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Découvrir la nature avec nos yeux d’expert.e.s

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... L'équipe de naturalistes de GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature, ce n’est pas un mystère, c’est une science! Un.e naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un.e spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.

Chaque mois, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de notre lectorat (incluant les tiennes) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Les filtreurs des marais

C’est plein de vie, un marais! On a l’impression qu’un marais c’est sale, mais en fait, c’est super bien filtré! Il existe plein d’êtres vivants qui aident à la filtration de l’eau et les milieux humides.

« Est-ce qu’il y a des êtres vivants dans l’eau qui aident à la filtration de celle-ci? »

T’as peut-être déjà circulé autour d’un marais, d’une tourbière ou d’une « swompe » comme dirait ton grand-père Maurice? Ça pue? Tu trouves que ça sent la mort? Et ben non, justement! C’est plein de vie, un marais! On a l’impression qu’un marais c’est sale, mais en fait, c’est super bien filtré! Il existe plein d’êtres vivants qui aident à la filtration de l’eau et les milieux humides comme les marais en sont rem-plis! On y trouve aussi beaucoup de plantes et de microorganismes qui aident à la décomposition.

Les plantes qui font le ménage

Le nénuphar jaune, une plante aquatique

D’abord, les plantes aquatiques* sont responsables de bien des phénomènes dans un marais. Elles permettent la sédimentation des particules (poussières, feuilles, petits animaux…) en ralentissant le courant de l’eau. Leurs racines permettent aussi de capter l’azote et le phosphore (des nutriments) dans l’eau pour le transformer et le stocker dans leurs feuilles. Leurs feuilles, elles, donnent un support à d’autres plantes microscopiques (aka les épiphytes : des plantes qui poussent sur des plantes) qui elles aussi vont se nourrir de l’azote et du phosphore. Déjà, avec juste des plantes aquatiques comme des nymphées, des quenouilles et des potamots, on a une eau moins trouble et libérée de beaucoup de nutriments souvent présents en trop grande quantité à cause des engrais chimiques.

Des microorganismes qui font le ménage

Ensuite, les bactéries, les algues microscopiques et plein d’autres microorganismes s’occuperont de décomposer les vivants morts (et non pas les morts-vivants…), d’accumuler (ou stocker) le carbone dans leurs tissus (en transformant le CO2 dissous dans l’eau par la photosynthèse) et en digérant les métaux et autres composants chimiques qui se trouvent dans l’eau. La forte odeur de pet qui est libérée lorsque tu circules proche d’un marais ou que tu accroches le fond avec ta pagaie vient du fait que la décomposition produit souvent du soufre et du méthane, deux gaz qui sentent les œufs pourris et… les flatulences!

Les quenouilles

Évidemment, les vivants qui sont dans l’eau et qui aident à la purifier ne la rendent pas potable. Il y a quand même une grande quantité de molécules qui ne sont pas toutes décomposées. On trouve aussi pas mal de coliformes fécaux dans l’eau des ruisseaux et des marais. Toutefois, les marais sont d’excellents reins pour la planète! Ils ont un rôle primordial dans la santé des écosystèmes et c’est donc essentiel de les protéger!

NOTE

* Remarque qu’on ne parle pas d’algues ici : ce sont bel et bien des plantes avec des feuilles, des racines et même des fleurs parfois! On t’explique la différence juste ici.

Sources images : Pixabay, Anne F. Préaux

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Ailleurs
Le carcajou : le glouton des forêts

C’est quoi un carcajou? Est-ce que c’est vrai que c’est un tueur sans pitié? En voici un peu plus sur le carcajou, le wolverine de la forêt… littéralement.

Nos amis du zoo de Saint-Félicien ont eu toute une frousse dans les derniers jours : un carcajou en a eu assez et… s’est poussé! Mais c’est quoi un carcajou? Est-ce que c’est vrai que c’est un tueur sans pitié? En voici un peu plus sur le carcajou, le wolverine* de la forêt… littéralement.

Le carcajou, c’est un mustélidé comme ses cousins les visons, les pékans, les martres et les loutres. C’est une famille de mammifères pas mal cute. Et carnivore. Surtout le carcajou qui, avec sa shape trapue comme un p’tit ours, arrive à se nourrir de viande et d’os congelés. Il a la réputation d’être un féroce adversaire et de dévorer sans merci tout ce qui lui tombe sous les griffes. En plus, c’est un pro des restants : il profite souvent des carcasses laissées par les autres carnivores. Pas pour rien qu’on l’appelle aussi glouton dans le langage courant! Tu croises un gigantesque furet chubby, brun chocolat, pâle sur les côtés, en train de manger une carcasse de cerf? Les chances sont élevées de que ce soit un carcajou!

Si ça t’arrives, prends le temps de l’observer parce que des carcajous, il n’y en a pas beaucoup dans les forêts québécoises d’où son statut d’espèce menacée au Québec. Ces bêtes ont pas mal peur des humains, alors ils se cachent assez loin dans les grandes forêts du nord. Les causes du déclin des populations de carcajous au Québec et au Labrador sont peu connues. Moins de proies comme les caribous, moins de loups gris pour lui fournir des carcasses ou juste moins de forêt… Il n’y a tellement pas beaucoup d’individus que c’est difficile de trouver la cause.

Malgré tout, c’est un animal très bien adapté aux régions nordiques. On te parlait de succès reproducteur : les femelles ont des adaptations pas pire! Elles sont capables de retarder la gestation des petits après avoir été fécondée (en été) pour attendre de meilleures conditions climatiques pour mettre bas (au printemps suivant). Et les embryons vont s’être développés juste pendant le dernier mois environ. Ça donne donc un maximum de temps pour les petits d’être sevrés et de suivre leur mère pour être autonomes le printemps suivant. Maximum de beau temps pour un maximum de survie. C’est beau la vie!

NOTE

* Les carcajous s’appelaient wolverine (dans la langue de Shakespeare) bien avant Logan (ou Hugh Jackman) dans X-men. Quoique c’est un hommage intéressant à leurs sens hyper-développés, leurs qualités de prédateurs, leur résilience et à leurs griffes de feu qui sont à l’épreuve de… pas mal tout. Un autre Wolverine de la foret : la grenouille des bois. Pas à cause de ses griffes, mais bien à cause de sa capacité à se regénérer!

Sources images : ZooFanatic, William F. Wood

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Qc-Nature
Le succès reproducteur : les bons gènes

Dans la nature sauvage, les vivants ont un but ultime : se reproduire pour assurer la survie de leurs gènes et de leur espèce. Le succès reproducteur, c’est à la base de la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle.

Dans la nature sauvage – pas tout le temps lointaine – les vivants ont un #lifegoal ultime : se reproduire pour assurer la survie de leurs gènes et de leur espèce. Le succès reproducteur, c’est à la base de la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle. Les vivants les mieux adaptés aux conditions de leur environnement actuel auront accès à de meilleures ressources, comme de la bouffe et un nid sécuritaire. Ces individus-là assurent non seulement leur survie, mais aussi une descendance en santé, capable elle aussi de se reproduire avec succès. Dans le fond, on veut que les bons gènes passent d’une génération à l’autre.

Pour avoir une progéniture en santé, un paquet de facteurs entrent en jeu. La qualité de l’habitat ainsi que la qualité et la quantité des ressources alimentaires sont des éléments qui influencent beaucoup le succès reproducteur d’un individu.

Les bons gènes de cette ourse ont été transmis à son bébé

Les animaux et les végétaux organisent pas mal leur horaire selon leur cycle de reproduction. Exemple : un oiseau qui construit son nid au printemps, c’est pas tant pour avoir une maison plus que pour pouvoir avoir un endroit bien caché pour couver ses œufs. Si la qualité de l’habitat de cet oiseau ne contient pas tous les éléments pour la construction de son nid, une femelle ne pourra pas y pondre ses œufs. Il n’y aura donc pas de progéniture et le succès reproducteur en prend un coup. Toute l’énergie du mâle et de la femelle est mise dans la préparation à la reproduction, se reproduire et s’occuper des petits jusqu’à maturité. Comme des manchots qui vont chercher de la nourriture à tour de rôle, comme une guêpe maçonne, comme tes parents…

Important de ne pas confondre le succès reproducteur avec la sélection sexuelle. La sélection sexuelle, c’est lorsque les partenaires se choisissent pour engendrer des petits. Comme pour le succès reproducteur, la qualité des ressources accessibles au mâle lui permettra d’être en meilleure santé, être plus vigoureux, plus flamboyant et plus combatif (et plein d’autres belles qualités) ce qui le rend plus attrayant pour la femelle. Un cardinal rouge bien foncé avec une huppe bien droite sur la tête qui chante fort et avec vigueur, c’est pas mal attrayant. En tout cas, pour une madame cardinal rouge…

Un cardinal bien en santé

C’est donc super important quand on protège les écosystèmes de les protéger dans leur intégralité. Ça permet de garder toutes les ressources essentielles au succès reproducteur des espèces qui elles, lorsque présentes en grand nombre, permettent de garder l’équilibre dans les ressources, qui lorsqu’elles sont elles aussi riches et diversifiées permettent d’avoir une biodiversité florissante… bref, tu nous suis?


Sources images : Pixabay, Pixabay

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Quoi faire?
Soirée docu : les femmes de science

On célèbre la Journée de la femme et on s’est dit pourquoi pas mettre le spotlight sur de magnifiques femmes de science. On te propose de visionner ces documentaires, mettant tous en vedette des femmes de science extraordinaires.

On célèbre, le 8 mars, la Journée de la femme et on s’est dit pourquoi pas mettre le spotlight sur de magnifiques femmes de science. On te propose donc d’ouvrir ton téléviseur (profites-en ça arrive pas souvent) pour regarder ces documentaires, mettant tous en vedette des madames qui sont non seulement des chercheures hors du commun, mais aussi des badass notoires.

Dian Fossey : secret dans la brume

Tout le monde connaît l’histoire de Fossey, qui a étudié les gorilles de montagne en Afrique et qui s’est donnée corps et âme (c’est le cas de le dire) pour protéger ces animaux des braconniers. Le documentaire Gorilles dans la brume, qu’elle a fait avec David Attenborough aurait pu être dans nos choix ici, mais on a préféré te suggérer cette série de National Geographic qui met en lumière les circonstances de son assassinat, qui allie parfaitement conservation, corruption, racisme dur et de très mignons gorilles!
Pour voir la série, c'est ici.

The woman who swims with killer whales

Voici un autre bon exemple de femme passionnée et qui travaille sans relâche pour protéger ses sujets de recherche adorés. Ingrid Visser, biologiste néo-zélandaise, passe ses journées à parcourir la côte pour trouver les épaulards. Une fois trouvés, elle saute à l’eau et nage avec eux pour observer leur comportement et les étudier. Son approche, assez daring, a permis, pour la première fois, d’avoir un regard intérieur sur la vie de groupe de ces animaux et d’en savoir davantage sur les causes de leur déclin. À voir, pis garde ta boîte de mouchoirs pas loin…

C'est juste ici.

Jane

Cette femme, qui a ouvert des portes pour bon nombre, a su se battre pour vivre sa passion : les animaux. À son époque, on ne croyait pas qu’une femme puisse faire de la recherche, spécialement pas perdue dans la jungle au milieu de nulle part, mais Jane Goodall, l’a fait. Ses contributions pour comprendre le comportement des chimpanzés sont encore aujourd’hui des éléments névralgiques en comportement animal. Ce superbe film montre des vidéos inédits de ses années sur le terrain, le tout est enrobé dans une musique extraordinaire. C’est à voir.
Le documentaire est sur Netflix, par ici.

Mission Blue

À 83 ans, l’océanographe Sylvia A. Earle parcourt la planète pour plonger et étudier et protéger les océans. À ce jour, elle a passé plus de 7000 heures sous l’eau, dont 2 semaines dans un labo sous-marin en 1970. Elle vivait littéralement sous l’eau avec une équipe de femmes scientifiques qu’elle a rassemblé pour cette épique aventure. Elle a aussi été la première femme à devenir scientifique en chef de la National Oceanic and Atmospheric Administration aux États-Unis. Tête forte, deux ans plus tard, elle quitte volontairement ses fonctions car elle subissait des pressions qui l’empêchaient de partager les résultats de ses recherches sur les pêcheries. À 77 ans (oui oui), elle a brisé le record de la plongée solo la plus profonde. Depuis 1998, elle est exploratrice en résidence de National Geographic et on la surnomme Her Deepness.
Ce documentaire est aussi sur Netflix, par ici.

The woman who loves giraffes

Finalement, on voulait te parler de ce film, tout frais sorti de la salle de montage. Un magnifique hommage à une de nos grandes naturalistes canadiennes, Anne Innis Dagg. Son travail de recherche sur les giraffes a longtemps été sous estimé (voir non reconnu), pourtant, c’est une des seules spécialistes de cette espèce dans l’histoire de l’humanité. Pourquoi? C’est une femme. Le film explique son histoire magique dans la savane, mais aussi les barrières qu’elle a rencontré en revenant ici. Les témoignages sont touchants et les images magnifiques.
Le film est disponible sur CRAVE, et sur iTunes.
Tu peux voir les dates et les lieux de présentation ici.


Les liens sont pour les versions originales des documentaires, dans leur langue originale (qui pour la plupart est l’anglais), généralement avec une option de sous-titres. Il est assez facile de faire une recherche rapide dans les internets pour trouver des versions en d’autres langues. Bonne écoute!

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55
Question du public
Arbres à entailler

Suite à la présentation de notre présentation du principe naturel de la coulée, on s’est fait demander : « Est-ce qu’on peut entailler d’autres espèces que les érables? »

« Est-ce qu’on peut entailler d’autres espèces que les érables? »

C'est suite à la présentation de notre présentation du principe naturel de la coulée, on s’est fait demander ça.

Les érables

D’abord, on pourrait entailler toutes les espèces d’érables si on le voulait. Quoique entailler un arbuste c’est assez difficile, donc, on s’en tient aux grands arbres. Chaque espèces d’Acer donne une eau sucrée et un profil de saveur différent, mais il faut être expert pour différencier les très subtiles nuances. Il faut savoir que le goût du sirop (ou ses couleurs) varie plus en fonction du moment de la saison de récolte que d’autres choses. Plus l’eau est récoltée tôt en saison, plus elle donnera un sirop clair dont le goût sera très léger. En fin de saison, on fait du sirop très foncé qui goûte un astucieux mélange de caramel et de sève. Celui qui est le plus souvent utilisé, celui que tu mets probablement sur ton pain doré, c’est le ambré, récolté en plein cœur de la saison.

Parmi les érables d’ici, c’est l'érable noir qui donne une eau dont le goût ressemble le plus au goût classique de l’érable à sucre.

Un bouleau entaillé

Les bouleaux

Si tu le sens funky, tu pourrais aussi entailler plein d’autres espèces d’arbres. On t’as déjà parlé du sirop de bouleaux. L’eau des bouleaux (toutes nos espèces de bouleaux peuvent être entaillées) commencent à couler bien après les érables (parfois en mi-avril), ce qui peut étendre la saison de récolte pour les ceux qui exploitent plusieurs espèces. Le sirop de bouleau à papier est le plus sucré, mais celui du bouleau jaune est reconnu pour ses antioxydants et c’est pas mal tendance ces temps-ci…

On pourrait aussi entailler des aulnes, qui sont dans la même famille que les bouleaux. C’est une pratique de plus en plus répandue dans l’ouest du pays où les érables à sucre sont moins présents.

Quoi d’autre

Il n’y a pas seulement les Acer et les Betulacées qui produisent de l’eau sucrée lors de la coulée. Les noyers noirs et cendrés donnent aussi une eau particulièrement goûteuse et légère, rien à voir avec leurs fruits parfois acidulés. Ils coulent au même moment que les érables et deux fois plus longtemps, par contre, ils donnent la moitié moins d’eau…

L'’ostryer de Virginie donne une eau très sucrée, meilleure selon certains, que celle des bouleaux! Les tilleuls d’Amérique et les caryers* peuvent aussi être entaillés pour une eau légèrement sucrée. Le taux de sucre est tellement bas que pour faire un sirop, il faut bouillir une très grande quantité d’eau. Certains experts ne croient pas que ça vaillent la peine.

Alors, à ta perceuse et ton chalumeau : c’est l’heure d’entailler!

NOTE 

* Il existe du sirop de caryer en magasin, mais il est fait à partir de l’écorce bouillie avec du sucre ajouté. Pas tout à fait la technique traditionnelle…

Sources images : Audubon Center of the North Woods, Peter Skutulas

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