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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Aventures d'un.e naturaliste
La science, une chenille à la fois 

Ça te dit de participer à la science en tant que citoyenne et citoyen? Ça se peut.

Texte paru dans Le Journal des Voisins, été 2025.

En fin de journée, lors d’une promenade, je m’arrête soudain devant un plant d’asclépiades. Je sors mon téléphone, note instinctivement l’heure et l’endroit, puis photographie une chenille posée dessus. Simplement, au coin de cette rue, je deviens actrice d’une vaste collaboration entre scientifiques et citoyen·ne·s. 

La chenille en question

Cette chenille n’est pas banale. C’est celle du monarque, ce papillon célèbre pour sa migration annuelle jusqu’au Mexique, mais aussi tristement reconnu comme une espèce en danger. « Mission Monarque », un projet porté par l’Insectarium de Montréal et Espace pour la vie, ainsi que l’Institut de recherche en biologie végétale, recueille en ligne des données sur la répartition et l’abondance du monarque et de l’asclépiade, la plante hôte du papillon. Les contributions citoyennes à ce projet aident les scientifiques à suivre les déplacements migratoires, à mesurer l’impact des changements climatiques et à ajuster les stratégies de conservation. Les informations collectées peuvent nourrir des publications scientifiques et influencer les politiques urbaines, allant jusqu’à définir des zones de plantation idéales pour favoriser la survie du monarque. 

Voilà ce qu’est la science citoyenne : elle fait appel au regard attentif, à la présence et aux observations concrètes, souvent quotidiennes, des gens ordinaires. Qu’il s’agisse de photos, de mesures ou de simples témoignages, ou encore d’entrées sur des applications tel que eBird Québec ou iNaturalist, leur contribution permet à ceux et celles qui font de la recherche de couvrir des territoires vastes, sur de longues périodes, souvent en continu, et ce, à moindre coût. Une force remarquable. Avec plusieurs millions de paires d’yeux au lieu d’une seule, l’efficacité se multiplie. 

Une oie, qui pourrait être enregistrée sur eBird

La science citoyenne n’est pas une nouveauté. Dès le XIXᵉ siècle, des adeptes de l'ornithologie, de l'entomologie (la science qui étudie les insectes) et de la botanique rassemblaient déjà leurs observations locales, construisant une base de données importante à l’écologie naissante. Au XXᵉ siècle, la poste et la photographie ont facilité l’échange d’informations. Aujourd’hui, Internet et nos téléphones portables révolutionnent encore cette pratique : les plateformes et applications permettent à chacun et chacune de participer instantanément. Nous sommes passés des cahiers manuscrits à des millions d’observations géolocalisées en temps réel! 

Bien sûr, il existe des limites : tout le monde ne peut pas devenir chercheur·e du jour au lendemain et, surtout, tout le monde n’est pas expert·e. En science citoyenne, on privilégie donc des missions accessibles, où les erreurs éventuelles (identification, localisation) peuvent être corrigées ou restent statistiquement marginales. Mais au-delà des données, la science citoyenne crée un dialogue précieux : elle rend visible le travail des scientifiques, elle invite le public à saisir les enjeux et à partager la passion de la découverte. Et entre nous, c’est très gratifiant de savoir que nos gestes, même modestes, s’inscrivent dans un mouvement collectif. 

Ce soir-là, en marchant près de ce plant d’asclépiades, j’ai pris part, à ma façon, à la recherche et à la préservation d’une espèce. Et si vous souhaitez vous lancer vous aussi, sachez que partout au Québec — et entre autres à Montréal — et au Canada, de nombreux programmes attendent votre regard : suivi des abeilles, des chauves-souris, signalement des plantes envahissantes, signalement des tortues, des coyotes, observation des habitats, des glaces sur les cours d’eau ou de la neige et des amphibiens ou d’oiseaux nicheurs, et bien plus encore. Une simple recherche en ligne suffira à découvrir de multiples initiatives locales et régionales. Entre autres, AttentionNature a plusieurs programmes canadiens à la portée de tout le monde. À chaque note, photo ou observation, nous faisons avancer la science. Alors, êtes-vous prêt·e à contribuer à la science avec un grand « S »? 

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : dessin et photos d'Anne F. Préaux

Photo oie blanche : Veronika Andrews

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Aventures d'un.e naturaliste
Zoom sur la rivière

En promenade sur le bord de la rivière. Qu'est-ce qu'on peut observer?

Texte paru dans Le Journal des Voisins, été 2025.

Par une belle journée ensoleillée, je me promenais au parc Maurice-Richard, au bord de la rivière des Prairies. J’admirais les rayons de soleil dansant sur les vagues et j’ai tout naturellement pris une grande respiration. Que c’est beau, la vue sur l’eau!

Un grand héron sur le bord de la rivière

Je n’étais pas uniquement venue au parc pour admirer le paysage. J’avais ma caméra prête à croquer des photos de la biodiversité que je pouvais observer. Oui, la rivière est un lieu de choix pour observer une foule d’espèces qui dépendent de l’eau pour survivre, se nourrir ou se reproduire.  

Quelles espèces vais-je croiser aujourd’hui? Je serais ravie de voir un grand héron ou une grande aigrette immobile sur la berge. Toutefois, le petit bruant chanteur, tout mignon, qui sautille sur les roches me comblerait tout autant.

J’aimerais bien voir des tortues géographiques posées sur des roches. À ce temps-ci de l'année, je pourrais peut-être croiser leurs bébés qui se dirigent vers l’eau après leur éclosion. Dès leur naissance, ils travaillent fort : ils doivent d’abord se dégager de leur nid souterrain et ensuite amorcer un périple vers l’eau. Il faut que je fasse attention où je pose les pieds!  

Une bernache du Canada et une tortue peinte au soleil

Si je me rends jusqu’au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation, je verrai peut-être un lépisosté osseux comme ma collègue, qui en a vu un à partir du pont qui se rend à l’île. On reconnait ce poisson, mesurant autour de 1 m, à son corps et son museau allongés. Il est capable de tirer de l’oxygène de l’air, contrairement à d’autres poissons qui en tirent seulement de l’eau. C’est ce qui lui permet de tolérer les eaux faibles en oxygène et même de survivre hors de l’eau pendant quelques heures. Je serais bien heureuse le voir en action!  

Ce n’est pas le seul gros poisson que je pourrais observer. L’esturgeon jaune, un des plus grands poissons d’eau douce du Québec, peut atteindre plus de 2 m. Ce poisson se distingue par ses cinq rangées de plaques osseuses qui recouvrent son corps, lui conférant une protection contre des prédateurs. On le reconnait aussi par les barbillons sous son museau, qui lui permettent de trouver ses proies. Je connais quelqu'un qui en a déjà vu un sauter hors de l’eau en faisant de kayak sur la rivière!

Tiens, je devrais essayer de faire du kayak moi aussi. Je pourrais en louer tout près, derrière l’école Sophie-Barat ou même au parc de Beauséjour. En me rapprochant de l’eau, je pourrai mieux observer les secrets qu’elle cache et découvrir des coins non visibles du sentier piétonnier. Mais, aujourd'hui, c’est à pied que je poursuis mon aventure pour prendre des photos au sec!

J’oubliais, c’est le moment parfait pour photographier les impatientes du Cap et je sais que j’en trouverai sur l’Île de la Visitation! Elles fleurissent vers la fin de l’été, et poussent justement aux abords des cours d’eau. Ses petites fleurs en forme de trompette feront de jolis clichés! En plus, elles sont principalement pollinisées par les colibris. Si j’en attrapais un en action, je serais réellement comblée!  

Une impatiente du Cap

Après quelques heures de promenade, je termine ma sortie d'exploration éblouie par la nature qui m'en a mis plein la vue! Et j'ai des photos comme souvenirs! À Ahuntsic-Cartierville, on a de la chance d’avoir accès à des berges sur plusieurs kilomètres et même à plusieurs moyens d’en profiter, que ce soit à pied, en kayak ou à vélo. La prochaine fois, je reviendrai faire un pique-nique pour observer des fourmis!

Par Émilie Forget-Klein, communicatrice scientifique

Sources images : Émilie Forget-Klein

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Qc-Nature
Tourisme durable et biodiversité : un duo gagnant

La nature fait la magie du Québec. À nous de la protéger pour que la magie dure.

Si tu fais du plein air au Québec, tu le sais déjà : la nature, c’est ce qui rend chaque sortie unique. C’est le chant du merle en forêt, la grenouille qui sautille sur ton chemin, l’odeur des conifères, les baleines qui nagent dans le Saint-Laurent, les couleurs en automne et les paysages grandiose d’un bout à l’autre de la province. La nature, notre biodiversité, c’est un des moteurs du tourisme. Sans cette richesse naturelle, visiter le Québec perdrait un peu de sa magie.

Mais attention : le tourisme, surtout quand il est mal géré, peut aussi mettre la biodiversité en danger. Trop de passage, des sentiers élargis à l’excès, du bruit, des déchets ou encore le dérangement des milieux fragiles... tout ça laisse des traces. Et parfois, ces impacts sont invisibles, mais lourds pour les écosystèmes.

C’est là que le tourisme durable entre en scène. Il ne s’agit pas de renoncer à explorer, mais de le faire autrement. Des entreprises choisissent par exemple de limiter le nombre de gens dans certains sites, d’encadrer leurs sorties pour éviter le piétinement des habitats sensibles, ou encore de sensibiliser leur clientèle à la faune locale. Certaines valorisent aussi les activités d’éducation ou soutiennent la restauration de milieux naturels.

Le tourisme durable, ce n’est pas juste des panneaux solaires sur le toit d’un hôtel et des autobus hybrides. C’est avant tout de faire des choix conscients et de prendre soin du territoire qui accueille. Et ça profite à tout le monde : aux animaux, aux plantes, aux communautés… et à toi aussi. Parce qu’un milieu naturel en santé, c’est un terrain de jeu vivant, inspirant, et rempli de découvertes à faire.

Par Anne-Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : Alain Audet, brigachtal, Ana Krach

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Qc-Nature
Et si découvrir la nature te faisait voir le monde autrement?

L’interprétation de la nature, ce n’est pas juste apprendre la nature, c’est la vivre, la ressentir… et s’y attacher.

L’interprétation de la nature, c’est bien plus que nommer les plantes ou repérer des traces d’animaux. C’est une façon de raconter la nature pour te la faire vivre, te la faire ressentir. En gros, c’est l’art de connecter les gens au monde vivant, en leur faisant découvrir ce qui se cache derrière un paysage, un chant d’oiseau ou même une vieille souche pleine de mousse.

Quand tu participes à une activité d’interprétation, tu ne reçois pas juste de l’information : tu vis une expérience. On te fait voir des choses que tu n’avais jamais remarquées, on t’aide à comprendre comment tout est lié : le climat, les plantes, les animaux, toi. Et souvent, ça passe par des histoires, des jeux, des analogies ou des moments d’émerveillement. Tu repars en ayant appris quelque chose, oui, mais surtout en ayant ressenti quelque chose.

Et c’est là que la magie opère : plus tu comprends la nature, plus tu y tiens. C’est ce lien émotionnel, cette prise de conscience tranquille, qui mène à la sensibilisation. Pas besoin de gros discours ou de statistiques qui font peur. Juste prendre le temps d’observer, de s’émerveiller, de poser des questions.

En fin de compte, l’interprétation de la nature, c’est une porte d’entrée vers un regard plus curieux, plus respectueux et souvent plus engagé envers le monde qui nous entoure. Parce que quand tu t’attaches à quelque chose, t’as envie de le protéger.

Par Anne-Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : GUEPE

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Qc-Nature
Neige tassée, nature stressée

Tes pas on un impact sur la neige et sur tout ce qu'elle cache. Penses-y avant de mettre le pied à l'extérieur du sentier.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Tes pas dans la neige ont plus d’impact que tu ne le penses! Sur les hauts plateaux de Charlevoix, la compaction de la neige peut chambouler tout un écosystème.

La compaction de la neige, c’est quand les flocons de neige se font tasser ensemble et amincissent la couche qu’elle forme. Elle peut se faire compacter par les passages répétés de randonneur ou même de véhicules pendant l’hiver.

Quand la neige devient un mur infranchissable  

Imagine être un lièvre d'Amérique et devoir creuser un terrier dans de la neige compactée... Mission impossible! Cette neige tassée complique aussi la vie des renards, qui peinent à atteindre leurs proies dissimulées sous la surface. Le passage des motoneiges amplifie cette compaction.

Un lièvre d'Amérique

Un écosystème bruyant

La neige fraîchement tombée permet de réduire le bruit du passage de véhicules comme les motoneiges, mais sa compaction vient atténuer cet effet, perturbant ainsi davantage les animaux. À cause de ces phénomènes, de nombreuses espèces, comme les orignaux ou les cerfs de Virginie, se mettent à fuir des zones riches en nourriture.

Plantes sous pression : étouffées sous la neige compacte

Pour les plantes, cette compaction réduit l’air et l’espace vital sous la neige. Certaines espèces fragiles, comme les mousses et les lichens, peuvent suffoquer et disparaître localement. Les jeunes conifères sont aussi plus vulnérables aux dommages physiques. La compaction altère également les propriétés isolantes de la neige, exposant les végétaux et les micro-organismes à des températures plus froides, menaçant leur survie.

Sous tes pas, la vie qui s’essouffle

Et le sol dans tout ça? La compaction limite les échanges gazeux, ralentissant l’activité des microbes qui assurent la santé du sol. Avec moins de microbes actifs, le sol recycle moins bien les nutriments, retardant ainsi le retour de la végétation au printemps. Si la couche de neige est mince, le sol devient encore plus vulnérable à cette compaction, favorisant l’érosion et la pollution des cours d'eau lors de la fonte. Et lorsque la couche de neige est trop mince, le sol, déjà fragilisé, s’érode plus facilement. À la fonte, particules et polluants sont alors entraînés vers les ruisseaux, mettant en péril la qualité de l’eau.


Alors, la prochaine fois que tu arpentes les hauts plateaux, reste sur les sentiers balisés. Ton coup de raquette préservera les trésors cachés sous la neige!

Par Arthur, naturaliste

Sources images : Artem Mizyuk, Denali National Park and Preserve, Richard Goulet

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