Développer l’inclusivité en nature : un projet porteur d’apprentissages pour GUEPE

Comment rendre les activités de découverte de la nature plus accessibles à toutes et à tous? C’est la question qui a guidé le projet « Développer les compétences pour assurer l’inclusivité dans les activités GUEPE », réalisé grâce au soutien financier de Sport et Loisir de l’île de Montréal (SLIM) et à la collaboration de plusieurs partenaires. Cette initiative a permis à l’équipe de vivre une expérience profondément transformante et s’est vu décerner le titre de projet coup de cœur de l’équipe en 2025.

Depuis plusieurs années, GUEPE accueille une grande diversité de publics dans ses activités éducatives en nature. Toutefois, comme de nombreux organismes du milieu du loisir et du plein air, nous constations une augmentation des demandes provenant de personnes ayant des besoins particuliers. Bien que certaines adaptations étaient déjà réalisées sur le terrain, elles reposaient souvent sur l’expérience individuelle des membres de l’équipe. Nous souhaitions donc structurer notre démarche, développer nos compétences et mettre en place des outils durables favorisant une meilleure accessibilité.
Miser sur la concertation et l’expertise des partenaires
Dès le lancement du projet, nous avons réuni des partenaires aux expertises complémentaires et veillé à les intégrer au processus dès les étapes initiales.
Nous avons eu la chance de collaborer avec des partenaires engagés, dont l’Association de Montréal pour la déficience intellectuelle, le Regroupement pour la Trisomie 21, AlterGo, L’Archipel de l’avenir et le Service des grands parcs de la Ville de Montréal. Leur expertise et leur accompagnement ont joué un rôle essentiel tout au long du projet.
Former les équipes pour mieux accueillir des publics diversifiés

Notre première étape a été d’écouter et d’apprendre. Des formations spécialisées ont été offertes à l’équipe afin de mieux comprendre les réalités vécues par différents publics et d’acquérir des outils concrets en matière d’accueil, de communication et d’animation inclusive. Ces échanges ont rapidement mis en lumière une leçon importante : les ajustements favorisant l’inclusion bénéficient souvent à toutes et tous, et pas uniquement aux personnes ayant des besoins spécifiques.
Au-delà des connaissances théoriques, ces formations ont contribué à créer un langage commun et à renforcer la confiance de l’équipe lorsqu’elle est appelée à accueillir des groupes ayant des besoins variés.
Adapter les activités de découverte de la nature
À la suite de ces formations, nous avons adapté certaines activités afin de les rendre plus accessibles. L’objectif n’était pas de développer des activités distinctes destinées aux personnes ayant des besoins particuliers, mais plutôt d’améliorer des activités déjà offertes afin de réduire les barrières à la participation. Cette approche permet à un plus grand nombre de personnes de prendre part pleinement à l’expérience.

Ces adaptations ont été mises à l’essai dans le cadre d’activités pilotes réalisées avec les organismes partenaires. Ces expériences ont permis de recueillir de précieux commentaires des participant·e·s, des intervenant·e·s et des membres de notre équipe. Le consensus était que les expériences de plein air et de découverte de la nature peuvent être significatives et enrichissantes lorsqu’elles sont pensées avec souplesse et en collaboration avec les personnes concernées.
Les principaux apprentissages de notre démarche
Parmi les nombreux apprentissages réalisés, trois éléments ressortent particulièrement :
- D’abord, l’importance d'une démarche de concertation. Les meilleures idées sont souvent nées des échanges avec les partenaires qui possèdent une connaissance approfondie des besoins de leurs membres. Leur contribution a permis d’orienter les adaptations vers des solutions réellement utiles et applicables.
- Ensuite, la nécessité de bien communiquer en amont. Mieux comprendre les besoins des participant·e·s avant une activité facilite grandement la planification et permet d’offrir une expérience plus positive pour tout le monde. Cette réflexion nous a notamment mené·e·s à bonifier nos outils de communication et notre processus de réservation.
- Enfin, l’inclusivité comme processus d’amélioration continue. Les besoins évoluent, les contextes changent et les pratiques doivent être régulièrement ajustées. Cela fait de la flexibilité une condition de succès essentielle à une telle démarche.
Faire de l’inclusivité une pratique durable
L’un des objectifs du projet consistait à assurer la pérennité des acquis. Aujourd’hui, plusieurs des outils sont intégrés aux pratiques courantes de GUEPE, entre autres dans la planification des activités, l’accueil des participant·e·s et même la formation des nouvelles personnes qui rejoignent l’équipe. Plus largement, elle contribue à faire de l’accessibilité et de l’inclusivité des réflexes organisationnels plutôt que des interventions ponctuelles.


Et maintenant? Poursuivre la réflexion collectivement
Nous ne prétendons pas être des spécialistes de l’inclusivité. Au contraire, ce projet nous a démontré que l’inclusion est un apprentissage continu qui se construit collectivement et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses avant de commencer. Aujourd’hui, plusieurs actions sont en préparation afin de partager les apprentissages réalisés et de poursuivre les échanges avec le milieu. Nous espérons que cette expérience pourra contribuer à inspirer d’autres organisations à entreprendre leur propre démarche pour rendre les activités de loisir, de plein air et d’éducation à la nature accessibles au plus grand nombre.
Un grand merci à Sport et Loisir de l’île de Montréal, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires qui ont contribués à faire de cette initiative une expérience aussi enrichissante que porteuse pour l’avenir. Ensemble, nous continuons d’apprendre, d’adapter nos pratiques et de travailler à rendre la nature plus accessible à toutes et à tous.
Sources images : GUEPE


