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Découvrir la nature avec nos yeux d’experts

Parce que tu te demandes qu’est-ce qui se passe dans un cocon de papillon, comment se forme une tornade et comment les plantes communiquent... GUEPE a décidé de répondre à toutes tes questions, car la nature ce n’est pas un mystère, c’est une science! Notre équipe d’éducateurs-naturalistes t’explique la nature que tu n’as jamais comprise et qui est restée sans réponse depuis longtemps. Un naturaliste c’est quoi? En gros, c’est un spécialiste dont la mission première est de vulgariser les différentes sciences de la nature.


Chaque mois, sur notre blogue, on te présente une vedette, animale, végétale ou autre (oui, oui!), en plus des sujets préférés de nos naturalistes. Reste donc bien connecté.e. On va répondre aux questions de nos lecteurs (comme toi) et on va aussi te proposer des places à visiter, des actions à poser, des trucs à voir et à lire. 

On te souhaite une bonne exploration de la nature!

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Question du public
Qu’est-ce qui se passe dans le cocon… ou plutôt dans la nymphe? 

Rappelle-toi, la nymphe c’est l’étape du cycle de vie des insectes durant laquelle ils vont passer du stade larvaire à leur forme adulte. On t’explique ici ce qui se passe dans la nymphe!

Lorsqu’on utilise le mot « cocon », on parle en fait de la nymphe d’un insecte. Un cocon peut désigner à la fois la protection de soie dans laquelle va s’enrouler la larve ou nymphe de certains insectes, ou encore l’amas de toiles dans lequel une araignée aura déposé ses œufs. Rappelle-toi, la nymphe c’est l’étape du cycle de vie des insectes durant laquelle ils vont passer du stade larvaire à leur forme adulte. On va donc t’expliquer ici, non pas ce qui se passe dans le cocon, mais dans la nymphe!

Pour rester simple, puisqu’une multitude de nymphes différentes existent, on va expliquer dans cet article l’exemple de la chrysalide des papillons qui est le type de nymphe le plus connu.

Si tu ne te rappelles pas de cette chrysalide-là, on ne peut rien faire pour toi!

 

Une protection nécessaire

On l’a déjà vu, une bonne partie des insectes a une métamorphose complète, contrairement à d’autres insectes qui ont une métamorphose incomplète. Chez les insectes à métamorphose complète, le changement est tellement important qu’il est difficile de voir un point commun entre la larve et l’adulte! Entre une chenille et un papillon, il n’y a pas beaucoup de similarités… et même les couleurs sont souvent très différentes!

Le processus de transformation pour passer de la larve (ou chenille) à l’adulte est parfois long et complexe (long du point de vue de l’insecte, qui a la vie courte!). En général, il permettra de passer d’une larve, peu mobile, à un adulte ailé très agile. Lorsque la larve est prête à réaliser sa transformation, elle va se créer une nymphe et parfois même un cocon. Et pour que ce processus se passe au mieux, sans être dérangé, il est bien pratique qu’il soit fait à l’abri des regards dans un cocon! En effet durant cette transformation, que l’on appelle nymphose, l’insecte est en général immobile et ne se nourrit pas. Il pourrait donc être une proie facile des prédateurs. Autant être bien caché!  

Chez les lépidoptères* nocturnes, le cocon est fait de soie, une matière sécrétée par les glandes salivaires de la larve elle-même. Chez les chenilles qui ne peuvent pas créer de cocon, la protection se fait via le camouflage ou la toxicité. Commence alors un processus de transformation qui durera parfois plusieurs jours. Mais que s’y passe-t-il exactement?

 

Une transformation spectaculaire

Le corps de l’insecte subit des transformations importantes et rapides dans la nymphe pour passer du stade larvaire à un adulte prêt à décoller. Ces transformations seront autant internes, c’est-à-dire au niveau des organes, qu’extérieures au niveau de la morphologie et de l’apparence. Des ébauches d’ailes vont apparaitre rapidement et se développer, des pattes adaptées à l’environnement de l’espèce, une tête détaillée avec des yeux et une bouche particulière, même parfois un exosquelette très rigide.

Le cas de la nymphe de papillon  

Après avoir assez mangé et accumulé les ressources et la taille nécessaires, la chenille d’un papillon va faire une dernière mue et devenir une chrysalide. On peut l’observer accrochée à une branche par un fil de soie. Pas facile à détecter, car elle prend la couleur du feuillage environnant ou du bois! La chrysalide ne tient pas par magie au fil de soie, ce sont plusieurs crochets qui la maintiennent durant la métamorphose. Cette structure est appelée crémaster.

Durant une à deux semaines chez les papillons, l’insecte ne se nourrit pas, mais change : ses yeux et son cerveau grossissent alors que ses mandibules régressent, sa trompe et ses antennes se développent et ses organes reproducteurs apparaissent. Le processus de transformation peut durer d’une à quelques semaines pour beaucoup d’espèces. Pour certaines cela peut durer plusieurs années!

L’émergence

Lorsque le papillon est enfin à son stade adulte et prêt à sortir, il va parfois encore devoir attendre un peu sa délivrance. Pour les papillons de nuit, cela peut prendre plusieurs mois! Car il faut les bonnes conditions extérieures pour que le papillon puisse sortir. En général, cela inclut un certain ensoleillement et une bonne humidité. Chez certaines espèces de papillons, la chrysalide devient transparente quelques heures avant la sortie de l’insecte, et on peut même voir ses couleurs!

Lorsque l’humidité et l’ensoleillement sont idéaux, l’insecte peut commencer sa sortie. On appelle ça « l’émergence ». L’enveloppe de la nymphe se déchire, et l’adulte va sortir sa tête, puis ses pattes, et enfin ses ailes. Ces ailes sont chiffonnées, et il va falloir que l’insecte les gonfle d’air. Pour ce faire, il y injecte de l’hémolymphe, ce qui va durcir les nervures. Le séchage des ailes peut prendre d’une heure à cinq heures.

Suite à cette émergence énergivore, les papillons vont s’envoler rapidement à la recherche du précieux nectar qui leur permettra de reprendre des forces. La prochaine étape sera de trouver un partenaire avec lequel se reproduire, et de recommencer la boucle de métamorphose depuis de nouveaux œufs!

NOTE

* C’est le groupe des papillons dans la classification du vivant!

Par Julie, chargée des projets

Sources images : Pixabay

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Ailleurs
Des marsupiaux peu connus

Le mot marsupial semble faire automatiquement référence à l’Australie, pourtant de nombreux opossums et autres marsupiaux grimpants peuplent les Amériques.

Si le mot marsupial semble faire automatiquement référence à l’Australie et les îles de l’Océanie, des marsupiaux sont bien présents en Amérique du Nord et du Sud. Il est facile d’oublier que les opossums, bien connus chez nos voisins du sud et qui commencent à faire leur arrivée jusqu’à Montréal (merci les changements climatiques), sont de fiers représentants de ce groupe! Car, oui, de nombreux opossums peuplent les Amériques, mais la grande majorité des espèces marsupiales vivent en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Spoiler alert, un diable de Tasmanie ça ne ressemble pas du tout à ça!

C’est quoi un marsupial?

Les marsupiaux, ce n’est pas seulement les kangourous et les koalas! Ils font partie de la classe des mammifères, mais sont pourtant bien différents de beaucoup d’espèces que l’on connaît!

Alors que les mammifères placentaires se développent dans un placenta dans le ventre de leur mère, les bébés marsupiaux vont naître à l’état « larvaire » : ils ressemblent à un minuscule embryon. Ce petit être à peine né s’accroche à la fourrure de sa mère et la remonte pour atteindre le marsupium, c’est-à-dire la poche dans laquelle il va finir de se développer en se nourrissant aux mamelles présentes. Marsupium, c’est le nom scientifique de la poche des kangourous! Chez les marsupiaux, la femelle possède deux utérus. Elle peut donc être enceinte alors qu’elle allaite un petit dans sa poche marsupiale. Si les conditions sont défavorables, certaines espèces peuvent même mettre en pause le développement de l’embryon qui est dans un des utérus!

Une autre différence notable des marsupiaux se trouve au niveau de leur bouche. À première vue les mâchoires d’un opossum sont très similaires à celles d’une martre. Pourtant la formule dentaire est différente : le nombre d’incisives de la plupart des marsupiaux est impair! On retrouve 5 incisives sur le maxillaire (en haut) et 4 sur la mâchoire (en bas). Étrangement, les wombats, pourtant des fiers marsupiaux, ne présentent pas cette particularité!

Puisque les représentants les plus connus sont les kangourous, koalas ou diables de Tasmanie, ce groupe peut nous paraître plutôt réduit. Pourtant on dénombre plus de 290 espèces différentes de marsupiaux à travers le globe!

Les marsupiaux moins connus

Au mot « marsupial » il y a fort à parier que tu penses directement au kangourou. Le koala et possiblement l’opossum ne sont pas loin. Comme tu le sais maintenant, la diversité d’espèces dans ce groupe est beaucoup plus grande. Il est donc temps de te présenter notre sélection de marsupiaux originaux que tu ne connais sans doute pas (ou peu)!

Parmi la liste des marsupiaux, on ne peut que s’étonner de voir figurer le chat marsupial. Bien que son nom réfère au petit félin qui trône sur ton canapé, le chat marsupial n’y ressemble absolument pas! Cet étrange animal a bien la taille d’un chat domestique, mais la ressemblance s’arrête là, car on dirait plutôt une grosse souris tachetée. Ce carnivore nocturne vit aujourd’hui dans l'état de la Tasmanie, en Australie.

C'est ok si tu tombes en amour avec ce cutie de chat marsupial! Nous aussi!!!

Notre prochain original est la taupe marsupiale. Cette fois elle ressemble vraiment aux taupes que l’on connait! Il en existe deux espèces vivant en Australie. Elles n’ont pas de lien avec les autres taupes, à part le fait d’être aussi des mammifères. La ressemblance physique et comportementale résulte d’une convergence évolutive!  

Le genre Petaurus présente six espèces de marsupiaux peu connus, et on se demande bien pourquoi étant donné qu’ils gagnent sans conteste la palme des plus cutes! Aussi appelés phalangers volants, ce sont de petits animaux très semblables à des polatouches, avec des rayures sur la tête. Nocturnes, ils planent d’arbre en arbre pour se nourrir de sève, de pollen et d’insectes. On les retrouve à l’est de l’Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et ils sont parfois trouvés comme animaux de compagnie!

Non, tu ne rêves, ça existe!

Un petit dernier pour la route : tu connais sans doute le Quokka. Si son nom ne te dit rien tu l’as surement pourtant déjà vu passer sur le fil des réseaux sociaux comme l’animal qui est toujours souriant! Il ressemble un peu à un wombat mais possède des pattes arrière sauteuses comme les kangourous. Cet animal nocturne se trouve en Australie-Occidentale, sur deux îles où il n’y a pas de prédateurs ramenés par les Européens.

 

Les marsupiaux éteints

Si l’on imagine souvent que l’Australie regorge actuellement de marsupiaux, bien que plusieurs représentants du groupe soient toujours présents (kangourous, koalas, wombats), un très grand nombre de marsupiaux ont disparus et certains depuis peu de temps.

En effet, ces animaux sont plus vulnérables face à la compétition avec les placentaires du fait de leur processus de reproduction et de développement lent. De plus l’arrivée des Européens, qui ont introduit de nouvelles espèces avec les animaux de compagnie, d’élevage ou encore les rats, a augmenté la compétition et la prédation des marsupiaux et causé un grand nombre d’extinctions d’espèces. L’Australie, entre autres en Tasmanie, est reconnue pour être une région où l’espèce humaine est la cause d’une grande partie des extinctions végétales et animales, par l’introduction de nouvelles espèces exotiques, mais également par la chasse intensive de nombreux marsupiaux tels que le thylacine, aussi connu sous le nom de tigre ou loup de Tasmanie.  

Les nombreuses extinctions qu’ont traversés les marsupiaux à travers leur évolution ont vu disparaître de nombreuses espèces de wallaby. Ces animaux sociaux ressemblant à de petits kangourous se sont en effet diversifiés en un grand nombre d’espèces au cours du temps, et on en retrouve toujours plusieurs genres aujourd’hui.

Parmi les marsupiaux préhistoriques, deux espèces impressionnantes ont disparues il y a 46 000 ans. Le Thylacoleo, aussi appelé lion marsupial, était un carnivore féroce chassant ses proies en leur sautant dessus à l’aide de griffes imposantes. Parmi ses proies se trouvaient potentiellement le Diprotodon, ou wombat géant. Cette espèce était le plus grand marsupial connu, et le plus gros animal de la faune de son époque. Ressemblant plus à un ours qu’à un wombat, il avait la taille d’un hippopotame actuel. Sa disparition coïncidant avec l’arrivée des premiers humains sur le continent; il est supposé que la chasse soit la cause de son extinction.

Juste un wallaby trop chill

Aujourd’hui les efforts de conservation sont considérables afin d’éviter de futures extinctions. Bien qu’il reste encore à faire pour leur protection, la survie des marsupiaux aujourd’hui présents en Australie est en bonne voie, grâce à de nombreuses actions de conservation telles que la délimitation de réserves protégées, l’instauration de sanctuaires pour la faune sauvage ou encore les terres de conservation. La recherche aidera également à mieux protéger ces animaux encore mal connus!

Par Julie, chargée des projets

Sources images : Guy Nœhringer, Dash Huang, Piqsels

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Choix du naturaliste
La phylogénie des dinosaures ou l'histoire de Théodule

Il y a 66 millions d'années, la Terre fut frappée par un astéroïde provocant la disparition massive du vivant. Mais certains ont survécu, ces survivants donneront naissance à un groupe d'animaux bien connus, les oiseaux.

Il y a 66 millions d'années, la Terre fut frappée par un astéroïde de près de 12 kilomètres* de diamètre (soit à peu près la taille de la ville de Paris**) dans la péninsule du Yucatán au Mexique, provocant la disparition massive d’énormément d’espèces vivantes, marines et terrestres, à la fin du Crétacé. Cette 5e grande extinction causée par un objet extraterrestre, entraîna une catastrophe climatique qui mis fin à des millions d'années de règne sans partage des « lézards terribles », les dinosaures. Mais certains ont survécu, ces survivants donneront naissance à un groupe d'animaux bien connus, les oiseaux. Ce blogue raconte l'histoire de Théodule, le survivant, l’ancêtre des oiseaux!  

Avant de t'expliquer pourquoi Théodule, l’arrière-arrière-grand-père de Paulette la poule, était un dinosaure, il faut que je t'explique ce qu'est la phylogénie!  

L'arbre de la vie

Croquis de Darwin, son premier diagramme d'un arbre phylogénétique, 1837

En 1859, Darwin a bouleversé les croyances et a changé la place que nous occupons dans cet univers. L'humain n'est plus le centre du monde vivant, il est maintenant un parent du monde vivant et fait partie d'une grande famille qu'est la biodiversité d'après la théorie de Darwin. Cela nous révélera que toutes les espèces sont cousines les unes des autres à un degré plus ou moins différent. C'est dans ce contexte qu'en 1866, le biologiste allemand Ernst Haeckel invente le terme « phylogénie », du grec phylon signifiant tribu ou famille et genesis signifiant création. La phylogénie est tout simplement l'étude des liens de parenté entre les êtres vivants. On représente souvent ces liens par un arbre phylogénétique. Chaque nœud de l’arbre correspond à un ancêtre commun et si on redescend l'arbre, on finit par tomber sur le commencement, LUCA (Last Universal Common Ancestor ou DACU, le dernier ancêtre commun universel), l'organisme qui serait à l'origine de toute forme de vie sur Terre.***  

Mais comment fait-on pour construire ces arbres complexes censés représenter l'histoire de la vie et les liens entre les espèces? Il existe plusieurs méthodes pour réaliser nos arbres, mais nous allons en voir deux. La première utilise l'ADN des organismes : on va tout simplement comparer l'ADN de plusieurs espèces et voir si elles se ressemblent. Plus l'ADN est similaire, plus les espèces sont à proximité sur notre arbre phylogénétique. C'est une très bonne technique quand on dispose de l'ADN des organismes, mais on a un petit problème pour les dinosaures... Bah ils sont disparus! Donc on ne dispose pas de leur ADN. Mais heureusement, il nous reste les bons vieux fossiles! Dans ce cas, pour construire notre arbre de parenté, il nous faut plutôt comparer la morphologie : la forme de ces fossiles pour trouver des similitudes ou des différences qui nous aideront à classer nos espèces dans différents groupes.  

Maintenant que tu sais ce qu'est un arbre phylogénétique, à quoi ressemble l’arbre de la famille des dinosaures?

 

L'arbre généalogique de Théodule, le grand-grand papa  

Avant toute chose, il faut que je te parle du début de l'histoire de la grande famille des dinosaures. Ces lézards terribles seraient apparus il y a 250 millions d'années après la grande extinction du Permien. Cette grande extinction laisse le champ libre à beaucoup de nouvelles espèces, dont les dinosaures. En plus de profiter de niches écologiques vacantes, les premiers dinosaures se révèlent être beaucoup plus compétitifs que leurs cousins les crocodiliens ou encore les ptérosaures. Cela favorisera leur prolifération et surtout leur diversification en d'autres sous-familles appartenant toutes au grand groupe des dinosaures. On appelle cela une radiation évolutive.

D'après l'étude de Matthew Baron et ses collègues, publiée dans Nature en 2017, on peut classer les dinosaures en deux grandes familles que sont les ornithoscelidés et les saurischiens. On distingue ces deux familles par une différence de structure de leur os au niveau du bassin. Les saurischiens ont donné naissance au groupe des Herrerasauridés et au groupe des Sauropodes avec le fameux diplodocus mesurant 25 mètres de long. Les ornithoscelidés ont quant à eux donné naissance au groupe des Ornithischiens et des théropodes dont font partie le Tyrannosaurus Rex et les oiseaux! Mais cet arbre est bien sûr susceptible de changer en fonction des nouvelles découvertes scientifiques. N’oublie pas que le monde évolue constamment!

Les dinosaures et les oiseaux  

En 1868, Thomas Henry Huxley, surnommé le bulldog de Darwin, propose que les dinosaures sont les ancêtres des oiseaux après la découverte du premier dinosaure à plumes en 1861, Archeoptéryx. Découvert en Allemagne, cet animal est prénommé Urvogel, signifiant le premier oiseau. Archéopteryx vivait, il y a environ 150 millions d'années et présentait des caractéristiques de dinosaures, mais aussi d'oiseaux. Il n'était pas plus gros qu'un corbeau et contrairement aux oiseaux, il possédait des dents. Il a été montré depuis qu'il possédait des plumes sur ses ailes, mais aussi sur ses pattes de derrière et vraisemblablement, ces plumes seraient de couleur noire avec possiblement des reflets irisés. Bien qu'il ne puisse pas voler à proprement parler, il a sûrement pu planer ou faire du vol battu sur de courtes distances.

En 2012, une autre étude décrit un fossile qui a été découvert en Chine, c'est un petit dinosaure ailé qui vivait, il y a 120 millions d'années, un microraptor. Depuis, beaucoup d'autres découvertes de fossile de dinosaures ailés, ont été faites et nous suggèrent que l'émergence des plumes et des ailes était bien plus ancienne et bien plus répandue qu'on ne le pense chez les dinosaures : pouvant aller de la protoplume jusqu’à des plumes asymétriques (au même titre que les plumes modernes)! On pense que les plumes avaient d'abord un rôle d'isolation thermique, puis elles se sont trouvé un nouveau rôle lors des parades amoureuses devenant des objets de séduction servant de parure colorée. Enfin, elles se seraient allongées et élargies et auraient finalement permis à ses détenteurs de voler.  

Ce microraptor avait deux paires d’ailes. Les flèches blanches montrent les vestiges de plumes. Le spécimen est entouré d’un halo d’où les plumes semblent être absentes (pointé par les flèches bleues).

Archéopteryx et microraptor sont des théropodes qui étaient sûrement des cousins proches de l’ancêtre commun des oiseaux modernes partageant énormément de traits communs avec ces derniers. Mais une des différences majeures entre les dinosaures et les oiseaux, c'est l'absence de dents chez ces derniers. Il existe même une expression très populaire qui consiste à exprimer le mot jamais : « quand les poules auront des dents ». On ne croit pas si bien dire! En 2003, une équipe de chercheurs a réussi l'exploit de faire pousser des dents à des embryons de poules, montrant que les ancêtres des oiseaux avaient des dents et qu'au cours de l’évolution les ancêtres des oiseaux avaient tout simplement perdu cette faculté.

Théodule, le dernier dinosaure, ancêtre des oiseaux, a réussi in extremis à survivre à la catastrophe d'il y a 66 millions d'années permettant à la formidable famille des oiseaux d’exister et notamment à Paulette, la poule! Si tu te demandes si Jurassic Park était possible, eh bien, regarde autour de toi! Les dinosaures sont bien présents, dans les villes, dans nos campagnes, dans nos forêts! Alors la prochaine fois que tu croises Paulette, dis-toi que peut-être que sommeille en elle un Tyrannosaure Rex encore endormi!

NOTES

* La taille varie selon la source, mais ça tourne autour de cette taille.

** Paris s’étend sur environ 18 km d’est en ouest et 9,5 km du nord au sud.

*** Ce modèle est cependant sujet à débat, certains préfèrent parler de corail de la vie ou de delta de la vie, mais ça, on y reviendra.

Par Thomas, éducateur-naturaliste

Sources images : University of Georgia, Nature (Le Monde), David W. E. Hone, Helmut Tischlinger, Xing Xu et Fucheng Zhang

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Vedette du mois
L'opossum d’Amérique

Tu es observateur de la faune ou lecteur avide de nouvelles sur la nature qui t'entoure et ses changements? Tu sais probablement que nos paysages abriteront maintenant un nouvel arrivant : l’opossum d’Amérique.

Tu es observatrice-observateur de la faune, trappeuse-trappeur ou lectrice-lecteur avide de nouvelles sur la nature qui t'entoure et ses changements? Tu a probablement entendu, vu ou lu que nos paysages abriteront maintenant un nouvel arrivant : l’opossum d’Amérique (Didelphis virginiana).

…Un quoi?

À première vue, l’opossum d’Amérique (également appelé l’opossum de Virginie) peut ressembler à un rat blanc, entre autres par sa longue queue écailleuse et par son museau pointu. Il faut toutefois noter que cette longue queue est préhensile, soit qu’elle peut servir à s’accrocher aux branches ou encore à transporter de petits objets! Il peut atteindre environ la taille d’un chat lorsqu’il est adulte et mesure en moyenne 70 centimètres, ce qui fait de lui le plus grand de tous les opossums! Son pelage peut contenir des teintes de noir, de gris et de blanc.  

Bien que la femelle soit un peu plus petite, elle possède une caractéristique bien singulière : une poche marsupiale ventrale! Eh oui, l’opossum d’Amérique fait partie des marsupiaux, soit que les petits migrent dans cette poche à la naissance et y terminent leur développement, comme le font les kangourous ou encore les koalas.

Je croyais que les opossums ne vivaient que dans les pays chauds…

Distribution de l'opposum en Amérique du Nord

Il faut d’abord savoir que l’on peut trouver l’opossum d’Amérique aux États-Unis, au Mexique et en Amérique centrale. Une première mention de la présence de cet animal au Québec a eu lieu en 1976. Puis, selon les récentes données recueillies par le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, la population serait en expansion depuis les années 2000. Son habitat s’étend maintenant jusqu’en Estrie, au sud du Québec, en Ontario et dans la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique. Il y a également de plus en plus de mentions sur la Rive-Sud soit à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Longueuil. Peut-être en as-tu vu un toi-même sur ton balcon à la recherche de nourriture ou d’un refuge!

Qu’est-ce qui pourrait bien inviter l’opossum d’Amérique à convoiter les habitats du sud du Québec, de là à s’y établir pour de bon? Il fait bon vivre, me direz-vous! Certes! Toutefois, la principale raison pour laquelle on retrouve une abondance plus élevée d’opossums au Québec est la suivante : les changements climatiques. Eh oui! Te souviens-tu de la migration climatique? L'opossum d’Amérique en est un parfait exemple! Je m’explique.  

Il faut savoir que l’opossum n’hiberne pas. Ceci dit, il lui faut un habitat dont les hivers sont assez doux pour lui permettre de survivre aux nuits qui, disons-le, sont un peu plus fraîches de novembre à mars… Par contre, à cause du réchauffement climatique, il réussit à s’acclimater aux hivers plus doux qui sont de plus en plus présents au Québec. Il n’est pas rare de voir des opossums portant des marques d’engelure sur le nez, les oreilles ou la queue : la preuve qu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce genre de climat. Selon Colin Garroway, professeur associé de sciences biologiques à l'Université du Manitoba, l’opossum n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de migration vers le nord en réponse au réchauffement climatique. Les répercussions de la présence de cette nouvelle espèce dans nos écosystèmes demeurent encore inconnues, surtout que c’est là le premier marsupial à exploiter nos habitats.  

Devons-nous nous méfier de sa présence?  

L’opossum d’Amérique n’est pas reconnu comme dangereux. Là, tu te dis peut-être : « Quelle bonne nouvelle! Moi qui comptais nourrir et bientôt flatter, assis dans mon divan, celui qui vient me rendre visite chaque semaine! » Attention, il reste un animal sauvage, au même titre que les ratons laveurs, les renards, les mouffettes rayées.  

Comment savoir s’il se sent menacé par ta présence? Des indices assez clairs pourront te guider : il peut pousser des cris  ou des grognements en montrant les dents (...assez clair non?). Il peut même sécréter un liquide malodorant (un peu comme la mouffette rayée) ou aller jusqu’à feindre le « mort » en se couchant immobile, couché sur le côté, la bouche ouverte. On appelle ce comportement la thanatose. Plusieurs espèces de coléoptères ou de reptiles emploient également cette tactique pour dissuader leurs prédateurs! (Si tu veux en lire plus sur la thanatose.) Le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec y a même dédié une page!

À noter!

Il est important de savoir que l’opossum d’Amérique, lorsque blessé ou mort, est un animal à déclaration obligatoire. En effet, les mentions obligatoires permettent de mieux suivre l’évolution de son aire de répartition et de mieux documenter sa présence au Québec. Comment faire pour signaler un opossum d’Amérique? Il faut communiquer avec S.O.S. Braconnage du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en composant le 1 800 463-2191 ou en écrivant à centralesos@mffp.gouv.qc.ca.  

Si l’on considère qu’il ne faut que treize jours de gestation et que la femelle peut donner naissance à plus de vingt petits à la fois, ce n’est pas demain la veille que nous verrons pour la dernière fois les opossums sur nos balcons, sur les berges de nos rivières ou encore dans nos villes!

Par Sarah G., éducatrice-naturaliste en Estrie

Sources images : Andy Reago & Chrissy McClarren, carte, Andy Reago & Chrissy McClarren

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Mtl-Nature
La métamorphose des insectes

La métamorphose des insectes, complète ou incomplète, expliquée.

Tu as peut-être lu l'article sur l’oviposition, la ponte chez les insectes? Alors maintenant, nous allons franchir l’étape des œufs, et allons explorer les différents types de métamorphoses de ces invertébrés plus que nombreux sur Terre. En effet, les insectes représentent au moins 85 % des espèces animales terrestres; c’est un peu beaucoup pas mal énorme, n’est-ce pas?

Ils sont à la base de la chaîne alimentaire et sont donc indispensables à la biodiversité, autant animale que végétale. À chaque étape de leur transformation corporelle (oui, la métamorphose), les insectes sont des sources non négligeables de nourriture pour toutes les classes d’animaux. Car, entre l’œuf et l’adulte, il y a au moins une ou deux étapes complémentaires.  

Ce ne sont pas tous les insectes qui ont une métamorphose complète de quatre étapes (soit l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte). Ces insectes qui se transforment complètement, on les appelle holométaboles.

La métamorphose complète

C'est la métamorphose du papillon; elle est bien connue. Prenons l’exemple du monarque dont la femelle adulte pond ses œufs sous les feuilles de l’asclépiade, une plante qui pousse vraiment partout. Regarde l’image. Je suis certain que tu peux la reconnaître.  

De l’œuf à la larve

Dans le cas de ce papillon, les œufs éclosent après 3 à 8 jours, et une petite larve en forme de ver en sort. C’est la chenille du papillon. Pour d’autres insectes, le temps d’incubation avant l’éclosion varie de quelques jours en été à plusieurs mois, pour ceux qui passent l’hiver sous cette forme, par exemple. Aussi, les larves n’ont pas toujours le même nom selon l'espèce : asticot pour les mouches, ver pour les coléoptères, etc.  

Des larves qui grossissent trop pour leur peau
La chenille du monarque qui snack sur une feuille d'asclépiade

Une fois écloses, les larves commencent non seulement à manger (principalement les feuilles sur lesquelles elles ont éclos), mais elles grossissent de plus en plus. La plupart muent également quelques fois avant de devenir adultes. C'est un peu comme le font les serpents lorsqu’ils grandissent : elles perdent leur peau trop rigide pour suivre leur évolution, donc celle-ci doit être enlevée. Les insectes n’ont pas de squelette, mais bien un exosquelette (le squelette extérieur). C’est une couche de cuticule qui ne grossira pas en même temps que leurs organes intérieurs. Ainsi, afin de leur laisser de la place pour se développer, la cuticule sèche et craque, laissant ainsi la possibilité au corps de sortir, mais sans protection. En quelques heures, cette armure se reforme et se solidifie à la bonne taille.

Un petit exemple spectaculaire : chez les crustacés, également des invertébrés, tels qu’un homard, la carapace ne croît pas en même temps que l’animal. Le homard grandissant doit muer. Il doit se gonfler d’eau afin de faire éclater son exosquelette pour ensuite en ressortir tout mou. Pour revenir aux insectes, les larves de ceux-ci vont se gonfler d’air afin de se débarrasser de leur vieille « peau », qu’elles soient terrestres ou bien aquatiques. En effet, il y a plusieurs espèces d’insectes qui vont pondre leurs œufs dans l’eau, sinon dans la terre ou encore dans le miel, autrement que sur (ou dans) les végétaux. Les maringouins (ou moustiques) vont ainsi naître sous l’eau!

De la larve à la nymphe

Toujours dans la métamorphose complète, la larve se transforme éventuellement en chrysalide* chez le papillon, ou en d’autres types de nymphes telles que les pupes chez les mouches. Lors de cette phase de la nymphe, qui est souvent immobile, les organes adultes commence à apparaître (et ceux de la larve à disparaître) et à s’organiser à l'intérieur de cette enveloppe protectrice où la métamorphose se précise. Une fois la métamorphose complétée, l'enveloppe se brise et en sort l'insecte adulte, aussi appelé imago. Le rôle de se dernier sera de se reproduire et ainsi, recommencer le cycle!

Un monarque qui finit son stade de nymphe

Insectes sans métamorphose complète

Si l’on regarde du côté de la métamorphose incomplète (en trois étapes), dont les insectes sont dits hémimétaboles, il faut oublier le stade larvaire. Après l’éclosion de l’œuf, ce sera la nymphe (dont le comportement est similaire à celui d'une larve) qui va manger, grossir et muer pour devenir un imago. La nymphe de ces insectes, souvent mobile, ressemble beaucoup à l'adulte et non à un cocon, comme c'est le cas des insectes holométaboles. Ce type de métamorphose se retrouve entre autres chez les criquets, les sauterelles et les mantes religieuses. Dans ces cas, les nymphes n'ont pas d'aile à la naissance; elles apparaitront au fil des mues de croissance. Mentionnons que pour certaines espèces, la nymphe peut être assez différente de l'adulte. Par exemple, la nymphe de la libellule est aquatique et l'imago est terrestre.

Une nymphe de criquet

Enfin, si après ça tu continues à te poser la question à savoir si tous les insectes vont finalement se métamorphoser, hé bien la réponse est non! Certains insectes vont ressembler aux adultes de leur espèce dès l’éclosion de leurs œufs. Ce sont des insectes que l’on dit amétaboles - qui se développent en deux phases seulement, soit l’œuf et l’insecte. Tu connais peut-être le petit poisson d’argent qui vit, entre autres, dans ta salle de bain, le lépisme argenté? Cet insecte va simplement muer souvent afin d’atteindre sa taille adulte.  

NOTES

* Quand on pense à la chrysalide, on dit souvent « cocon », mais attention! Ce n’est pas la même chose. La chrysalide est le stade de développement, tandis que le cocon est l’enveloppe protectrice en fils de soie fabriquée chez certaines espèces. Le monarque a une chrysalide, mais pas de cocon!  

Par François-Vivier, éducateur-naturaliste

Source images : Katja Schulz, Raw pixel, Lorie Shaull, Obsidian Soul

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