Les plantes qui décontaminent : la phytoremédiation

12/1/2023
Choix du naturaliste

As-tu déjà entendu parler de la phytoremédiation? Héé oui, les plantes en absorbent, tu te rappelles? Si non, on va te rafraîchir la mémoire! Tous les végétaux se nourrissent et accumulent des nutriments pour composer leurs parties, mais plusieurs absorbent aussi des contaminants. C’est cette propriété qui est exploitée lors de la phytoremédiation, une stratégie naturelle que l’on peut employer pour décontaminer notre environnement.

Plus d’une façon de décontaminer le sol

Un saule qui « phytoremédie »

Il existe plusieurs types de phytoremédiation basés sur la capacité qu’ont certaines plantes à disposer des éléments contaminants présents dans leur environnement. Par exemple, la phytoextraction exploite les plantes qui ont tendance à concentrer les polluants dans leurs tissus, que ce soit dans les racines ou dans leurs parties aériennes telles que le tronc et les branches ou les feuilles. C’est d’ailleurs la stratégie la plus utilisée pour capturer les polluants des sols contaminés par les activités humaines. Par exemple, les saules et les peupliers sont des végétaux utilisés dans la décontamination d’anciens sites industriels. Pour compléter la décontamination des sols, les végétaux sont retirés, puis traités de différentes manières : soit par combustion, compostage, ou par biométhanisation*.  

La phytodégradation est une stratégie complémentaire à la phytoextraction. Elle consiste à faire usage des plantes ayant la propriété de dégrader les contaminants organiques du sol afin de les rendre moins nuisibles grâce à un métabolisme contenant des enzymes spéciales. Ainsi, les saules pleureurs sont couramment utilisés pour nettoyer les sols contaminés aux hydrocarbures. Elle est parfois aidée par la rhizosphère et ses composantes, dont les bactéries du sol ou les champignons mycorhiziens tu t’en souviens? (On parle alors de rhizodégradation). La plante de tabac est également utilisée afin de dégrader les composés organiques polluants, mais elle a aussi la particularité de volatiliser dans l’air les éléments dégradés. C’est ce qu’on nomme la phytovolatilisation.  

Un peuplier qui « phytoextracte »

Enfin, la phytostabilisation quant à elle, empêche les contaminants de se déplacer en étant lessivés par l’eau ou encore volatilisés par le vent. Tu comprends alors qu’on utilise cette méthode lorsqu’il est question d’immobiliser de manière naturelle les contaminants des sites industriels. Ce sont notamment les racines des plantes qui agissent à cette fin. Toutes sortes de plantes ayant différentes profondeurs de racines sont utilisées à cet effet, et sont choisies selon les besoins**.  Par exemple, l’aménagement de bandes riveraines est largement pratiqué afin d’empêcher les engrais et les pesticides de se rendre au cours d'eau à proximité de terres agricoles, de coupes forestières ou encore de terrains privés près des lacs. D’ailleurs, le saule est encore une fois vainqueur, car c’est dans les premiers végétaux à être plantés en bordure de cours d’eau.

Une bande riveraine de saule qui « photostabilise »

Vive le vert!

Ainsi, les plantes sont non seulement importantes pour promouvoir la biodiversité, mais elles nous aident, nous aussi. Elles nous permettent de vivre dans un environnement plus sain en le décontaminant et sont sans doute la clé qui nous permettra de remédier à d’autres problèmes environnementaux, en plus de nous offrir une panoplie d’autres services! N’hésite donc surtout pas à mettre plus de vert dans ta vie!  

NOTES

* La biométhanisation est un processus de récupération du méthane à partir de composte. Mais nous y reviendrons bientôt.  

** On pourrait alors parler de diversité fonctionnelle, lorsqu’on utiliser les différentes profondeurs de racines pour arriver aux objectifs souhaités, comme en permaculture, par exemple.  

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Sources images : Pixabay, Pixabay, Pixabay,

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