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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Choix du naturaliste
Neige en altitude : les secrets des hauts plateaux de Charlevoix

La neige est essentielle sur les hauts plateaux. Voyons comment elle agit sur cet écosystème des montagnes.

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

Quand tu te balades sur les hauts plateaux de Charlevoix en hiver, tu as peut-être remarqué que la neige ne s'accumule pas partout pareil. Ce n'est pas le fruit du hasard!

Entre sud et nord : la neige choisit son camp

En altitude, la neige fond différemment qu’en plaine. L'orientation des pentes joue un grand rôle : les versants sud fondent plus vite, tandis que les pentes nord conservent leur neige plus longtemps. Par exemple, une pente sud peut être dégarnie en avril, alors qu'une pente nord reste enneigée jusqu'en mai.

Les cuvettes : des réserves de neige

Dans certains creux de terrain, la neige s’accumule et forme des cuvettes. Ces « poches » naturelles fournissent de l'humidité aux plantes au printemps et servent aux petits mammifères qui s’y abritent des prédateurs et profitent de ce retard de fonte pour trouver de l’eau plus tardivement.

Crêtes soufflées : le royaume du vent

Sur les crêtes exposées, le vent chasse la neige, laissant apparaître le sol. Par temps sec, la neige peut même s'évaporer sans fondre, ce qui accélère sa disparition. Ce phénomène peut entraîner une perte importante de neige, en particulier lors d’épisodes de vents forts et secs.  

Un équilibre fragile

L’altitude joue également un rôle majeur : plus on monte, plus la neige dure longtemps, avec environ 8 % de couverture neigeuse de plus tous les 100 m d’élévation. Mais le changement climatique menace cet équilibre. Une fonte trop précoce risque de faire pousser certaines plantes trop vite, les rendant vulnérables à des gels tardifs.

Alors, la prochaine fois que tu exploreras ces paysages majestueux, observe bien la neige : elle raconte l'histoire cachée des hauts plateaux de Charlevoix!

Par Arthur, naturaliste

Sources images : Jean-Daniel Francoeur, Cemrecan Yurtman, Aawara Musafir

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Aventures d'un.e naturaliste
Une leçon de décomposition

On s'émerveille en admirant le travail des décomposeurs. Et si on s’en inspirait?

Texte paru dans Le Journal des Voisins, printemps 2025.

Matin frais et couvert, bruine légère. Le sol détrempé amplifie l’odeur terreuse de la forêt. En m’enfonçant dans le sous-bois, mon regard est attiré par un vieux tronc d’arbre tombé, couvert de mousse.

Illustration de cloportes

À genoux, je soulève doucement un morceau d’écorce pour y découvrir un petit monde en ébullition. Un mille-pattes, qui, malgré son nom, n’a pas mille pattes, se recroqueville sur lui-même. Des dizaines de cloportes restent immobiles, parfaitement camouflés. Cousins des crevettes et des homards, ces crustacés se distinguent par leur mode de vie terrestre, assez rare dans leur groupe. Tout près, un ver de terre s’enroule paresseusement, et de minuscules collemboles sautillent entre les débris. Ils possèdent un long appendice fourchu au bout de leur abdomen qui leur permet de se propulser dans les airs comme sur un ressort. Les filaments blancs du mycélium, la partie souterraine des champignons, forment un réseau dense à travers le bois en décomposition.  

Ce rondin, en apparence inutile, est une véritable centrale de recyclage. Les plus gros décomposeurs (ou les détritivores comme les vers ou les mille-pattes) fragmentent les matières organiques, les rendant plus accessibles aux micro-organismes, soit les bactéries et les champignons, qu’on appelle souvent des moisissures. Ces derniers dégradent ensuite la matière grâce à des enzymes, et transforment le bois, les feuilles, les excréments, les restes d’animaux morts en nutriments essentiels comme l’azote ou le phosphore, que les racines des plantes pourront absorber. Ce cycle, où rien ne se perd et tout se transforme, c’est le processus de la décomposition.  

Le mille-pattes, un détritivore

On sous-estime souvent ce qui se trouve sous nos pieds. Dans la forêt, on lève les yeux vers les arbres, les oiseaux, la canopée. Mais ce sont les fondations invisibles du sol qui assurent la survie de tout le reste. Sans les décomposeurs, les forêts seraient vite ensevelies sous des couches de feuilles mortes, et la vie végétale cesserait peu à peu, faute de nutriments disponibles. Ces organismes discrets rendent un service écosystémique fondamental : ils entretiennent les sols, recyclent la matière et participent à la régulation du carbone.

Ces petites créatures timides sont souvent perçues comme insignifiantes, sales, ou nuisibles. On évite de les regarder, on les écrase sans y penser, ou on les chasse par dégoût. Pourtant, ces décomposeurs jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la nature.

En quittant la forêt, je pense à mon bac brun. Quand le camion de collecte l’amène au centre de transformation et qu’on y traite son contenu, c’est comme si on imitait ce processus dans la forêt. Dans les tunnels de maturation du compost, bactéries et champignons reprennent le travail : ils décomposent les restes alimentaires, les transformant en gaz et en terreau fertile.

Dans certains secteurs d’Ahuntsic-Cartierville, la collecte des résidus alimentaires est bien implantée ou elle commence. À l’échelle de Montréal, on redouble d’efforts pour valoriser les matières organiques et réduire l’enfouissement des déchets. Une nouvelle étape débute avec l’ouverture du Centre de traitement des matières organiques (CTMO), qui permettra de transformer les déchets alimentaires en compost à grande échelle. Et tout cela repose sur le travail silencieux de millions de petits êtres.

Ce matin, la forêt m’a rappelé une vérité simple : même les plus petits rendent service et jouent un rôle immense. Et si, au lieu de les ignorer, on s’en inspirait?

Un cloporte

Par Anne Frédérique, chargée de projet, conception

Sources images : dessin et photos d'Anne F. Préaux

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Qc-Nature
L'hiver dans les hauts plateaux

Comment font les plantes et les animaux pour survivre aux difficiles conditions hivernales sur les hauts plateaux?

SÉRIE SPÉCIALE : LES HAUTS PLATEAUX ET NOUS

En hiver, malgré nos grosses doudounes, nos épiceries pleines et nos maisons chauffées, nous avons bien hâte au retour du printemps rendu en janvier. Imagine comment se sentent les espèces vivant dans les conditions extrêmes des hauts plateaux de Charlevoix! Une chance qu’elles sont adaptées pour passer tout l’hiver dehors! Cependant, avec le froid et surtout la perte de ressources alimentaires, cela reste un constant combat pour bien conserver leur énergie en attendant le retour de l’été.

Une astuce de conifère

Ce n’est pas un hasard que les confères, comme les sapins baumiers, peuvent garder leurs aiguilles toute l’année! La forme allongée des aiguilles et la forme conique de l’arbre limitent l’accumulation de neige et de glace sur ces derniers. Une trop grosse accumulation pourrait briser les branches, et même les troncs! Et à un moment où l’on veut économiser de l’énergie, refaire pousser des branches n’est pas une option.  

Les plantes enneigées

Le froid empêche le bon fonctionnement de la photosynthèse chez les plantes à feuilles. Elles entrent en dormance et vivent des réserves qu’elles ont stockées dans leurs racines. Même chez les plantes qui conservent leurs feuilles à l’année, comme le kalmia à feuilles étroites, c’est peu probable que la photosynthèse continue au même rythme que par des temps plus cléments.  

Cela pourrait sembler contradictoire, mais la neige est alors un super isolant pour les plantes au sol. Pleine d’air, elle permet de les protéger des températures extrêmes à la surface.

Le régime des micromammifères

Plusieurs micromammifères vivent dans les hauts plateaux de Charlevoix. En hiver, les petits mammifères qui restent actifs, comme les musaraignes et les souris, vont modifier leur alimentation pour se concentrer sur les bourgeons et écorces. Elles peuvent aussi faire des réserves dans le garde-manger de leur terrier pour avoir une alimentation plus variée. Certains micromammifères vont créer des petits réseaux sous la neige pour se déplacer tout en étant protégés du froid et des vents.  

Comment on les aide?

Comme tu vois, passer l’hiver n’est pas une petite affaire! Et même si le retour du printemps nous fait le plus grand bien, il ne faut pas oublier que ce n’est pas le retour immédiat de ressources pour les espèces. Pour rendre leur vie plus facile, voici quelques comportements à avoir quand tu vas visiter les hauts plateaux en hiver et au printemps.  

  • Ne pas arracher de branches aux arbres et aux arbustes : c’est une grande dépense d’énergie de les faire repousser.
  • Ne pas sortir du sentier : on ne sait pas qui se cache sous nos pieds!
  • Ne pas nourrir les animaux : cela pourrait sembler contre-intuitif, mais si la nourriture se fait rare et qu’on habitue les animaux à un nourrissage, que vont-ils faire la journée où personne ne vient? On doit les laisser se débrouiller eux-mêmes (ils sont adaptés pour ça).

Pour plus sur les bonnes pratiques dans les hauts plateaux, visionne nos vidéos!

Par Jeanne, naturaliste

Sources images : Mohammadreza Karami

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Aventures d'un.e naturaliste
Une visite express dans le monde du compostage industriel

Tu utilises un bac brun à la maison? Tu te demandes où son contenu s'en va, où il est traité? Si tu habites l’Ouest-de-l'Île de Montréal, voici quelques réponses pour toi!

Tu utilises un bac brun à la maison? Tu te demandes où son contenu s'en va, où il est traité? Si tu habites l’Ouest-de-l'Île de Montréal, voici quelques réponses pour toi!

Un nouveau Centre de traitement des matières organiques (CTMO) a vu le jour dans l’arrondissement de Saint-Laurent au mois de septembre 2024. Je te propose ici un voyage au cœur de la transformation de la matière organique, à l'échelle industrielle. Fais appel à ton imagination et laisse-toi transporter par tes sens!

D'abord, il faut dire que la Ville de Montréal vise à réduire les matières résiduelles en tous genre. D'ici 2030, elle souhaite que 85 % des matières résiduelles générées soit recyclées ou revalorisées. Actuellement, des matières organiques, c'est-à-dire les matières qui proviennent des êtres vivants comme un os de poulet ou un cœur de pomme, se glissent trop souvent dans la poubelle, tout comme les matières recyclables. Ainsi, en ouvrant un CTMO, Montréal désire valoriser la matière organique et la transformer en excellent compost, très utile, tu vas voir.  

Les matières organiques récoltées dans l'Ouest-de-l'île proviennent surtout de maisons familiales avec de grands terrains, ce qui fait en sorte qu'il y a plus de verdure dans l'ouest. (Il y a aussi beaucoup de blocs appartements, mais en moins grandes quantité que dans l'est.) Ainsi, la collecte des résidus alimentaires ET des résidus verts, tels que des feuilles mortes, du gazon, des branches, etc., se fait dans le même camion. Le ratio de ces composantes est d’ailleurs très important pour créer une bonne recette de compostage.

Cependant, le centre reçoit régulièrement des déchets ultimes et même des matières recyclables qui se retrouvent malheureusement dans ton bac brun, comme des bouteilles d'eau, des morceaux de métal et beaucoup d'autres plastiques qui ne devraient pas s'y retrouver. Alors attention de bien trier tes résidus et tes déchets domestiques dans les bons bacs!

Au CTMO, presque tout est automatisé. Seulement une dizaine de personnes y travaillent. On peut y observer les camions qui arrivent et qui déchargent leur benne pleine de résidus alimentaires et de résidus verts. À l'intérieur de l'usine, des camions pelleteurs transfèrent le tout dans un broyeur géant. La matière est alors mélangée avec la matière qui a déjà terminé un cycle de transformation. Cette recette magique est ensuite envoyée dans les immenses tunnels de compostage actif où la température atteindra 55°C et peut parfois même atteindre les 80°C pour éliminer tous les contaminants naturels, tels que des graines de plantes.  

Enfin, il faut tamiser la matière compostée mature afin d’en retirer tout ce qui ne s'est pas décomposé, comme les contaminants plastiques. Puis le cycle recommence pour certaines matières, telles que les morceaux de bois ou les coquillages qui ne se sont pas décomposés. Ces gros matériaux vont aider le composte à s’aérer, car il a besoin d’oxygène lors de la transformation et de la maturation. À la fin du processus, le résultat s'observe en de beaux gros tas de compost géants, un terreau brun et très fertile résultant de la décomposition de matière organique. Saurais-tu dire à quoi il peut bien servir maintenant, ce compost?

Eh bien, il va être très utile pour l'aménagement des arbres, des parcs, des plates-bandes et des jardins publics, car il est super riche en nutriments! Tu peux même en ajouter à ton propre jardin ou potager lorsque la Ville le distribue gratuitement dans ton quartier. Mais attention, ne plante pas directement tes végétaux là-dedans, c'est beaucoup trop riche en nutriments, ce qui pourrait endommager les racines de tes plants. Il faut simplement en mélanger un peu avec la terre et tu verras comme tes plantes auront une nouvelle énergie magique impressionnante.

J'espère que tu as apprécié cette visite express. Tu peux maintenant aller visiter le site internet du CTMO pour en apprendre toujours plus! En plus, GUEPE offre maintenant des visites guidées gratuites pour les écoles et bientôt au grand public. Consulte notre calendrier pour connaître les dates!

Francois-Vivier lors d'une visite du CTMO

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste et guide au CTMO

Sources images : GUEPE, Ben Kerckx,

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Marais
Le tour des passerelles du Bois-de-l’Île-Bizard : les secrets du marais

C'est un incontournable, impossible de passer à côté : laissez-vous guider à travers les marais de l’île Bizard, un trésor discret et vivant des parcs montréalais.

On n'a pas pu passer à côté de vous guider à travers l’un des trésors les mieux gardés des parcs montréalais : les marais de l’île Bizard. Ces milieux humides, tous interconnectés, regorgent de vie et se dévoilent seulement à qui prend le temps de les observer. Suivez cette visite guidée contemplative du marais. Que cache ce milieu essentiel à la santé du parc?

Il est conseillé d'écouter cet audioguide avec des écouteurs. Il est possible de l'écouter l’audioguide dans la boîte audio ici.


Il peut aussi être téléchargé ici. Pas certain comment ça marche? Jettez un œil ici.

Cet audioguide est construit en stations d’écoute. Il suffit de trouver le point de départ et d’y écouter la première. La voix de l’éducatrice-naturaliste guidera ensuite la marche pour rester dans le bon chemin et vivre une nouvelle expérience auditive et visuelle en pleine nature urbaine. Le sentier se trouve dans un espace naturel protégé, il est donc important de respecter les règlements des parcs et de rester dans les sentiers.

LES STATIONS D’ÉCOUTE

LE DÉPART : L’écoute peut se faire à partir du départ de l’une ou l’autre des passerelles.

LES STATIONS : Au fil de la marche, l’éducatrice-naturaliste invite à mettre l’enregistrement sur pause à certains moments. Ce sera l’occasion de respirer profondément, d’écouter le chant des oiseaux ou le bruissement du vent dans les quenouilles. Les stations ne sont pas à des endroits précis. L'ensemble de l'audioguide s'écoute sur les passerellees.

INFORMATIONS PRATIQUES

Durée approximative : 20 à 30 minutes

Marche : environ 1 km

Où se trouve le point de départ : Il y a deux points de départ possibles : 

  • Entrée de la grande passerelle : à partir du stationnement près du chalet d'accueil, suivre le sentier en ligne droite en direction de la grande passerelle.
  • Entrée de la moyenne passerelle : à partir des autres entrées du secteur, suivre les indications pour le chalet d'accueil, le sentier mène à la moyenne passerelle.

Dans le sac à dos : chasse-moustique, crème solaire, gourde et jumelles.

Comment se rendre au stationnement du chalet d'accueil :

  • En voiture, à partir du pont de l’Île-Bizard, il faut tourner à gauche sur le boulevard Chèvremont, puis à droite sur la Montée de l'Église. Ouvre les yeux pour les tortues, il y en a souvent qui traverse la rue dans le coin du golf. Au bout de la Montée de l'Église, prendre à droite sur le Chemin du Bord-du-Lac. Après quelques minutes, il y a un arrêt et une affiche annonçant le secteur du Bois-de-l’Île-Bizard. Le stationnement sera sur la gauche.

Adresse à mettre dans son GPS : 2115 chemin du Bord-du-Lac, Montréal, H9C 1P3

Espèces à voir : daphnies, moustiques, libellules, éphémères, tortue, poissons, têtard, pic à ventre roux, mésange à tête noire, geai bleu, patineur, hirondelle rustique, quenouilles, chauves-souris, papillons, etc.

Une tortue peinte qui se prélasse dans les nymphéas odorants

Nous tenons à remercier la Ville de Montréal et le Service des grands parcs, du Mont-Royal et des sports pour leur soutien à ce projet.

Sources images : GUEPE

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