en plus petites quantités. D’un autre côté, les plantes avec des fruits moins nutritifs, avec des « disperseurs » de graines plus rares ou peu fiables ou plus de prédateurs, doivent protéger leurs graines vulnérables avec des fruits toxiques.

Enfin, les fruits peuvent être toxiques simplement parce que le reste de la plante est toxique. C’est un autre compromis que certaines plantes font; les toxines qui protègent les feuilles des herbivores peuvent également se retrouver dans le fruit.

En terminant, on veut juste que tu te rappelle de ne pas manger n’importe quoi dans la forêt (sauf, si on te le conseille) parce que les plantes sont bien équipées pour se protéger et tu pourrais avoir des mauvaises surprises…

NOTES

* Ces possibilités sont des hypothèses intéressantes, mais il reste bien des preuves à trouver.

Sources images : Pixabay, Pxfuel

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